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EAN : 9782253029212
218 pages
Le Livre de Poche (30/11/-1)
3.89/5   118 notes
Résumé :
C'est dans une forêt au bord du Danube que l'armistice de 1918 trouve le prestigieux corps franc commandé par le lieutenant, puis capitaine Conan. Envoyés en Roumanie, toujours mobilisés mais plongés dans l'inaction, les hommes de Conan ont du mal à se plier aux lois de la vie civile. Nombre d'entre eux sont arrêtés, traduits devant le conseil de guerre. Conan est prêt à faire l'impossible pour les sauver. Mais quel destin peuvent espérer ces soldats familiers du da... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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gill
  26 octobre 2012
Délaissant, pour un temps, la littérature maritime, Roger Vercel nous conte dans ce livre, par l'intermédiaire de la plume de Norbert un jeune officier lettré, l'histoire tragique d'un homme, guerrier dans l'âme, qui ne vécut que par son aventure dans les tranchées des Balkans durant la première guerre mondiale.
Le récit débute à la déclaration de l'armistice.
Le lieutenant Conan se désintéresse de cette annonce.
C'est un breton costaud, râblé, rougeaud, spécialiste des coups de main et de la guérilla. Il n'a que mépris pour les fantassins et ne considère que la cinquantaine d'hommes qui composent son groupe franc. Il n'a pourtant que deux amis, Norbert - un jeune officier lettré et de Scève, un noble officier d'active.
Mais la paix revenue, son groupe est dissous, devenant la première compagnie de mitrailleuse du 50°.
Un soir "le palais de glace", une boîte à soldats est violemment attaquée par six individus masqués qui fuient en voiture. Rapidement deux hommes sont arrêtés, qui semblent "être de chez Conan"....
Roger Vercel nous livre, avec ce livre, un roman de guerre efficace, un véritable roman d'action mais qui est aussi une histoire tragiquement humaine, un réquisitoire violent contre la guerre.
Ce roman est une plongée dans un monde étouffant, sombre et finalement montré dans la dernière scène comme dérisoire.
Roger Vercel signe, là, un chef d'oeuvre de la littérature française.
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Wendat69
  09 août 2019
La littérature sur le conflit de la première guerre mondiale est riche de grands livres, nombre d'ouvrages sur cette sombre période s'illustrent par leur profondeur, leur authenticité, indéniablement due au fait que les écrivains de talent qui ont porté l'uniforme et connu les affres de cette guerre sont légion.
Capitaine Conan figure dans cette littérature d'exception, et sans doute à une place particulière. Il n'est pas ici question de la Somme ou de Verdun, car l'histoire se déroule en un lieu et un temps particulier, au moment des derniers combats et juste après l'armistice, après que le sort des armes ait désigné vainqueurs et vaincus. Les faits se placent sur un front que nous avons tendance à méconnaître, celui de l'armée d'Orient, le front des Balkans, où tant d'hommes combattirent et disparurent, souvent dans l'ignorance de leurs contemporains.
En nous présentant le devenir impossible de ce capitaine de tranchée, ce chef de « corps franc », Roger Vercel fait, au fil des pages, éclater les certitudes morales d'une société qui s'est plongée dans l'horreur totale et qui tient à en effacer les traces les plus infamantes, fut-ce en supprimant ou rejetant ses propres héros, ceux qui l'ont sauvé de l'abîme.
Ces mêmes hommes un temps sublimés inspirent, à l'heure de la paix, la peur ou un certain mépris, car ils s'avèrent incapable de ressortir de ces tranchées, où ils tranchèrent des vies avec méthode et archaïsme, il leur est désormais impossible de déposer l'esprit guerrier qui leur fut imposé.
Le capitaine Conan sait que lui et sa troupe, composée de vulgus pecum ayant appris à tuer sans état d'âme, unis par les mêmes horreurs quotidiennes, par le partage de l'expérience du risque perpétuel, sont et resteront désormais des « inadaptés ».
Le temps de la paix n'est pas le leur, lui et sa troupe de « routiers », de « coupe-jarrets », ont trop longtemps versé dans la folie guerrière pour revenir un jour à la vie civile. Cette fraternité de tranchée, que les embuscades, les coups de main nocturne, à l'arme blanche, ont rendu indissoluble, condamne ces hommes à rester ce qu'ils sont : -des guerriers, à qui on ne peut dire que désormais l'arme est à la bretelle, et qu'ils doivent désormais reprendre la faux et semer la vie.
Non, les corps et les âmes ont trop longtemps été plongés en enfer pour qu'ils espèrent entrevoir le salut.
C'est ce drame que dépeint Roger Vercel dans ce livre, d'une grandeur indéniable, et qui fut adaptée avec justesse au cinéma.
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majero
  30 janvier 2022
Bucarest 1918. Un armistice qui sonne mal pour le narrateur, l'officier de réserve Norbert qui, à l'instar de l'auteur Roger Vercel, devra attendre un an avant la démob, un an où, nommé malgré lui procureur de délits militaires, il devra instruire aussi bien la désertion d'un gamin mort de peur que les exactions de son ami, l'héroïque lieutenant Conan et de ses hommes, devenus des 'machines de guerre' impossibles à réintégrer une vie normale.
Je retrouve une puissance dingue dans l'écriture de Vercel, un mélange d'argot et de tournures de phrases incroyables qui paraissaient belles (un Goncourt, quand même!) mais parfois incompréhensibles.
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Kickou
  30 novembre 2018
Peut-on dire son antimilitarisme en racontant l'histoire d'un fou de guerre ? Peut-on montrer l'horreur de la guerre en faisant le portrait amical du Capitaine Conan ? Norbert le narrateur de ce roman (Goncourt 1934) est un lieutenant appelé, qui dans le civil était étudiant en lettre, il se retrouve après l'armistice du 11 novembre 1918, et malgré lui, dans les Balkans sur le front oriental où la guerre continue contre les bulgares, puis les « rouges ». Il nous raconte l'histoire de deux de ses amis. le principal étant le Capitaine Conan, appelé comme lui, mais devenu avec le temps un guerrier brutal, zélé et sans scrupule, chef d'un corps franc à son image. Sympathique hors du combat, mais s'ennuyant dès la paix revenue. le second, de Scève, est un officier engagé, aristocrate spirituel mais académique. Les deux s'opposeront dans la défense d'un gamin apeuré et déserteur que Norbert, nommé commissaire-rapporteur, ne pourra défendre contre l'administration et la justice (ou plutôt l'injustice) militaire. La psychologie des personnages est parfaitement rendue dans un style direct et efficace, tantôt élégant lorsque le narrateur s'exprime en son nom, tantôt gouailleur et argotique quand Conan dialogue. La guerre détruit et broie tous les hommes, même les mieux préparés, à la fin, seul Norbert s'en sortira. Verdict : un grand roman qui vaut pour moi 5*****. Allez, salut.
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Nadouch
  11 août 2018
Ne connaissant ce livre que de nom, à cause du film qui en a été tiré, je ne m'attendais pas du tout à ce type de récit. Norbert, le narrateur, est stationné en Bulgarie, à la fin de la guerre, avec notamment Conan. Devenu une sorte de "procureur" militaire, Norbert doit traiter les cas d'insubordination, d'exactions, de désertions, commises par ses pairs. Il se heurte rapidement à des problèmes déontologiques, des cas de conscience et des conflits d'intérêt…
Ce livre s'appelle Capitaine Conan, non pas parce qu'il est le héros (le narrateur remplit cette fonction), mais plutôt parce que c'est sur lui que se cristallisent tous les questionnements : héros de guerre mais hyper violent, que va-t-il advenir de lui une fois la paix revenue ? Ses actions militaires lui donnent-elles tous les droits ? Est-il apte à la vie civile ?
Ce roman est vraiment puissant au niveau des interrogations sur le bien et le mal j'ai aimé cette écriture âpre, ce récit un peu haché mais hyper bien construit, en bon classique.
Enfin, je sais qui est ce capitaine Conan !
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
gillgill   10 octobre 2012
En somme, on n'est bien que couché !...
A condition de ne jamais remuer, de s'être empaqueté dans les deux couvertures, d'avoir enfilé, l'une sur l'autre, cinq paires de chaussettes, de s'être calé les reins avec ses souliers, afin de pouvoir les remettre, le moment venu, on est bien !...
Je lis un livre. Toutes les dix pages, j'arrête ma lecture, j'arrache ces dix feuillets, je les tords et j'allume. Cela fait, pendant quelques secondes, une chaleur de four qui tombe tout de suite, mais permet quand même d'arriver au bout des dix pages suivantes.
(extrait du premier chapitre de l'édition de poche parue en 1956)
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oranoran   24 janvier 2017
(...) je parierai mille francs contre un sou, que ceux qui crient le plus haut, se sont mis, pas une fois, vous entendez bien, ais dix, et tous, mis dans un cas de conseil de guerre!... Sur le front français vous alliez en permission ? Vous rabotiez, deux jours, trois jours : désertion... Et au dépôt, personne n'a usé de permission maquillée, avec le cachet décalqué au papier carbone ? Contrefaçon de sceaux : réclusion de cinq à dix ans !... Aucun de ces messieurs n'a fait retailler des capotes ? ... Personne n'a emporté d'O.F. pour pêcher à la mélinite dans les étangs ou les rivières ?... Montrez vos briquets... Tous fabriqués avec des cartouches !... Ça s'appelle, si je ne m'abuse, vol de munitions et d'effets appartenant à l'Etat, et ça vaut cinq à vingt ans de travaux forcés !
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KickouKickou   29 novembre 2018
Il se passe en effet, quelque chose d’extraordinaire que je commence à entrevoir : des grenadiers, des mitrailleurs, des guetteurs et des canonniers qui redeviennent des hommes, pour la première fois depuis quatre ans ! Hier, on ne leur concédait qu’une âme uniforme, simplifiée, où l’on ne surveillait que l’obéissance et le courage. Aujourd’hui, brusquement, il faut compter avec leurs désirs, leurs instincts, leur passé inconnu auquel ils renouent le présent. Les voilà sortis de la tranchée qui les canalisait (...) Hier, une unité, c’était un régiment ; aujourd’hui, un matricule, c’est quelqu’un qui peut librement, jusqu’à minuit, penser, parler, vouloir, agir. (...) Si j’étais militaire et intelligent, j’en serais épouvanté !...
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HORUSFONCKHORUSFONCK   25 septembre 2016
Avec ça, les bleus, les Cyrards de profession qui ne se consolaient pas d'être en troufions, d'avoir perdu le casoar, et surtout d'être mélangés avec nous autres! Ils sont allés, un fois, demander au colonel commandant l' école un insigne pour se distinguer. Ils ont été reçus! le colon était un type épatant..."Un insigne, qu'il a dit aux gosses, pourquoi faire? Ceux du front ont tous la croix de guerre ou des brisques de blessures. Vous, vous aurez la peau! Ca vous fera reconnaître!"
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VilloteauVilloteau   02 septembre 2012
"Armée de Salonique" ! C’était une injure sur le front français... Pourtant, on a pris le 15 septembre le Sokol, avec des échelles d’assaut, le Sokol, 1.383 mètres à pic... Seulement, allez donc vous en vanter ! Il a un nom de produit
pharmaceutique !
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