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EAN : 9782253031314
223 pages
Le Livre de Poche (01/03/1983)
3.55/5   166 notes
Résumé :
Dans les années 1930, Joseph dit Jo, vit son enfance à Paris dans le quartier de Barbès où son père tient un salon de coiffure. Ses parents sont juifs, immigrés de Russie et il est le dernier de sept enfants. Avec son frère Maurice qui le précède et ses camarades, il évoque son enfance heureuse en jonglant avec l'école, le quotidien, le salon de coiffure, les événements familiaux, les fêtes religieuses juives et catholiques, ses rêves (partir en Amérique, épouser Bl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Ce n'est que longtemps après avoir (re)lu "Un sac de billes" que j'ai appris que Joseph Joffo en avait écrit une sorte de suite : "Baby-foot", que je m'étais empressée de noter pour ne pas l'oublier mais que j'ai acquis il n'y a que quelques semaines.

Après quatre années de vagabondage pour échapper à la Gestapo, Joseph, dit Jo, rentre à Paris à la libération. Il a 14 ans et désormais la vie devant lui. Son frère Henri (qui a repris le salon de leur père) et sa mère espèrent pour lui l'obtention de son certificat d'études et lui réservent ensuite une place dans le salon de coiffure. Mais Jo, lui, voit les choses tout autrement :

« "NON, non et non. le salon, ça me débecte."
Et vlan !
J'ai claqué la porte sur un Henri furieux. Non, mais ça va pas ! Coiffeur, moi ?
Et puis quoi encore ? Je serai cow-boy, boxeur, businessman, gangster, n'importe quoi mais pas coiffeur, pas un petit mec médiocre qui coupe des tifs à longueur de journée. Quant à son certificat d'études, alors là, je rigole doucement. Et s'il y a une chose dont je suis bien sûr, c'est que c'est pas moi qui vais le passer. Je laisse ça aux minables. En 1945, il faut vivre avec son temps. »

Car effectivement, Jo a d'autres projets : l'Amérique ! Les dollars, les jolies américaines, le Madison Square Garden, et pourquoi pas Hollywood ? Et pour cela, il compte percer dans la boxe, se faire un nom et à lui l'Amérique !

Alors entre la boxe, sa bande de copains, leurs petits trafics de chewing-gums et leurs parties de baby-foot, sa passion pour le cinéma (américain s'il-vous-plaît !), et nouvellement les filles, Jo n'a que faire de son certificat d'études. La guerre est finie, il veut croquer la vie à pleines dents, car le meilleur est à venir. Son rêve américain n'est pas compatible avec ce que son frère attend de lui. Ne lui en déplaise, il fera ce qu'il voudra !

C'est ainsi que débute ce livre. le ton donné est loin de celui de "Un sac de billes". On est ici dans un Paris libéré, où l'espoir, l'avenir meilleur, les fêtes, les bals, et la vie tout simplement sont de retour. Jo est un adolescent qui sait ce qu'il veut, plein d'ambitions, et qui compte bien réaliser son rêve américain. Il voit grand, trop sans doute, mais après s'être caché des nazis pendant quatre ans, peut-on ne pas le comprendre ?

Alors tout au long de cette première année libre de ne plus se cacher (1946), nous suivons un jeune adolescent quelque peu impétueux, ambitieux et têtu que l'on voit petit à petit évoluer, grandir, mûrir, se remettre en question et revoir ses positions (car qui connaît un peu la biographie de Joseph Joffo, sait qu'écrivain n'est pas son premier métier : il est avant tout coiffeur...).

Quelle brillante idée d'avoir écrit ce livre ! le ton dynamique et enjoué du narrateur est ultra-contagieux. le récit plein de vie déborde d'humour, certaines situations sont cocasses. Il m'a très souvent fait sourire, voire rire.

J'ai adoré Jo, et ses deux meilleurs copains également, Franck et Jeannot. J'ai adoré assisté à leurs "bêtises", leurs idées et plans farfelus (mais hautement réfléchis), leur amitié solide.

Dans "Un sac de billes", je me souvenais d'un jeune garçon très débrouillard et malin. Je l'ai retrouvé ici fidèle à lui-même, plus autonome que jamais.

Je regrette juste ne pas avoir eu de nouvelles de certains membres de sa famille, ceux évoqués dans "Un sac de billes". Car effectivement, à part sa mère et son frère Henri (et son père, jamais revenu des camps...), on ne sait strictement rien de ses autres frères et soeurs, et notamment de son binome Maurice dont il ne parle pas du tout. Ça, c'est vraiment dommage... et frustrant.

Mais mise à part cette petite frustration, j'ai trouvé l'ensemble drôle, frais, émouvant et surtout vivant ! Je l'ai pratiquement lu d'une traite.
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Après avoir lu Un sac de billes, il est inévitable de lire Baby-Foot.
Avec son humour bien à lui, Joseph Joffo nous raconte l'après-guerre, comment essayer de retrouver une vie "normale" tout en faisant face aux difficultés quotidiennes.
Un excellent concentré d'humour et de vie !
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Après un sac de bille , redécouvrez Jo à travers un Paris après - guerre en plein quartier de Montmartre , rue de Clignancourt où les petits trafiques de chewing-gums américain (qui est une denrée très rare ;) ! ) et très apprécié par les élèves de l'école rue Ferdinand Flocon .
Entre le stress du certificat d'étude , la box ou encore de son petit marché noir Jo n'est pas à une aventure près !
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J'ai vraiment bien accroché ! J'avais déjà adoré Un sac de bille mais retrouver des nouvelles du petit Jo', c'était sympa ! Puis j'ai bien aimé l'écriture du roman puis il faut l'dire, j'me suis marrée quand même ! A lire !
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Frais, simple, agréable. La vie redémarre après guerre avec ses difficultés, ses rêves ses réalités...
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Voilà, dit-il, souviens-toi de cela : l'homme qui aime l'argent ne voit plus que lui-même. Pour lui, il n'y a plus ni collines, ni fleurs, ni chevaux.
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Je m'étonne de l'intérêt que nous prenons à l'affaire Petiot. Je ne les écoute plus...
1945. Mon père est mort dans l'un des camps sur lesquels les journaux et les magazines ne cessent de nous donner de nouveaux détails. Les chiffres dépassent nos entendements, on parle de quatre, cinq, six millions de personnes, et cela ne veut plus rien dire, peut-être que quatre-vingt-dix est un chiffre plus à notre mesure, et puis l'assassin est là : presque beau garçon avec son nœud papillon, son front à la Beethoven, et c'est presque rassurant d'avoir enfin un coupable, car pour l'autre, pour ce grand crime de quatre ans, on semble bien en peine de savoir qui sont les meurtriers. Ceux qui ordonnent ? Ceux qui obéissent ? Et puis, celui-là, on le tient. Ce n'est pas comme certains autres.
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J'ai pris de la carrure aussi et la bande de la rue Ordener en sait quelque chose, j'ai un crochet du gauche équivalent à celui de Joe Louis, dont on parle beaucoup dans les hebdos sportifs. L'Amérique est là, elle nous est rentrée dans la peau avec ses tanks et le cinéma. Quand je peux, avec Franck, Marcel, Jeannot et les autres, on fonce au ciné, sur le Rochechouart, avenue de Clichy ; dans tout le quartier, c'est plein de kinos avec des rideaux qui se soulèvent. Au Royal-Clignancourt on passe en douce, parce que je connais la caissière ; Henri la coiffe gratis après la fermeture, c'est grâce à elle que je vois mes policiers, ceux d'Humphrey Bogart — j'aimerais tant lui ressembler ! Malheureusement, j'ai les yeux bleus et j'ai pas de rides autour de la bouche. J'ai beau m'exercer à prendre l'air sévère et dur, à passer mon pouce sur les lèvres, ça ne marche pas. Et puis je ne suis pas équipé du point de vue armement. J'ai un vieux Solido qui a perdu sa gâchette. Ça fait un peu juste pour lutter contre les mitraillettes.
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" " Non, non et non. Le salon ça me débecte. " Et vlan !
J'ai claqué la porte sur un Henri furieux. Non, mais ça va pas ! Coiffeur, moi ?
Et puis quoi encore ? Je serai cow boy, boxeur, businessman, gangster, n'importe quoi mais pas coiffeur, pas un petit mec médiocre qui coupe des tifs à longueur de journée. Quant à son certificat d'études, alors là, je rigole doucement. "
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La guerre est finie et le monde commence. De ce monde je veux ma part, et, tant qu’à faire, pas une petite…Les Américains, ils nous ont apporté de sacrées envies, et juste celles dont j’avais besoin à l’aube de mes quatorze ans : voir grand !
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Videos de Joseph Joffo (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joseph Joffo
Extrait du livre audio "Un sac de billes" de Joseph Joffo lu par Maxime Baudouin. ©Editions Audiolib. Parution en CD et en numérique le 14 avril 2021.
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