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EAN : 9782020095969
900 pages
Éditeur : Seuil (01/04/1987)
3.85/5   93 notes
Résumé :
Ayant quitté un Londres sinistre et après une traversée difficile avec Mrs. Escridge, sa mère ruinée, à seize ans, Elizabeth arrive à Dimwood, riche plantation de Géorgie où un parent, William Hargrove, les recueille. Vont-elles l’une recommencer sa vie et l’autre commencer la sienne dans ce pays inconnu où l’hiver n’existe pas, au milieu des magnolias et des roses ? La plantation heureuse cache, cependant, bien des drames. En 1850, les Etats-Unis n’ont jamais été a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
LePamplemousse
  11 août 2013
Avec "Les pays lointains" de Julien Green, nous sommes transportés pendant plus de 800 pages en 1850 dans le sud des Etats-Unis, dans une grande plantation de coton.
Toute une famille vit là et ils accueillent une jeune cousine anglaise qui vient de perdre son père.
Cette jeune fille , Elizabeth, va découvrir à la fois l'amérique mais aussi sa tripotée de cousins et cousines, la richesse, les esclaves, la chaleur, les très bons repas, l'oisivité et...l'amour bien sûr !
Mais vu qu'elle a seulement 16 ans, elle a tendance à être une peu volage....
Pour celles et ceux qui aiment les romans de Jane Austen, je recommande ce livre qui regorge de potins, de ragots, de secrets de famille...bref, un vrai roman de filles quoi !
On y rencontre la tante qui cache un lourd secret, une vieille gouvernante un peu trop bavarde, des visiteurs aussi nombreux que bien élevés, des femmes de chambre toujours prêtes à révéler un petit secret honteux, et bien sûr des jeunes hommes charmants, à la belle prestance et au charme desquels notre très jeune héroïne aura bien du mal à résister. Il faut dire qu'elle n'essaie pas non plus !
On apprend aussi pas mal de choses sur les raisons de la guerre de Sécession, la condition des noirs à cette époque etc...car le roman est bien documenté même s'il n'est jamais "trop sérieux".
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oiseaulire
  20 août 2020
A travers les tribulations sentimentales d'une adolescente anglaise accueillie en 1850 dans une riche plantation du Sud des Etats-Unis, se révèle tout un pan de l'horrible histoire qui a présidé à l'unification de cet immense territoire américain. Les souvenirs cuisants des affrontements avec les tributs indiennes massacrées et de la guerre du Mexique ne cessent de hanter les esprits ; les propriétaires terriens les plus progressistes sont tiraillés par la mauvaise conscience de leurs pratiques esclavagistes sur laquelle repose toute l'économie du Sud et sa prospérité. Y renoncer, c'est s'écrouler et être absorbé par le Nord puissant et industrialisé, y renoncer c'est mourir ; le spectre de la guerre qui ne manquera pas d'advenir dix ans plus tard taraude la vie quotidienne ainsi que la peur lancinante d'une révolte d'esclaves semblable à celle qui a ensanglanté les Antilles peu avant. Tout confère à cet univers assis sur une poudrière, à la fois raffiné, cruel, impitoyable et déliquescent une aura de fin du monde.
L'écriture de Julien Green est d'une magnifique facture classique : on a du mal à croire que ce roman ait été publié en 1986, tant son style s'apparente à celui de la littérature anglaise ou américaine du 19 ème siècle, telle que nous la connaissons et l'aimons à travers les soeurs Brontë, Thomas Hardy, Samuel Butler, William Thackeray, Henry James, George Eliot et bien d'autres.
Des longueurs, évidemment, comme en connaissaient les après-midi d'été dans la chaleur écrasante des plantations de la Georgie du Sud. Cela n'en finit pas, c'est à la fois un défaut et un charme.
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lcath
  28 juin 2020
Elizabeth, une jeune anglaise ruinée, débarque avec sa mère en Georgie, état du sud de ce qui n'est pas encore les USA.
La toute jeune fille a beaucoup de mal à s'habituer au charme du sud. Elle est la parente pauvre qu'on héberge et qui se heurte à des coutumes autres . Elle découvre en même temps l'esclavagisme, les grandes propriétés ne vivent que grâce à leurs esclaves, dans un temps politique où la guerre de sécession menace lourdement l'avenir. On ne verra que des "nègres de maison" dans le roman et on ne saura pas grand chose d'eux. La présence et les enjeux de la guerre sont par contre présents tout au long du roman, ce qui donne un aspect historique au roman assez intéressant.
Secrets de famille, désirs obsédants mais interdits, religion puritaine revancharde et mesquine, admiration éperdue d'une noblesse anglaise qu'ils ne sont pas, ennui -terrible ennui de ces longues journées où rien ne se passe, les plantations sont des lieux finalement assez fermés. Les langueurs du sud, s'étirent à coup de Laudanum, qui abrutit les esprits et endort les corps.
Mais la belle et sensuelle Elisabeth, qui ne connaît rien à la vie, brûle de désirs, de passions, d'envie d'amour. Les prétendants sont là, les biens et le moins bien, elle s'emballe, elle hésite, elle prend un mot pour une déclaration, une jeune femme naïve et un brin capricieuse.
Je plains ces femmes qui, comme chez Jane Austen, n'ont d'autre horizon qu'un mariage et passe leur jeunesse à mourir d'ennui avant de devenir assommantes à leur tour!
J'admire les auteurs comme celui-ci qui arrive à écrire mille pages, sur un sujet sans grand suspens, sans perdre le lecteur . du coup, le rythme est doux, lent, les mots choisis, les émotions contenues , ce style a un charme certain auquel je suis assez sensible.
Lien : http://theetlivres.eklablog...
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Yi
  17 novembre 2015
Etant en pleine période «plantations et sud esclavagiste», ma recherche d'un roman historique avec héroïne de caractère, je le devine, ne s'arrête pas au sacro saint «Autant en emporte le vent». Je me lance donc dans cette trilogie (Les pays lointains, Les étoiles du sud, Dixie).

L'histoire :
Elizabeth 16 ans, et sa mère suite à des déboires financiers, sont recueillies par un lointain parent William Hargrove maitre d'une plantation (Dimwood) dans le sud esclavagiste des états unis.
On parle des premiers rapports de la jeune et naïve Elisabeth face à une façon de vivre, une langueur sudiste et des personnages assez mystérieux.
Secrets de famille, ambiance ambiguë, personnalités complexes sont au rendez vous sans oublier au loin, encore imprécise, la menace de la guerre.
Tout y est.
Mais des le début une gêne s'installe.
C'est la lenteur, cette chaleur moite du sud, ses lancinants non dits propres à ces familles pour qui l'honneur est au dessus de tout, tout cela m'a agacé.
J'attendais que se passe quelque chose, des rebondissements, des romances...
Pourtant, peu a peu la magie a opérée.
Julien Green, l'auteur, est depuis son enfance fasciné par le caractère de ce sud fantasmé. Il a réussit à me faire frissonner de plaisir et d'ennui tel que le ressent Elizabeth.
Magique cette impression d'entrer dans une atmosphère
Car le Sud c'est ça : une lenteur ou rien n'est anodin
Les descriptions a la fois, simples et sans chi chi, chargées de poésie m'ont fait voyager.
Au début, un peu perdue, je notai les noms de l'imposante famille Hargrove mais je me suis rendue compte qu'a la fin du livre, il y a des arbres généalogiques.
Par contre j'ai vite déchanté ; les mariages étaient indiqués. Pluies de spoilers et suspense largement atténué.
Donc un conseil aux nouveaux lecteurs ne vous laissez pas tenter par cet outil si vous ne voulez pas perdre l'attrait de la surprise : qui Elizabeth épousera t elle ?
Bien évidement, l'attrait de ce premier roman ne repose pas sur cette simple question.
Les pays lointains, c'est aussi des personnages très bien dépeints, étoffés avec un luxe de détails qui nous les fait aimer.
Par exemple la mère de Elizabeth.
On aurait pu passez sous silence la complexité de ce personnage de moindre importance.
Que nenni ! (remarquez l'actualité de mon interjection) On ne tombe pas dans l'image stéréotypée de la mère bienveillante ou la mère désintéressée bien au contraire
Mais bien sur, c'est le personnage principal Elizabeth qui m'a très vite fascinée.
Au lieu de trouver un esprit stable et un tempérament bien défini, on découvre une jeune fille hésitante tiraillée entre sa terre natale et l'enchantement du sud (un peu comme l'auteur tiraillé entre l'Amérique et la France ?) et de ses séduisants gentlemen.
Elizabeth a son caractère non pas décidé et manichéen style Scarlett non ce serait trop facile elle est lunatique bigote naïve et...anglaise.
Peu à peu on suit son évolution.
Pas d'explications historiques chargées façon Denuziere dans Bagatelle.
Mais des personnages, selon moi, beaucoup plus fouillés que dans Autant en emporte le vent (hormis Scarlett bien évidement).
Enfin un roman du sud, guindé qui aborde le sujet du sexe. Oh shocking !
Eh bien oui ce gros tabou du plaisir dans ces couples d'apparence parfaite est abordé et sans dérive harlequinesque.
J'ai hâte de lire la suite autant pour découvrir les affrontements nordistes/sudistes que pour assister aux batailles de coeur d'Elizabeth.
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Nanyta
  31 août 2019
J'ai eu envie d'arrêter après quelques pages, puis ??? j'ai continué jusqu'au bout (presque 900 pages). J'ai acheté et avalé le n°2: Les étoiles du Sud (autant de pages) et j'attends le 3eme: Dixie.
Je suis tombée sous le charme de l'ensemble de l'oeuvre même si je n'éprouve aucune sympathie pour l'héroïne. On apprend des tas de choses, on revisite l'histoire et les prémices de la guerre de Sécession. L'écriture est fleurie, emballante comme ces bals pour les nobles oisifs de l'époque. Quant à l'esclavage, Julien Green remodèle notre vision des choses.
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Citations et extraits (99) Voir plus Ajouter une citation
AuroraeLibriAuroraeLibri   26 octobre 2016
L'émotion prit la jeune fille à la gorge qu'elle sentit se serrer, car, dans le comportement de sa mère, se devinait quelque chose d'insolite qui la troublait, mais elle domina son inquiétude et fit avec calme le récit de sa journée en évitant l'écueil de quelques détails. (...)
- Moi, je ne m'habituerai jamais à ce pays et m'y sens si malheureuse que je voudrais être morte. (...) Ma grande erreur a été de croire que nous retrouverions un peu de notre pays sur cette terre qui lui appartenait jadis.
D'une main qui lui pendait le long du corps, elle tenait un mouchoir dont elle essuyait parfois le coin de sa bouche. Dans toute sa personne il y avait un air de majesté un peu effrayante et sa fille considérait avec horreur cette femme qu'elle croyait en train de devenir folle et qui était sa mère. (...)
- Tu vois que je me suis habillée ce soir pour une fête. Je célèbre d'avance ma fuite vers la liberté, mon évasion, Elizabeth.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   31 octobre 2016
-Ouvre la Bible qui est sur la table, dit-elle tout à coup. La sainte Bible nous dira. (...)
Sur la table, la lampe s'était éteint et la Bible, ouverte au huitième chapitre d'Isaie, attendait. Les pages luisaient faiblement dans la lumière de la lune. Elle les toucha de la main, indécise. (...)
En cette heure d'anxiété, le vieil instinct protestant remontait en elle: interroger l'Ecriture en l'ouvrant au hasard et en plaçant le doigt sur le premier passage venu. (...) En réalité, elle-même avait peur, peur du livre, peur de le forcer à répondre et de ce qu'il allait dire. (...) Avec une curiosité avide, Elizabeth se pencha sur le livre et lut : "Ne vous trompez pas. On ne se moque pas de Dieu."
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AuroraeLibriAuroraeLibri   27 octobre 2016
Elle aurait voulu s'attarder, se griser de la poésie inquiétante et presque infernale de ces lieux.
Pendant la demi-heure qui suivit, elle demeura la proie de ce paysage insolite, livrée à la contemplation intérieure de cette pièce d'eau chargée de secrets. tout ce qu'il y avait en elle de piété ancestrale affaiblissait à peine l'attrait d'un surnaturel douteux où triomphait la superstition écossaise. par un de ces mystérieux caprices de la mémoire, plus elle s'éloignait de la longue nappe d'eau, mieux elle en discernait les particularités troublantes et tout d'abord, si difficile que cela fût à décrire, la sensation d'une énorme solitude. Venait ensuite l'horreur. Quel autre mot choisir pour ce qui demeurait, non pas au-delà, mais en-deçà du langage humain? Le pressentiment des régions interdites, interdites elle ne savait pourquoi, ni comment.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   17 novembre 2016
Sa Bible était à portée de sa main, comme un fétiche. Elle ne la lisait plus comme autrefois. Le livre la rejetait dans l'inquiétude et le doute. L'ouvrait-elle au hasard, c'était pour tomber sur des phrases dirigées contre elles, parfois d'une façon si personnelle et si directe que son sommeil en était troublé. cependant, elle voulait que le volume fût dans sa reliure noire, vigilant malgré tout.
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YiYi   17 novembre 2015
Charlie Jones explique à son fils qu’il ne faut pas donner aux femmes le gout du s*x*

- Il est préférable qu’il en soit ainsi avec les femmes, poursuivit Charlie Jones d’une voix grave. Autrement on risque de faire d’elles...hum...des obsédées, je m’excuse du terme.
- Des obsédées !
- C’est comme je te le dis, mon garçon. Dois je être plus précis ? Mais quoi, nous sommes entre hommes. Elles peuvent même devenir des hystériques.
- Oh !
- Parfaitement. Avec la dépravation des moeurs actuelles, l’Angleterre en est pleine.
- Mais, papa, c’est monstrueux. Que font ces malheureuses ?
- Elles écrivent des romans.
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