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ISBN : 2253015148
Éditeur : Le Livre de Poche (01/04/1997)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Le Visionnaire, c'est le nom que Marie-Thérèse a donné à son cousin Manuel qui vit dans le rêve. Une fois - une seule - il a tenté de lui avouer sa passion. Adolescent captif d'un milieu hypocrite et correct, pour s'en échapper il s'est inventé un monde imaginaire. Cependant, avec lui s'y réfugient ses désirs. Et ce domaine hanté, créé de toutes pièces, se déforme au gré de son délire, le secouant jusqu'à le réveiller. Alors il se laissera mourir pour ne pas retrouv... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Williamine
  02 juillet 2018
Ce roman de Julien Green à la construction originale s'articule autour du récit de Marie-Thérèse, auquel succède celui de Manuel et se conclut de nouveau sur l'histoire racontée par Marie-Thérèse. Sorte de triptyque narratif, ou miroir infidèle à trois faces.
Le récit de Manuel n'est en fait que le délire d'un jeune homme qui fuit la réalité dans les productions oniriques de son imagination : le château et ses habitants - la comtesse, les domestiques, le père moribond - Tout cela a été inventé de toutes pièces par Manuel pour s'échapper de la réalité de sa triste condition d'orphelin, chétif, malade et laid.
La réalité pour le jeune homme, loin du château et des ses habitants fantasmagoriques, c'est le désir et la sexualité réprimés de Manuel, confronté aux tabous d'une société sclérosée.
Pour Marie-Thérèse, la réalité est la désillusion et la renonciation à la foi catholique face à un clergé de province prêt à toutes les compromissions pour servir ses intérêts matériels.
Mais laissons à Julien Green le soin de décrire lui-même son roman :
« En deux mot, le Visionnaire est l'histoire d'un jeune homme qui s'évade de la vie quotidienne en se livrant au rêve, mais si sa vie quotidienne est sombre, son rêve est noir. Pour fuir l'enfer de l'ennui, Manuel se jette dans un autre enfer qui est celui du désespoir absolu. »
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tomgus
  08 décembre 2016
Un roman fascinant. L'auteur reconstitue le cadre familial d'une petite bourgeoisie catholique de province où se confrontent la veuve d'un militaire haï et leur enfant unique, Marie- Thérèse, une fille de 14 ans que sa mère méprise et éduque durement. Les dérives de l'église catholique, dont les serviteurs savent circonvenir les jeunes esprits, sont justement mises en évidence. Dans ce contexte les pulsions sexuelles prennent un tour étrange. Ce ne sont pas celles de la jeune fille mais celles de son cousin, un peu plus âgé, Manuel, et de la veuve qui font avancer l'intrigue mais, en résumé, il ne se passe à peu près rien.
Il ne se passe rien par ce que le roman tourne surtout sur la mort, telle que pressentie par celui qui va trépasser et vécue par son entourage. Ce thème se situe dans un autre décor, aussi asphyxié mais plus original, celui d'un château onirique avec un personnage de vicomtesse méprisante, croquée de manière exceptionnelle. L'agonie du comte est assez longue pour que l'entourage passe du chagrin à l'impatience mais à la vérité l'auteur ne décrit pratiquement pas ce trépas.
Il ne décrit pas l'agonie par ce que ce roman traite essentiellement de la relation maitre- esclave, du mépris, en se plaçant du point de vue de celui qui est méprisé, qui le sait, qui le constate tous les jours et qui ne réagit pas. C'est le cas du personnage principal du livre, Manuel, le cousin.
J'ai beaucoup apprécié deux procédés mis en oeuvre par l'auteur : le fait de dérouler son récit en faisant parler successivement des personnages, l'un entrant en scène au point où son prédécesseur l'a quittée. Cela évoque la vie ou la mort, au choix, les vivants reprenant le flambeau en quelque sorte.
Le second procédé est celui du roman dans le roman. le roman hébergé est prémonitoire sous un habillage déformé ou symbolique. C'est pourquoi, celui qui l'a écrit, Manuel, est un visionnaire. Il n'a d'ailleurs guère de mérite à faire d'un roman une chose inévitable, mais son style est tellement plaisant qu'on souhaiterait que l'agonie perdure.
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zohar
  08 février 2011
Les romans de Green, d'inspiration autobiographique, témoignent des tourments d'une conscience déchirée par des obsessions et des problèmes insolubles.
Ici encore une fois , le héros, enfermé dans un univers étroit symbolisant les interdits moraux, découvre au final la vanité de la fausse libération.
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Bruno_Cm
  09 juillet 2018
Je crois que Julien Green, dans ce livre-ci en tout cas, nous montre que certains écrits vieillissent assez mal. Si l'écriture bien que précise et assez belle reste accessible, je trouve que l'intrigue, la construction a pu être originale à l'époque et donc être appréciable, mais qu'elle ne surprend pas, ne surprend plus du tout maintenant. du coup, ce livre est passablement ennuyeux. Pas mauvais, pas mauvais du tout même, mais... bof. Et il ne s'arrangera pas avec le temps.
Ceci dit, plein d'auteurs contemporains actuellement font des machins qui sont tout aussi peu surprenant et bien plus mal écrits. En tout cas pour moi ce livre n'est pas du tout essentiel.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
AuroraeLibriAuroraeLibri   26 août 2017
Ses yeux bleu pâle ne se dirigeaient jamais à droite ou à gauche, mais devant elle. Il s'échappait de ses lèvres exsangues l'haleine chaude des religieuses qui ne dorment guère. Assise, elle ne s'appuyait pas au dossier de sa chaise, et lorsqu'elle se penchait en avant pour se lever, un grand Saint-Sacrement de nickel retenu à son cou par un ruban noir frottait la toile raide qui couvrait sa poitrine. Je me souviens qu'en récompense de ma bonne conduite elle me donnait deux ou trois cerises ou un abricot, me proposant toutefois d'en faire le sacrifice à Dieu. Un mystérieux sourire accompagnait ces paroles qui me semblaient venir d'un autre monde;
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WilliamineWilliamine   28 juin 2018
Depuis quelques semaines en effet, je me libérais, peu à peu, de mes craintes anciennes ; en reniant mon héritage catholique, je trouvais un réconfort étrange dans l'espoir de disparaître à jamais. L'idée de revivre me fatiguait, me terrifiait, ou s'il fallait renaître à une vie nouvelle, je souhaitais humblement que ce fût avec une conscience amoindrie, qu'on me donnât de respirer sans souffrir, de me promener sans lassitude entre les colonnes d'un grand temple un peu sombre où le jour ne blesserait pas ma vue.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   27 juillet 2017
Ma mère rendait fort peu de visites aux Mânes (comme on appelait le magasin de M. Ernest), sans doute parce qu'on y trouvait des ouvrages contraires à la religion; pourtant, il n'était pas rare que Manuel la vît de loin rôdant sur le trottoir de la place, de son grand pas masculin. (...)
Sans doute ma mère se croyait-elle à l'abri des regards de Manuel, car elle le savait myope, mais elle ignorait qu'un myope -c'est l'avantage de son infirmité- observe avec une attention d'autant plus grande qu'elle lui coûte un effort; ce qu'on appelle une vue perçante engendre infailliblement une certaine paresse d 'observation; mais soyez sûr que l'homme qui cligne des paupières pour lire son journal voit tout.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   09 août 2017
En été, le château disparaissait derrière l'épais feuillage de ses bois. c'était alors qu'il nous intriguait le plus et qu'il subissait dans l'esprit de Manuel les déformations les plus caractéristiques. La réalité ne le gênant plus, il le reconstruisait à sa guise, haussait une tour, crénelait un mur et aveuglait des fenêtres quand il pensait que le château y gagnerait, car il le voulait sauvage et rébarbatif.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   09 août 2017
Leur obstination jetait ma mère dans un embarras pénible; il y avait entre elle et sa soeur le fâcheux souvenir d'une rivalité amoureuse. Le temps ni l'adversité n'effaçaient rien, ni même la grande réconciliation qui précéda ma naissance. Jamais les deux femmes ne se regardaient sans qu'un même mouvement de colère les remuât toutes deux, et les reproches leur montaient aux lèvres avec la force d'un cri.
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