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EAN : 9782756003801
111 pages
Éditeur : Delcourt (13/09/2006)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 204 notes)
Résumé :
Pierre est un curé "de gauche". Il est cool. Il est drôle. C'est pas un prêtre, c'est un bonhomme. Moi, c'est comme si j'avais un nouveau tonton. Un excellent, qui rit, qui chante, qui chatouille.
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Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  02 octobre 2012
Après Pierre et le Loup , sublime conte musical – pouvant s'avérer assez gonflant finalement au bout de la 126 e écoute , je conçois - pour enfants écrit et composé par Prokofiev en 1936 , voici Pierre est le Loup ! Ici , foin de conte ni de musique si ce n'est celle de l'abject et du dégout !
Olivier a 7 , 15 , 35 ans . Abusé dès son tout jeune âge par un prêtre en qui il avait placé toute sa confiance , il ne réalisera que bien plus tard la portée culpabilisante d'un tel évènement , le vivant alors comme une souffrance bien légitime dans son quotidien d'adulte marié et père de famille .
Pierre est un prêtre progressiste , débonnaire , tout en rondeur . Il attire immédiatement la sympathie et telle l'araignée , tisse lentement sa toile avant de fondre sur sa proie immanquablement beaucoup plus jeune , lui causant alors des séquelles pérennes...
Sujet difficile s'il en est , la pédophilie est abordée ici de façon éminemment intelligente ! Ni voyeurisme outrancier , ni pathos larmoyant . L'auteur Olivier Ka , lui-même victime de tels agissements , se sert de cette BD comme exutoire et le fait de façon fort brillante ! du garçonnet abusé ne matérialisant que très peu ce qui lui arrivait alors à l'adulte mature prenant pleinement conscience de l'évènement et de la commotion durable en découlant , Olivier narre son histoire simplement , factuellement , espérant ainsi exorciser les démons qui le hantent depuis .
Des dessins naïfs , des couleurs forcément sombres , le lecteur ne peut que se focaliser sur l'histoire . Cette dernière vous chope de la première à la dernière page , sans temps mort ni sensationnalisme , pour vous conter la terrible mésaventure de ce petit bout d'homme innocent appelé à devenir l'agneau sacrificiel entre les mains de cet ogre des temps modernes !
Magistral !
En refermant cette magnifique BD , je ne pus m'empêcher d'avoir une petite pensée émue pour Monseigneur Barbarin , ecclésiastique à l'honnêteté intellectuelle et l'ouverture d'esprit plus que discutables , qui , il y a peu encore , stigmatisait violemment l'éducation d'un enfant et ses dérives prétendument inhérentes au sein d'une famille homoparentale , omettant bizarrement d'évoquer ce type d'agissements pourtant avérés au sein de sa propre communauté ! Sacré Fifi va , un p'tit début d'alzheimer peut-être ? Au royaume des aveugles...
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marina53
  26 octobre 2012
Pourquoi j'ai tué Pierre,
Parce qu'à 7 ans, il fallait que j'aille à la messe matinale avec mes grands-parents;
Parce qu'à 8 ans, avec mes parents et un couple d'amis baba-cool, on se baignait dans l'eau tout nu et que la nudité, hé, ben, ce n'était pas si grave;
Parce qu'à 9 ans, j'ai rencontré Pierre, un curé gauchiste, très gentil, surtout avec moi, que tout le monde a accepté dans la famille;
Parce qu'à 9 ans, je pars en colonie, tout seul, comme un grand, avec Pierre;
Parce qu'à 12 ans, Pierre me demande de lui masser le ventre pour l'aider à s'endormir et qu'il prend ma main et la pose sur son sexe dur;
Parce qu'à 15 ans, je découvre l'amour avec une femme;
Parce qu'à 16 ans, mes parents se séparent, je quitte l'école et je brise le silence;
Parce qu'à 29 ans, je ne supporte plus d'entrer dans une église;
Parce qu'à 35 ans, je ne vais pas bien du tout et que je décide de tout raconter, à travers cet album...
Avec un sujet aussi difficile, raconté une fois n'est pas coutume par un homme, Olivier Ka a voulu se débarrasser de ses démons, mettre des mots et des dessins sur cet acte de pédophilie dont il a été victime. On est très vite happé par cette ambiance malsaine, on ressent à la fois de l'inquiétude, de la révolte et de la compassion.
Quant aux dessins, ils sont d'une telle intensité ! Les couleurs sont parfois criardes, les traits grossiers et noirs. Cette mise en images et en couleurs, d'une simplicité apparente, a su retranscrire les changements d'époque, les états d'âme, la candeur, la rage, la vulnérabilité.
Pourquoi j'ai tué Pierre, parce que c'était lui ou moi...
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Chrisdu26
  02 décembre 2013
Pourquoi il a tué Pierre.
Il a tué Pierre parce qu'il a 7 ans. Il a tué Pierre parce qu'il a 12 ans, puis 19, puis devient adulte et à travers les différentes étapes de sa vie, le narrateur nous explique pourquoi il a tué Pierre. J'avance dans ma lecture, je veux savoir ! La réponse se précise peu à peu. Je me doute, je comprends, je devine, j'en suis presque sûr comme une évidence mais je refuse d'y croire, alors je continue de tourner les pages. Il a tué Pierre parce qu'il a 35 ans et la vérité nous frappe. C'est émue que je poursuis ma lecture parce que maintenant je sais pourquoi Olivier a tué.
« Je ne triche pas. Je tente de comprendre, de mettre à plat mes sentiments, mes ressentis. Je creuse, je fouille, je vomis tout. Je vais jusqu'au bout. Jusqu'à maintenant… »
Un coup de maître pour le duo Olivier Ka et Alfred. C'est au hasard d'un café littéraire que j'ai rencontré cet auteur, Olivier Ka, écrivain à la plume remarquable mais avant tout un homme sensible, pudique et adorable. Il aborde un sujet difficile avec sérénité, justesse et intelligence. le texte est magnifique et bouleversant. Son approche d'un thème grave, délicat et tabou se fait avec beaucoup de pudeur sans haine ni colère « parce qu'il faut aussi savoir rire de ses propres larmes ». le coup de crayon sobre et instinctif d'Alfred laisse place à l'émotion tandis que la palette d'Henri Meunier vient accentuer, par ses couleurs tantôt vives tantôt sombres, le tragique de cette histoire autobiographique. On referme ce livre troublé et pensif.
« Moi je me sens calme, étonnamment, et serein. Je sais exactement pourquoi je suis là. Je sais précisément ce que je suis venu faire. J'ai le sentiment d'avoir quitté le rêve. Je suis là, et bien là. Avec ses choses assassines à dire. »
Pourquoi j'ai tué Pierre… Une question de survie !

Lien : http://marque-pages-buvard-p..
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cuisineetlectures
  23 février 2014
Inutile de prévoir un marque-page pour cette magnifique BD autobiographique, elle se lit d'une seule traite, avec une vive émotion.
Olivier est un enfant intelligent, curieux, en quête de repères et d'affection. 7, 8, 10 ans, ce n'est pas toujours facile pour lui…
« Touche pas ton zizi, sinon tu iras en enfer ! » lui disent ses grands-parents, fervents catholiques.
« Tous à poil ! On va se baigner avec les amis dans la rivière » Ils sont cools, baba cool même, les parents d'Olivier. Il y a toujours plein de monde à la maison, il trouve ça plutôt sympa Olivier.
« Ha ! Voilà notre petit Olivier » lui dit Pierre avec un immense sourire. Pierre c'est un prêtre de gauche trop rigolo qui est devenu l'ami de la famille. C'est chouette, Olivier va partir en colonie avec lui. Mais un jour, Pierre va abuser d'Olivier et les vacances paradisiaques vont se transformer en enfer. Olivier vit dès lors un épouvantable conflit de loyauté envers Pierre qu'il aime et admire et portera seul son lourd secret.
Pierre a un physique d'ogre et de gros nounours à la fois. Toute l'ambiguïté de la situation est là, magnifiquement illustrée par Alfred. Les couleurs sont criardes pour exprimer les émotions dans de gros plans déformés.
Le malaise est palpable, la solitude, les angoisses et les souffrances d'Oliver tracent le long sillon d'une douleur enfouie depuis l'âge de douze ans par Olivier Ka son auteur. A trente-cinq ans, il se libère de cette histoire pesante. « Pourquoi j'ai tué Pierre » est une confession bouleversante jusqu'à la chute finale qui donne toute sa force à ce témoignage digne et poignant.
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jamiK
  28 février 2017
Bande dessinée CHOC !
J'ai emprunté cette bande dessinée à la médiathèque sans savoir de quoi il s'agissait, juste parce que je trouvait l'illustration de la couverture belle et forte. La quatrième de couverture m'a cependant mis la puce à l'oreille : "Pierre est un curé "de gauche". Il est cool. Il est drôle. C'est pas un prêtre, c'est un bonhomme. Moi, c'est comme si j'avais un nouveau tonton. Un excellent, qui rit, qui chante, qui chatouille." Et l'histoire, sous une apparente bonhommie est redoutable et terrible.
L'illustration sert idéalement le sujet. le graphisme évolue au fil de l'histoire, les couleurs sous leur apparente douceur due au grain du papier et à l'aspect vieilli sont, si l'on regarde plus attentivement , en réalité acides et agressives, les dessins rondouillards et enfantins du début sont remplacés par des illustrations plus griffonées, aux traits rageurs, aux aplats brusquement posés dans les moments les plus angoissants, Alfred incorpore même des photos dans le final.
Et quel final ! J'avoue que j'en ai mal dormi, j'ai été totalement bouleversé, terrassé par une telle force. Cette histoire ne peut laisser indemne, ses auteurs ont sorti leurs tripes pour la réaliser, ça se ressent.
C'est puissant, une très grande BD !
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
manU17manU17   25 novembre 2013
Les vieux sont amusants. Ils ont des tronches pas possible. A la sortie de la messe, ils forment des petits groupes et ils parlent en chuchotant et en secouant doucement la tête. Je les trouve à la fois tristes et rigolos.
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marina53marina53   26 octobre 2012
Tu avais du pouvoir sur moi... Tu en as joué, abusé... Les mômes c'est de la pâte à modeler... tu poses tes doigts, l'empreinte reste. Tu m'as manipulé... Tu as brisé quelque chose en moi... définitivement.
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Shan_ZeShan_Ze   22 septembre 2016
Je me trimballe un spleen permanent.
Et puis, j'ai honte.
Honte de m'être fait croire, pendant des années, que ce qui m'est arrivé n'est pas grave.
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kouette_kouettekouette_kouette   16 décembre 2015
Je réfléchis un instant. Je n'ai plus d'autres questions.
Ma mère a répondu à toutes celles que lui ai posées, pourtant je n'en sais pas plus qu'au début de la discussion.
Ça, c'est un truc d'adultes.
Je ne sais pas comment ils font, mais ils arrivent à parler des heures sans jamais rien éclairer.
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blandine5674blandine5674   13 janvier 2016
Tu avais du pouvoir sur moi. Tu en as joué, abusé. Un môme, c'est de la pâte à modeler. Tu poses tes doigts, l'empreinte reste. Tu m'as manipulé. Tu as brisé quelque chose en moi... définitivement.
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Videos de Olivier Ka (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Olivier Ka
Rencontre présentée par Sonia Déchamps, journaliste.
Marion Duclos et Olivier Ka, Les mains de Ginette (Delcourt) : La Crabe fait peur, ses mains ressemblent plus à des pinces qu'à autre chose, à peine deux doigts comme des antennes collées sur des boursouflures. Mais cela n'a pas toujours été le cas. Il fut une époque où on l'appelait encore Ginette, une époque où elle était la femme de Marcelin le droguiste, une époque où Marcelin était fou amoureux de ses mains… Le scénariste Olivier Ka explore avec finesse la jalousie, le manque d'amour et ses conséquences dans les rapports humains. Un récit sensible porté par le trait musical et coloré de la talentueuse Marion Duclos.
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Inédite édition de l'Escale du livre, du 24 au 28 mars 2021 et durant tout le printemps https://escaledulivre.com/
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© musique : Hectory - Réalisation et sound design : Grenouilles Productions - création graphique : Louise Dehaye / Escale du livre 2021 - Inédite édition
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