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Michel Lebrun (Traducteur)
EAN : 9782020257794
699 pages
Éditeur : Seuil (02/09/1995)
4.16/5   1360 notes
Résumé :
"Si je suis condamné à me souvenir d'un garçon à la voix déglinguée - ainsi commence le nouveau roman de John Irving -, ce n'est ni à cause de sa voix, ni parce qu'il fut l'être le plus petit que j'aie jamais connu, ni même parce qu'il fut l'instrument de la mort de ma mère. C'est à lui que je dois de croire en Dieu ; si je suis chrétien, c'est grâce à Owen Meany."

Agé de onze ans, Owen en paraissait six à peine. Mais sa frêle enveloppe dissimulait un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (102) Voir plus Ajouter une critique
4,16

sur 1360 notes

Foxfire
  26 avril 2016
Si je devais établir un classement des personnages littéraires qui m'ont le plus touchée, nul doute qu'Owen Meany y figurerait en très bonne place.
"Une prière pour Owen" est un roman brillant, tout simplement. Oeuvre très personnelle pour son auteur mais dans le même temps totalement universelle tant elle peut toucher tout un chacun. Irving met toute son âme dans son roman, cela se ressent à chaque page, à chaque ligne. Et il partage cette intimité de façon si subtile que jamais le récit ne parait égocentrique. Au contraire, "Une prière pour Owen" est un grand roman humaniste.
Irving a mis beaucoup de lui-même dans le personnage du narrateur, ce n'est certainement pas un hasard s'ils ont le même prénom. Mais l'auteur a la finesse et la modestie de placer ce personnage en retrait, et cela même si on va le suivre tout au long de sa vie. John a beau être le personnage principal, le vrai héros du récit est Owen Meany. Toute l'existence de John ne semble se justifier que pour mettre en lumière ce personnage. Et quel personnage ! Owen n'a pourtant pas les atouts pour faire de lui un héros ; ce petit bonhomme bizarre, à la voix horripilante, illuminé, sûr de lui... Et pourtant, dès le début du roman, on s'attache à lui profondément. Et cet attachement, au fur et à mesure des pages, va se muer en admiration, en éblouissement. Owen Meany est un être lumineux. Irving doit être un peu magicien pour avoir su créer un si merveilleux personnage.
Le génie de l'auteur ne se résume pas à ce personnage. L'écriture est à l'avenant, magnifique, fine et sert un récit touffu mené de main de maître. Véritable roller-coaster émotionnel, "une prière pour Owen" vous fera passer du rire aux larmes, parfois dans la même phrase. Irving a un talent rare pour transmettre des émotions, il parvient à toucher le coeur et transporter l'âme.
Si vous vous laissez tenter, "une prière pour Owen" va vous bouleverser, je suis prête à prendre les paris.
Challenge Multi-Défis 2016 - 24 (Un livre présent dans ma PAL depuis plus d'un an)
Challenge Pavés 2016 - 6
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Allantvers
  17 avril 2020
Dire que j'ai failli abandonner cette lecture, vaguement lasse des pérégrinations confessionnelles de la première moitié du roman! Je serais passée à côté d'un de ces livres merveilleux qui vous laissent des traces profondes et durables, ces cicatrices habitées que nous autres lecteurs adorons.
Il est fort ce John Irving : sacrée gageure de construire un roman de 700 pages à partir d'un tableau final, et donc ne pas laisser d'autre choix à son lecteur, une fois qu'il s'est engagé dans la seringue du récit, que de mener sa lecture à son terme et remonter avec l'auteur le fil des événements qui ont conduit à cette fin. Or, plus on avance, plus on est gagné par la profusion, l'effervescence, la lumière, la mélancolie, la grâce de ce récit.
Au centre de celui-ci, c'est bien sûr le personnage charismatique, quasi irréel d'Owen Meany qui accroche la lumière, une lumière d'autant plus rayonnante que son ami narrateur John est terne et dépourvu d'aspérités tandis que lui, Owen, minuscule homoncule à la voix stridente, d'une intelligence hors du commun, doté d'une détermination d'apôtre, parvient à soumettre rien moins que le monde à sa vision.
Un monde déliquescent aux valeurs perdues, enferré par une élite politique véreuse dans des conflits iniques, du bourbier vietnamien aux contras du Nicaragua. Car on est bien chez Irving, et derrière la fiction autour d'Owen l'elfe christique c'est bien sûr une critique acerbe de l'Amérique qu'il s'en est venu cracher dans ce livre, avec une fureur sourde que je ne lui avais jamais vue.
Rendez-nous un petit Owen à porter au-dessus de nos têtes...
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gabb
  23 mai 2019
Il était un petit homme (♪ pirouette-cacahuète ♫) qui s'apppelait Owen Meany.
1,52 mètre, une petite voix nasale identifiable entre toutes, aussi fluette que dérangeante, l'air à 11 ans de n'en avoir que 6, une foi solidement chevillée au corps et un destin hors du commun.
Il était un autre garçon, John Wheelwright, qui grandit aux côtés d'Owen dans la Nouvelle-Angleterre des années 50, qui fit avec lui son catéchisme, et qui se trouva si profondément marqué par cette relation qu'il nous livre ici - sous la plume d'Irving - un récit dense et foisonnant de plus de 700 pages sur leur longue amitié, en forme d'hommage posthume à cette demi-portion "beaucoup trop bien pour ce monde pourri."
Nous sommes en 1987 quand John - exilé au Canada depuis la guerre du Vietnam pour échapper à la boucherie et désormais professeur de lettres à Toronto - entame son témoignage. Il y mêle souvenirs d'enfance cocasses, épisodes d'adolescence tragi-comiques, questions religieuses sur les différentes églises et les subtilités de chaque culte, ou encore réflexions politiques sur le gouvernement Reagan des années 80, et plus globalement sur la politique étrangère des Etats-Unis depuis le terrible conflit vietnamien.
En ce qui me concerne, j'ai préféré les récits de jeunesse, pleins de drôlerie (voir entre autres l'évocation de la crèche vivante du Noël 1953 !) et de nostalgie, aux observations plus "contemporaines" sur les maux de la société américaine.
Au final, je reste une fois encore admiratif devant John Irving, qui bâtit là un univers aux mille facettes, à la fois très ancré dans la réalité historique de son pays ... et dans le même temps subtilement décalé, fantasmé et rocambolesque, qui bien souvent flirte avec la plus jouissive invraissemblance.
Et puis quel incroyable personnage que cet Owen Meany ! Quel aplomb, quel caractère, quelle aura pour un être d'une si extraordinaire petitesse, quel magistral écho pour cette "voix de fausset étranglée" et quelle détermination pour mener à bien la mission quasi-christique qu'il est sûr de s'être vu attribuée par le Tout Puissant !
Rien d'étonnant à ce que notre narrateur soit tombé sous le charme de ce poids plume ébouriffant, et qu'il endosse finalement le rôle de l'apôtre (épiscopalien, anglican, congrégationiste ou catholique ? qu'importe !) chargé de répandre la bonne parole d'Owen Meany.
"L'être le plus petit qu'il n'ait jamais connu" fut paradoxalement celui qui compta le plus.
Avec son style toujours original et joyeusement délié, John Irving nous propose donc là une bien belle prière, qui certes s'éloigne parfois un peu des canons théologiques traditionnels, mais qui m'a amplement régalé et qui nous rappelle, si besoin était, qu'on a toujours besoin d'un plus petit que soi !
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Ladybug
  09 juillet 2012
J'ai retrouvé dans ce roman, le goût de John Irving pour les personnages qui appréhendent le monde différemment. Ici, nous faisons la connaissance d'Owen, tout est singulier chez lui, son apparence physique, sa voix, son esprit extraordinairement vif et critique (dès le plus jeune âge), une personnalité écrasante.
Et toujours cette touche d'excentricité et le sens de la dérision qui rendent les romans de John Irving inoubliables. Les personnages et leur univers sont remarquablement développés, il installe son monde en nous racontant moults anecdotes truculentes ou tragiques, un foisonnement impressionnant !
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Nadouch
  04 octobre 2017
Il existe au minimum deux couvertures pour ce roman : l'une représente une balle de base-ball à pleine vitesse, l'autre une robe semblant danser sur un mannequin. Eh bien, tout est là !
Owen Meany n'est pas comme les autres : plus petit, plus intelligent, avec une drôle de voix et, surtout, surtout, il semble voir l'avenir... Et tout le roman tend vers cet avenir, en compagnie d'Owen et de son meilleur ami John, le narrateur. Entre le New Hampshire de leur enfance et le Canada d'adoption de John, c'est l'Amérique des années 50 à 80 qui défile sous nos yeux, et une galerie de personnages attachants, sensibles à L Histoire avec un grand H, et à leur petite histoire aussi. Parfois, j'ai pensé au film "Forrest Gump", tant pour le contexte que pour les personnages...
Très curieusement, mes débuts dans ce pavé ont été poussifs ; je l'ai pris, puis reposé pour quelques semaines. Quand je l'ai repris, j'ai été totalement happée et entraînée dans cette histoire follement bien bâtie. Irving est le champion des situations fantasmagoriques, des détails qui tuent, de l'improbabilité hautement crédible. J'ai retrouvé dans ce roman ce qui m'a fascinée, adolescente, quand j'ai découvert Irving avec le monde selon Garp. Et je ne comprends pas pourquoi j'ai attendu si longtemps pour rencontrer Owen.
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Citations et extraits (116) Voir plus Ajouter une citation
WictorianeWictoriane   27 septembre 2008
Quand meurt, de façon inattendue, une personne aimée, on ne la perd pas tout en bloc ; on la perd par petits morceaux, et ça peut durer très longtemps. Ses lettres qui n'arrivent plus, son parfum qui s'efface sur les oreillers et sur les vêtements. Progressivement, on additionne les pièces manquantes.
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TwiTwiTwiTwi   25 juin 2009
Depuis le lointain Noël 1953, j'ai toujours considéré cette période de fête comme un enfer pour les familles qui ont subi la perte d'un être cher et qui ne sont pas au complet ; la prétendue coutume des cadeaux vaut autant pour ceux que l'on donne que pour ceux que l'on reçoit. C'est à Noël que nous prenons conscience de ce qui nous manque.
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TwiTwiTwiTwi   21 octobre 2009
Maintenant, il y avait une raison concrète à mon angoisse, mais je me sentais mal à l'aise : en quoi la mort de Marilyn Monroe pouvait-elle me concerner ?
"ELLE NOUS CONCERNE TOUS, me dit Owen Meany quand, ce soir-là, je lui téléphonai. ELLE ÉTAIT L'IMAGE MÊME DE NOTRE PAYS : PLUS TRÈS JEUNE MAIS PAS ENCORE VIEILLE ; UN PEU ESSOUFFLÉE, D'UNE TRÈS GRANDE BEAUTÉ, PEUT-ÊTRE UN PEU BÊTE, ET PEUT-ÊTRE PLUS INTELLIGENTE QU'ELLE N'EN DONNAIT L'IMPRESSION. ET ELLE ÉTAIT A LA RECHERCHE DE QUELQUE CHOSE. JE CROIS QU'ELLE VOULAIT S'AMÉLIORER. REGARDE LES HOMMES DE SA VIE ... JOE DI MAGGIO, ARTHUR MILLER, PEUT-ÊTRE LES KENNEDY ... REGARDE COMME ELLE ÉTAIT DÉSIRABLE. C'EST CE QU'ELLE ÉTAIT : DÉSIRABLE; ELLE ÉTAIT DRÔLE ET SEXY - MAIS VULNÉRABLE AVANT TOUT. ELLE N'A JAMAIS ÉTÉ TOTALEMENT HEUREUSE. ELLE ÉTAIT TOUJOURS UN PEU TROP GROSSE. EXACTEMENT A L'IMAGE DE NOTRE PAYS !"
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LuniverLuniver   18 janvier 2012
Le sagamore local s'appelait Watahantowet ; en guise de signature, il dessinait son totem sur les actes de vente : un homme sans bras. Par la suite, il y eut des discussions - fort peu intéressantes - au sujet du contrat avec les Indiens, et des hypothèses un peu plus intéressante sur la signification du totem sans bras. Les uns disaient qu'il symbolisait l'état d'esprit du sagamore en se voyant ainsi dépouillé de sa terre - comme si on l'amputait des deux bras-, les autres faisaient remarquer que sur les précédentes "signatures" de Watahantowet, le bonhomme, toujours dépourvu de bras, tenait une plume dans la bouche, indiquant ainsi la frustration du sagamore de ne pas savoir écrire. Mais dans d'autres versions du totem, l'effigie a un tomahawk dans la bouche et l'air complètement zinzin ; ou encore, il peut signifier la paix : pas de bras, tomahawk dans la bouche, Watahantowet ne combat pas... Quoiqu'il en soit de ces diverses interprétations, vous pouvez être sûrs que les Indiens se firent posséder jusqu'au trognon.
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iarseneaiarsenea   07 août 2012
Quand nous parlions entre nous des mères de nos copains, Owen se montrait d'une totale sincérité ; il parlait de la mienne sans détour, et je ne lui en voulais pas parce que je connaissais son sérieux. Owen ne plaisantait jamais.
« TA MÈRE A DE PLUS BEAUX NICHONS QUE LES AUTRES MÈRES. »
« Tu le penses vraiment ?
- ABSOLUMENT. LES PLUS BEAUX.
- Et ceux de Mrs. Wiggin ?
- TROP GROS.
- Ceux de Mrs. Webster ?
- TROP BAS.
- Ceux de Mrs. Merrill ?
- TRÈS RIGOLOS.
- Ceux de Miss Judkins ?
- J'EN SAIS RIEN. IMPOSSIBLE DE M'EN SOUVENIR. MAIS CE N'EST PAS UNE MÈRE !
- Miss Farnum ?
- TU TE MOQUES DE MOI ! disait-il avec humeur.
- Caroline Perkins ?
- PEUT-ÊTRE UN JOUR, dit-il sérieusement. MAIS ELLE N'EST PAS ENCORE MÈRE.
- Irene Babson ?
- TU VAS ME FAIRE VENIR DES BOUTONS ! » grinça Owen. Il ajouta avec admiration : « TA MÈRE, C'EST LA MIEUX ! ET ELLE SENT MEILLEUR QUE TOUTES LES AUTRES. »
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