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EAN : 9782070497881
253 pages
Gallimard (05/05/1998)
4.12/5   429 notes
Résumé :
Babette, jeune journaliste marseillaise, a de gros ennuis. Le rêve de sa vie, un grand reportage sur la mafia dans le Sud de la France, est sur le point d'aboutir. Mais à quel prix! Il lui a déjà coûté la vie de son amant et elle est poursuivie par d'impitoyables tueurs. Réfugiée dans les Cévennes, elle envoie son travail à son ami, l'ancien policier Fabio Montale. Aussitôt, les morts s'accumulent autour de lui. La rage au ventre, Montale cherche à venger les innoce... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
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sur 429 notes
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Lorraine47
  15 mai 2013
Montale, Marseille, Mafia: trois mots pour le dernier opus d'une trilogie.
Montale, homme roc mâtiné d'ours, au coeur tendre et meurtri par les deuils.
Marseille, ville lumière, écrin blanc de cette perle noire de polar qu'est Solea.
Mafia, omniprésente dans les trois volets de la trilogie marseillaise de Jean-Claude Izzo: elle est au centre de Solea comme une gangrène.
Nous retrouvons Fabio Montale définitivement seul: Lole l'a quitté pour un musicos ne lui laissant aucun espoir.
Il vit seul, avec ses regrets quand un rayon de soleil semble venir frapper à sa porte. Il prend les traits de Sonia, belle brune aux yeux gris-bleu pour lesquels Fabio serait prêt à retenter l'aventure!
L'amour entrevu est hélas aussi fugace qu'éphémère! La belle Sonia est retrouvée la gorge tranchée à son domicile: pas de doute sur le modus operandi: c'est la mafia.
Solea est un morceau de jazz teinté de flamenco et joué par le divin Miles Davis. Il en a les accents à la fois tragiques et lancinants. Personnellement, je préfère Tutu, beaucoup plus énergique... Mais ce n'est peut-être pas le sujet.
La musique est omniprésente dans le récit de Jean-Claude Izzo: du flamenco à la salsa de Barretto au jazz de Coltrane, elle est plus qu'un élément du décor, elle jalonne les moments importants de la vie du héros qu'elle semble transcender, parfois.
Je ne puis terminer sans rendre remercier l'amie qui m'a confié ces trois ouvrages en pensant à juste titre que je serai susceptible de les apprécier.
Marianne, merci donc, tu portes un bien joli prénom célébré par Michel Delpech, et je te dédie donc ce morceau qui est en même temps un petit clin d'oeil à Jean-Claude Izzo, journaliste un temps au quotidien la Marseillaise. de là-haut, j'espère qu'il appréciera!
Je ne puis que vous recommander la lecture de cette trilogie, chef d'oeuvre intemporel aux accents de Marseille: il ne manque plus que les cigales... Et ça ira, ça ira!
http://youtu.be/BP-pTgqOTv8
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Pujol
  29 novembre 2021
Avertissement : gâchis à venir. Fin dévoilée ci-dessous.
Troisième acte Fabio. le dernier. Tu as poussé tous les curseurs, brûlé tous tes vaisseaux. Tu es allé te jeter droit dans la gueule du loup. En restant conscient tout du long. La tragédie. L'antique grecque. Celle qui détruit tout.
Comme un plat qui bout à petit feu, gentiment, doucement. Une soupe au Pistou fatale. Je t'ai suivi dans ta funeste course. Ramassant ce que tu jetais négligemment par dessus ton épaule : la bonne bouffe, les bons alcools, la bonne musique, les bons auteurs et les belles femmes. Tout ce qui n'a pas suffi à te garder vif.
Car à force de la sentir partout cette odeur de mort, elle t'a rattrapé. Tu n'as pas couru assez vite ; en fait tu t'es plutôt arrêté, volontairement. Pour qu'elle te rattrape et que le spectacle se termine ainsi. Comédien fatigué. Amant transi, à la bouche close.
Fabio Montale en a marre. Tous ces morts pour une vérité triste et glaçante que personne n'a envie de lire, de voir, de connaître. Ça et des souvenirs qui tordent le bide. Les remords et pire les regrets. Cette farandole qui rend tout aigre et le quotidien tranchant.
Solea. Ce palo flamenco qui veut dire "solitude". Car oui, ce qui est triste est souvent beau et se goûte dans les larmes salées de l'isolement. Et ça Fabio, t'isoler tu sais faire. Jusqu'à crever sur cette île double du Frioul. Ce rocher pelé. Sur cet air gitan et Lole comme bande originale.
Tout autour de la ville, les flammes d'un gigantesque incendie. Comme le cercle de feu dans lequel tu te jettes, vieux lion édenté. Ton dernier tour de piste.
Tu me laisses songeur. Un peu déprimé et enclin au Lagavulin. Tu me laisses une liste de chansons à écouter et à partager et des auteurs à lire. Tu es devenu un ami Fabio. Toi l'ex-flic amateur de poésie, le plus cabotin des caboteurs. Marin perdu, tu as finalement pris le large.
Avec qui irai-je boire au bar des Maraîchers ?
Peut-être avec le fantôme génois d'Eugénio Montale...
Trijolie trilogie.
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Lucilou
  15 décembre 2020
ça y'est, j'ai terminé "Solea" et je dois dire au-revoir à Fabio Montale...
C'est un au-revoir qui me laisse un gout bien amer et la mélancolie chevillée à l'âme. Je me sens infiniment triste et très seule surtout. J'ai un peu froid soudain, malgré Marseille. J'ai eu peur aussi et très mal.
Cet opus est encore plus sombre, encore plus pessimiste et désespéré, encore plus violent que les deux précédents et il a anéanti mon moral déjà bien écorché par cette année qui n'en finit et qui semble t-il n'en finira jamais.
"Solea" est un chant aussi tragique que sublime et presque un chant funèbre dans lequel le soleil et la mer n'ont plus rien de lumineux.
"Solea", c'est la fin de tout et la fin du monde. Ce sont des cris et des coups de feu, la souffrance inextinguible de Montale et une époque qui s'en va pour toujours
On y retrouve Babette, l'amie journaliste qui s'en revient de Rome avec le dossier le plus ambitieux jamais monté contre la Mafia et qui se retrouve avec la mort à ses trousses. Eperdue, elle fait parvenir à Fabio une dernière déclaration d'amour et de précieuses disquettes sans savoir à quel point elle le met en danger.
Autour du Corto Maltese marseillais, le sang des siens soudain versé et les dernières amours comme un morceau de musique qui s'échappent.
Pour survivre et sauver ce qui reste des siens, il n'a pas d'autres choix que celui d'entrer en guerre, à en perdre haleine et à en perdre son humanité.

D'une plume toujours aussi belle mais bien plus sombre aussi Izzo nous live un récit poignant, haletant qui prend au tripes et dans lequel la mafia n'a rien de son romantisme de cinéma...au contraire.
ça fait un mal de chien mais c'est intense et presque beau, comme la réalité à chaque fois que les rêveurs viennent s'y cogner quand ils n'ont plus qu'elle.
Cette fin! Cette fin...
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Herve-Lionel
  24 septembre 2014

N°805 – Septembre 2014.
SOLEA - Jean Claude Izzo- Gallimard.
J'avoue à ma grande honte que jusqu'à ce que j'écoute un disque du chanteur-poète italien Gianmaria Testa qui fut son ami, je n'avais jamais entendu le nom de Jean-Claude Izzo (1945-2000). J'ai bien, comme toute le monde, vu à la TV la série policière de Fabio Montale mais en dehors des adaptations à l'écran de Simenon, d'Agatha Christie ou de Léo Malet, fait-on vraiment attention à l'auteur du roman qui en est à l'origine ? Et puis cette adaptation télévisuelle n'avait pas vraiment retenu mon attention.
C'est la troisième tome de la trilogie Fabio Montale, cet ex-flic marseillais qui a démissionné parce qu'il ne se reconnaissait plus dans ce métier[«  Être flic, qu' on le veuille ou non, c'était appartenir à une histoire. La rafle des juifs du Vel'd'hiv. le massacre des Algériens, jetés à la Seine en octobre 1961 ...Toutes ces choses-là qui avaient des effets sur la pratique quotidienne de pas mal de flics, dès lors qu'ils avaient affaire à des jeunes issus de l'immigration »]. C'est un roman-noir où la mort frappe à toutes les pages[« La mort qui a pour tous un regard »], bien qu'il se déroule à Marseille où douceur du climat méditerranéen inclinerait plutôt au farniente, au pastis,à la pétanque, à l'accent de Pagnol... Je sais cela fait un peu carte postale ; Encore que cette ville phocéenne c'est tout cela mais aussi autre chose, la Mafia, la violence, l'intolérance, le crime, le trafic de drogue, la tentation du Front National...
C'est vrai que Montale répond aussi aux critères classiques du policier de triller, alcoolique, marginal, désabusé, solitaire mais perpétuellement amoureux des femmes... Lole l'a quitté pour un autre homme mais il rencontre Sonia, une belle brune avec qui il aurait bien fait un petit bout de chemin, un amour éphémère cependant puisqu'on la retrouve la gorge tranchée... la main de la Mafia ! C'est la même organisation criminelle qui recherche Babette Bellini, la journaliste « free lance », parce qu'elle enquête sur les liens que l'organisation entretient avec la finance internationale et probablement aussi avec le pouvoir politique, comme en Italie. Elle fuit de Rome à Marseille avec à ses trousses des tueurs et, en désespoir de cause, se tourne vers Montale. Et ce n'est que le début ! Quant à Hélène Pessayre, elle a beau être commissaire de Police, il n'est pas insensible à son charme. C'est lui, Fabio qui nous raconte cette histoire, à la première personne comme s'il se confiait à son lecteur.
Je l'aime bien ce Fabio finalement. A la fois pragmatique et posant sur le monde qui l'entoure un regard de plus en plus dubitatif [il parle de « la saloperie permanente du monde »], attaché à sa ville qu'il connaît et qu'il aime, à son port, ses odeurs, ses couleurs, à la mer. Il est aussi cultivé, amoureux du jazz et de la musique [ Solea est un morceau célèbre de Miles Davis], suffisamment conscient de la réalité de la société pour n'en faire partie que de loin, suffisamment humain cependant pour défendre ceux de ses amis qui sont menacés, suffisamment philosophe pour relativiser les choses de cette vie dont on a dit tout et son contraire, mais quand même capable de se battre pour l'améliorer, faire qu'il y ait plus de justice, plus d'égalité. Il aime la bonne bouffe parce qu'elle fait partie de la vie, est amoureux des femmes parce qu'elles représentent la beauté sur terre et il n'y est pas insensible, comme il aime la poésie parce que c'est bien souvent elles qui inspirent les poètes. Cet attachement à la poésie, celle de Saint-John Perse, de Cesare Pavese mais aussi celle des chansons de Gianmaria Testa, je le retrouve aussi dans l'architecture la phrase, elle en est le témoin [« Je voyais, oui. Et je sentais. L'eau coulant sur ma peau. Sa douceur. Et le sel. le goût des corps salés. Oui, je voyais tout ça, à portée de ma main. Comme l'épaule nue de Sonia. Aussi ronde, et aussi douce à caresser, que les galets polis par la mer. Sonia »]. Il est un peu idéaliste aussi et pas mal rêveur, romantique avec sa sensibilité à fleur de peau, conscient des réalités aussi quand il comprend que son charme d'antan, même s'il a été bien réel, a maintenant disparu.
Il y a beaucoup de Jean-Claude Izzo dans le personnage de Montale et c'est en cela sans doute qu'il est passionnant. C'est plus qu'un personnage de roman, une sorte de double de l'auteur, lui-même attachant par son parcours personnel, son engagement , même si son passage sur terre fut rapide. Ce roman paraît en 1998. Il clôt sa trilogie et Montale se sent vieillir tout comme Izzo qui apprend qu'il est atteint d'un cancer. Il mourra en 2000.
« Quand on ne peut plus vivre, on a le droit de mourir et de faire de sa mort une dernière étincelle ».
©Hervé GAUTIER – Septembre 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Errant
  27 avril 2022
J'avais aimé les deux premiers tomes de cette trilogie, lus il y a quelques années, avec cette plongée immersive dans un Marseille aux odeurs envoûtantes et aux moeurs relâchés. J'ai retrouvé ici cette ambiance brumeuse, ces incursions culinaires, le jazz de Coltrane qui accompagne si bien les états d'âme de ces gens un peu désabusés, à la nostalgie à fleur de peau. La trame policière est bien présente avec ces meurtres méthodiques perpétrés par une Mafia en mission, mais c'est la dimension humaine, cet espèce de blues de vivre des protagonistes, qui fait de ce livre ce qu'il est.
L'écriture de Izzo m'a semblé tellement parlante, évocatrice, autant dans les registres colériques que tendres, romantiques que vengeurs. le contraste entre l'anonymat, la froideur de la Mafia tentaculaire, et la passion des tripes et du coeur de ses victimes est frappant. Malgré les probabilités, malgré le peu d'espoir des acteurs eux-mêmes, on se prend à espérer un dénouement pas trop brutal, pas trop désespérant. Preuve que l'auteur nous a bien embarqué dans son histoire . . .
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Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
Lorraine47Lorraine47   11 mai 2013
Comment une femme pouvait-elle s'introduire aussi simplement dans le cœur d'un homme, juste par des regards, des sourires?
Est-ce qu'il était possible de caresser le cœur sans même effleurer la peau?
C'était sans doute cela séduire. S'immiscer dans le cœur de l'autre, le faire vibrer pour se l'attacher.
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mgeffroymgeffroy   19 mars 2008
On ne comprend rien à cette ville si l’on est indifférent à sa lumière. Elle est palpable, même aux heures les plus brûlantes. Quand elle oblige à baisser les yeux. Marseille est ville de lumière. Et de vent. Ce fameux mistral qui s’engouffre dans le haut de ses ruelles et balaie tout jusqu’à la mer. Jusqu’au large de Pomègues et Ratonneau, les îles du Frioul. Jusqu’après Planier, le phare, aujourd’hui éteint, reconverti en école de plongée, qui indiquait à tous les marins du monde que Marseille était à portée de main, et que ses femmes, pute ou pas, leur feraient oublier la passion des mers et des îles lointaines.
Marseille, à vrai dire, on ne peut l’aimer qu’ainsi, en arrivant par la mer. Au petit matin. A cette heure où le soleil, surgissant derrière le massif de Marseilleveyre, embrase ses collines et redonne du rose à ses vieilles pierres.

Extrait du texte
"marseille"




Après une courte sieste, j’étais parti marcher vers les calanques. J’avais senti le besoin de laver ma tête à la beauté de ce pays. De la vider de ses sales pensées, et de la remplir d’images sublimes. Besoin aussi de donner un peu d’ai pur à mes pauvres poumons.
J’étais parti du port de calelongue, à deux pas des Goudes. Une balade facile, de deux heures à peine, par le sentier des douanes. Et qui offrait de magnifiques points de vue sur l’archipel de Riou et le versant sud des calanques. Arrivé au Plan des Cailles, j’avais tiré à flanc, non loin de la mer, dans les bois au-dessus de la calanque des Queyrons. Suant et soufflant comme un pauvre diable. J’avais fait une halte au bout du sentier en corniche qui surplombe la calanque de Podestat.
J’étais bien, là, face à la mer. Dans le silence. Ici, il n’y avait rien à comprendre, rien à savoir. Tout se donnait aux yeux dans l’instant où l’on en jouissait.
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Lorraine47Lorraine47   13 mai 2013
Je savais trop qu'on pouvait dire des choses, les croire vraies au moment où on les affirmait, et faire, dans les heures ou les jours qui suivaient, des actes qui les démentaient.
Dans l'amour en particulier. Parce que l'amour est le sentiment le plus irrationnel, et que sa source - quoi qu'on dise - est dans la rencontre de deux sexes, le plaisir qu'ils se donnent.
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Lorraine47Lorraine47   25 mai 2013
Je ne savais pas montrer, même dans les pires moments, combien, en réalité, j'étais attaché à eux. Je ne savais pas le dire non plus. Je croyais que tout allait de soi. L'amitié. L'amour.
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Lorraine47Lorraine47   30 mai 2013
Les histoires d'amour. On voudrait que ça arrive à un autre moment, quand on est au mieux de sa forme, quand on se sent prêt pour l'autre.
Une autre. Un autre.
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Vidéo de Jean-Claude Izzo
"Total Khéops" de Jean-Claude IZZO a été adapté au cinéma en 2002 par Alain Bévérini, avec Richard Bohringer et Marie Trintignant : extrait du film.
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