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ISBN : 2070497887
Éditeur : Gallimard (05/05/1998)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 323 notes)
Résumé :
Babette, jeune journaliste marseillaise, a de gros ennuis. Le rêve de sa vie, un grand reportage sur la mafia dans le Sud de la France, est sur le point d'aboutir. Mais à quel prix! Il lui a déjà coûté la vie de son amant et elle est poursuivie par d'impitoyables tueurs. Réfugiée dans les Cévennes, elle envoie son travail à son ami, l'ancien policier Fabio Montale. Aussitôt, les morts s'accumulent autour de lui. La rage au ventre, Montale cherche à venger les innoce... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Lorraine47
  15 mai 2013
Montale, Marseille, Mafia: trois mots pour le dernier opus d'une trilogie.
Montale, homme roc mâtiné d'ours, au coeur tendre et meurtri par les deuils.
Marseille, ville lumière, écrin blanc de cette perle noire de polar qu'est Solea.
Mafia, omniprésente dans les trois volets de la trilogie marseillaise de Jean-Claude Izzo: elle est au centre de Solea comme une gangrène.
Nous retrouvons Fabio Montale définitivement seul: Lole l'a quitté pour un musicos ne lui laissant aucun espoir.
Il vit seul, avec ses regrets quand un rayon de soleil semble venir frapper à sa porte. Il prend les traits de Sonia, belle brune aux yeux gris-bleu pour lesquels Fabio serait prêt à retenter l'aventure!
L'amour entrevu est hélas aussi fugace qu'éphémère! La belle Sonia est retrouvée la gorge tranchée à son domicile: pas de doute sur le modus operandi: c'est la mafia.
Solea est un morceau de jazz teinté de flamenco et joué par le divin Miles Davis. Il en a les accents à la fois tragiques et lancinants. Personnellement, je préfère Tutu, beaucoup plus énergique... Mais ce n'est peut-être pas le sujet.
La musique est omniprésente dans le récit de Jean-Claude Izzo: du flamenco à la salsa de Barretto au jazz de Coltrane, elle est plus qu'un élément du décor, elle jalonne les moments importants de la vie du héros qu'elle semble transcender, parfois.
Je ne puis terminer sans rendre remercier l'amie qui m'a confié ces trois ouvrages en pensant à juste titre que je serai susceptible de les apprécier.
Marianne, merci donc, tu portes un bien joli prénom célébré par Michel Delpech, et je te dédie donc ce morceau qui est en même temps un petit clin d'oeil à Jean-Claude Izzo, journaliste un temps au quotidien la Marseillaise. de là-haut, j'espère qu'il appréciera!
Je ne puis que vous recommander la lecture de cette trilogie, chef d'oeuvre intemporel aux accents de Marseille: il ne manque plus que les cigales... Et ça ira, ça ira!
http://youtu.be/BP-pTgqOTv8
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Herve-Lionel
  24 septembre 2014

N°805 – Septembre 2014.
SOLEA - Jean Claude Izzo- Gallimard.
J'avoue à ma grande honte que jusqu'à ce que j'écoute un disque du chanteur-poète italien Gianmaria Testa qui fut son ami, je n'avais jamais entendu le nom de Jean-Claude Izzo (1945-2000). J'ai bien, comme toute le monde, vu à la TV la série policière de Fabio Montale mais en dehors des adaptations à l'écran de Simenon, d'Agatha Christie ou de Léo Malet, fait-on vraiment attention à l'auteur du roman qui en est à l'origine ? Et puis cette adaptation télévisuelle n'avait pas vraiment retenu mon attention.
C'est la troisième tome de la trilogie Fabio Montale, cet ex-flic marseillais qui a démissionné parce qu'il ne se reconnaissait plus dans ce métier[«  Être flic, qu' on le veuille ou non, c'était appartenir à une histoire. La rafle des juifs du Vel'd'hiv. le massacre des Algériens, jetés à la Seine en octobre 1961 ...Toutes ces choses-là qui avaient des effets sur la pratique quotidienne de pas mal de flics, dès lors qu'ils avaient affaire à des jeunes issus de l'immigration »]. C'est un roman-noir où la mort frappe à toutes les pages[« La mort qui a pour tous un regard »], bien qu'il se déroule à Marseille où douceur du climat méditerranéen inclinerait plutôt au farniente, au pastis,à la pétanque, à l'accent de Pagnol... Je sais cela fait un peu carte postale ; Encore que cette ville phocéenne c'est tout cela mais aussi autre chose, la Mafia, la violence, l'intolérance, le crime, le trafic de drogue, la tentation du Front National...
C'est vrai que Montale répond aussi aux critères classiques du policier de triller, alcoolique, marginal, désabusé, solitaire mais perpétuellement amoureux des femmes... Lole l'a quitté pour un autre homme mais il rencontre Sonia, une belle brune avec qui il aurait bien fait un petit bout de chemin, un amour éphémère cependant puisqu'on la retrouve la gorge tranchée... la main de la Mafia ! C'est la même organisation criminelle qui recherche Babette Bellini, la journaliste « free lance », parce qu'elle enquête sur les liens que l'organisation entretient avec la finance internationale et probablement aussi avec le pouvoir politique, comme en Italie. Elle fuit de Rome à Marseille avec à ses trousses des tueurs et, en désespoir de cause, se tourne vers Montale. Et ce n'est que le début ! Quant à Hélène Pessayre, elle a beau être commissaire de Police, il n'est pas insensible à son charme. C'est lui, Fabio qui nous raconte cette histoire, à la première personne comme s'il se confiait à son lecteur.
Je l'aime bien ce Fabio finalement. A la fois pragmatique et posant sur le monde qui l'entoure un regard de plus en plus dubitatif [il parle de « la saloperie permanente du monde »], attaché à sa ville qu'il connaît et qu'il aime, à son port, ses odeurs, ses couleurs, à la mer. Il est aussi cultivé, amoureux du jazz et de la musique [ Solea est un morceau célèbre de Miles Davis], suffisamment conscient de la réalité de la société pour n'en faire partie que de loin, suffisamment humain cependant pour défendre ceux de ses amis qui sont menacés, suffisamment philosophe pour relativiser les choses de cette vie dont on a dit tout et son contraire, mais quand même capable de se battre pour l'améliorer, faire qu'il y ait plus de justice, plus d'égalité. Il aime la bonne bouffe parce qu'elle fait partie de la vie, est amoureux des femmes parce qu'elles représentent la beauté sur terre et il n'y est pas insensible, comme il aime la poésie parce que c'est bien souvent elles qui inspirent les poètes. Cet attachement à la poésie, celle de Saint-John Perse, de Cesare Pavese mais aussi celle des chansons de Gianmaria Testa, je le retrouve aussi dans l'architecture la phrase, elle en est le témoin [« Je voyais, oui. Et je sentais. L'eau coulant sur ma peau. Sa douceur. Et le sel. le goût des corps salés. Oui, je voyais tout ça, à portée de ma main. Comme l'épaule nue de Sonia. Aussi ronde, et aussi douce à caresser, que les galets polis par la mer. Sonia »]. Il est un peu idéaliste aussi et pas mal rêveur, romantique avec sa sensibilité à fleur de peau, conscient des réalités aussi quand il comprend que son charme d'antan, même s'il a été bien réel, a maintenant disparu.
Il y a beaucoup de Jean-Claude Izzo dans le personnage de Montale et c'est en cela sans doute qu'il est passionnant. C'est plus qu'un personnage de roman, une sorte de double de l'auteur, lui-même attachant par son parcours personnel, son engagement , même si son passage sur terre fut rapide. Ce roman paraît en 1998. Il clôt sa trilogie et Montale se sent vieillir tout comme Izzo qui apprend qu'il est atteint d'un cancer. Il mourra en 2000.
« Quand on ne peut plus vivre, on a le droit de mourir et de faire de sa mort une dernière étincelle ».
©Hervé GAUTIER – Septembre 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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camati
  02 septembre 2018
Solea est le dernier opus de la trilogie marseillaise, le plus sombre, son avant-dernier livre (1998) ,juste avant "Le Soleil des Mourants" (1999) et son décès en janvier 2000 d'un cancer du poumon. Pressentiment de sa propre mort qui l'a amené à écrire des livres sombres?
Nous y retrouvons l'ex-policier Fabio Montale, amoureux de sa ville, Marseille, toujours incapable de vivre sereinement une relation avec une femme. Dès le début, il sent la mort:"La vie puait la mort", dit-il page 23. Pas de très bon augure.Et pourtant, comme dans ses précédents opus, il a une écriture poétique, malgré la noirceur du récit. Il est toujours amateur de musique, en particulier de jazz. D'ailleurs le titre du roman est celui d'un morceau de Miles Davis.
Le thème, c'est la puissance de la Mafia dans le sud de la France en particulier et - et c'est en cela que c'est sombre - sa collusion avec la sphère politique, économique et la police. Ce n'est ni rassurant ni optimiste, mais je crains bien qu'il ne s'agisse pas que de fiction.
Fabio est appelé à la rescousse par une amie journaliste qui a préparé un dossier explosif sur la Mafia; les menaces et les assassinats s'enchaînent. L'effet domino,, vous connaissez?
Malgré la noirceur du sujet, j'ai dévoré ce livre. je regrette beaucoup que Jean-Claude Izzo soit mort prématurément et n'ait pas eu le temps d'en écrire davantage.
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oblo
  06 septembre 2016
Troisième tome de la trilogie Fabio Montale, Solea est aussi le plus sombre, le plus pessimiste et, finalement, le plus difficile à lire. Non que l'écriture de Jean-Claude Izzo soit soudainement devenue pénible à parcourir, bien qu'on ait parfois l'impression que l'auteur force un peu sa prose, mais parce qu'il n'y a pas l'espoir, la légèreté et la lumière, si propre à Marseille, qui elle-même s'efface, d'ailleurs, que Total Kheops et Chourmo contenaient. Solea est une danse macabre, le requiem de Fabio Montale, à la dérive de lui-même et dont le monde s'effondre au fil des pages.
La mort plane. Babette, l'amie et amante de Fabio doit fuir l'Italie où ses amis ont été assassinés. Elle trouve refuge dans les Cévennes. La raison de sa fuite est la Mafia, sur laquelle Babette a enquêté, découvert les réseaux et mis au jour les soutiens politiques et économiques. Elle envoie ces documents à Fabio Montale, seul homme de confiance véritable et dont la capacité de révolte, lui qui a quitté la police qu'il juge historiquement trop excentrée à droite, est toujours intacte. C'est pour cela que la Mafia décide de mettre la pression à Montale, tuant ses amis et ses proches pour qu'il leur révèle la planque de Babette. C'est là le prix, ou plutôt le tribut, de la vérité.
Tandis que Marseille devient une simple toile de fond, les morts s'accumulent. Peu à peu, des morceaux de l'enquête de Babette sont révélés, dévoilant l'ampleur de l'emprise de la pieuvre sur le monde. Face à un tel monstre, l'obstination de Babette n'est-elle alors que folie ? Las, la vie n'offre aucun choix et propose heureusement, même au coeur de la "saloperie du monde", les panisses inimitables et les rasades écossaises brûlantes.
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jfponge
  06 janvier 2018
Le troisième volet de la "trilogie marseillaise" de Jean-Claude Izzo est le plus sombre, le plus pessimiste aussi sur le sort de l'humanité, au crépuscule du siècle passé. La mafia, ou faudrait-il plutôt dire aujourd'hui "les" mafias, tant l'esprit mafieux s'est emparé de la politique et de l'économie mondiale, est au coeur du récit. Babette, une amie (ou un peu plus que ça) de Fabio Montale, a mené une enquête approfondie sur les liens entre mafia et finance internationale, tissés au travers de l'évasion fiscale, du blanchiment de l'argent sale et de multiples opérations aussi juteuses qu'occultes, avec des complicités au sein même de l'appareil d'état. L'enjeu est de taille et la mafia, avec ses grandes oreilles, a vite fait d'être tenue au courant de ces investigations. Fabio va tout faire pour protéger Babette et la mettre à l'abri, mais il va accumuler les imprudences en croyant faire le bien, et va mettre en grand danger la plupart de ses amis. Un polar haletant, dont on ne parvient pas à se détacher et qui vous poursuit bien au-delà de la dernière page. Jean-Claude Izzo a lâché là ses dernières munitions, avant l'inoubliable "Soleil des mourants", ode à la misère, qui clôturera sa trop courte carrière littéraire.
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
Lorraine47Lorraine47   11 mai 2013
Comment une femme pouvait-elle s'introduire aussi simplement dans le cœur d'un homme, juste par des regards, des sourires?
Est-ce qu'il était possible de caresser le cœur sans même effleurer la peau?
C'était sans doute cela séduire. S'immiscer dans le cœur de l'autre, le faire vibrer pour se l'attacher.
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mgeffroymgeffroy   19 mars 2008
On ne comprend rien à cette ville si l’on est indifférent à sa lumière. Elle est palpable, même aux heures les plus brûlantes. Quand elle oblige à baisser les yeux. Marseille est ville de lumière. Et de vent. Ce fameux mistral qui s’engouffre dans le haut de ses ruelles et balaie tout jusqu’à la mer. Jusqu’au large de Pomègues et Ratonneau, les îles du Frioul. Jusqu’après Planier, le phare, aujourd’hui éteint, reconverti en école de plongée, qui indiquait à tous les marins du monde que Marseille était à portée de main, et que ses femmes, pute ou pas, leur feraient oublier la passion des mers et des îles lointaines.
Marseille, à vrai dire, on ne peut l’aimer qu’ainsi, en arrivant par la mer. Au petit matin. A cette heure où le soleil, surgissant derrière le massif de Marseilleveyre, embrase ses collines et redonne du rose à ses vieilles pierres.

Extrait du texte
"marseille"




Après une courte sieste, j’étais parti marcher vers les calanques. J’avais senti le besoin de laver ma tête à la beauté de ce pays. De la vider de ses sales pensées, et de la remplir d’images sublimes. Besoin aussi de donner un peu d’ai pur à mes pauvres poumons.
J’étais parti du port de calelongue, à deux pas des Goudes. Une balade facile, de deux heures à peine, par le sentier des douanes. Et qui offrait de magnifiques points de vue sur l’archipel de Riou et le versant sud des calanques. Arrivé au Plan des Cailles, j’avais tiré à flanc, non loin de la mer, dans les bois au-dessus de la calanque des Queyrons. Suant et soufflant comme un pauvre diable. J’avais fait une halte au bout du sentier en corniche qui surplombe la calanque de Podestat.
J’étais bien, là, face à la mer. Dans le silence. Ici, il n’y avait rien à comprendre, rien à savoir. Tout se donnait aux yeux dans l’instant où l’on en jouissait.
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Lorraine47Lorraine47   13 mai 2013
Je savais trop qu'on pouvait dire des choses, les croire vraies au moment où on les affirmait, et faire, dans les heures ou les jours qui suivaient, des actes qui les démentaient.
Dans l'amour en particulier. Parce que l'amour est le sentiment le plus irrationnel, et que sa source - quoi qu'on dise - est dans la rencontre de deux sexes, le plaisir qu'ils se donnent.
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Lorraine47Lorraine47   25 mai 2013
Je ne savais pas montrer, même dans les pires moments, combien, en réalité, j'étais attaché à eux. Je ne savais pas le dire non plus. Je croyais que tout allait de soi. L'amitié. L'amour.
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Lorraine47Lorraine47   30 mai 2013
Les histoires d'amour. On voudrait que ça arrive à un autre moment, quand on est au mieux de sa forme, quand on se sent prêt pour l'autre.
Une autre. Un autre.
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Videos de Jean-Claude Izzo (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Claude Izzo
"Total Khéops" de Jean-Claude IZZO a été adapté au cinéma en 2002 par Alain Bévérini, avec Richard Bohringer et Marie Trintignant : extrait du film.
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