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ISBN : 2330075723
Éditeur : Actes Sud (05/04/2017)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 23 notes)
Résumé :
C’est la guerre. L’ensemble de la population de Tel-Aviv est évacué. Sauf qu’à la dernière minute, Saba, le grand-père de Naor, descend du bus, entraînant le jeune homme et sa petite amie Yaël dans une dérive clandestine au coeur de la cité désertée désormais toute à eux.
Une expérience à hauts risques, à l’intensité démultipliée par trois – trois âmes dont la fraternité efface les générations, trois grands enfants éperdus : Saba, le rescapé beckettien aux ve... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  17 mai 2017
Tel-Aviv, évacué,sous menace de guerre,
Saba, un grand-père qui lit Beckett et Joyce,
"Molloy" sous son bras il refuse de partir et résiste à Naor son petit fils et Yael la petite amie de ce dernier qui viennent le chercher,
Les voici coincés, tous les trois, dans une ville désertée où l'attaque a débuté.
"Nous évoluions comme dans un rêve.
Des panneaux publicitaires étaient restés allumés. Celui de la dernière Mazda fonçant à travers l'Arizona. Une promotion d'El al pour un vol direct Tel-Aviv-Colombo. Valable jusqu'à la fin du mois. Une pub de la Phénix, “la meilleure assurance vie”."
Un récit en deux temps,
L'épisode des trois, coincés dans un appart squatté de la ville évacuée est
racontée par Naor à sa mère durant un road movie à deux, à travers le pays, du Kibboutz Ein Harod à Tel-Aviv, un voyage symbolique dont l'issu ne sera connu qu'à la fin.....
Récit aéré de panneaux routiers , symbols d'un pays pas comme les autres....
Vous pensez sûrement à un récit apocalyptique, qui donne mal au coeur, mais
c'est sans compter sur l'humour caustique de Jerusalmy, qui nous déroule les quatre cent coups que font les trois compères afin de survivre, self service à volonté,dans un Tel-Aviv hors des circuits touristiques.....Naor, étudiant en cinéma les filme avec les moyens de bord, son smartphone. Au bout d'un moment tout les repères changent puis disparaissent, ne compte plus que l'instant que l'on vit, et le récit devient de plus en plus loufoque, jusqu'à.......
Une métaphore générale de la vie en Israel,-"Tel-Aviv est faite pour le présent. Exclusivement. le lendemain y a toujours été incertain......N'était-ce pas pour cela que nous avions refusé d'évacuer ? Ne pas nous laisser catapulter vers l'avenir."-,
Agrémentée,de réflexions politiques,-"Il a dit que ça ne faisait de mal à personne de se prendre un coup de pied aux fesses de temps à autre. Et que nous, les Israéliens, en avions fort besoin. Parce que nous nous étions enlisés dans un statu quo. Non pas seulement avec les Palestiniens. Ce qui était certes regrettable. Mais aussi et surtout avec nous-mêmes. Ce qui était bien pire."-
Un court récit intéressant qui porte le lourd héritage d'Israel dans une prose légère, avec un zeste d'humour qui relève le tragique.
Merci Mollymoon.

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mollymon
  11 mai 2017
Sur la route qui les mène à Tel-Aviv, un jeune homme raconte à sa mère comment avec son grand-père et son amoureuse, ils ont (sur)vécu pendant plusieurs semaines dans la ville vidée de tous ses habitants par un ordre d'évacuation générale.
Alors qu'ils s'apprêtaient à partir se réfugier dans le kibboutz où vit sa fille, le vieil homme a décidé de désobéir aux autorités en refusant de quitter la ville menacée par les tirs de missiles palestiniens. S'il s'agit de faire acte de résistance, pour lui c'est aussi une façon de lâcher prise en acceptant de se préparer à mourir. Très prudent au début, le trio s'enhardit et décide peu à peu de faire abstraction de ce qui se passe, comme si la guerre n'existait pas, comme pour faire la nique à la mort. Ils se grisent de cette nouvelle liberté jusqu'à ce que la réalité les rattrape...
Avec beaucoup de simplicité et sans pathos superflu, Noaour relate les faits. C'est la voix de sa mère avec ses rares et très brèves interventions qui apporte discrètement la note sensible pour nous faire comprendre en douceur comment les choses ont tournées.
Le récit est ponctué par les dessins des panneaux routiers que le fils et sa mère rencontrent sur leur trajet (on peut suivre l'itinéraire sur une carte ajoutée en index). Le procédé est intéressant à plusieurs titres. Dans un premier temps ces panneaux apportent un côté original et très ludique qui donne du dynamisme au récit. Mais après avoir refermé le livre on peut les envisager de façon plus sombre, un peu comme représentant les stations d'une via dolorosa menant à un sépulcre.
L'auteur manifestement sous le charme de la "ville blanche " , précise en fin d'ouvrage qu'il a écrit son roman à la terrasse d'un café situé près d'une des avenues les plus bruyantes de Tel-Aviv. Pour avoir imaginé sa ville déserte et silencieuse, en aurait-il parfois marre de l'agitation, de la musique tonitruante qui y résonne sans cesse et que certains considèrent comme une véritable pollution ?
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jfponge
  14 juillet 2018
Une ville entière, Tel-Aviv, est évacuée à l'occasion d'une guerre, imaginaire, mais dont le risque est toujours présent dans l'esprit des israéliens. Ici, aux missiles et roquettes s'ajoute la peur d'une guerre bactériologique. On pense bien sûr à la fameuse "arme secrète" de Saddam Hussein, jamais trouvée mais qui a servi de prétexte à l'intervention conjointe (et lourde de conséquences pour l'équilibre du Moyen-Orient) de la coalition américano-britannique en 2003. Dans ce décor réaliste, l'auteur place l'histoire d'un petit groupe qui a décidé de rester, contre vents et marées, dans cette ville presque totalement vidée de ses habitants. Le grand-père, Saba, dont les jours sont comptés, la faculté ne lui donnant plus que quelques semaines à vivre, est accompagné de Naor, son petit-fils, un étudiant en cinéma et de l'amie de celui-ci, Yaël, une artiste plasticienne. Cette expérience de survie citadine va rapprocher deux générations que trop de choses éloignent. Elle va être également pour Naor l'occasion de réaliser un premier film, à l'aide de son smartphone. Le propos est émaillé de nombreuses références littéraires et cinématographiques qui peuvent intéresser les lecteurs connaissant leurs "classiques", mais on ne ressent jamais aucune empathie avec ces trois personnages qui semblent perdus dans les limbes de l'imagination de l'auteur. Beaucoup trop d'artifices de style émaillent par ailleurs le récit, entrecoupé de panneaux de signalisation routière dont on peine à saisir la relation avec celui-ci. Heureusement, le livre est très court, on n'a pas vraiment le temps de se lasser…
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julienleclerc45
  20 mars 2017
Naor vient chercher sa mère en voiture pour l'accompagner à un rendez-vous important. Tout au long du trajet, il lui raconte son périple vécu avec son « amoureuse » Yaël et son grand-père Saba. Alors qu'une guerre débute, le jeune homme entouré de la femme qu'il aime et de l'homme qu'il admire tente de vivre et survivre au milieu des bombardements. Perdus et seuls au milieu de Tel-Aviv, les trois êtres vivent des semaines loin de la guerre et de la société.
Ce roman commence par un dialogue, direct et rythmé, épuré, dépouillé de toute indication. On comprend vite les enjeux entre Naor et sa mère et surtout la tension du récit raconté par le jeune homme. Il est question de guerre, de fuite, d'amour pour Yaël et de la figure tutélaire du grand-père Saba. de tout cet ensemble, ressort l'idée d'un monde qui disparaît, d'une culture qui s'évanouit à cause des bombes et des invasions. Après avoir installé une véritable intimité par le dialogue, l'auteur décrit la ville, les lieux, les refuges des trois personnages. Naor, étudiant en cinéma, décide de capter les moments de cette vie à trois. Ainsi au dialogue succèdent les bribes de scénario conçu par les trois réfugiés. Cette relation est aussi touchante que désarmante. Celui qui nous la raconte semble être perdu, ne sachant pas saisir la portée de ces moments vécus. Il est étudiant jusqu'au bout, à la fois dans la vie et dans le cinéma. Au milieu de cette histoire, l'auteur utilise avec un malin plaisir tous les outils numériques, le téléphone portable pour filmer, les réseaux sociaux pour témoigner de la guerre… Ce roman montre des personnages dansants sous les bombes, protégés par leur idéal, pensant s'être mis hors de portée de toute attaque. C'est un texte beau porte par une construction précise et une question claire: à qui Naor emmène-t-il sa mère ? Cet objectif simple et disséminé au fur et à mesure du récit installe un suspens total. On se demande comment finira le récit de cette aventure à trois et dans quel état d'esprit le personnage de Naor clôt cet épisode. Pourra-t-il à la fin reprendre les mots de Zazie : « j'ai grandi »?
Lien : https://tourneurdepages.word..
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profdoc_hashtag
  09 juillet 2017
Roman court où le narrateur est en voiture avec sa mère et lui raconte sa non-évacuation de Tel-Aviv avec son grand-père qui ne voulait pas quitter la ville lors de l'évacuation, et sa petite-amie qui elle aussi désirait rester.
Ils se sont retrouvés à se cacher, à piller un peu, à réaliser un film sur un smartphone parmi les bombardements. Mais la ville n'était pas sûre...
Roman court, poétique, où le narrateur monopolise la parole car il a tant à dire. le récit est ponctué des panneaux de direction entre l'endroit où était sa mère et l'endroit où ils se rendent pour un enterrement.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   17 mai 2017
Il m’a dit que ce n’était pas si important que ça, d’être compris. Ce qui comptait dans la vie, c’était d’être accepté tel que l’on était. Et d’en faire de même pour les autres. Même si on ne les comprenait pas toujours. Sauf s’ils étaient méchants, a-t-il précisé. Ou vraiment trop cons. Auquel cas, on était exempt.
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BookycookyBookycooky   16 mai 2017
Ça ne t’est jamais arrivé, à toi, de faire abstraction de ce qu’il se passe autour ? Comme si tu étais un personnage de Beckett. D’éprouver ce sentiment de dérision. À propos de tout.
Comme si tu étais Molloy.
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rkhettaouirkhettaoui   25 février 2018
Ça avait l’air de le turlupiner drôlement. D’avoir fauché ce bouquin. Il ne l’avait pourtant jamais rapporté. Mais conservé précieusement comme la marque de son opprobre. Pour se mortifier. Faire pénitence. Et, dans un but d’expiation, il s’était condamné à la lecture perpétuelle de ce beau texte qu’il avait ravi aux lecteurs du quartier.
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rkhettaouirkhettaoui   25 février 2018
Quand nous sommes sortis de notre tanière pour la première fois, c’est ce qui nous a le plus désolés. Les terrasses vides des bistros. Les pieds de tables enchaînés. Cadenassés. Les chaises empilées. C’était triste à mourir. Tu n’as pas idée. Faut être de la ville, pour ça. Je veux dire pour que ça te consterne à ce point.
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rkhettaouirkhettaoui   25 février 2018
Le code de la route ne lui était pas destiné. Ne le concernait pas. Il affichait la même attitude à l’égard de son cancer. Et des missiles. La même conviction qu’il suffisait de s’en taper pour passer au travers.
Il en voulait pour preuve qu’il s’en était toujours sorti. Jusque-là.
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