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EAN : 9782290310007
251 pages
J'ai Lu (01/03/2001)
4.1/5   267 notes
Résumé :
Ce qui intéresse Jean-Claude Izzo, ce n'est pas tant de décrire que de comprendre la misère. Alors, quand il décide d'écrire la déroute de Rico, un SDF, il remonte aux sources, aux causes quasi imperceptibles bien qu'enracinées dans le quotidien. Ainsi, pour Rico, tout commence lorsque Sophie le quitte et qu'il finit par se quitter lui-même, se retrouvant très vite à la rue. C'est alors la débrouille pour se chauffer le coeur et les os. C'est son ami Titi, qui meurt... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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sur 267 notes
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Lorraine47
  26 avril 2014
Mes amis, mes amours mes emmerdes...
Rico, il en a plein son collector Pannini, surtout dans la catégorie "galères".
Une rupture familiale, une fuite en avant dans l'alcool et tout son cortège:perte d'emploi, de repères... et on finit à la rue: sdf, encore un sigle pour nous voiler la face et mettre un écran protecteur entre eux et nous.
Eux: les laissés pour compte, les oubliés de nos sociétés capitalistes et évoluées.
Ce roman écrit à la fin des années 90 n'a pas pris une ride, Jean-Claude Izzo a mis tout son talent de journaliste pour décrire de façon réaliste et sans sensiblerie la vie d'un homme comme vous et moi dont la vie a basculé un jour du mauvais côté.
Nous cheminons au rythme des rencontres de Rico, du vulgaire au sublime car le long du chemin nous croisons quelques belles personnes ayant appartenu au présent et au passé de notre héros.
La plume se veut poétique parfois, avec un brin de cruauté mais jamais cynique.
Laissez-vous réchauffer au "Soleil des mourants", la misère est certes moins dure au soleil mais elle vous glace comme le mistral!
Du grand Izzo! Pour un peu j'irai faire un tour au Panier!
.
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Lucilou
  24 décembre 2020
Des fois, je me mettrais bien volontiers des claques.
Qu'est ce qui a bien pu me passer par la tête le jour où j'ai acheté "Le Soleil des Mourants" franchement? Et quelle idée de le lire?
Certes, j'ai adoré la trilogie des (mes)aventures de Fabio Montale et la plume si particulière de Jean-Claude Izzo, son mélange de noirceur et de lumière, de romantisme et du réalisme le plus désespéré… Sa poésie et son amertume.
M'enfin… J'aurais aussi pu m'abstenir.
Mais non. C'est à croire que j'aime souffrir; que j'aime avoir mal. Que 2020 ne me suffit pas avec son ciel noir, lourd et en forme de chape de plombe.
Quelle crétine. Des gifles, je vous dis!
C'est ce titre aussi, que je trouve tellement beau: "Le Soleil des Mourants" et les avis enthousiastes suscités par le roman qui m'ont eue. Ce n'est pas de ma faute… Ou si peu.
Voilà qui m'apprendra, tiens. Plus jamais. Izzo et moi, c'est fini. Pour toujours.
"Le Soleil des Mourants" est l'un des livres les plus noirs, les plus tristes qu'il m'ait été donné de lire.
C'est aussi un roman d'une beauté à couper le souffle et d'une humanité profonde, poignante.
Un roman bouleversant qui m'a fait passer de la compassion à la colère et de la tristesse à l'envie de tout casser. Certes, le fait est que je suis une madeleine ascendant cascade, mais là… C'est au-delà du chagrin de roman et des larmes romanesques et cinématographiques. Ce sont des larmes à verser sur le monde et la société, et sur notre petit confort qui nous fait fermer les yeux parce que c'est moins douloureux comme ça.
Rico a tout perdu: sa femme, son fils, son travail, sa maison et s'est réfugié dans l'alcool. L'engrenage, l'effet domino qui l'a jeté à la rue. Dans cet enfer, il n'est pas seul, pas vraiment: il a rencontré Titi.
Titi, c'est le frère de galère, celui qui ne le lâche pas -quand tous ses amis d'avant, eux, lui ont tourné le dos quand sa vie a pris l'eau-, celui qui lui raconte les romans qu'il a lu autrefois, celui qui lui permet de tenir, même quand il fait froid et qu'il faut faire la manche sous le regard arrogant et dégouté des passants. Sauf que la mort, cette garce, elle a fini par prendre Titi aussi, sous un banc de la station de Ménilmontant. C'en est trop pour Rico: il n'en peut plus de Paris et de sa vie alors il décide de prendre le large. Avant de crever, il voudrait revoir Marseille, le soleil et la mer et Léa, son premier amour. Son grand amour, celui de ses vingt ans et des verbes qu'on conjugue au futur et à la première personne du pluriel. Celui qui devait durer toujours.
Il en croisera sur son chemin des compagnons de galère. Des paumés, des oubliés, presque des indésirables: Félix qui parle à peine et surtout pas de ce qui compte; Mirjana jeune bosniaque qui se prostitue en attendant un mieux qui ne viendra jamais et qui ne dort pas la nuit parce qu'elle revoit sans cesse le visage de ceux qui ont tué ses parents; Abdou qui voudrait oublier Alger mais pas Zineb et qui ne rêve que de serrer un ours en peluche dans ses bras d'enfant trop vite grandi.
"Le Soleil des Mourants" est un roman court mais intense, percutant et nécessaire. Un uppercut dans la tête et le ventre qui fait mal à en crever.
Jean-Claude Izzo raconte avec beaucoup de tendresse, de sensibilité et d'émotion ces hommes et ces femmes, sans aucun jugement. Leur descente aux enfers nous est dépeinte sans concession, comme si Izzo voulait -à raison- nous bousculer, nous ouvrir les yeux en même temps qu'il fustige notre société qui laisse les faibles et les paumés au bord de la route.
J'ai eu tellement mal en lisant! Tellement de colère aussi, parce que je ne vaux pas mieux que beaucoup de bien-pensants. Combien de fois ai-je feint de ne pas voir un homme ou une femme faisant la manche dans le métro parce que c'est plus simple, moins douloureux? Est-ce qu'il ne m'est jamais arrivé de changer de banc dans un parc parce que je n'étais pas sereine à cause de cet homme à côté de moi avec son pack de six? J'ai eu honte parfois en lisant.
Mais les livres servent aussi à ça, non? A nous émouvoir, nous tordre le ventre et à nous réveiller: Izzo l'avait bien compris et son soleil des mourants remplit sa mission. On ne changera pas le monde, mais grâce à lui on n'oubliera pas, on n'oubliera plus les blessures au coeur et l'histoire cachées derrière ceux qu'on préférait ignorer et abandonner derrière un sigle bien politiquement correct.
On ne fermera pas les yeux, on les ouvrira plutôt et on sourira. L'humanité tient parfois dans un sourire, comme elle tient dans ce roman magnifique et dans la lumière des dernières pages, dans la tendresse qui unit Rico et Abdou, dans cet amour filial qui panse un peu leurs plaies.
Mais quand même, Jean-Claude Izzo et moi, c'est fini. Pour toujours.
Ou ça le sera quand j'aurai lu "Les Marins Perdus"...
Je n'ai pas fini de souffrir moi...
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saphoo
  05 mai 2018
Très belle surprise pour ce roman, il était dans mon pense-bête je ne sais plus d'ailleurs ni pourquoi ni quand ni comment il s'y trouvait. Toujours est il, que je le retrouve sur les rayons de la biblio, et voilà le livre lu.
L'histoire d'un homme dont le bonheur un jour s'en est allé, il finit par se retrouver à la rue. de rencontre en rencontre, il se fait son petit quotidien et un copain Titi. C'est à la disparition de ce dernier que Rico, décide de repartir au point de départ, à Marseille où il a connu Léa.
C'est un très beau roman dans un style simple mais émouvant. L'auteur a su peindre la décadence d'un homme, la vie des SDF et des laisser pour contre.
Court, simple mais efficace.
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fleurdusoleil
  01 septembre 2011
Pourquoi ce livre ? Un challenge organisé par Calypso. Un mot est choisi et les participants sélectionnent et lisent un roman ou autre avec ce mot dans le titre. Pour cette session, le Soleil était à l'honneur. Après une petite recherche à la médiathèque, ce livre m'interpelle : le soleil des mourants. Je ne connais pas son auteur mais qu'à cela ne tienne, je pars à la découverte...
Petit roman de 250 pages, il se lit très rapidement. On s'imprègne des premiers mots et nous voilà embarqués dans la vie ratée, gâchée de Rico. Cet homme avait tout pour être heureux mais un jour sa vie bascule. Sa femme le quitte et lui commence à boire. C'est l'inévitable descente aux enfers. Il perd son travail, ses amis et se retrouve vite à la rue. Il rejoint les nombreuses âmes errantes des rues de Paris.
La galère et la misère sont son lot quotidien. Les pauvres hères qu'il côtoie sont aujourd'hui tout ce qui lui reste. Jusqu'au jour où Titi, son meilleur pote de galère meurt dans le métro dans l'indifférence la plus totale.
Rico se raccroche donc au souvenir le plus heureux qu'il ait, son amour de jeunesse. Marseille et la belle Léa qui a fait battre son coeur. Il se dit, comme dans la chanson d'Aznavour, que la misère serait moins pénible au soleil. Il se trompe, la misère est la même où que l'on aille.
L'histoire de Rico nous est raconté par un jeune galérien rencontré à Marseille qui se prend d'affection pour cet homme qui n'est plus que l'ombre de lui-même.
Jean-Claude Izzo parle dans ce roman de la vie difficile et cruelle des SDF qui vivent dans la rue. Il explique par le biais des différents personnages, comment l'indifférence et le mépris des gens dits "normaux" sont pesants. Cette misère leur fait peur car personne n'est à l'abri. On peut tout perdre du jour au lendemain. Il est difficile, voir impossible, de remonter à la surface. Personne ne va venir à votre secours. de plus, la vie dans la rue est une roulette russe. C'est chacun pour soi. La misère ne se partage pas. Les dangers sont nombreux et la lutte est violente. La dignité est le dernier crampon qui les retient. Une fois perdue, la fin est inévitable.
Ces hommes et ces femmes, vous les croisez tous les jours dans les rues. Votre regard, votre main tendue sont le seul espoir qu'ils leur restent. Ne les jugez pas trop facilement, vous pourriez être à leur place un jour.
Le texte est écrit dans un style très simple, beaucoup de dialogues, et une écriture très parlée. Pas de grands discours sur la misère du monde, ni coup de gueule, et encore moins d'appel à l'injustice mais juste l'histoire d'un homme qui glisse, glisse, glisse pour un jour se noyer. Et le soleil ne sera pas la bouée de sauvetage qu'il espérait...
J'ai donc fait une très belle découverte avec ce roman. L'écriture est très agréable, le sujet est traité avec beaucoup d'intelligence et les personnages sont tous très attachants.

Lien : http://lacaveauxlivres.blogs..
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Malaura
  21 mai 2011
Un divorce, un fils qui ne veut plus le voir et Rico a sombré. Alcoolisme, perte du travail,perte du logement...Rico s'est retrouvé SDF. Chaque jour qui passe le laisse un peu plus au bord du désespoir.Après que son meilleur ami Titi,SDF comme lui, ait succombé au froid sur le quai du métro,Rico part pour Marseille à la recherche de Léa,heureux souvenir de jeunesse.Sur la route il croise d'autres écorchés de la vie -Mirjana, Abdoul -accablés eux-aussi par le poids des chagrins et des souffrances.
J.C. Izzo colle au plus près du réel dans ce roman-reportage émouvant, inspiré en grande partie d'articles de journaux et d'ouvrages sur les sans-abri. A travers l'histoire de Rico, Félix, Mirjana ou Abdoul, l'auteur tente de faire entendre les voix de tous ceux - clochards, prostitués ou clandestins - pour qui la vie est devenue un long chemin de croix et montre combien il est facile de sombrer dans la misère sociale et morale.Un sujet qui reste hélas ! encore bien trop d'actualité.
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Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
SeïlaSeïla   16 décembre 2011
Chacun sa vie, marmonna Rico en allumant une clope. Et tout en fumant, il se demanda si, dans le fond, justement, la vie ce n'était pas ça : cette capacité de chacun à défendre son bout de gras, pour survivre au milieu de toute cette connerie humaine... Peut-être bien que son frère avait eu raison. Peut-être bien que Sophie avait eu raison. Il en était la preuve, non ? Il avait plongé, et, pour eux, tout continuait. La vie. L'amour. Le bonheur.
Non, il se dit en repoussant la couverture, ça ne pouvait pas être ça. Mais quoi alors ? Où est-ce qu'il s'était planté dans la vie ? Lui, mais aussi Dédé, Monique, Jo. Et Félix. Et des types comme Titi, intelligent et tout, et qui avait lu des tas de livres. Si des types comme Titi plongeaient, c'est que, quelque part, quelque chose ne tournait pas rond. Mais quoi, bordel ?
L'amour qui fout le camp. Partout. De partout. C'était ça. Entre un mari et une femme. Un père et son fils. Un frère et une soeur. Entre deux amis... Et des portes qui se ferment. Jusqu'à la dernière, un jour. La dernière porte avant l'enfer.
L'enfer, la rue. La misère.
Combien ils étaient, comme lui, à errer dans les rues ? Sur les routes, en France ? Plus personne ne comptait. On disait des centaines. On disait des milliers. On ne comptait que les morts, et uniquement en hiver.
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YdamelcYdamelc   21 décembre 2019
C'est quand le ciel te tombe sur la tête, que tu découvres l'horreur. Que l'horreur existe dans le monde. Parce que tu bascules dans une autre vie, et que tu rencontres des gens dont t'imaginais même pas l'existence, ni la douleur...
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JerenightJerenight   24 janvier 2019
A Marseille, tu verras, lui avait-elle écrit, il est des heures du jour où l'on aime se sentir ainsi : debout, à mi-distance entre la lumière et la mer. Une manière de savoir pourquoi l'on est d'ici et pas d'ailleurs, pourquoi l'on vit ici et pas ailleurs.
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Lorraine47Lorraine47   22 avril 2014
Il faut garder en mémoire la couleur de sa blessure pour l'irradier au soleil.
Juliet Berto
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Lorraine47Lorraine47   26 avril 2014
Pour moi, c'est moins douloureux de me sentir étrangère ici que dans mon propre pays.
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Videos de Jean-Claude Izzo (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Claude Izzo
"Total Khéops" de Jean-Claude IZZO a été adapté au cinéma en 2002 par Alain Bévérini, avec Richard Bohringer et Marie Trintignant : extrait du film.
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