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ISBN : 2266286137
Éditeur : Pocket (07/06/2018)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 869 notes)
Résumé :
Initialement prévu comme le dernier volet d’une trilogie consacrée à la Révolution française, le livre se situe aux heures les plus noires du soulèvement populaire : la Terreur.
La Convention a « abdiqué » après un bain de sang orchestré par les girondins et comme emportés par une folie meurtrière, les vainqueurs - Danton et Robespierre – vont s’affronter à mort.

Victor Hugo place son décor en Vendée où les royalistes tentent un dernier coup ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
peloignon
  29 novembre 2012
Voici mon roman favori de Hugo. C'est celui qui m'a fait la plus belle impression, malgré la très vive concurrence que lui font Les Misérables et de Notre-Dame de Paris.
Je suis conscient de la singularité de ma préférence et j'aimerais tenter de vous la faire comprendre.
Tout cela tient à ma perception de Hugo. Pour moi, c'est l'homme magistral des lettres françaises. À mon avis, il a su, mieux que personne, écrire en prenant une perspective à la fois élevée et pleine d'une compréhension généreuse et touchante. Cette particularité tient du génie, du miraculeux. Je ne crois pas qu'on puisse l'expliquer. Il a pu disposer d'un esprit tout naturellement grand, exactement comme d'autres disposent d'une grande taille, d'une grande fortune, etc., c'est tout.
Cette grandeur se manifeste de la manière la plus parfaite dans ses poèmes, mais je la sens même dans ses pamphlets, ouvrages dont le style et les sujets sont, par définition, on ne peut plus terre à terre. Et parmi ses romans, celui où cette particularité, qui fait pour moi le charme unique des ouvrages de Hugo, apparaît de la manière la plus éclatante, c'est Quatrevingt-treize.
Hugo s'est très bien documenté sur la période de la terreur pour écrire ce livre, dont l'horizon est la lutte entre révolutionnaires et monarchistes. Malgré ses convictions personnelles favorables à la révolution, Hugo dépasse sa perspective de simple citoyen pour exposer d'une manière juste et généreuse les tares et qualités de chacun des partis.
On s'y sent, tout en douceur, transporté en survol au-dessus des évènements terribles de cette période troublée.
Un pur délice.
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Arakasi
  29 janvier 2013
Il y a des dates qui font frémir d'excitation et d'effroi par leur seule puissance évocatrice, par la marque sanglante et brûlante qu'elles ont laissée sur l'Histoire. 1793 en fait partie. 1793, c'est la Révolution Française dans ce qu'elle a de plus violent et de plus passionné, c'est la Terreur, la mise à mort de la royauté, les massacres, la guerre partout – à l'extérieur des frontières, bien sûr, mais aussi en Vendée où paysans et autres petites gens mènent une guérilla impitoyable contre l'armée républicaine. Et c'est bien en Vendée, terre de religion, de tradition et de violence, que se déroule le magnifique roman « Quatrevingt-treize » de Victor Hugo.
C'est en Vendée que le marquis de Lantenac, brillant général et féroce royaliste, est envoyé pour organiser les petites bandes de paysans révoltés en une véritable armée organisée. Sur place, il a la désagréable surprise de trouver à la tête des forces républicaines son neveu Gauvain, jeune noble rallié par idéalisme aux valeurs de la Révolution. Autant dire que les retrouvailles ne seront pas des plus chaleureuses… A ce duo, s'ajoute le personnage de Cimourdain, le père adoptif de Gauvain et également ardent républicain, aussi fanatique dans sa haine de l'aristocratie que le vieux Lantenac dans sa dévotion aveugle à la cause de la monarchie. Trois personnages, trois conceptions inconciliables de la France, de l'honneur et du devoir qui vont s'affronter dans les forêts de Vendée où la Nature elle-même semble être entrée en guerre aux côtés des belligérants. Vous aussi, vous vous doutez que tout cela se terminera fort mal, hein ?
Premier roman lu de Victor Hugo : première claque ! Deux ans après, j'en suis encore toute étourdie et il m'arrive régulièrement de relire un passage par-ci, par-là et de retrouver à chaque fois la même émotion brute qu'à la première découverte. J'ai lu plusieurs autres livres du sieur Hugo depuis, mais aucun ne m'a marqué aussi profondément que « Quatrevingt-treize », dernier roman de l'auteur et peut-être le plus pur et le plus dénué d'artifices littéraires (à vérifier, ceci dit, il me faut encore lire un ou deux de ses ouvrages pour avoir une opinion définitive). Tout est parfait dans ce livre : le style superbe, le contexte historique restitué avec fougue et passion, les sentiments humains décortiqués avec une subtilité confondante… Je ne peux que m'insurger bruyamment contre les lecteurs qui osent prétendre les personnages trop stéréotypés ! Certes, ils ont chacun une grande portée symbolique – illustrations vivantes des conflits et de ambiguïtés de leur siècle – mais ils sont aussi terriblement humains, dans tout ce que l'humanité a de plus fragile, de plus faillible et de plus touchant. Et Hugo n'a pas son pareil pour faire percer cette humanité, non dans des grands discours, mais dans une phrase, un mot et – dans le cas du terrible marquis de Lancenac – un geste.
« Quatrevingt-treize », c'est également une vision terriblement noire de la Révolution Française (oh, ce magnifique passage rassemblant Robespierre, Marat et Danton – le loup, le serpent et l'ours – dans un huis-clos d'une virtuosité à couper le souffle ! Je ne m'en lasserai jamais…) Républicain convaincu, Victor Hugo ne condamne jamais les aspirations qui sont à l'origine de la Révolution, mais met en scène les contradictions d'un système qui, à force de vouloir défendre par l'acier et le feu ses nobles idéaux, a fini par les étouffer dans le sang. Cette contradiction est illustrée par la relation tendre et conflictuelle entre Gauvain et Cimourdain : l'un pense la Révolution avec son coeur, l'autre avec sa tête. C'est, hélas, cette deuxième vision qui prévaudra finalement et c'est sous le couperet de la guillotine que Hugo fera périr la dernière étincelle de pureté de la première République. Sans rire, si vous n'avez pas les larmes aux yeux aux dernières lignes, il faut sérieusement penser à consulter un psy…
Conclusion ? Il avait vraiment un gros gros égo, Hugo, mais qu'est-ce qu'il le valait bien, le bougre…
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Patsales
  30 avril 2016
Racine n'a utilisé guère plus de 3000 mots du vocabulaire français pour écrire ses chefs d'oeuvre et Hugo , quoi qu'on en dise, tend lui aussi vers la sobriété linguistique puisqu'il est capable d'écrire à peu près n'importe quoi et notamment "Quatrevingt-treize" avec un seul procédé stylistique : l'antithèse. Ah oui, mais pardon! L'antithèse hugolienne, c'est comme le macaron pour Pierre Hermé, on pourrait trouver qu'il en fait des tonnes et qu'il exploite le système à fond, et on y revient toujours en se disant y a pas, il a du métier.
"des fauves sur une montagne, des reptiles dans un marais. Là fourmillaient, se coudoyaient, se provoquaient, se menaçaient, luttaient et vivaient tous ces combattants qui sont aujourd'hui des fantômes. Dénombrement titanique. À droite, la Gironde, légion de penseurs ; à gauche, la Montagne, groupe d'athlètes [...]. En dehors de ces deux camps, et les tenant tous deux en respect, se dressait un homme, Robespierre [...]. Au−dessous se courbaient l'épouvante, qui peut être noble, et la peur, qui est basse. Sous les passions, sous les héroïsmes, sous les dévouements, sous les rages, la morne cohue des anonymes"(II, iii, 1)
"dans toute cette partie de la Vendée, la république avait le dessus, ceci était hors de doute ; mais quelle république ? Dans le triomphe qui s'ébauchait, deux formes de la république étaient en présence, la république de la terreur et la république de la clémence, l'une voulant vaincre par la rigueur et l'autre par la douceur."(III, ii, 7)
On pourrait évidemment trouver le procédé un tantinet facile. Mais Hugo, fils d'une royaliste et d'un général d'Empire fait de "Quatrevingt-treize" l'évangile révolutionnaire et à l'antithèse binaire adjoint la Sainte-Trinité. Trois lieux (la mer, la ville, la forêt); trois bâtiments ("La Claymore", la salle de la Convention, la Tourgue), trois hommes à la tête d'un triumvirat (Danton, Robespierre, Marat), trois monstres (le canon, Marat, l'Imânus), trois problèmes (la guerre de Vendée, la guerre aux frontières, les tentatives pour brider la Révolution à Paris), trois générations (Lantenac, Cimourdain, Gauvain), trois enfants (René-Jean, Gros-Alain, Georgette). Rien n'est simple donc, si tout est symbolique.Les trois petits enfants enfermés dans la bibliothèque du château vont réduire en miettes un livre rare sur la Saint-Barthélémy et faire un carnage d'un massacre. Il faut bien parfois renverser les idoles, même lorsque l'idole est un livre trônant sur un lutrin, pour mettre fin à l'intolérance et aux injustices.
" Ce fut une extermination. Tailler en pièces l'histoire, la légende, la science, les miracles vrais ou faux, le latin d'église, les superstitions, les fanatismes, les mystères, déchirer toute une religion du haut en bas, c'est un travail pour trois géants, et même pour trois enfants ; les heures s'écoulèrent dans ce labeur, mais ils en vinrent à bout ; rien ne resta de Saint Barthélémy."
(Roman lu dans la fort ancienne et très éclairante édition qu'annota Yves Gohin).
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Tempuslegendae
  25 novembre 2012
Il n'y a jamais eu d'ambigüité en la matière, «Quatre vingt-treize» constitue bien une fresque de la Révolution française. C'est le dernier roman écrit par Victor HUGO.
Pourquoi parler d'une oeuvre à la véritable réussite romanesque?
BALZAC n'a pas été le seul à parler de la période trouble, de la Vendée, HUGO en a fait autant avec ses mots à lui: «Il y avait alors en Bretagne sept forêts horribles, La Vendée, c'est la révolte-prêtre. Cette révolte a pour auxiliaire la forêt. Les ténèbres s'entraident.»
«Nous avons revu ces moeurs»: dans ce roman que je qualifierais à la frontière de l'intimisme pour l'auteur, aucune autre phrase n'assimile la Révolution à la Commune. Les atrocités des deux camps passent pour être équitablement stigmatisées, et la Commune serait ainsi excusée par l'oeuvre révolutionnaire qui justifie la Terreur, d'où les facteurs d'histoire justifiant le titre de l'oeuvre. «Quatre vingt-treize», pourquoi faire plus compliqué?
L'oeuvre se scinde en trois parties: en mer, à Paris, en Vendée. Quels sont les protagonistes? le tableau du personnel romanesque – tel que chaque force historique est représentée par deux personnages: l'un ayant adopté une position conforme à son origine, l'autre à l'inverse, contraire à la sienne- met en place et en épingle une représentation euphorique (je pense que l'adjectif convient) et idéaliste de la Révolution.
La démarche royaliste n'a de secret pour personne: le peuple vendéen combat les intérêts de la Révolution, dont la Terreur, outil répressif du soulèvement, exécute Gauvain tandis que Cimourdain se suicide. le livre nous apporte quelques évidentes déductions: la Révolution est donc inconcevable, voire impossible si elle doit trouver son moteur dans son effet, inacceptable si elle le cherche dans son involution terroriste. L'histoire se fait, mais sans principes. Telle est l'analyse induite par HUGO par le biais de son roman.
En fait, pour être explicite, l'écrivain trouvait sa raison sociale et historique d'être dans l'idée d'une Révolution résultant d'une somme évolutive des idéaux individuels liés à l'unique Vérité.
Le bilan de l'oeuvre est lourd: «Quatre vingt-treize» rend compte de l'échec de la République en le faisant payer au poète de son silence futur et de la caducité de son écrit passé. Serait-ce un roman marquant l'impuissance à penser la révolution? Avec bon sens et analyse, des historiens ont mis un point d'honneur à disséquer l'oeuvre, à rechercher des explications.
Après l'écriture de «Quatre vingt-treize», Victor HUGO affiche à juste titre un certain épuisement; il avoue ne pas pouvoir absoudre l'Histoire et conserver espoir en elle qu'en s'en excluant. Mais, je ne pense pas qu'il soit sorti par une petite porte, loin de là; cette pensée n'appartient qu'à moi.
Quelques temps avant de mourir, HUGO écrivait ceci:
«Mais moi, le croyant de l'aurore,
Je forcerai bien Dieu d'éclore
A force de joie et d'amour».
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talou61
  05 août 2017
Quel livre ! Quel souffle ! Quel auteur !
Un grand homme ce Victor Hugo !
A relire !
J'ai particulièrement aimé :
- la rencontre (même si elle est fictive !) des trois tribuns (Robespierre-Danton-Marat) page 100 : les descriptions, les discours.
- La Convention page 122
- la description de la guillotine : page 237
- la fierté, l'honneur des hommes de la Révolution qu'ils soient militaires, politiques ou vendéens !
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Citations et extraits (136) Voir plus Ajouter une citation
FremenFremen   06 mars 2011
(Citation un peu longue sans doute mais quelle puissance dans ce passage...)

Danton venait de se lever ; il avait vivement reculé sa chaise.

- Ecoutez, cria-t-il. Il n'y a qu'une urgence, la République en danger. Je ne connais qu'une chose, délivrer la France de l'ennemi. Pour cela tous les moyens sont bons. Tous ! tous ! tous ! Quand j'ai affaire à tous les périls, j'ai recours à toutes les ressources, et quand je crains tout, je brave tout. Ma pensée est une lionne. Pas de demi-mesures. Pas de pruderie en révolution. Némésis n'est pas une bégueule. Soyons épouvantables et utiles. Est-ce que l'éléphant regarde où il met sa patte ? Ecrasons l'ennemi.

Robespierre répondit avec douceur :

- Je veux bien.

Et il ajouta :

- La question est de savoir où est l'ennemi.
- Il est dehors, et je l'ai chassé, dit Danton.
- Il est dedans, et je le surveille, dit Robespierre.
- Et je le chasserai encore, reprit Danton.
- On ne chasse pas l'ennemi du dedans.
- Qu'est-ce donc qu'on fait ?
- On l'extermine.
- J'y consens, dit à son tour Danton.

Et il reprit :

- Je vous dis qu'il est dehors, Robespierre.
- Danton, je vous dis qu'il est dedans.
- Robespierre, il est à la frontière.
- Danton, il est en Vendée.
- Calmez vous, dit une troisième voix, il est partout ; et vous êtes perdus.

C'était Marat qui parlait.
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peloignonpeloignon   25 février 2013
Après avoir construit le crime, il avait reculé devant. Il s'était fait horreur à lui-même. Le cri de la mère avait réveillé en lui ce fond de vieille piété humaine, sorte de dépôt de la vie universelle, qui est dans toutes les âmes, même les plus fatales. À ce cri, il était revenu sur ses pas. De la nuit où il s'enfonçait, il avait rétrogradé vers le jour. Après avoir fait le crime, il l'avait défait. Tout son mérite était ceci: n'avoir pas été un monstre jusqu'au bout.
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PiertyMPiertyM   19 mars 2016
Tout ce qui est grand a une horreur sacrée. Admirer les médiocres et les collines, c’est aisé ; mais ce qui est trop haut, un génie aussi bien qu’une montagne, une assemblée aussi bien qu’un chef- d’œuvre, vus de trop près, épouvantent. Toute cime semble une exagération. Gravir fatigue. On s’essouffle aux escarpements, on glisse sur les pentes, on se blesse à des aspérités qui sont des beautés ; les torrents, en écumant, dénoncent les précipices, les nuages cachent les sommets ; l’ascension terrifie autant que la chute. De là plus d’effroi que d’admiration. On éprouve ce sentiment bizarre, l’aversion du grand. On voit les abîmes, on ne voit pas les sublimités ; on voit le monstre, on ne voit pas le prodige.
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nadejdanadejda   08 octobre 2012
Qui voyait l’Assemblée ne songeait plus à la salle. Qui voyait le drame ne pensait plus au théâtre. Rien de plus difforme et de plus sublime. Un tas de héros, un troupeau de lâches. Des fauves sur une montagne, des reptiles dans un marais. Là fourmillaient, se coudoyaient, se provoquaient, se menaçaient, luttaient et vivaient tous ces combattants qui sont aujourd’hui des fantômes.
(...) Salles, le dénonciateur chimérique des intimités de la Montagne avec l’Autriche ; Sillery, le boîteux de la droite, comme Couthon était le cul-de-jatte de la gauche....
(...) Carra qui, au pied de l’échafaud, dit au bourreau : Ça m’ennuie de mourir. J’aurais voulu voir la suite.
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nadejdanadejda   07 octobre 2012
«Il y a à dire des deux côtés. ... Vous comprenez, je ne sais pas au juste, on va, on vient, il se passe des choses ; moi, je suis là sous les étoiles.
(...) Je suis un peu rebouteux, un peu médecin, je connais les herbes, je tire parti des plantes, les paysans me voient attentif devant rien, et cela me fait passer pour sorcier. Parce que je songe, on croit que je sais.» (Tellmarch le Caimand)
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