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ISBN : 2020363763
Éditeur : Seuil (15/12/1998)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.1/5 (sur 3221 notes)
Résumé :
Romancier, Garp insère dans le récit tragico-burlesque de sa vie des extraits de son œuvre, mêlant ainsi la réalité à la fiction au sein même de la fiction. Ce procédé, sans être vraiment original, révèle néanmoins que le monde est pour Garp un univers où c'est l'imagination qui règne. Roman qui mêle allègrement la farce et la tragédie, Le Monde selon Garp montre un univers où les références sont inversées sans tabous: la mère a une virilité d'homme, Robert devient ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (188) Voir plus Ajouter une critique
majero
  17 mars 2016
« Puis je voulus un enfant, sans être, pour autant, obligée de partager mon corps ni ma vie, écrivit l'infirmière Jenny.
Cela aussi me rendit, sexuellement parlant, suspecte. »
C'est ainsi que fut conçu Garp, fils du soldat mourant Garp et écrivain à l'instar de sa mère avec qui la relation fusionnelle inévitable laisse cependant un peu de place pour quelques petites amies, un mariage avec Helen et des enfants.
Pourquoi ais-je aimé, contrairement à Jonathan Coe et Jonathan Franzen?
J'aime l'imaginaire de Irving, sa capacité à nous surprendre, à alterner des thèmes graves avec un humour qui l'est tout autant, ses personnages (Seigneur! cette Jillsy Sloper!) et sa manière simple de nous l'écrire ce qui rend son récit assez crédible (L'idiot que je suis a même cherché sur Google l'existence des Ellen-Jamesiennes;-).
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candlemas
  25 décembre 2018
Je ne m'attendais pas à cette vision du monde selon Garp, en ouvrant ce best-seller de 1978. le ton, certes plein d'humour, de John Irving, n'a rien à voir avec le film que j'avais vu quelques années auparavant, mettant en scène Robin Williams et Glenn Close dans un cadre tout aussi loufoque mais beaucoup trop léger.
La vie de John Irving, en revanche, traverse ce roman de manière évidente, depuis la conception de Garp, pratiquant comme lui la lutte gréco-romaine et mis au monde presque sans père par une mère d'exception, jusqu'aux succès d'un écrivain qui doute. L'environnement universitaire américain, les contrastes entre les villes progressistes et les campagnes reculées de Nouvelle -Angleterre, ou de Vienne dans la vieille Europe, sont aussi clairement ancrés dans le réel.
Bien qu'on puisse en effet trouver une tentative d'enchantement du réel par le roman et l'humour, bien que Garp puisse suscite l'affection par sa lutte d'enfant, puis de père de famille, pour exister autrement que dans la lutte contre autrui et contre soi, le film évoqué plus haut est pour moi clairement à contre-sens du livre.
Le monde de Garp n'a rien à voir avec Forrest Gump, et ne lasse aucune chance à son héros d'échapper à son destin, si ce n'est celui de l'accepter, aves les souffrances absurdes qu'il transporte : John Irving se situe résolument dans un veine tragicomique. le rire au vitriol se noie souvent dans les larmes et l'horreur du "crapaud du ressac" qui vient détruire les vies... c'est un livre violent, amer, concupiscent, profond et morbide.
Comme l'écrit Garp dans ses propres romans -romans dans le roman-, les ellen-jamessiennes à la langue coupée, les scènes de viols, d'accident de voiture et de membres arrachés sont là pour rappeler combien la réalité peut parfois rattraper la fiction... c'est d'ailleurs à force de vivre que Garp abandonnera la fiction et reprendra le flambeau du réel légué par sa mère, avant de mourir à son tour tragiquement dans la force de l'âge.
Socialement, le monde de Garp dénonce toute forme d'intolérance, renvoyant dos à dos les excès des féministes comme ceux du machisme ambiant, et l'on peut donc comprendre le succès de ce roman dans les années 80. John Irving y décrit crûment et largement le comportement de prédateur sexuel des mâles, que son héros lui-même devra combattre toute sa vie. Il y combat toutes formes de préjugés, au nom d'une condition humaine que l'amour seul permet de supporter.
Ainsi, une gravité angoissée sourd à chaque instant, cachée sous le burlesque parfois outrancier, laissant le lecteur dans un sentiment de malaise... malgré les apartés romanesques du héros qui ne mènent nulle part, et ne font que répéter le réel en le grimant, si ce n'est à des questions sans réponses.
Le héros et sa mère tiennent le lecteur en haleine. Le fil de leur destin se dévide imperturbablement, tandis que l'on cherche avidement et vainement dans la prochaine péripétie une suite logique, une raison d'être... qui ne vient jamais...
Bref , un roman à ne pas lire dans un moment de déprime, et avec beaucoup de second degré ; un roman plus compliqué que le laisse croire le film, un bon roman, révélateur d'une époque, d'une certaine Amérique, du mouvement de la beat generation, qui qui me rappelle à ma lecture inachevée d'Henri Miller, et au projet de m'attaquer à Jack Kerouac.
Cette découverte de John Irving ne restera pas dans mes préférés, manquant parfois de nuances, jouant d'un savant mélange d'intellectualisme et de crudité qui n'est pas de mon goût. J'en ai aimé le cynisme chaotique, mais pas les longues digressions autocentrées sur le statut de l'écrivain célèbre. J'en suis sorti groggy comme après un match de lutte gréco-romaine, écrasé par le poids d'un adversaire implacable et ruisselant de sueur, plus mort que vif... je n'ai pas aimé l'expérience, mais elle n'en fut pas moins édifiante...

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Luniver
  24 septembre 2012
Jenny ne voit pas d'un très bon oeil la vie qu'on lui prépare : l'envoyer à l'université dans l'espoir qu'elle trouve un bon mari et... et c'est tout. Contre l'avis de ses parents, elle choisit de faire des études d'infirmière, pour le côté pratique du métier. Pendant la guerre, elle se « sert » d'un soldat sur le point de trépasser pour faire un enfant, Garp, qu'elle élèvera seule. Toute sa vie s'organisera autour de celle de Garp : elle acceptera un poste dans une école pour pouvoir y inscrire l'enfant plus tard, elle suivra elle-même les cours pour choisir les plus intéressants plus tard et l'aider dans les matières.
Quand Garp manifeste son désir d'être écrivain, elle s'attellera aussitôt à écrire son propre livre, basé sur sa vie, « Sexuellement suspecte », qui remportera un grand succès et fera d'elle, un peu contre son gré, une icône du féminisme. Rôle qu'elle assumera en accueillant les femmes qui ont besoin de son aide, même les plus extrémistes comme les Ellenjamesiennes qui se tranchent la langue pour protester contre les violences faites aux femmes.
Quant à Garp, après une nouvelle prometteuse, c'est un peu la panne sèche. le temps que l'inspiration revienne, il devient homme au foyer, s'occupe du ménage, de la cuisine et des enfants. Son couple traverse quelques orages à cause des infidélités.
Comme dans tous les livres d'Irving que j'ai ouvert jusqu'à présent, j'ai beaucoup aimé le côté réaliste mêlé de quelques scènes totalement loufoques. Toutefois, même si le livre fourmille de thèmes, j'en attendais un peu plus au vu des commentaires. Peut-être les thèmes abordés (insémination artificielle, mère célibataire, féminisme) ont un peu vieillis et surprennent moins aujourd'hui ? J'ai eu aussi beaucoup de mal avec les romans dans le roman. À part la première nouvelle, j'ai passé tous les écrits de Garp, je n'arrive pas à changer totalement d'univers en cours de route.
Bonne lecture, mais je n'ai pa s trouvé le chef-d'oeuvre auquel je m'attendais.
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Woland
  26 décembre 2007
The World According Garp
Traduction : Maurice Rambaud
Qui ne connaît pas « le Monde Selon Garp » de John Irving ? (En tous les cas, moi, je l'ai longtemps ignoré ...)
Pour ceux qui ne l'ont pas encore lu et que j'envie, il s'agit d'un roman qui, par son ampleur et la série de « types » qu'il met en scène, évoque irrésistiblement un auteur comme Charles Dickens ou encore Thackeray. Mais, chez Irving, les bons sentiments, quand ils existent, sont toujours menacés par ce que le benjamin de la famille Garp avait l'habitude d'appeler « le Crapaud du Ressac. » C'est le Crapaud de l'Angoisse et aussi celui de la Mort qui, tôt ou tard, vient réclamer son dû.
Pourtant, on rit et l'on sourit beaucoup chez John Irving qui se fait ici une joie de renvoyer dos à dos tous les extrêmistes, que ceux-ci soient féministes ou machissimes. Sa peinture à la fois aiguë et burlesque des milieux féministes réjouira aussi bien les femmes que les hommes. Les anti-féministes sont, quant à eux, irrécupérables et si dangereux que l'un d'entre eux finit par assassiner la mère de Garp, l'intrépide Jenny Fields, laquelle, après la parution de son ouvrage autobiographique,
« Sexuellement Suspecte » - beau titre, n'est-ce pas ? - avait été revendiquée comme emblème par le mouvement féministe américain. le sel de la chose, c'est que Jenny ne se sentit jamais féministe dans l'âme. Simplement, elle cherchait à "aider ceux qui en ont besoin."
Il est révélateur de constater que, si Irving accorde repentance et réhabilitation à la féministe complètement exaltée qui abat ensuite le fils de Jenny, il n'offre en revanche aucun salut à l'assassin de Jenny. Pire : il le fait descendre immédiatement par son propre beau-frère.
« le Monde selon Garp », c'est aussi, imbriquée dans le roman, la première nouvelle vendue par le héros. Intitulée « La Pension Grillparzer » - Garp et sa mère se trouvaient à Vienne quand elle fut rédigée – elle apparaît comme un condensé de tout ce qui fait le charme et la profondeur du roman : humour, sens de l'absurde, compassion envers autrui, férocité pourtant, hantise de la mort aussi …
C'est encore la fantastique figure de Roberta Muldoon, ex-Robert Muldoon, ex-ailier des « Eagles » de New-York et qui, s'étant toujours sentie femme au plus profond de lui-même, choisit un jour de franchir le grand pas et de changer de sexe. Je n'en dirai rien d'autre : lisez et vous verrez bien.
C'est un enchaînement de situations et de personnages accompli avec une rare maîtrise. C'est un moment de grâce absolue dans la littérature du XXème siècle. C'est aussi une analyse précise de l'art d'écrire. Mais là où cela nous change agréablement de bien des sottises lues ici et là, elle est faite en toute humilité par un écrivain qui sait ce dont il parle et qui n'a que dégoût pour le snobisme sous toutes ses formes.
En bref, "Le Monde Selon Garp" est un grand roman. Lisez-le. ;o)
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sylvaine
  24 mars 2015
Le monde selon Garp ! je sors de cette lecture abasourdie même si je me suis inquiétée par moment d'un plaisir de lecture en dents de scie mais au final quel roman magistral !.
Difficile de résumer un récit aussi foisonnant où se mèlent la vie de notre héros écrivain et les textes qu'il écrit. Elevé par sa mère Jennie Fields, infirmière qui voulait un enfant mais pas de mari, Garp fait ses études à Stering School où sa mère est en charge de l'infirmerie.Etudes terminées, sa mère et lui décident de quitter le campus direction l'Europe. Ils s'installent à Vienne et y restent quelques mois. Jennie Fields a pris la décision de rédiger ses mémoires Une fois publiées , elle deviendra très vite l'égérie du mouvement féministe aux USA
Quant à Garp toujours très proche de sa mère , marié à la ravissante Hélène, père de famille il écrit . Si sa mère dénonce un monde de concupiscence, lui essaye d'y résister et cherche à éviter à ses enfants tous les obstacles possibles .
A travers ses écrits Garp aspire à transformer le monde qui l'entoure en un lieu magique , en un monde sûr et sans dangers .
John Irving nous livre ici un roman d'une richesse exceptionnelle, la cohorte de ses personnages , les différents sujets abordés l'analyse pointue de notre monde environnant et de ses habitants rappellent sans forfanterie les plus grands auteurs du 19 ème .
merci au club de lecture pour cette découverte.

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Citations et extraits (109) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   22 septembre 2012
Dans le code de l'éthique universitaire, la « turpitude morale » figure en bonne place parmi les motifs de révocation, en l'occurence, pourtant, la chose ne fut jamais évoquée. Les coucheries entre les professeurs et les étudiants ne suscitaient pas en général de réactions trop sévères. Sous le manteau, si le prétexte pouvait être utilisé pour refuser à un enseignant sa titularisation, il était rare que ce même prétexte fût utilisé pour révoquer un titulaire. Helen avait peut-être estimé que trancher les trois quarts d'un pénis d'étudiant constituait un délit assez grave pour un enseignant. Coucher avec ses étudiants était une pratiquer assez banale, bien que nullement encouragée ; il existait de pires moyens de les juger et de les préparer à la vie active. Mais les amputer de leurs organes génitaux était se montrer un peu sévère, même dans le cas de mauvais étudiants, et sans doute Helen éprouva-t-elle le besoin de se châtier.
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dflassedflasse   07 janvier 2009
Un faible gazouillis filtre des rares postes de télé encore branchés sur The Late Show et la lueur bleu-gris des écrans palpite aux fenêtres de certaines maisons. Pour Garp, cette lueur est pareille à un cancer, insidieuse et engourdissante. elle endort le monde entier. Qui sait si la télévision ne provoque pas le cancer, se dit Garp; mais son irritation est en fait une irritation d’écrivain; il sait que partout où luit la télévision, veille quelqu’un qui ne lit pas.
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LuniverLuniver   20 septembre 2012
« Une partie de l'adolescence, écrivit-il à Helen, réside dans ce sentiment qu'il n'existe nulle part personne qui vous ressemble assez pour pouvoir vous comprendre. » Garp ajoutait qu'à son avis Vienne exacerbait en lui ce sentiment « dans la mesure où à Vienne, il n'existe vraiment personne qui me ressemble »
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genougenou   28 avril 2013
Si l'on fait attention, écrivit Garp, à condition d'utiliser de bons ingrédients, et de prendre son temps, il est en général facile de réussir de l'excellente cuisine. Quelquefois, c'est la seule chose positive qui puisse racheter une journée désastreuse : ce que l'on prépare à manger. Pour ce qui est d'écrire, ai-je constaté, on peut fort bien disposer de tous les bons ingrédients, ne ménager ni son temps ni sa peine, et n'aboutir à rien. C'est tout aussi vrai de l'amour. La cuisine, en conséquence, peut conserver à qui ne ménage pas sa peine la santé de l'esprit.
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AproposdelivresAproposdelivres   10 octobre 2014
Jenny avait vingt-deux ans. Elle avait plaqué l'université peu après avoir commencé ses études, puis était entrée dans une école d'infirmières, où elle avait terminé à la tête de sa classe. Elle était heureuse d'être infirmière. C'était une jeune femme à l'allure athlétique et aux joues perpétuellement enluminées ; elle avait des cheveux noirs et lustrés, et ce que sa mère appelait une démarche virile (elle balançait les bras en marchant) ; sa croupe et ses hanches étaient si fermes et si sveltes que, de dos, elle ressemblait à un jeune garçon. Jenny estimait, pour sa part, qu'elle avait les seins trop gros ; son buste provocant lui donnait, selon elle, l'air d'une fille "facile et vulgaire".
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Videos de John Irving (61) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John Irving
L?écrivain américain revient avec un 14ème roman, « Avenue des mystères ». L?occasion pour Entrée Libre de rencontrer John Irving pour parler de son style d?écriture et des thèmes qui lui sont chers, et de comprendre la recette de ses best-sellers du « Monde selon Garp » à « L?Hôtel New Hampshire ».
Du lundi au vendredi, Claire Chazal explore les multiples formes de la culture. Au menu, l'actualité culturelle des dernières 24 heures, des reportages sur des sujets éclectiques, ainsi que des rencontres avec des personnalités du monde des arts plastiques, du spectacle vivant, du cinéma et de la musique. Une fois par mois, un invité prend les commandes de l'émission et propose ses choix culturels.
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