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Albert Camus (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070297764
Éditeur : Gallimard (10/11/1977)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 33 notes)
Résumé :
«Le voyage décrit par Grenier est un voyage dans l'imaginaire et l'invisible, une quête d'île en île, comme celle que Melville, avec d'autres moyens, a illustrée dans Mardi. L'animal jouit et meurt, l'homme s'émerveille et meurt. Où est le port ? Voilà la question qui résonne dans tout le livre.» Albert Camus.
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Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Thaddeus
08 mai 2015
Que vaut un monde qui serait éternel? Que vaut des plaisirs infinis? Pas grand-chose. La beauté qui dépérit est la plus belle parce que plus fragile, plus précieuse. L'homme a besoin d'une fin.
Je ne sais si cela fut une révélation. Une chose est sûre; Jean Grenier sait mettre en mots les plus subtiles pensées et impressions internes. J'ai toujours cru que l'écriture était une traduction. Traduction de ces mouvements de l'âme en mots intelligibles pour cette Raison qui demande de la clarté. Ici nous avons affaire à un fin traducteur. Il nous donne un concentré de la pensée.
Comme des Don Quichotte nous allons, voyant ce qui n'est pas, ne voyant pas ce qui est, on se trompe sur le monde, mais c'est si beau se tromper. Joie délirante, que fais-tu là? Chavirer le monde trop sérieux.
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nath45
20 juillet 2013
Que dire de cet essai, qu'il est exceptionnel, remarquable, touchant, intelligent.
Cet essai « Les îles » paru en 1933 pour la première fois, est un livre révélateur pour Albert Camus, d'ailleurs il en écrit la préface.
Jean Grenier nous donne à réfléchir, sur la nature, la nature humaine, la vie, les éléments qui font l'essence de la vie.
Sans oublier le style, une très belle découverte et un livre qui comptera pour moi et que je garde en livre de chevet afin de pouvoir le relire, m'imprégner de certain passage, de le savourer. J'ose reprendre les mots d'Albert Camus : « il est temps que de nouveaux lecteurs viennent à lui. Je voudrais être encore parmi eux, je voudrais revenir à ce soir où, après avoir ouvert ce petit volume dans la rue, je le refermai aux premières lignes que j'en lus, le serrai contre moi et courus jusqu'à ma chambre pour le dévorer enfin sans témoins ». Que dire de plus !
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bibifoc22
30 juin 2017
Lire Les îles, c'est ouvrir un livre hors du temps, qui vous fait voyager autant qu'il vous ramène à votre vie quotidienne et votre condition humaine. Si Les îles ne sont pas une invitation au voyage _ et certains passages des Iles semblent aujourd'hui obsolètes, tant la part d' « étrangeté » de tel ou tel pays s'est diluée_ , ce livre est surtout une invitation à interroger l'Homme et son existence, à travers une écriture délicate mais simple, tout comme les expériences sur lesquelles il s'appuie : la mort du chat Mouloud, le passage devant un fleuriste ou la maladie d'un boucher. Jean Grenier fut un des maîtres et amis d'Albert Camus, qui lui rend un bel hommage dans la préface du livre. Et on retrouvera dans Noces de ce dernier, la description de la nature et de ses beautés comme autant d'occasions de définir ce qui fait l'homme et la réalité de sa vie.
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michelblondeau
06 janvier 2014
Beau recueil de textes, entre mémoires et méditations. Un d'entre eux m'a particulièrement touché, où l'auteur évoque une expérience de non-dualité (il n'emploie pas ce terme, c'est mon interprétation). le voile sur le monde disparaît un instant, éclair sur le réel...
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Elisanne
14 mai 2010
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Citations & extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
ElisanneElisanne31 mai 2012
"L'originalité de Grenier, il nous parle seulement d'expériences simples et familières dans une langue sans apprêt apparent. Puis il nous laisse traduire, chacun à notre convenance. A ces conditions seulement l'art est un don, qui n'oblige pas.Pour moi qui ai tant recu de ce livre, je sais l'étendue de ce don, je reconnais ma dette. Les grandes révélations qu'un homme reçoit dans sa vie sont rares, une ou deux le plus souvent. Mais elles transfigurent, comme la chance.A l'être passionné de vivre et de connaître, ce livre offre, je le sais, au tournant de ses pages, une révélation semblable.

Albert Camus (extrait de la préface)
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bibifoc22bibifoc2230 juin 2017
Faut-il le dire ? Faut-il l’avouer ? Transplanté dans un pays du Nord, la vie me fut lourde et sans poésie ; sans poésie, je veux dire sans cette surprise qui fait qu’à chaque instant l’on découvre un aspect nouveau à ce qui est parfaitement monotone. Et moi, je découvrais un aspect monotone à ce qui était pour moi nouveau… Je me tournais vers ce qui pouvait le plus me rattacher à la nature : aux animaux qui passaient dans la rue (les chevaux et les chiens), aux arbres – il y en avait bien peu – enfin jusqu’aux plantes qui poussent derrière les vitrines des fleuristes. Quel étonnement le jour où je vis l’enseigne de l’un d’eux « Aux îles Borromées ! ». Vous imaginez comme dans cette ville au ciel sombre, aux pavés sales, aux maisons grises, cette enseigne pouvait détonner. Ce contraste m’éprouvait : je revoyais les trois îles que baigne le lac Majeur : l’île mère, l’île des pêcheurs, l’île de beauté, les palmiers, les orangers, les citronniers et les arbres de toutes sortes qui les couronnent. C’était une vision de paradis terrestre… Le ciel s’ouvrait pour moi, qui étais dans les limbes. Je respirais l’air chargé des fleurs de mimosas, de glycines et de roses, cet air trop lourd dans lequel volent les pigeons et les colombes d’Isola Bella. J’éprouvais ce bonheur physique dont tous les hommes aujourd’hui disent qu’ils ont honte, et qu’ils cherchent pourtant à s’assurer jusqu’en tuant les autres. Ce bonheur physique, qui figure pour ceux qui n’en peuvent connaître d’autres, l’équivalent du don, du génie et de la grâce : quelque chose de naturel et d’irrésistible.
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ElisanneElisanne10 mai 2010
Il existe je ne sais quel composé de ciel, de terre et d’eau, variable en chacun, qui fait notre climat.
En approchant de lui, le pas devient moins lourd, le coeur s’épanouit.
Il semble que la Nature silencieuse se mette tout à coup à chanter.
Nous reconnaissons les choses
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frikikofrikiko19 janvier 2013
J'ai beaucoup rêvé d'arriver seul dans une ville étrangère, seul et dénué de tout. J'aurais vécu humblement, misérablement même. Avant tout, j'aurais gardé le secret. Il m'a toujours semblé que parler de moi-même, me montrer pour ce que j'étais, agir en mon nom, c'était précisément trahir quelque chose de moi, et le plus précieux.
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ElisanneElisanne31 mai 2012
A côté de Venise qui s’ouvre sur la mer et s’étale au soleil, voici Vérone, fermée et impénétrable
Il y a toutes sortes de raisons pour que Roméo et Juliette se passe à Vérone plutôt qu’à Venise. Je ne veux retenir que celle-là .

Quand j’habitais aux environs d’une vieille ville italienne,je suivais pour rentrer chez moi une ruelle étroite et mal dallée, resserrée entre deux murs très hauts . (On n’imagine pas la hauteur de ces murs en pleine campagne). C’était en avril ou en mai. A un endroit où la ruelle faisait coude, une odeur puissante de jasmins et de lilas tombait sur moi . Je ne voyais pas les fleurs cachées qu’elles étaient par la muraille. Mais je m’arrêtais longuement pour les respirer et ma nuit en était embaumée. Comme je comprenais ceux-là qui enfermaient si jalousement ces fleurs qu’ils aimaient !
Une passion veut des forteresses autour d’elle, et à cette minute j’adorais le secret qui faisait toute chose belle, le secret sans lequel il n’est pas de bonheur.

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Video de Jean Grenier (2) Voir plusAjouter une vidéo
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