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ISBN : 2253099406
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 80 notes)
Résumé :
Dans un cauchemar, le pire est toujours sûr.
Léviathan est un cauchemar d'amour. Dès l'entrée de ce roman noir, nous laissons toute espérance. L'enfer, ce n'est plus les autres, c'est chacun pour soi. Un homme mal marié regarde et suit une jeune blanchisseuse, Angèle. Angèle, nom ironique, car la belle se prête à tous les jeux. Mais un homme amoureux est un naïf et un aveugle ; il va se conduire en enfant de choeur ; elle se refuse. Il s'exaspère et la frappe... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  29 février 2008
De nos jours et bien qu'il possède une profondeur étonnante dans l'analyse, Jullien Green est injustement mis de côté. Dans "Léviathan", qui est pourtant l'une de ses premières oeuvres - et donc l'une des plus glauques - il campe de façon impressionnante un anti-héros, Paul Guéret, qui, dominé par le désir paroxystique de posséder bien à lui la jeune Angèle, sortie de l'orphelinat par Mme Londe et élevée par celle-ci comme sa nièce, en devient violeur et assassin le jour où il s'imagine qu'elle ne veut pas de lui et a une pléthore d'amants.
Léviathan, qui représente l'entrée des Enfers, est aussi l'un de ses princes. Représenté le plus souvent sous la forme d'un serpent de mer monstrueux , il passait au Moyen-Age pour avoir possédé tour à tour Eve et Adam. de nos jours, il est devenu le nom du démon censé gouverner en nous le désir, l'envie, la jalousie. Or, dans ce roman de souffre et de ténèbres, Guéret n'est pas le seul à être torturé par ces sentiments.
Passons sur les petits bourgeois de Lorges, qui envient évidemment tel ou tel de leur voisin. Mais face à Guéret, Mme Londe elle-même, que hante le désir monstrueux et quasi pathologique de tout savoir sur les petits bourgeois qu'elle reçoit chaque jour à sa table d'hôte, apparaît au lecteur comme une sorte de possédée somnambulique. Pour obtenir ce qu'elle désire, elle a contraint sa pupille à sortir le dimanche avec chacun de ses clients. Et quand Angèle ne peut plus lui servir, elle projette froidement d'employer désormais à ses fins la petite Fernande, une adolescente de 13 ans que sa mère a plus ou moins abandonnée aux bons soins de l'excellente et respectable Mme Londe.
Autre femme torturée par le désir, celui de se confondre enfin avec un être qui lui ressemble : Eva Grosgeorge, bourgeoise de 45 ans à la beauté préservée mais à la lucidité sans faille, consciente d'avoir gâché sa vie dans un mauvais mariage et dont la seule distraction est de martyriser le fils qu'elle a eu d'un mari de 15 ans son aîné. Or, cet être, elle croit le rencontrer en Guéret alors même qu'elle le sait violeur et assassin.
Angèle elle-même est la proie d'une soif insatiable mais c'est à elle que revient sans doute la plus pure - que Green assure ne pouvoir s'obtenir que dans la Mort : elle tend simplement à s'échapper de Lorge, à fuir cette petite ville étroite et laide où celle qui aurait dû veiller sur elle l'a pratiquement contrainte à se prostituer.
Au premier abord, tout cela peut sembler assez mélodramatique. Mais plus on avance dans la lecture de "Léviathan" et mieux on se rend compte que son intrigue, en dépit de ses outrances ou à cause d'elles, tient très bien la route. C'est plus noir et plus déchiré que du Mauriac et surtout, c'est plus authentique, plus sincère.
Donc, si vous ne connaissez pas cet auteur, pourquoi ne pas commencer par ce roman ? ... ;o)
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petch
  08 juin 2013
Avant toute chose, dans ce roman, il y a le plaisir de la langue. C'est un brin désuet mais on se régale à la lecture des tournures passives. Julien Green, auteur américain de langue française, a été l'un des derniers auteurs contemporains à utiliser abondamment le passé simple.
L'histoire ensuite : drame passionnel de facture classique mais baignant dans une atmosphère glauque du début à la fin. Un homme, Gueret, à la recherche de l'amour absolu qu'il croit trouver en la personne d'Angèle. On peut se laisser emporter par cette histoire qui m'a laissé un peu de marbre. Par contre les personnages féminins valent le détour, en particulier le combat au sommet entre Mme Grosgeorges, bourgeoise délaissée et hargneuse, et Mme Londe, sorte de mère maquerelle qui tient sous sa coupe un petit groupe d'hommes soumis et pleutres venant souper chaque jour dans son petit restaurant.
Ecrit au début des années 1930, ce livre subversif (On y aborde sans détour la prostitution et la pédophilie) est une attaque en règle du matriarcat possessif et castrateur. Dans cet écrit de jeunesse, l'auteur a tout l'air de régler certains comptes. Ce roman est parfait pour rentrer dans l'oeuvre de J. Green, grand auteur tombé un peu dans l'oubli de nos jours, avant de lire Adrienne Mesurat, pour moi le meilleur livre que j'ai lu de lui.
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M_a_r_c
  19 mai 2018
Auteur américain de langue française, Julien Green, malgré la qualité de son oeuvre, est un écrivain aujourd'hui peu lu et peu cité. Ses romans pourtant, témoignent non seulement d'une parfaite maîtrise du français, mais également d'une lucidité sans faille à propos de ses semblables, dont il décortique sans pudeur les comportements et les travers dans ses romans.
Léviathan, publié à la fin des années '20, a pour théâtre la petite ville de Lorges, une bourgade perdue au milieu de la campagne française où évolue une galerie de personnages en proie à des démons divers.
Installé depuis peu à Lorges, Paul Guéret survit grâce aux leçons qu'il dispense au fils d'un couple de bourgeois, Monsieur et Madame Grosgeorge. Il se consume d'amour pour Angèle, une pauvre jeune fille que Madame Longe, propriétaire de l'unique restaurant de la ville, a prise sous sa protection pour pouvoir mieux la mettre à disposition de ses clients.
Parce qu'Angèle semble le mépriser, la violence des sentiments qu'il éprouve pour elle va conduire Guéret à la violenter et à la défigurer et à s'en prendre ensuite à un vieil homme qui, par malheur, se trouvait sur son chemin.
Si les démons qui habitent Guéret forment le coeur du roman, tous les personnages qui gravitent autour de lui ont les leurs. Madame Longe, pour satisfaire sa curiosité maladive, n'hésite pas à prostituer Angèle et songe même, après que Guéret a défiguré celle-ci, à proposer la petite Fernande, qui n'a que dix ou douze ans à ses clients. Ceux-ci, même s'ils n'interviennent qu'au second plan, ne semblent jamais troublés par le sort qu'ils font subir à celles que leur propose Madame Longe.
Mariée à un homme plus âgé qu'elle et qui profite, comme tant d'autres à Lorges, des faveurs d'Angèle, Madame Grosgeorge se morfond dans une vie qu'elle déteste et qu'elle voit lui échapper chaque jour un peu plus. Bouffie d'orgueil et de fierté, elle ne voit que les humiliations que lui fait subir son mari, la vie qu'elle est en train de rater, mais n'éprouve pas la moindre compassion pour les autres.
Folie meurtrière, proxénétisme, pédophilie… Avec Léviathan, Julie Green brasse les démons qui dictent aux protagonistes leurs comportements et qui trouvent leur source dans l'hypocrisie, la curiosité ou encore l'orgueil qui les rongent.
Roman noir, Léviathan dépeint sans détour des êtres sordides, incapables, sous le ciel gris de la campagne où ils vivent, du moindre effort pour échapper à leurs penchants. Tout cela dans une langue française d'un parfait classicisme et dont la retenue, en la forme, tranche avec la violence du fond.
L'oeuvre de Julien Green mériterait plus de considération, d'attention, que celles qu'on lui accorde actuellement. Peut-être la noirceur des sentiments qu'il dépeint, les affres, à la limite de la folie, dans lesquels se débattent ses personnages, tous torturés, n'invitent-elles pas à la découverte d'un auteur qui, pourtant, a toute sa place au panthéon de la littérature française de la première moitié du XXe siècle.

Lien : https://livrelecteur.wordpre..
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sbrodj
  19 juin 2011
Il y a chez Julien Green, auteur injustement sous-estimé, une poignante description de l'humanité de province vouée à une vie étriquée et souffrant de ses frustrations, de ses vies ratées. Ce beau et sombre roman est l'un de ses plus aboutis, avec Adrienne Mesurat...Un lointain lien de parenté avec Balzac et Flaubert. Vaut mille fois des romans contemporains prétentieux et creux.
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AFSanAngel
  11 décembre 2009
Dans un cauchemar, le pire est toujours sûr.
Léviathan est un cauchemar d'amour. Dès l'entrée de ce roman noir, nous laissons toute espérance. L'enfer, ce n'est plus les autres, c'est chacun pour soi. Un homme mal marié regarde et suit une jeune blanchisseuse, Angèle. Angèle, nom ironique, car la belle se prête à tous les jeux. Mais un homme amoureux est un naïf et un aveugle ; il va se conduire en enfant de choeur ; elle se refuse. Il s'exaspère et la frappe, la laissant pour morte, et dans sa fuite cause la mort d'un vieillard qui se trouve sur son chemin...
Cette oeuvre inoubliable inspira ces mots à Maeterlinck " Je lis peu de romans, car à un certain âge on s'intéresse médiocrement aux petites et charnelles questions sexuelles ou sentimentales qui en forment le fond. Mais votre Léviathan, c'est autre chose. je l'ai lu sans désemparer, comme si j'avais découvert tout à coup un Balzac souterrain qui promenait sa lampe de mineur dans des ténèbres bien plus épaisses que celles auxquelles nous sommes accoutumés.
Et quelle belle lumière quand, par moments, il sort de sa nuit et regarde le paysage... "
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Citations et extraits (88) Voir plus Ajouter une citation
petchpetch   20 mai 2013
Quelle atroce ordonnance régissait le monde ! Sûrement il y avait sur cette terre des prés verdoyants, des forêts où l'on pouvait se cacher et se perdre, des femmes jeunes et belles qui l'auraient aimé peut-être, mais une nécessité haineuse isolait les êtres, fermait les portes, s'amusait à pousser dans une rue ceux qui dans la rue voisine eussent trouvé le bonheur, à faire naître les uns des années trop tôt, les autres trop tard. La pensée que le bonheur, son bonheur, était quelque part en ce monde et qu'il n'en savait rien le mettait hors de lui.
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Bruno_CmBruno_Cm   19 septembre 2015
Rien n'est plus délicieux que ces premières journées d'automne où l'air agité de puissants remous semble une mer invisible dont les vagues se brisent dans les arbres, tandis que le soleil, dominant cette fureur et ce tumulte, accorde à la moindre fleur l'ombre qu'elle fera tourner à son pied jusqu'au soir. De ce calme et de cette frénésie résulte une impression où la force se mêle à une douceur que le langage humain ne peut rendre. C'est un repos sans langueur, une excitation que ne suit aucune lassitude ; le sang coule plus joyeux et plus libre, le coeur se passionne pour cette vie qui le fait battre. A ceux qui ne connaissent pas le bonheur, la nature dans ces moments généreux leur en apporte avec les odeurs des bois et les cris d'oiseaux, avec les chants du feuillage et toutes ces choses où palpite l'enfance.
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petchpetch   28 mai 2013
Sa voix se perdait sous le lit. Ainsi accroupie et gémissante, elle faisait songer à un gros animal qui souffle tristement sous la porte de sa prison. Derrière elle, le crépuscule d'hiver éclairait faiblement la fenêtre. A présent, elle ne bougeait pas, ne parlait plus ; son regard assombri allait de droite à gauche ; énorme et luisante dans sa gaine de serge lustrée, sa croupe immobile insultait les derniers rayons du jour.
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FRANGAFRANGA   28 janvier 2012
Comme Guéret refermait derrière lui la porte du restaurant, une pensée lui vint à l'esprit, une pensée familière qui le visitait depuis des années, dans des moments de grand trouble : "C'est le destin, c'est mon destin". Et cette constatation le rassurait, comme tout être faible est rassuré lorsque son sort est mis entre les mains d'une puissance supérieure, même s'il doit en souffrir, même s'il doit perdre la vie. Désormais, il n'aurait plus rien à décider de lui-même ; les événements, bons et mauvais, se produiraient tout seuls. Puisque cette femme insistait pour qu'il revînt chez elle, il reviendrait, et il voyait là un signe, la marque d'une volonté mystérieuse qui présidait à son existence.
Le matin même, en serrant dans sa poche la bague qu'il destinait à Angèle, une joie stupide l'avait saisi tout d'un coup. S'il réussissait après tout ? Jusque là il n'avait pas cru que cela fût possible ; quand il désirait trop vivement quelque chose, en effet, il était sûr de ne jamais l'obtenir ; la vie lui avait appris cela, mais, pendant une brève minute, sans raison, il avait cru au succès, il s'était dit : "Même si elle ne m'aime pas, elle comprendra que je souffre trop." Et les longues heures d'anxiété lui avaient paru n'être plus rien au prix de cet instant où le bonheur semblait se rapprocher de lui.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   11 novembre 2017
Un plaisir singulier le retenait là, le plaisir de contempler cette femme et de mesurer la distance, d'année en année plus grande, qui le séparait d'elle. Rien en elle ne lui plaisait, ni son visage, ni son corps, ni son amour. Elle était humble devant lui, mais il préférait à cette soumission le dédain et la cruauté d'Angèle; elle l'aimait sans rien soupçonner de ses trahisons, pourtant cette ignorance et cette simplicité n'excitaient que son mépris. Et il se demandait, avec la même surprise chaque fois, comment il avait pu l'épouser. Là encore, la vie s'était jouée de lui; Sans doute cette femme avait été jolie; il se rappelait encore ce visage pur que les soucis avaient ravagé, ce corps frais et blanc brisé par le travail. Quelque chose aurait dû l'avertir qu'elle perdrait vite ses attraits, que six ans à peine suffiraient à la rendre laide et ennuyeuse. (...)
Alors une telle horreur de son existence le prit, un tel dégoût de lui-même et du monde, qu'il se retira dans sa chambre et cacha son visage dans ses mains. En ce moment, il lui sembla qu'il touchait souffrir encore, mais souffrir plus lui paraissait impossible.

Première partie
Chapitre XI
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Julien Green s'entretient avec Viviane Forrester dans A Voix nue.
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