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Mi-Kyung Choi (Traducteur)Jean-Noël Juttet (Traducteur)
EAN : 9782264039873
126 pages
Éditeur : 10-18 (01/09/2004)
3.88/5   79 notes
Résumé :
Récit saisissant de la vie d’un médecin pendant la guerre de Corée, Monsieur Han est une œuvre charnière dans la littérature coréenne contemporaine. Séparé de sa famille, brutalement plongé dans un univers de corruption et de suspicion, M. Han est confronté aux effets pervers de sa nouvelle situation. À travers ses tribulations, Hwang Sok-yong dresse le portrait d’un monde divisé entre Nord et Sud, en pleine tourmente idéologique, entre soumission et trahison, lucid... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
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karmax211
  27 janvier 2021
Petit livre remarquable. Grand auteur.
Je viens de terminer la lecture du roman-récit - Monsieur Han - de l'écrivain coréen Hwang Sok-Yong et déjà l'envie de le retrouver dans d'autres de ses ouvrages me taraude.
Cette histoire, c'est celle de membres de sa famille et celle de son oncle en particulier.
À Séoul, à la fin des années soixante, un vieillard, un mendigot alcoolique, fermé au monde, prend possession d'une chambrette dans une maison que se partagent deux familles, dont celle qui occupe le rez-de-chaussée ( la partie la plus spacieuse ), lorgne avec avidité sur ces quelques mètres carrés.
Le vieil homme réduit à jouer les croque-morts pour survivre, buvant plus que mangeant fait deux attaques, dont la dernière met fin à une vie... que quelques parents retrouvés vont alors raconter dans un flash-back qui ramène le lecteur à la fin de la Seconde Guerre mondiale et au début de celle entre la Corée du Nord stalinienne et la Corée du Sud sous la tutelle essentiellement américaine.
À Pyongyang ( ville du nord ) vit avec sa famille Monsieur Han, gynécologue obstétricien. C'est un être de principes, de valeurs, d'une éthique et d'une probité irréprochables. Un être pur dont la vie va basculer dans l'enfer d'une guerre où la violence n'est pas que celle des armes, de la mort et du sang, mais celle aussi et surtout de la corruption, de la délation, des trahisons, du mensonge, de l'injustice.
Ce candide qui refuse, au risque de sa vie, les compromissions, va devoir se séparer de sa famille et fuir pour trouver refuge à Séoul ( ville du sud ).
Contraint d'y "refaire sa vie" contre tous ces idéaux, il va tomber dans le piège que vont lui tendre des escrocs, être dénoncé comme espion opérant pour le nord et connaître une inexorable déchéance... jusqu'à sa mort pitoyable dans cette chambre exiguë au milieu d'étrangers.
Monsieur Han, c'est l'histoire de ces centaines de milliers d'hommes, de femmes, d'enfants, de vieillards emportés dans le tourbillon infernal de la rivalité géopolitique des deux grandes puissances de l'époque, qui ont trouvé en Corée un terrain de jeux à leurs convenances pour confronter leurs différences et affirmer leurs prétentions.
Monsieur Han est un récit bouleversant d'où l'auteur a exclu tout pathos pour laisser les faits s'exprimer, car la violence de la réalité n'est jamais aussi forte, aussi convaincante que lorsqu'elle nous est montrée nue... simplement nue.
Monsieur Han, c'est l'antihéros, un homme brillant au destin broyé par les caprices de la machine infernale de l'Histoire. C'est un homme, seulement un homme exemplaire... et comme l'a dit René Char : " les hommes exemplaires sont faits de vapeur et de vent."
À lire absolument !
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Annette55
  23 novembre 2014
Lorsque monsieur Han décéde,dénué de tout, ses voisins ne savent absolument rien de la vie de ce vieillard discret et solitaire, et pourtant.....il porte en lui l'histoire douloureuse de la Corée.
Monsieur Han, c'est l'histoire vraie d'un médecin: Professeur de Gynécologie à Pyongyang, il gagne le Sud quand la guerre éclate en1950, il se voit contraint à l'exil.....commencent alors des tribulations incroyables et impitoyables, il quitte le nord, où on l'accuse d'être du sud pour aller vers le sud où on le suspecte d'être un agent du Nord, comme tous les coréens il est quelqu'un de déchiré, déboussolé...du jour au lendemain ou presque, les Coréens deviennent étrangers dans leur propre pays. La division est une profonde blessure: elle fait de parents, de frères, de personnes qui parlent la même langue, ont la même histoire, les mêmes chansons, la même culture...des ennemis irréductibles.
Les gens du nord qui sont passés au sud dans le désordre invraisemblable de la guerre se sont trouvés dans le piége de la suspicion et de la division, ils sont harcelés, rejetés, toujours suspects dans la Corée du Sud obnubilée par une paranoïa idéologique......
Monsieur Han, intègre,scrupuleux, se retrouve ainsi incarcéré puis torturé sans aucune raison valable, en proie à la terreur , victime d'une bande d'exploiteurs qui profitent de cette situation pour régler leurs comptes....les petites gens sont condamnés dans l'érrance et la déréliction à se taire et à subir.....
Tout est incompréhension, mensonges, dérobades, divisions, infortunes, corruptions , suspicions et cruautés...
L'auteur dresse un portrait au plus prés , sans concessions, de cette scission de la Corée.
Monsieur Han, confronté à cet univers est la victime d'un pays déchiré, car il porte en lui comme bien d'autres les contradictions liées à cette époque.
Monsieur Han est l'histoire d'un homme qui croyait dans son obstination, naïvement.....qu'il suffisait de ne pas se mêler de politique pour que la politique ne se mêle pas de vos affaires, candide bien malgré lui, pris dans les tourments de l'histoire.
Ce petit ouvrage est un voyage à la beauté poignante et saisissante au coeur de la Corée, un récit sobre, instructif, entre témoignage et protestation......
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kuroineko
  01 octobre 2017
Je ressors de la lecture de Monsieur Han secouée. Hwang Sok-yong met en scène par l'entremise de son personnage un passé terrible de la péninsule coréenne au moment de la guerre et juste après la partition le long du fameux 38è parallèle. D'autant plus terrible qu'il s'agit en réalité de l'histoire, dans une version romancée, de son propre oncle maternel, médecin tout comme le Monsieur Han du titre. On comprend néanmoins très vite que des Monsieur Han, il y en eut des milliers lors de cette tragique période de la Corée.
Alors que le roman s'ouvre sur les derniers moments de son héros, dans une misère crasse, Hwang Sok-yong construit son récit en une longue analepse couvrant les années 1950 à 1953. Ces quelques années où la Corée fit office de pion aux mains bellicistes des deux grands pôles de la guerre froide. L'auteur montre les réalités et les horreurs de ce conflit où les petites gens moururent par millions du fait des combats et de ses fléaux corollaires comme la maladie (les descriptions d'une épidémie de typhoïde dans l'hôpital de Pyongyang sont particulièrement difficiles à lire).
Monsieur Han est donc médecin, enseignant la gynécologie à la faculté de ce qui va devenir la capitale du Nord. C'est un personnage idéaliste qui envisage la médecine et l'enseignement comme un véritable sacerdoce. Sa droiture et sa volonté de sauver le plus de vies - et non seulement les partisans "idéologiquement purs et sûrs" du parti de Kim Il-sung - lui vaut des représailles par les forces militaires nordistes.
Passé au Sud pour sauver sa peau, il se retrouve en but à la suspicion et à la malhonnêteté d'un état "démocratique" sudiste où arrestations sommaires, tortures, incurie de la justice et corruption à tous les niveaux sont les maîtres mots. Monde terrible s'il en est pour un être aussi pur que Monsieur Han, véritable Candide au pays du Matin Calme.
Hwang Sok-yong dénonce les dérives de la guerre et du pouvoir qui se met en place au sud du 38è parallèle suite au cessez-le-feu. Tant de combats et de morts pour revenir à une situation de départ. Tant d'apatrides dans leur propre pays, séparés définitivement des membres de leur famille restés définitivement coincés au Nord sous la férule que l'on sait du pouvoir de Pyongyang. Et les actualités depuis plusieurs semaines ne laissent pas d'inquiéter sur les possibilités du descendant du dirigeant de l'époque.
Quoique le style usité dans cette chronique, sans pathos aucun, puisse paraître froid et distant, je suis restée gorge serrée tout le long des 130 et quelques pages. Les phrases nettes, précises, parlent d'elles-mêmes et forment un ensemble douloureux à lire. le personnage principal, ainsi que sa soeur et un collègue médecin originaire du Nord lui aussi, brille d'une lumière particulière dans cet univers sombre et sordide de violences, de malversations et de corruptions.
Petit format mais force incroyable des mots d'un auteur qui donne la voix, dans ses romans, aux malheurs des petites gens, et se fait le dénonciateur de systèmes aberrants dans lesquels sont broyés corps et âmes ses compatriotes.
Lecture difficile donc, non pas dans la forme mais dans le fond. Lecture indispensable pour partir à la découverte de la Corée et de ses réalités.
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mh17
  07 mars 2021
Monsieur Han est un récit tragique. Il raconte le destin d'un individu de bonne volonté broyé par la folie des hommes. La lecture est éprouvante. le livre parle de la Corée moderne de 1945 aux années 70, de ce pays déchiré que nous connaissons peu mais bien au delà il parle de l'humaine condition. Comment nous comporterions-nous en pareilles situations ?
Un misérable vieillard sale, alcoolique et taciturne occupe une chambre au dernier étage d'une vieille maison délabrée qui était autrefois occupée par les Japonais. Les autres locataires attendent sa mort en lorgnant sur sa chambre. Et comme eux, on se demande ce qu'il a fait pour en arriver là.
Après ce prologue balzacien à l'issue fatale, l'auteur procède à un long retour en arrière. On se retrouve au début de la guerre de Corée. Monsieur Han est gynécologue et professeur à l'université de Pyongyang. Il n'est pas mobilisé pas plus que son ami le Dr So. Ainsi en a décidé l'officier soviétique qui dirige désormais l'hôpital et qui le convoque. M.Han est un médecin idéaliste, incorruptible qui exerce son métier comme un sacerdoce. Il ne fait pas de politique. Il est donc suspect. Au lieu de se tenir à carreaux et de se contenter de soigner les membres du parti dans un quartier réservé, il va aller soigner les civils déchiquetés qui arrivent par milliers...
Les descriptions sont très réalistes et n'épargnent pas le lecteur. La scène de la fusillade et celle de la séparation familiale dans la tempête de neige sont bouleversantes. Les faits parlent d'eux-mêmes et le narrateur ne commente rien. Pas de pleurnicherie. Les dialogues s'enchaînent. C'est l'histoire de sa propre famille que Hwan-sok Yong raconte avec justesse. Il rend ainsi hommage à son oncle idéaliste et à sa propre mère qui se battra jusqu'au bout pour que justice soit rendue.
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diablotin0
  19 juillet 2018
C'est avec un poids sur le coeur que je quitte Monsieur Han, médecin pendant la guerre de Corée, Monsieur Han qui a été trahi, torturé et mal aimé.
Monsieur Han n'a pas trouvé sa place dans cette Corée divisée en deux où la suspicion est à chaque coin de rue et la corruption bien assise.
On fait connaissance avec Monsieur Han, ce vieux monsieur pauvre, solitaire et taiseux. Puis l'auteur, Hwang Sok Yong, revient vingt ans en arrière et nous relate l'histoire de ce médecin. Comme il est indiqué dans la préface, ce livre est plus un récit qu'un roman puisqu'il s'agit d'une histoire vraie ce qui renforce la noirceur de cette vie.
Ce climat de corruption et de torture fait froid dans le dos, je ne le découvre pas ici, mais à chaque fois que je suis amenée à lire des situations telles, je suis saisie et bouleversée.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   23 novembre 2014
Les querelles politiques, mais aussi les espoirs que chacun nourrissait, étaient pris dans la glace,condamnés à hiberner en attendant la saison nouvelle. L'oubli venait y ajouter une couche chaque jour plus épaisse.......
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kuroinekokuroineko   30 septembre 2017
Le front avançait, puis reculait, puis avançait de nouveau : cette guerre n'aurait-elle jamais de fin? Les gens abandonnaient leur maison pour une retraite qu'ils croyaient plus sûre. L'instinct de survie les ramenait en des endroits qu'ils avaient pourtant précédemment fuis. Ils auraient tout abandonné, leur quartier, leur maison, leurs biens, leur terre et jusqu'à leur âme pour un lieu en paix.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   30 octobre 2015
L'hiver approchait et les combats se prolongeaient. Plus on avançait dans la saison, plus les nouvelles devenaient sinistres. A bout de forces, la population était au désespoir. Le pays était ravagé. Le front avançait, puis reculait, puis avançait de nouveau : cette guerre n'aurait-elle jamais de fin ? Les gens abandonnaient leur maison pour une retraite qu'ils croyaient plus sûre. [...] Lorsqu'ils se mettaient en route, c'était toujours avec l'espoir, blotti au fond du coeur, qu'ils seraient de retour avant un mois.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   30 octobre 2015
[...] aujourd'hui, avec de l'argent, on peut tout faire. On peut même échapper à une condamnation à mort. [...] Celui qui a du fric ou des relations, il s'en tire. Celui qui n'en a pas, il morfle.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   30 octobre 2015
Ses journées, interminables, étaient devenues un enfer. Il n'était plus ni professeur, ni réfugié, rien d'autre qu'un simple morceau de chair et d'os offert à la cruauté d'une époque en folie.
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