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Mi-Kyung Choi (Traducteur)Jean-Noël Juttet (Traducteur)
EAN : 9782264039873
126 pages
Éditeur : 10-18 (01/09/2004)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 61 notes)
Résumé :
Récit saisissant de la vie d’un médecin pendant la guerre de Corée, Monsieur Han est une œuvre charnière dans la littérature coréenne contemporaine. Séparé de sa famille, brutalement plongé dans un univers de corruption et de suspicion, M. Han est confronté aux effets pervers de sa nouvelle situation. À travers ses tribulations, Hwang Sok-yong dresse le portrait d’un monde divisé entre Nord et Sud, en pleine tourmente idéologique, entre soumission et trahison, lucid... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  23 novembre 2014
Lorsque monsieur Han décéde,dénué de tout, ses voisins ne savent absolument rien de la vie de ce vieillard discret et solitaire, et pourtant.....il porte en lui l'histoire douloureuse de la Corée.
Monsieur Han, c'est l'histoire vraie d'un médecin: Professeur de Gynécologie à Pyongyang, il gagne le Sud quand la guerre éclate en1950, il se voit contraint à l'exil.....commencent alors des tribulations incroyables et impitoyables, il quitte le nord, où on l'accuse d'être du sud pour aller vers le sud où on le suspecte d'être un agent du Nord, comme tous les coréens il est quelqu'un de déchiré, déboussolé...du jour au lendemain ou presque, les Coréens deviennent étrangers dans leur propre pays. La division est une profonde blessure: elle fait de parents, de frères, de personnes qui parlent la même langue, ont la même histoire, les mêmes chansons, la même culture...des ennemis irréductibles.
Les gens du nord qui sont passés au sud dans le désordre invraisemblable de la guerre se sont trouvés dans le piége de la suspicion et de la division, ils sont harcelés, rejetés, toujours suspects dans la Corée du Sud obnubilée par une paranoïa idéologique......
Monsieur Han, intègre,scrupuleux, se retrouve ainsi incarcéré puis torturé sans aucune raison valable, en proie à la terreur , victime d'une bande d'exploiteurs qui profitent de cette situation pour régler leurs comptes....les petites gens sont condamnés dans l'érrance et la déréliction à se taire et à subir.....
Tout est incompréhension, mensonges, dérobades, divisions, infortunes, corruptions , suspicions et cruautés...
L'auteur dresse un portrait au plus prés , sans concessions, de cette scission de la Corée.
Monsieur Han, confronté à cet univers est la victime d'un pays déchiré, car il porte en lui comme bien d'autres les contradictions liées à cette époque.
Monsieur Han est l'histoire d'un homme qui croyait dans son obstination, naïvement.....qu'il suffisait de ne pas se mêler de politique pour que la politique ne se mêle pas de vos affaires, candide bien malgré lui, pris dans les tourments de l'histoire.
Ce petit ouvrage est un voyage à la beauté poignante et saisissante au coeur de la Corée, un récit sobre, instructif, entre témoignage et protestation......
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kuroineko
  01 octobre 2017
Je ressors de la lecture de Monsieur Han secouée. Hwang Sok-yong met en scène par l'entremise de son personnage un passé terrible de la péninsule coréenne au moment de la guerre et juste après la partition le long du fameux 38è parallèle. D'autant plus terrible qu'il s'agit en réalité de l'histoire, dans une version romancée, de son propre oncle maternel, médecin tout comme le Monsieur Han du titre. On comprend néanmoins très vite que des Monsieur Han, il y en eut des milliers lors de cette tragique période de la Corée.
Alors que le roman s'ouvre sur les derniers moments de son héros, dans une misère crasse, Hwang Sok-yong construit son récit en une longue analepse couvrant les années 1950 à 1953. Ces quelques années où la Corée fit office de pion aux mains bellicistes des deux grands pôles de la guerre froide. L'auteur montre les réalités et les horreurs de ce conflit où les petites gens moururent par millions du fait des combats et de ses fléaux corollaires comme la maladie (les descriptions d'une épidémie de typhoïde dans l'hôpital de Pyongyang sont particulièrement difficiles à lire).
Monsieur Han est donc médecin, enseignant la gynécologie à la faculté de ce qui va devenir la capitale du Nord. C'est un personnage idéaliste qui envisage la médecine et l'enseignement comme un véritable sacerdoce. Sa droiture et sa volonté de sauver le plus de vies - et non seulement les partisans "idéologiquement purs et sûrs" du parti de Kim Il-sung - lui vaut des représailles par les forces militaires nordistes.
Passé au Sud pour sauver sa peau, il se retrouve en but à la suspicion et à la malhonnêteté d'un état "démocratique" sudiste où arrestations sommaires, tortures, incurie de la justice et corruption à tous les niveaux sont les maîtres mots. Monde terrible s'il en est pour un être aussi pur que Monsieur Han, véritable Candide au pays du Matin Calme.
Hwang Sok-yong dénonce les dérives de la guerre et du pouvoir qui se met en place au sud du 38è parallèle suite au cessez-le-feu. Tant de combats et de morts pour revenir à une situation de départ. Tant d'apatrides dans leur propre pays, séparés définitivement des membres de leur famille restés définitivement coincés au Nord sous la férule que l'on sait du pouvoir de Pyongyang. Et les actualités depuis plusieurs semaines ne laissent pas d'inquiéter sur les possibilités du descendant du dirigeant de l'époque.
Quoique le style usité dans cette chronique, sans pathos aucun, puisse paraître froid et distant, je suis restée gorge serrée tout le long des 130 et quelques pages. Les phrases nettes, précises, parlent d'elles-mêmes et forment un ensemble douloureux à lire. le personnage principal, ainsi que sa soeur et un collègue médecin originaire du Nord lui aussi, brille d'une lumière particulière dans cet univers sombre et sordide de violences, de malversations et de corruptions.
Petit format mais force incroyable des mots d'un auteur qui donne la voix, dans ses romans, aux malheurs des petites gens, et se fait le dénonciateur de systèmes aberrants dans lesquels sont broyés corps et âmes ses compatriotes.
Lecture difficile donc, non pas dans la forme mais dans le fond. Lecture indispensable pour partir à la découverte de la Corée et de ses réalités.
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diablotin0
  19 juillet 2018
C'est avec un poids sur le coeur que je quitte Monsieur Han, médecin pendant la guerre de Corée, Monsieur Han qui a été trahi, torturé et mal aimé.
Monsieur Han n'a pas trouvé sa place dans cette Corée divisée en deux où la suspicion est à chaque coin de rue et la corruption bien assise.
On fait connaissance avec Monsieur Han, ce vieux monsieur pauvre, solitaire et taiseux. Puis l'auteur, Hwang Sok Yong, revient vingt ans en arrière et nous relate l'histoire de ce médecin. Comme il est indiqué dans la préface, ce livre est plus un récit qu'un roman puisqu'il s'agit d'une histoire vraie ce qui renforce la noirceur de cette vie.
Ce climat de corruption et de torture fait froid dans le dos, je ne le découvre pas ici, mais à chaque fois que je suis amenée à lire des situations telles, je suis saisie et bouleversée.
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Under_the_Moon
  31 octobre 2015
Camarade Han Songdok, le Monsieur Han de cette histoire (basée sur une histoire vraie), s'est éteint dans sa pension - non, pas la pension Vauquer du Père Goriot, quoi que..
Il faut alors organiser les préparatifs pour que son âme n'erre pas dans les limbes, et surtout : se partager le maigre pécule que constitue sa part dans la pension. Mais qui était ce Monsieur Han ? Seulement un homme aux allures de clochard , taciturne et froid ?
Monsieur Han était gynécologue, avec un vrai diplôme de médecine - à l'inverse de beaucoup de ses confrères qui exerçaient pendant la guerre. Il était originaire du Nord de la Corée mais avait du fuir au Sud au début des conflits. Pourtant, le sud n'a pas tenu sa promesse d'abri et de tranquillité. Ses origines font de lui le perpétuel suspect idéal, et malgré sa simplicité, son adresse dans son travail attise bien des jalousies. Pourtant, il n'en voit aucune... car Monsieur Han est un peu naïf et ingénu quant à la nature profonde et quasi primitive de l'être humain , plus particulièrement en temps de guerre.
Entre petites jalousies et grands mensonges , l'auteur nous raconte la guerre de Corée vécue par les civils , avec son lot de déchirement des familles et des individus mais il nous décrit aussi une époque de grande méfiance, où dans le sud aussi le régime se souci peu des droits de l'Homme. Monsieur Han va connaître la prison et la torture suite à une dénonciation calomnieuse mais ne s'en remettra pas vraiment.
Ce livre mélange récit, un compte rendu d'interrogatoire de l'armée américaine et une lettre de dénonciation pour mettre en scène une époque où "En ces temps-là, faire de quelqu'un un communiste était la chose la plus facile qui fût."
Un récit intéressant sur le fond, mais j'ai eu du mal à réellement adhérer à l'histoire à cause du manque de chaleur et du fait que les personnages ont assez peu de consistance finalement. Tant pis.
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Nuageuse
  30 janvier 2020
Monsieur Han est une chronique, selon le terme de l'auteur, d'un médecin gynécologue sous la guerre de Corée qui opposa le Nord au Sud de 1950 à 1953 .Il ne pense qu'à sauver ses compatriotes.
Le texte s'ouvre sur la mort de Monsieur Han, qui vit dans le dénuement le plus total. Des voisins tentent de s'approprier sa chambre... Cette vile nature humaine dépeinte m'a fait penser aux romans de Zola, notamment à l'Assomoir.
Ce court récit m'a donné la nausée sur l'inhumanité, la délation qu'a subi ce Monsieur Han. Il est obligé de fuir le Nord car il n'est pas mobilisé et est un traître du Parti Communiste... Une fois, arrivé au Sud, il est dénoncé pour trahison et espionnage en faveur du parti Communiste.
Les scènes d'emprisonnement, de torture, sont insoutenables. Dans cette Corée du Sud, la corruption sévit à tout bout de champ.
Sok-yong Hwang a été, lui aussi, emprisonné pour des raisons politiques.
Un roman sombre à lire pour ne pas oublier ce que fut la guerre de Corée et quels traitements peuvent continuer à sévir sous les dictatures.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
kuroinekokuroineko   30 septembre 2017
Le front avançait, puis reculait, puis avançait de nouveau : cette guerre n'aurait-elle jamais de fin? Les gens abandonnaient leur maison pour une retraite qu'ils croyaient plus sûre. L'instinct de survie les ramenait en des endroits qu'ils avaient pourtant précédemment fuis. Ils auraient tout abandonné, leur quartier, leur maison, leurs biens, leur terre et jusqu'à leur âme pour un lieu en paix.
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Annette55Annette55   23 novembre 2014
Les querelles politiques, mais aussi les espoirs que chacun nourrissait, étaient pris dans la glace,condamnés à hiberner en attendant la saison nouvelle. L'oubli venait y ajouter une couche chaque jour plus épaisse.......
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   30 octobre 2015
L'hiver approchait et les combats se prolongeaient. Plus on avançait dans la saison, plus les nouvelles devenaient sinistres. A bout de forces, la population était au désespoir. Le pays était ravagé. Le front avançait, puis reculait, puis avançait de nouveau : cette guerre n'aurait-elle jamais de fin ? Les gens abandonnaient leur maison pour une retraite qu'ils croyaient plus sûre. [...] Lorsqu'ils se mettaient en route, c'était toujours avec l'espoir, blotti au fond du coeur, qu'ils seraient de retour avant un mois.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   30 octobre 2015
[...] aujourd'hui, avec de l'argent, on peut tout faire. On peut même échapper à une condamnation à mort. [...] Celui qui a du fric ou des relations, il s'en tire. Celui qui n'en a pas, il morfle.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   30 octobre 2015
Ses journées, interminables, étaient devenues un enfer. Il n'était plus ni professeur, ni réfugié, rien d'autre qu'un simple morceau de chair et d'os offert à la cruauté d'une époque en folie.
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