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Clélia Anfray (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070344401
Éditeur : Gallimard (06/12/2007)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 229 notes)
Résumé :
Indifférente à la haine de l'Italie entière, Lucrèce Borgia parade au carnaval de Venise. Qui pourrait inquiéter cette femme de pouvoir qui baigne dans l'adultère, l'inceste et le crime ? Elle a peur cependant, et tremble. pour un simple capitaine qu'elle cherche parmi la foule. Il se nomme Gennaro. Il est amoureux d'elle, lui qui tient les Borgia en aversion et insulte leur blason. Or Gennaro n'est autre que son fils, né de ses amours incestueuses avec son propre f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
  04 juillet 2012
Connaissant peu les pièces de théâtre de Victor Hugo, j'ai décidé de m'attaquer à celle-ci, tombant dessus lors d'une de mes pérégrinations dans ce lieu magique que l'on appelle librairie.
Cette pièce débute à Venise avant de se déplacer, au cours de l'histoire, à Ferrare où Dona Lucrezia Borgia et son mari Don Alphonse d'Este y règnent en maîtres puisqu'en plus de leurs titres de noblesse, ils sont donc respectés mais surtout craints en raison de leur terrible réputation, et en particulier celle de Dona Lucrezia, femme cruelle et sans coeur, n'hésitant pas à faire assassiner ses ennemis ou ceux qui la dérangent, par l'intermédiaire de ses hommes de main. Fille du pape, elle ne redoute rien ni personne, si ce n'est le jour où elle aura à faire un choix terrible : celui de donner elle-même la mort au seul homme qu'elle n'ait jamais aimé, Gennaro et que son mari soupçonne d'être son amant.
Mais l'histoire est bien plus complexe qu'elle n'y paraît car Dona Lucrezia ou Lucrèce Borgia si vous préférez, bien qu'elle voulut se confesser et se repentir, cela arrivera bien trop tard !
Une pièce magnifique, très bien écrite, se déroulant dans ce cadre enchanteur qu'est l'Italie et, bien que dramatique, porte à la réflexion et est remplie de morale. La vengeance étant le fil conducteur de la vie de Lucrèce Borgia, elle apprendra, à ses dépends, su'il existe bien d'autres sentiments humains qui sont beaucoup plus forts et qui valent la peine d'être vécus et ressentis et le plus fort d'entre tous est indéniablement l'Amour !
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Bruidelo
  01 décembre 2018
Ça me fait du bien, le théâtre de Hugo, si étranger à toute frilosité ou platitude. Tout est ample, fait pour emporter, faire vibrer ou frissonner, Les personnages bien sûr, ces « Atrides du Moyen-Âge »: Lucrèce, pour Hugo, c'est d'abord un monstre, c'est « la difformité morale la plus hideuse, la plus repoussante, la plus complète », mais dans ce monstre il met un amour pur et touchant, un amour qui fait naître en elle le désir d'échapper à ce courant de crimes qui l'entraîne - « et le monstre intéressera, et le monstre fera pleurer, et cette créature qui faisait peur fera pitié, et cette âme difforme deviendra presque belle à vos yeux. » - je sais, ça semble un peu gros, un peu grosse ficelle, pas très raffiné, mais ça marche, ça touche, c'est beau!
Hugo est très fort pour les contrastes saisissants, émotionnellement très efficaces, poussés à l'extrême: Lucrèce la monstrueuse aime son fils Gennaro, si chevaleresque, à l'âme si noble, ignorant qu'il est le fruit de l'inceste de deux Borgia - Gennaro, qui adore sa mère inconnue de toutes les forces de son âme, qui ne sert que des causes justes pour être digne d'elle et qui pour cette raison a refusé de s'enrôler au service de « cette infâme madame Lucrèce Borgia » qu'il abhorre presque autant qu'il croit aimer sa mère. Alors oui, c'est tout à fait excessif, emphatique et mélo... mais c'est si bon!
Et puis il y a la si belle énergie, le souffle du style hugolien, puissant, ardent, impétueux.
Bref, j'adore cette pièce, forte, captivante et intense.
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Darkcook
  08 juillet 2015
Un Hugo une fois par an, voila la prescription, et encore, c'est insuffisant, c'est bien parce qu'il y a tant d'autres auteurs à lire... Dévot d'Hugo assumé et fan de théâtre, il fallait absolument que je comble cet été une de mes plus grosses et honteuses lacunes (et là, je crie tel Maffio, de façon ostentatoire, en fin d'acte I) : "Lucrèce Borgia!!!" En plus, tout le monde me parle des séries Borgia, bref, je devais me renseigner quand même...
Si on vous dit : Hugo, sang, inceste, Italie? Moi, en tout cas, je fonce! Hugo est un adorateur de Shakespeare et d'Eschyle, et l'on retrouve ici leur passion, leur folie, et tous les excès les plus fous à peine imaginables, qui doivent régaler les spectateurs des sus-dits feuilletons, sortis des écrits encore à lire (oui, je sais, pour un wannabe Ellroy Junior tel que moi, c'est honteux) du divin Marquis de Sade. On assiste ainsi à la relation ambigue entre Lucrèce Borgia et Gennaro, le fils que la première a eu avec son propre frère, sans que le fougueux jouvenceau ne soit au courant de l'identité de sa soupirante bienveillante!! Outre moult rappels à Oedipe et Jocaste, on se régale de ce bain de pêchés et de luxure dans lequel nous plonge Victor. Lucrèce est l'objet de la passion dévorante de ses deux frères qui iront jusqu'au fratricide, il est susurré qu'elle a peut-être aussi couché avec son père, et ce dernier, le pape Alexandre VI, règne tel un parrain de la mafia sur les sous-sols du Vatican et les soupers où tous sont égorgés et empoisonnés sous ses ordres!!
Le lien entre Lucrèce et Gennaro demeure passionnant et complexe, on retrouve la verve hugolienne telle qu'on la connaît dans les répétitions et les gradations de répliques enflammées, et bonus non négligeable : Hugo parvient, dans cette sanglante tragédie, à injecter un humour bienvenu, entre autres avec le personnage de Jeppo. Non pas qu'il faille à tout prix débrider, atténuer le tragique, c'est même le contraire, mais ici, on est d'autant plus accroché à l'action, forte en surprises, avec toujours plus d'empathie, malgré la simplicité de l'histoire au final. Le drame aurait pu aisément ne pas connaître ce dénouement, mais le destin l'emporte toujours, c'est bien connu. À ce sujet, j'étais initialement frustré par la fin, bien qu'elle m'ait tout de même surpris. Cependant, en voyant dans l'édition les fins alternatives prévues par Hugo, encore inférieures, j'ai fini par l'accepter. Elle enrichit encore ce cher Gennaro, et s'avère des plus cohérentes. C'est un Borgia!!
Je salue les très grands moments : le début, la mutilation de l'emblème des Borgia, et ce souper final aussi effrayant que drôlatique! L'arrivée soudaine des pénitents ajoute encore à la terreur, et on y devine bien là une reminiscence du théâtre shakespearien peuplé de créatures d'outre-tombe!
Je serais presque tenté d'enchaîner avec Le Roi s'amuse, qu'Hugo décrit fièrement dans la préface de Lucrèce Borgia comme pièce soeur, formant un diptyque sur les monstres pathétiques qui lui sont chers. Mais les autres génies de ma bibliothèque, ses confrères de lectures si longtemps repoussées par le manque de temps m'appellent des tréfonds... De profundis clamaverunt...
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isajulia
  10 mars 2013
C'est avec l'excellent Hernani que j'ai découvert le théâtre de Victor Hugo,fascinée et curieuse à propos de la famille Borgia la lecture de cette pièce s'imposait donc à moi.
Facile à lire et très bien écrite je me suis régalée à parcourir cet épisode de vie de la célèbre Lucrèce.
Le moins qu'on puisse dire est que cette femme m'a laissé forte impression,sans l'aimer ni le détester je m'attendais a une personnalité beaucoup plus cruelle.Telle qu'elle est représentée dans la pièce j'ai plus pensé qu'elle a suivi l'engrenage de violence familiale que son propre chemin.
Bien entendu,il y a les faits historiques mais il me semble qu'elle a été un peu le dindon de la farce dans tout les scandales qui on trait à sa famille.
J'ai vraiment adoré ce livre et je vais m'orienter vers d'autres ouvrages pour en connaître encore un peu plus sur cette tribu sanguinaire qui a terrorisé l'Italie.Commencer par la pièce de théâtre a été un bon choix pour moi car cela m'a permis de m'immerger en douceur dans la connaissance des différents protagonistes.
Je conseille cette pièce à tout curieux au sujet des Borgia.A lire.
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Allantvers
  13 novembre 2018
Lucrèce Borgia, la sanguinaire, la cruelle, l'immorale, face à sa souffrance de mère : une femme pareille jetée dans un tourment d'une telle ampleur, cela ne pouvait que lui plaire à notre géant Victor, qui nous trousse une petite pièce à la fois tragique et enlevée, au texte sobre mais bouillonnant.
Je découvre avec cette pièce le grand maître Hugo dans le genre du théâtre et suis surprise de ne pas y trouver la grandiloquence et la noble pesanteur attendues. M'est avis que je suis loin d'avoir fait le tour de taille du bonhomme et que toutes ses pièces ne sont pas du même tonneau. Quoiqu'il en soit, c'est Victor, et j'adore!
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Citations et extraits (60) Voir plus Ajouter une citation
JoohJooh   13 août 2015
MAFFIO
Une histoire gaie, Jeppo ! Comment il advint que don Siliceo, beau cavalier de trente ans, qui avait perdu son patrimoine au jeu, épousa la très riche marquise Calpurnia, qui comptait quarante-huit printemps. Par le corps de Bacchus ! Vous trouvez cela gai !

GUBETTA
C'est triste et commun. Un homme ruiné, qui épouse une femme en ruine. Chose qui se voit tous les jours.
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isajuliaisajulia   10 mars 2013
Don Alphonse : Tenez,Madame,je hais toute votre abominable famille de Borgia,et vous toute première,que j'ai si follement aimée! Il faut que je vous dise un peu cela à la fin,c'est une chose honteuse,inouie et merveilleuse,de voir alliées en nos deux personnes la maison d'Este,qui vaut mieux que la maison de Valois et que la maison de Tudor,la maison d'Este,dis-je,et la famille Borgia,qui ne s'appelle pas même Borgia,qui s'appelle Lenzuoli ou Lenzolio,on ne sait quoi ! J'ai horreur de votre frère César,qui a des taches de sang naturelles au visage! de votre frère César,qui a tué votre frère Jean! J'ai horreur de votre mère la Rosa Vanozza,la vieille fille de joie espagnole qui scandalise Rome après avoir scandalisé Valence! Et quand à vos neveux prétendus,les ducs de Sermoneto et de Nepi,de beaux ducs,ma foi ! des ducs d'hier ! des ducs faits avec des duchés volés! Laissez-moi finir.J'ai horreur de votre père qui est pape et qui a un sérail de femmes comme le sultan des Turcs Bajazet ; de votre père qui est l'antéchrist ;de votre père qui peuple le bagne de personnes illustres et le sacré collège de bandits,si bien qu'en les voyant tous vêtus de rouge,galériens et cardinaux,on se demande si ce sont les galériens qui sont les cardinaux et les cardinaux qui sont les galériens!
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AauroraAaurora   01 juillet 2012
S’IL NE ME RESTAIT À MOI, PAUVRE FEMME HAÏE, MÉPRISÉE, ABHORRÉE, MAUDITE DES HOMMES, DAMNÉE DU CIEL, MISÉRABLE TOUTE-PUISSANTE QUE JE SUIS ; S’IL NE ME RESTAIT, MOI, DANS L’ÉTAT DE DÉTRESSE OÙ MON ÂME AGONISE DOULOUREUSEMENT, QU’UNE IDÉE, QU’UNE ESPÉRANCE, QU’UNE RESSOURCE, CELLE DE MÉRITER ET D’OBTENIR UNE PETITE PLACE, UN PEU DE TENDRESSE, UN PEU D’ESTIME DANS CE CŒUR SI FIER ET SI PUR ; SI JE N’AVAIS D’AUTRE PENSÉE QUE L’AMBITION DE LE SENTIR BATTRE UN JOUR JOYEUSEMENT ET LIBREMENT CONTRE LE MIEN, COMPRENDRAS-TU ALORS, POURQUOI J’AI HÂTE DE RACHETER MON PASSÉ, DE LAVER MA RENOMMÉE, D’EFFACER LES TÂCHES DE TOUTE SORTES QUE J’AI PARTOUT SUR MOI, ET DE CHANGER EN UNE IDÉE DE GLOIRE, DE PÉNITENCE ET DE VERTU, L’IDÉE INFÂME QU’ON ATTACHE À MON NOM ?
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JoohJooh   08 août 2015
DONA LUCREZIA
[...] C'est un caprice, si vous voulez; mais c'est quelque chose de sacré et d'auguste que le caprice d'une femme, quand il sauve la tête d'un homme.
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MariloupMariloup   03 juillet 2013
Gubetta: Sur ce cheval, il y avait deux frères.
Jeppo: Vous l'avez dit, monsieur de Belverana. Le cadavre, c'était Jean Borgia; le cavalier, c'était César Borgia.
Maffio: Famille de démons que ces Borgia! Et dites, Jeppo, pourquoi le frère tuait-il ainsi le frère?
Jeppo: Je ne vous le dirai pas. La cause du meurtre est tellement abominable, que ce doit être un péché mortel d'en parler seulement.
Gubetta: Je vous le dirai, moi. César, cardinal de Valence, a tué Jean, duc de Gandia, parce que les deux frères aimaient la même femme.
Maffio: Et qui était cette femme?
Gubetta: Leur soeur.
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Videos de Victor Hugo (259) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Victor Hugo
Émission "Une Vie, une Œuvre", par Maylis Besserie et Guillaume Baldy, sous-titrée « l’insurgé », diffusée le 3 novembre 2018 sur France Culture. Présences : Anne Martin-Fugier, Jean Maurel, Jean-Marc Hovasse, Dinah Bott, Agnès Perry, Roy Bisson et Gérard Audinet.
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