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Mi-Kyung Choi (Traducteur)Jean-Noël Juttet (Traducteur)
EAN : 9782264039866
141 pages
Éditeur : 10-18 (01/09/2004)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 20 notes)
Résumé :

Un homme se souvient de son enfance auprès de Taegum, la jeune fille qui s'occupait de lui. Les herbes folles ont poussé sur les ruines de son quartier, dévasté par la guerre, où erre Taegum devenue folle, elle aussi. Blessures et failles de l'existence trahissent de même un soldat coréen envoyé au Vietnam, un champion de lutte un peu naïf et gigolo, ou deux journaliers en route pour Sampo en compagnie d'une prostituée. A travers ces quatre récits, Hwang... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  11 octobre 2017
Après la lecture de trois romans de Hwang Sok-yong, j'aborde avec La route de Sampo son travail en tant que nouvelliste. Ce petit recueil contient quatre récits datant des années soixante-dix, soit juste au moment où sa carrière décolle avec le très fort Monsieur Han.
J'ai retrouvé ici son style si net, sans fioriture ni pathos. Les quatre histoires diffusent un parfum amer ou nostalgique. Ils sont empreints d'éléments autobiographiques.
"Herbes folles" parle de la guerre civile entre les deux Corées. le récit est vu au travers des yeux d'un garçonnet qui s'apparente à l'écrivain. Des altercations entre ouvriers aux bombardements et aux fuites des populations, la nouvelle donne à voir ces réalités en restant à hauteur d'enfant.
"Oeils-de-biche" traite de celle du Vietnam, dans laquelle des contingents sud-coréens furent enrôlés. Ici on assiste au retour de ces militaires, désillusionnés ou rendus fous par la guerre et qui ressentent une terrible amertume en touchant au pays natal; plus rien n'est pareil... à commencer par eux.
"Les ambitions d'un champion de ssireum" (lutte traditionnelle coréenne) narre le quotidien d'un jeune Hercule qui doit quitter son village natal et tous ses us et coutumes pour gagner la capitale et tâcher de s'en sortir. D'emblée, le jeune homme reconnaît que, si la ville a dégourdi le paysan qu'il était, il a beaucoup perdu au change. Ce récit très nostalgique évoque les changements sociaux et économiques dans la Corée des années 1970.
Une même ambiance règne dans la dernière nouvelle, qui porte le titre du recueil. Les paysans, ne pouvant plus vivre de leurs terres, vont là où ils trouvent à s'employer comme journalier. Quant aux femmes, les conditions sont tout particulièrement rudes et elles finissent souvent par devoir se vendre pour vivre.
Hwang Sok-yong se fait le peintre littéraire d'un pays en plein bouleversement. Son écriture, ses personnages attachants et si vivants nous rapproche de la Corée. Un auteur absolument formidable dans son naturalisme.
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littlecat
  25 mars 2016
Voici un joli recueil de nouvelles écrites dans les années 1970.
La première "herbes folles", ma préférée, conte l'histoire d'une jeune fille dont la fin sera tragique à l'image des ces herbes qui envahissent son quartier dévasté par la guerre.
"Oeils de biche", accessoires érotiques que rapporte un combattant, du Vietnam ; Alcool, magouilles mais aussi mal de vivre accompagnent ces soldats coréens.
"Les ambitions d'un champion de ssireum", nouvelle que j'ai beaucoup aimée , nous emmènent dans l'univers d'un champion de lutte, masseur, acteur porno, désenchanté, fidèle à un amour perdu.
Enfin, "la route de Sampo", nous fait cheminer vers Sampo, à travers la rencontre de deux paysans qui cherchent du travail et une prostituée. Une amitié nait pendant leur périple.
Hwang nous plonge dans des textes réalistes, empreints d'humanité et d'émotion.
Une belle lecture pour découvrir cet auteur coréen !
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le_Bison
  14 juin 2012
« La route de Sampo », c'est quatre nouvelles écrites entre 1972 et 1974 de Hwang Sok-Yong et compilées par l'auteur lui-même. Quatre nouvelles radicalement différentes et indépendantes qui montrent à la fois l'âme coréenne mais aussi sa douleur et sa nostalgie. J'ai vraiment aimé ces histoires (plus que le précédent roman Monsieur Han) en y découvrant un mélange de poésie et de solitude (avec par moment une petite pointe d'humour, même au milieu de la guerre).
I / IV « Herbes Folles ».
Souvenirs d'enfance au milieu de la guerre fratricide qui a déchiré son pays, et tout un Peuple. Hwang Sok-Yong avait 7 ans au moment de ces évènements et difficile de ne pas y voir une page de sa biographie dans le rôle du petit garçon. Bienvenue chez les fous en Corée, cela pourrait être le sous-titre de cette nouvelle émouvante qui touche par la jeunesse de ses protagonistes. J'ai bien aimé !
II / IV « Oeils-de-biche ».
Retour du Vietnam de soldats coréens. La quille, arrivée au port et désillusion totale. Je m'y suis senti perdu comme un étranger, comme ce coréen rentré du combat sans avoir combattu qui semble avoir perdu sa place au sein de sa société. Un sentiment fort de solitude s'y dégage. Triste et morne, cette histoire de solitude est touchante et pourrait me ressembler ? J'ai bien aimé !
III / IV « Les Ambitions d'un Champion de Ssireum ».
Le ssireum est une forme de lutte coréenne, encore très populaire. La nouvelle, excellente et touchante, manie aussi bien l'humour et la dérision que le désenchantement et la désillusion de ce gars qui ni paysan, ni citadin, ni quoi que ce soit, ne trouve pas forcément sa place dans cette vie coréenne. J'ai adoré !
IV / IV « La route de Sampo ».
Émouvante et nostalgique, le plus beau témoignage, la plus belle nouvelle. Un road-book où deux inconnus partagent un bout de route ensemble, et découvrent l'industrialisation de leur pays, traversent la campagne en évoquant un idéal et une nostalgie d'antan. J'ai adoré !
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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ASAI
  20 septembre 2020
Kuroineko a fait une très sérieuse chronique de ce recueil de quatre nouvelles, chronique que je viens de lire après avoir terminé ma lecture.
Pour ma part, je suis légèrement désappointée, après avoir lu très récemment le vieux Jardin puis Toutes les choses de notre vie.
Sans doute est-ce dû à la forme, les nouvelles. La première, notamment, pour laquelle j'étais enthousiaste, m'a prise de court.
Puis, si le contexte historique (politique et social) est toujours très intéressant et l'on comprend que Hwang écrit aussi pour faire oeuvre de mémoire d'une Corée qui a été prostituée en quelque sorte, l'hyperréalisme de sa plume m'a mis mal à l'aise sans trop m'émouvoir.
Je livre ici mon ressenti, d'autres livres de Hwang m'attendent...
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Axelinou
  18 janvier 2018
Voici un petit recueil de nouvelles douces-amères parues entre 1972 et 1973.
La technique narrative adoptée par l'auteur privilégie la description objective, laisse parler les faits, écarte le commentaire.
La route vers Sampo est empruntée par deux ouvriers journaliers qui ne se connaissent pas, suite à la fermeture du chantier pour l'hiver. L'un a filé à l'anglaise en prenant soin d'oublier de payer la note de la pension et ne sait où aller. L'autre retourne à Sampo, son île natale qu'il n'a plus vue depuis 10 ans, à 100 km de là. En chemin ils rencontrent une prostituée, elle aussi en fuite et qu'ils ne vont pas dénoncer.
Ils font simplement un bout de chemin ensemble et une amitié se crée entre les deux hommes. Ils sont paumés et ne peuvent pas rentrer chez eux. Ils ne sont plus des paysans, ils ont quitté leur terre pour les chantiers de construction il y a belle lurette.
Les trois histoires qui complètent ce livre évoquent des épisodes clés de l'histoire de la Corée : un enfant pris dans la tourmente de la guerre civile dans les années 1950, la désespérance d'un soldat coréen enrôlé dans la guerre du Vietnam, les désillusions d'un paysan qui déserte les campagnes pour les mirages de la ville dans les années 1970.
Ces histoires sont aussi biographiques car l'auteur a passé sa petite enfance à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord, et a pris part à la guerre du Vietnam. Il est retourné à Pyongyang en 1989 pour y représenter l'Association des artistes de Corée du Sud dans un congrès organisé par les écrivains de la RPD Corée. Il voulait forcer le destin et prouver que le dialogue était possible entre les gens du Nord et du Sud puisqu'ils parlent la même langue et partagent le même héritage culturel. Cet écart de conduite lui a valu plusieurs années d'exil et, à son retour à Séoul, une condamnation à 7 ans de prison.
A découvrir.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   13 juin 2012
C’est à cette époque que, en rentrant un jour de l’école, alors que je me trouvais à proximité de la gare, un bombardier m’est passé au dessus de la tête, si bas que j’ai pu voir distinctement le pilote. Pris de court, les passants se sont arrêtés, le nez en l’air. Il y a eu un éclair et toutes les vitres du quartier ont volé en éclats. Puis une colonne de fumée est montée, des bâtiments étaient en flamme. Les gens couraient en rasant les murs. Moi, je suis resté cloué sur place, les yeux fixés sur la gare. Quelqu’un m’a crié : « Fiche le camp d’ici, vite ! Ils bombardent… si tu reste là, tu vas te faire tuer ! » L’avion est revenu. C’était comme si on martelait le sol avec une gigantesque matraque. […]
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le_Bisonle_Bison   15 juin 2012
Le grand Ilbong a compris, alors, qu’il n’échapperait pas à la fatalité du bain public. C’était son destin de récurer la crasse des gens, le nez sur leurs grosses cuisses. Allez, frotte ! frotte d’une main, et de l’autre range les couilles de côté, frotte en les contournant, en les maintenant, en les protégeant, frotte, frotte, sseussak, sseussak, ssakssakssak. Vois partir la crasse épaisse et puante, vois-la filer par les égouts, couvrir les routes, submerger la ville, entrer dans les bars, les immeubles, les bureaux des fonctionnaires, les salles de rédaction des journaux, les écoles, s’étaler sur les livres, sur les cahiers, couler entre les jambes des femmes, sur les yeux des enfants, couvrir les lits, tuer les premiers sourires des nouveau-nés, s’infiltrer jusque dans les poumons d’Ilbong…
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le_Bisonle_Bison   14 juin 2012
Le calme a repris ses droits dans la rue, devant le bar ; badauds et clients se sont dispersés et, le silence revenu, je me suis retrouvé seul. Il n’était même pas dix heures, et, si je retournais au port, c’est un wagon vide et obscur que je retrouverais. J’ai pris le parti de traîner en ville. J’ai marché d’un pas lourd et sonore. […] Je me sentais extrêmement seul, comme si la rue entière me rejetait. En réalité, c’est moi qui refusais de toute mon énergie l’image que j’avais de moi.
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littlecatlittlecat   25 mars 2016
On a décidé d'abandonner le cinéma pour garder nos nuits d'amour pour nous seuls, dans la dignité. Ces corps qu'on avait vendus aux regards des autres, on les a repris. Quand je me pinçais, c 'est ma chair à moi désormais qui avait mal, quand je la caressais, c'est sa chair à elle qui frémissait. On était tout entier l'un à l'autre et d'une sincérité totale. Mais les coeurs, ça ne se possède pas...Le destin ne nous a pas laissés tranquilles...
Pages 96.97 "les ambitions d'un champion de ssireum"
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kuroinekokuroineko   11 octobre 2017
Longtemps j'avais cru que l'honneur d'un soldat était de se battre au péril de sa vie pour les valeurs que l'État avait choisi de défendre. Pourtant, je n'éprouvais aucune fierté à retrouver ma patrie. Et voici même que j'étais pris de l'envie de m'interroger sur la réalité de ces prétendues valeurs.

Oeils-de-biche
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