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Michel Lebrun (Traducteur)
EAN : 9782020257794
699 pages
Seuil (02/09/1995)
4.15/5   1492 notes
Résumé :
"Si je suis condamné à me souvenir d'un garçon à la voix déglinguée - ainsi commence le nouveau roman de John Irving -, ce n'est ni à cause de sa voix, ni parce qu'il fut l'être le plus petit que j'aie jamais connu, ni même parce qu'il fut l'instrument de la mort de ma mère. C'est à lui que je dois de croire en Dieu ; si je suis chrétien, c'est grâce à Owen Meany."

Agé de onze ans, Owen en paraissait six à peine. Mais sa frêle enveloppe dissimulait un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (120) Voir plus Ajouter une critique
4,15

sur 1492 notes

Foxfire
  26 avril 2016
Si je devais établir un classement des personnages littéraires qui m'ont le plus touchée, nul doute qu'Owen Meany y figurerait en très bonne place.
"Une prière pour Owen" est un roman brillant, tout simplement. Oeuvre très personnelle pour son auteur mais dans le même temps totalement universelle tant elle peut toucher tout un chacun. Irving met toute son âme dans son roman, cela se ressent à chaque page, à chaque ligne. Et il partage cette intimité de façon si subtile que jamais le récit ne parait égocentrique. Au contraire, "Une prière pour Owen" est un grand roman humaniste.
Irving a mis beaucoup de lui-même dans le personnage du narrateur, ce n'est certainement pas un hasard s'ils ont le même prénom. Mais l'auteur a la finesse et la modestie de placer ce personnage en retrait, et cela même si on va le suivre tout au long de sa vie. John a beau être le personnage principal, le vrai héros du récit est Owen Meany. Toute l'existence de John ne semble se justifier que pour mettre en lumière ce personnage. Et quel personnage ! Owen n'a pourtant pas les atouts pour faire de lui un héros ; ce petit bonhomme bizarre, à la voix horripilante, illuminé, sûr de lui... Et pourtant, dès le début du roman, on s'attache à lui profondément. Et cet attachement, au fur et à mesure des pages, va se muer en admiration, en éblouissement. Owen Meany est un être lumineux. Irving doit être un peu magicien pour avoir su créer un si merveilleux personnage.
Le génie de l'auteur ne se résume pas à ce personnage. L'écriture est à l'avenant, magnifique, fine et sert un récit touffu mené de main de maître. Véritable roller-coaster émotionnel, "une prière pour Owen" vous fera passer du rire aux larmes, parfois dans la même phrase. Irving a un talent rare pour transmettre des émotions, il parvient à toucher le coeur et transporter l'âme.
Si vous vous laissez tenter, "une prière pour Owen" va vous bouleverser, je suis prête à prendre les paris.
Challenge Multi-Défis 2016 - 24 (Un livre présent dans ma PAL depuis plus d'un an)
Challenge Pavés 2016 - 6
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le_Bison
  26 novembre 2021
Prendre son temps. D'ailleurs, tu es pressé ? Pas moi. J'ai 700 pages et des poussières et quelques bières. Pas que ce dernier élément ait son importance, c'est juste pour la rime et j'en suis pas très fier, même pas de frime. Donc au départ, c'est une question de temps et de courage. Oui, il faut du courage pour assister à un match de base-ball. Tellement lent, tellement long, qu'il en faut du temps, autant que pour lire un roman de John Irving que pour boire quelques bibines.
Parce qu'il va s'en dire, que le John en question, lui il aime aussi prendre son temps. Il faut plusieurs centaines de pages pour planter le décor ou envoyer une balle de base-ball à son receveur. Surtout que là, ce sont les minimes qui jouent. Et pourtant de l'action, il va y en avoir. Imagine la plus belle des mamans, celle que tous les autres papas se retournent pour regarder ses hanches, son cul ! Et son sourire si craquant, ses cheveux au vent avec ses lunettes de soleil plantées dedans, et pan… La balle lui tombe sur la tête, une vengeance des Dieux peut-être, et re-pan plus de maman. Out. Ou home-run en jargon base-ballistique.
Et quand on imagine que le gamin qui tenait la batte de base-ball au moment de claquer la balle en question, c'était Owen. Une prière pour Owen. Paix à son âme et à celle aussi de la victime. Je prendrai bien quelques bières, avant la mise en bière. Facile me diras-tu, mais peu importe, blonde ou brune, je succombe. D'ailleurs étaient-elles brunes ou blondes, épicées ou amères ? Mais je m'égare, le regard perdu au fond de mon verre. Alors que si je vais au fond du roman, je prends mon pied. Une bière pour Owen. Ah non, désolé mon pote, t'as pas encore l'âge. Tu peux certes aller te faire massacrer au Vietnam, mais t'es encore trop jeune pour commander une bière au comptoir. Parce qu'en plus d'être un roman sur le base-ball, c'est surtout un grand roman sur le Vietnam. On touche la littérature américaine. Et même si c'était pas ma guerre, je continue à boire des bières au nom de tous ces soldats tués. Parce qu'on n'oublie pas cette époque. Elle vous hante à tout jamais. Tu essayes mais tu n'y arriveras pas. La mémoire reste là, planquée au fond de ta boite crânienne et même si tu t'évertues à vidanger quelques boites de bière, elle ressurgira toujours du fond du tréfonds, comme deux avions qui percutent un immeuble ou le souvenir d'une femme brune, ton évidence.
Alors oui, me diras-tu encore, il faut s'accrocher, comme face à l'amertume d'une bière. Mais passé un cap, ou une péninsule, on découvre, on s'asperge on s'immerge, pas que de bière – tu as de drôles de fantasmes, dis-donc – mais aussi de la Grande littérature américaine, - notes le G avec une majuscule comme le point -, avec ses thèmes de prédilections, ses guerres et ses défaites, ses amours et ses alcools. Et puis, plus on avance dans le roman, plus les petites pièces du puzzle s'imbriquent – là je vois ton esprit se souvenir de ta dernière partouze c'était au temps des hippies faites l'amour pas la guerre surtout pas celle du Vietnam - se mettent en place jusqu'à l'éjaculation finale, et ainsi on ressent la montée en puissance de cette émotion, jusqu'à la petite larme finale comme quand tu te rends compte que tu viens de finir la dernière goutte de ton meilleur bourbon. Moi, j'ai adoré tout simplement. Dommage que le John Irving, il fasse des longs romans…
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Gwen21
  16 août 2021
Première rencontre avec John Irving et je dois dire que côté style, on a affaire à un grand écrivain. Non seulement le récit est parfaitement maîtrisé dans sa structure mais encore l'auteur distille dans ses mots un dosage très équilibré entre drame, humour, témoignage et réflexion. Une fois ce roman (un joli pavé, soit dit en passant) terminé, on peut difficilement le catégoriser. C'est un peu un ovni littéraire qui a sa propre vie, ses propres qualités et défauts.
Commençons par les qualités.
J'ai vraiment eu conscience qu'Irving écrivait dans le but de laisser une trace littéraire. On sent qu'il a fait sienne cette assertion de Thomas Hardy qui prétend qu'un écrivain digne de ce nom ne peut et ne doit pas embêter son lecteur avec une histoire et des personnages banals. Et personnellement, je trouve qu'il a bien raison ! D'ailleurs, les romans qui passent à la postérité remplissent tous ce critère essentiel. Et pour justifier cette théorie, Irving n'hésite pas à mettre le paquet sur Owen Meany, le héros de son roman, d'autant plus remarquable qu'il l'oppose à la banalité presque outrancière de son narrateur, son meilleur ami, et à la médiocrité de la société mesquine qui l'entoure.
Owen Meany (phonétiquement ça donne "mini") est un tout petit bonhomme, une espèce de pygmée qui aurait tout pour être le personnage le plus insignifiant qui soit : de très petite taille, d'un milieu modeste, du genre hurluberlu, doté d'une voix de crécelle, enfant unique, perçu comme un avorton avec des idées au-dessus de son âge, il constitue un anti-héros parfait. Et qu'est-ce qu'Irving se propose de faire de lui ? Un personnage immense, universel, un nouveau Jésus-Christ, rien de moins. "Une prière pour Owen" est clairement un roman messianique, c'est limpide comme de l'eau bénite et criant comme un choeur gospel. Tout au long du récit, l'auteur sème les indices en un puzzle habilement éparpillé puis recomposé. Owen est un nouveau Sauveur dont la Résurrection est aussi certaine que son origine est mystérieuse, son sacrifice et sa foi profonds et ses miracles avérés. Les êtres qui lui sont les plus proches sont facilement assimilables à des personnages de la vie du Christ : son père (Joseph), sa mère (Marie), son meilleur ami (Jean), sa compagne supposée (Marie-Madeleine), etc. de nombreuses scènes sont également des calques frappants de l'Ecriture Sainte chrétienne. Mais si Irving - qui semble apprécier les paradoxes et les contraires pour mieux s'en amuser – fait d'un nain un géant, c'est non seulement pour nous « initier spirituellement » mais aussi pour nous éclairer sur la guerre du Vietnam (1955-1975), traumatisme des USA, et nous faire traverser cette période elle aussi pleine de paradoxes et de souffrances humaines à travers les yeux d'une génération sacrifiée. Cet aspect du roman, très présent, fait froid dans le dos tout en étant subtilement traité, ni trop crûment ni trop discrètement.
Toutefois, malgré les grandes qualités littéraires que je reconnais volontiers à « Une prière pour Owen » - qui est considéré comme un best-seller par nos amis anglo-saxons (sélection du top 100 de la BBC) -, pour moi il présente deux défauts qui ont empêché mon adhésion pleine et entière : les longueurs narratives et le fait même qu'il soit étiqueté best-seller. Je commence par ce dernier point : best-seller ou non, un roman a droit à toute mon objectivité mais comme je n'échappe pas au conditionnement social, plus on m'a parlé d'un roman incontournable et plus, involontairement, je vais y placer d'espoir, m'attendant à être « littéralement transcendée » par ladite oeuvre et quand ça n'arrive pas, ça me fait l'effet d'une douche écossaise : ma nature enthousiaste attend, chapitre après chapitre, que la flamme sacrée de la lecture addictive s'allume, frémissant à chaque étincelle, s'amenuisant dans l'ennui pour renaître de ses cendres tel le phénix dix pages plus loin… pour, au final, un résultat mitigé quand il aurait dû être orgasmique. Enfin, les longueurs dont souffre le récit et qui, au lieu d'amplifier l'intensité des émotions ressenties les ont au contraire émoussées au point que parfois, j'ai été très heureuse de participer à une lecture commune avec neuf autres comparses car nos échanges m'ont boostée et encouragée à m'accrocher.
« Une prière pour Owen » n'aura pas été le coup de coeur attendu, il n'est pas un best-seller ou un page-turner à mes yeux, mais il restera une lecture marquante et inaugure une exploration à poursuivre de l'oeuvre d'Irving.

Challenge MULTI-DEFIS 2021
Challenge XXème siècle 2021
Challenge des 50 objets 2021
Challenge PAVES 2021
Challenge BBC
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Allantvers
  17 avril 2020
Dire que j'ai failli abandonner cette lecture, vaguement lasse des pérégrinations confessionnelles de la première moitié du roman! Je serais passée à côté d'un de ces livres merveilleux qui vous laissent des traces profondes et durables, ces cicatrices habitées que nous autres lecteurs adorons.
Il est fort ce John Irving : sacrée gageure de construire un roman de 700 pages à partir d'un tableau final, et donc ne pas laisser d'autre choix à son lecteur, une fois qu'il s'est engagé dans la seringue du récit, que de mener sa lecture à son terme et remonter avec l'auteur le fil des événements qui ont conduit à cette fin. Or, plus on avance, plus on est gagné par la profusion, l'effervescence, la lumière, la mélancolie, la grâce de ce récit.
Au centre de celui-ci, c'est bien sûr le personnage charismatique, quasi irréel d'Owen Meany qui accroche la lumière, une lumière d'autant plus rayonnante que son ami narrateur John est terne et dépourvu d'aspérités tandis que lui, Owen, minuscule homoncule à la voix stridente, d'une intelligence hors du commun, doté d'une détermination d'apôtre, parvient à soumettre rien moins que le monde à sa vision.
Un monde déliquescent aux valeurs perdues, enferré par une élite politique véreuse dans des conflits iniques, du bourbier vietnamien aux contras du Nicaragua. Car on est bien chez Irving, et derrière la fiction autour d'Owen l'elfe christique c'est bien sûr une critique acerbe de l'Amérique qu'il s'en est venu cracher dans ce livre, avec une fureur sourde que je ne lui avais jamais vue.
Rendez-nous un petit Owen à porter au-dessus de nos têtes...
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iz43
  05 octobre 2021
Il m en aura fallu du temps pour venir à bout de ce pavé ! Je me suis accrochée lors de la première partie du roman. Les longues digressions religieuses de l auteur avaient le don de m endormir au bout de quelques pages faisant largement chuter ma moyenne de lecture. Il m aura donc fallu plusieurs mois pour arriver au bout.
On suit le narrateur Johnny et son ami d enfance Owen Meany de leur enfance à l âge adulte. Owen est un personnage atypique: très petit, avec une voix stridente , brillant scolairement, confiant en lui.
A travers la vie de ces deux jeunes gens, on découvre la vie aux Etats Unis, la politique américaine, les débuts de la guerre du Vietnam...
Même si l auteur m a un peu perdue avec les différentes religions , j ai trouvé qu il avait une manière de raconter très agréable. Certains passages sont truculents. J ai adoré la scène de la crèche vivante et j ai commencé à apprécier ma lecture à moment. J ai aussi beaucoup apprécié les cousins de Johnny et sa mère.
Un roman qui souffre de longueurs. Il faut vraiment s accrocher au début. Mais qui est intéressant finalement.
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Citations et extraits (146) Voir plus Ajouter une citation
WictorianeWictoriane   27 septembre 2008
Quand meurt, de façon inattendue, une personne aimée, on ne la perd pas tout en bloc ; on la perd par petits morceaux, et ça peut durer très longtemps. Ses lettres qui n'arrivent plus, son parfum qui s'efface sur les oreillers et sur les vêtements. Progressivement, on additionne les pièces manquantes.
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le_Bisonle_Bison   26 août 2021
Cette attitude m'est aussi familière que les vomissements rituels d'Hester au Nouvel An. Nous étions en 1963 ; Hester se vidait dans la roseraie pendant qu'Owen et moi nous regardions la télévision. Il y avait 16300 soldats américains au Vietnam. Pour le Nouvel An 1964 : 23300 ! Hester dégueulait à nouveau tripes et boyaux. Il me semble que le redoux était précoce cette année-là, puisque Hester vomissait sous la pluie... à moins que ce ne fût en 1965, quand il y avait 184000 soldats américains au Vietnam. Hester ne cessait de vomir, elle faisait du non-stop. Elle étiat farouchement opposée à la guerre du Vietnam ; radicalement. [...]
Le 31 décembre 1966, il y avait 385300 soldats américains au Vietnam ; 6644 avaient été tués en opération. Cette année-là, nous n'étions pas ensemble pour le réveillon. Je regardai la télévision en solitaire, au 80 Front Street. J'étais certain qu'Hester, où qu'elle fût, dégueulait ; mais où ? En 1967, il y avait 485600 Américains au Vietnam ; 16021 y avaient trouvé la mort. Une fois de plus, je regardai seul la télévision. J'avais un peu trop bu ; j'essayais de me rappeler quand Grand-Mère s'était offerte une télévision couleur, mais en vain. J'avais tellement bu que je dus aller vomir dans la roseraie, moi aussi ; il faisait bougrement froid, et j'espérai, pour son bien, qu'Hester vomissait sous des cieux plus cléments.
Owen, lui, se trouvait sous un climat plus chaud.
Je ne me rappelle ni où j'étais ni ce que je fis au Jour de l'An 1968. Il y avait 536100 soldats américains au Vietnam, encore environ 10000 de moins qu'à notre période de pointe. Seulement 30610 avaient été tués au combat, 16000 de moins que le nombre total. Mais où que je fusse à ce moment-là, je sais que j'étais ivre mort et que je vomissais ; où que pût être Hester, je sais qu'elle aussi était soûle et vomissait.
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TwiTwiTwiTwi   25 juin 2009
Depuis le lointain Noël 1953, j'ai toujours considéré cette période de fête comme un enfer pour les familles qui ont subi la perte d'un être cher et qui ne sont pas au complet ; la prétendue coutume des cadeaux vaut autant pour ceux que l'on donne que pour ceux que l'on reçoit. C'est à Noël que nous prenons conscience de ce qui nous manque.
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TwiTwiTwiTwi   21 octobre 2009
Maintenant, il y avait une raison concrète à mon angoisse, mais je me sentais mal à l'aise : en quoi la mort de Marilyn Monroe pouvait-elle me concerner ?
"ELLE NOUS CONCERNE TOUS, me dit Owen Meany quand, ce soir-là, je lui téléphonai. ELLE ÉTAIT L'IMAGE MÊME DE NOTRE PAYS : PLUS TRÈS JEUNE MAIS PAS ENCORE VIEILLE ; UN PEU ESSOUFFLÉE, D'UNE TRÈS GRANDE BEAUTÉ, PEUT-ÊTRE UN PEU BÊTE, ET PEUT-ÊTRE PLUS INTELLIGENTE QU'ELLE N'EN DONNAIT L'IMPRESSION. ET ELLE ÉTAIT A LA RECHERCHE DE QUELQUE CHOSE. JE CROIS QU'ELLE VOULAIT S'AMÉLIORER. REGARDE LES HOMMES DE SA VIE ... JOE DI MAGGIO, ARTHUR MILLER, PEUT-ÊTRE LES KENNEDY ... REGARDE COMME ELLE ÉTAIT DÉSIRABLE. C'EST CE QU'ELLE ÉTAIT : DÉSIRABLE; ELLE ÉTAIT DRÔLE ET SEXY - MAIS VULNÉRABLE AVANT TOUT. ELLE N'A JAMAIS ÉTÉ TOTALEMENT HEUREUSE. ELLE ÉTAIT TOUJOURS UN PEU TROP GROSSE. EXACTEMENT A L'IMAGE DE NOTRE PAYS !"
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le_Bisonle_Bison   14 septembre 2021
Exceptionnel en rien, il était assez bon pour l'université, où il s'inscrit dans les trois sports. Suite à une blessure au genou, il rata une saison et réussit à filouter une cinquième année universitaire, prolongeant d'un an son sursis d'incorporation. Après qui, devenu chair à canon, il tenta désespérément d'éviter le Vietnam en se détruisant physiquement. Il but une bouteille de bourbon par jour pendant deux semaines ; il fuma tant de marijuana que ses cheveux puaient l'origan cramé ; en faisant cuire une tarte au peyotl, il mit le feu à la cuisine de ses parents ; on l'hospitalisa pour troubles intestinaux, suite à un voyage au LSD. Convaincu que sa chemisette hawaïenne était comestible, il en ingurgita un bon morceau, y compris les boutons et le contenu des poches : allumettes, papier à cigarettes et agrafes-trombones.
Le conseil de révision local le déclara inapte au service pour troubles psychologiques, ce qui avait été son sournois désir. Par malheur, il avait pris goût au bourbon, à la marie-jeanne, au peyotl et au LSD et se livra à de tels excès qu'il fût tué une nuit sur la route de Maiden Hill, perforé par la colonne de direction de sa Plymouth après avoir percuté de plein fouet l'arc-boutant du pont de chemin de fer, non loin de chez les Meany. C'est Mr. Meany qui prévint la police. Owen et moi connaissions bien ce pont, qui suivait un virage aigu au bas de la colline. Même à bicyclette, on s'en méfiait.
L'infortunée Mrs. Hoyt fit observer que Buzzy n'était qu'une victime supplémentaire de la guerre du Vietnam, vu les excès auxquels il s'était livré pour s'y soustraire.
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