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René Bouchet (Traducteur)
EAN : 9782366245400
320 pages
Cambourakis (06/01/2021)
3.94/5   9 notes
Résumé :
Après une longue absence, l’aspirant écrivain Cosmas retrouve la Crète, sa terre natale qui se relève tout juste de la Seconde Guerre mondiale. Il souhaite présenter à sa famille celle qu’il a épousée, Noémi, jeune femme juive survivante des camps. Leur amour, intense et sincère, est assombri par d’obsédantes préoccupations : Noémi est hantée par l’horreur de l’extermination tandis que Cosmas, face à la menace d’une nouvelle guerre, nourrit de profondes interrogatio... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Choisi le 4 mars 2021 à la Librairie Quilombo (librairie engagée, libertaire)- 23,rue Voltaire-Paris // repris le 29 avril 2022

Un fabuleux texte qu'il faut toutefois "mériter "....Un inédit que les éditions Cambourakis ont eu la très belle idée de rééditer...d'autant plus ,que ce texte a eu une destinée plus que mouvementée, complexifiée par son auteur, qui éprouvait des réticences à le faire publier, trop de résonances autobiographiques...des thématiques exploités dans d'autres écrits...
Ouvrage composé en 1946,à Cambridge...Comme une sorte de testament artistique, politique et spirituel !...

Je reprends la lecture de cet inédit près d'une année après l'avoir débuté ; j'avais été freinée, à tort, par un style que je trouvais trop grandiloquent, un ton regorgeant d'emphase....Une fois,cette réticence mise de côté, l'ouvrage est d'une incroyable actualité : l'industrialisation à outrance, laissant de côté trop de personnes, un monde abîmé par la guerre, le rôle de l'Intellectuel pour proposer un autre modèle, plus pacifiste, réunissant tous les pays dans un projet commun, etc.

Le narrateur, Cosmas, "aspirant ecrivain" revient après une longue absence sur sa terre natale,la Crète, qui se relève tout juste de la Seconde Guerre mondiale. Il retrouve sa famille : un père aimé mais terrifiant, une mère bienveillante et effacée...Cosmas leur présente sa jeune épouse, Noémi, juive survivante des camps de concentration...Cosmas et Noémi s'aiment sincèrement mais ne se trouvent pas dans les mêmes cheminements intellectuels et personnels...
Noemi est,de façon légitime, hantée par les horreurs vues et vécues ...Elle se retrouve sur une terre étrangère, dans une famille inconnue, attendant un enfant. Son époux, Cosmas est obsédé,quant à lui par le "devenir" du monde,par la peur d'une nouvelle guerre; il s'interroge sur ce qu'il pourrait faire à son échelle, avec d'autres "intellectuels" pour participer à l'éveil d'un monde meilleur.


Il est déjà bien loin de son épouse, en dépit de ses sentiments...il décide de partir seul,pour l'Angleterre, pour progresser dans un double objectif: l'avancée de son oeuvre littéraire mais aussi politique...il prend contact avec des intellectuels qui pourraient partager ses espérances d'un monde pacifié, plus fraternel.Avec une journaliste irlandaise qui l'entraîne dans le monde des usines,des ouvriers....

il prend conscience de la misère noire du peuple britannique...Comme l'argumentaire du 4e de couverture le formule joliment,Cosmas ( sorte de double de l'écrivain)souhaite" se faire le scribe pacifique de temps nouveaux".Cosmas( l'auteur) insiste tout le long de cet écrit sur l'énorme responsabilité des Intellectuels à participer à la construction d'un monde meilleur...

"Le devoir de l'intellectuel,notre devoir,est aujourd'hui plus grand et plus difficile: dans le chaos de l'après-guerre,nous avons à ouvrir une voie et à mettre de l'ordre;à trouver et à formuler le nouveau mot d'ordre mondial qui apportera l'unité, autrement dit l'harmonie,dans le coeur de l'esprit de l'homme; à trouver la bonne parole,la parole simplequi fera redécouvrir aux hommes cette chose toute simple: que nous sommes frères. ( p.137)"

Il se bat pour son travail d'écrivain et pour ses idéaux...Par contre, il est convaincu que pour atteindre ces objectifs, il doit laisser de côté sa vie personnelle,amoureuse qui l'entrave.Noemi est "sacrifiée " sur l'autel de la grande oeuvre à venir,de son époux !! Nikos Kazantzaki n'est pas " méditerranéen " pour rien !!! (*** autre bémol à écarter..pour apprécier les analyses,observations, critiques sociales,politiques,humanistes,dans leur ensemble...dont une défense vigoureuse de la terre et des paysans !)

"Il faudrait qu'un nouveau scribe,avec les mêmes yeux,qu'un nouveau Dante,qui aimerait plus l'homme queéDieu passe dans toutes les usines du monde et pousse,lui aussi,un cri.(...)
Mais en disposant les mots avec magie,le scribe triomphe du temps et immortalise la récompense et le châtiment. Quand une civilisation fait naufrage,seul le scribe se tient au-dessus des flots du temps et surnage.
C'est un scribe de cette trempe que notre époque industrielle devrait enfanter avant que nous sombrions dans l'abîme ! Car il y a toujours autour de nous des crises et des pleurs qui ne doivent pas se perdre.(p.155)"


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Ecrit en 1946 en Angleterre, ce livre qui a des aspects autobiographiques, n'a pas paru du vivant de l'auteur, qui par ailleurs a utilisé des thèmes ou parties de l'intrigue dans d'autres de ses oeuvres. Toujours pas paru en Grèce, le livre est sortie en France en 2021, traduit par René Bouchet, qui précise un peu sa genèse dans une postface intéressante.

Le roman se compose de deux parties. Dans la première, Cosmas, écrivain, revient en Crète après la fin de seconde guerre mondiale, juste après le décès de son père. Il ramène avec lui Noémi, sa jeune femme juive, qui a perdu toute sa famille pendant la guerre et n'a survécu que par miracle. Malgré sa mort, l'ombre du redoutable père, plane toujours sur la demeure ancestrale, et Noémi a bien du mal à se trouver une place, entre la mère et la soeur de Cosmas. le couple va monter voir le grand-père paternel de Cosmas, en train de mourir, et Noémi va annoncer à son mari qu'elle attend un enfant. Mais Cosmas décide de partir seul en Angleterre, se sentant un devoir en tant qu'intellectuel d'intervenir dans la marche du monde, dont l'avenir lui fait peur. Il va s'y débattre, en essayant de se trouver une place et une mission, pour donner sens et pour se sentir utile.

J'ai trouvé la première partie du livre, qui se passe en Crète, éblouissante. Les personnages sont dessinés fortement mais avec finesse, la culture de l'île grecque, la mentalité des habitants, l'histoire récente et moins récentes, évoquées à petites touches, avec une grande empathie, lyrisme et en même temps une économie des moyens. J'ai en revanche été moins convaincue par la deuxième partie qui se passe en Angleterre. Malgré quelques beaux moments, par exemple les analyses de Shakespeare, tout cela m'a semble un peu décousu, partant dans tous les sens. Je ne suis pas étonnée que l'auteur ait décidé de ne pas publier le livre tel quel, et qu'il ait utilisé telle ou telle partie ailleurs, sans doute d'une manière plus aboutie.

Mais ce livre, le premier que je lis de Nikos Kazantzaki, me semble laisser apparaître un talent hors du commun, et me donne une très grande envie de lire rapidement d'autres oeuvres, sans doute plus polies et finie que ce roman abandonné.
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Nikos KAZANTZAKI (1883-1957) est surtout connu pour ses romans « Alexis Zorba » de 1946 (avec la célèbre adaptation de 1964 en un « Zorba le grec » de Michael CACOYANNIS), « le Christ recrucifié » de 1948 ou encore « La dernière tentation » de 1954 (devenue en 1988 « La dernière tentation du Christ » sous l'oeil de Martin SCORSESE), sans oublier sa « Lettre au Gréco », sa colossale autobiographie que pourtant j'avais lâchement abandonnée, faute de combattants. Pourtant c'est ici un roman de 1946 inédit et récemment publié par les éditions Cambourakis qui est à l'honneur. Nul doute qu'il deviendra un classique de la littérature grecque, à l'instar d'autres titres de l'auteur déjà entrés dans cette catégorie.

Cosmas, le double de KAZANTZAKI, est un jeune écrivain qui, après vingt ans d'exil, revient dans sa Crète natale durant la dernière agonie de son grand-père. Il est marié à Noémi, une juive vite rejetée par la famille de Cosmas.

En Crète Cosmas revoit d'anciens compagnons de son grand-père, des capétans centenaires ou presque, qui content leurs aventures passées, leurs exploits et leurs déceptions de la Grèce du XIXe siècle. Ils racontent leurs guerres, celle de 1866 notamment, leurs désillusions, rendent hommage au grand-père sur son lit de mort avec force anecdotes.

Noémi est une polonaise qui a connu récemment la deuxième guerre mondiale, les privations et les souffrances, elle en est ressortie marquée : « Je suis une femme fragile, j'ai du mal à m'exprimer, j'ai la tête pleine de terreurs et j'ai quelquefois l'impression que, si tu me touches, je vais tomber en morceaux. Ne me demande pas pourquoi et comment j'en ai la preuve, mais j'ai la certitude que ce monde va à l'abîme, que nous n'en échapperons pas, que nous allons nous noyer dans un fleuve de sang, y compris, hélas, les enfants à naître ! ».

Cosmas ne cesse de se poser des questions sur le monde qui l'entoure. Se sentant désarmé, isolé, il décide, alors que Noémi est enceinte et va devoir aller vivre dans la famille de Cosmas la haïssant tant, de partir pour l'Angleterre, comme dans une volonté de refaire le monde, de participer à sa rénovation par le biais des intellectuels, dans un grand élan collectif, une « Internationale de l'Esprit au-dessus des passions politiques » qui éclairerait les masses. « Naturellement, nous croyons en quelque chose qui n'existe pas encore, mais en y croyant nous le créons. Est inexistant ce que nous n'avons pas encore assez désiré, ce que nous n'avons pas assez abreuvé de notre sang, pour lui donner la force de franchir le seuil secret, obscure, de l'inexistence ».

En Angleterre, Cosmas va faire connaissance avec des intellectuels, marcher sur les pas de Bernard SHAW, de SHAKESPEARE (la place de la littérature y est très présente), mais être rapidement déçu voire désillusionné par le monde des intellectuels.

Ce livre est bien plus qu'un roman. En effet, il est à la fois une autobiographie, une réflexion très poussée sur la foi, la spiritualité, mais aussi sur le désir de changer le décor morne du monde ainsi qu'une fine analyse politique. Il est empreint de mythologie et baigne dans une atmosphère religieuse, en partie par la figure quasi christique de son héros. « Un grand danger menace notre civilisation. C'est seulement en regardant ce danger droit dans les yeux, sans peur, que nous pourrons le vaincre. J'ai toujours su que les ennemis mortels des forces du mal sont le courage et la lumière. Mais je ne parvenais pas à avoir clairement le visage de ce danger. Je ne pouvais donc pas deviner que nous devions combattre et comment. Une ombre pesante et insaisissable m'en empêchait. Mais, ce matin, j'ai vu clairement son visage, en rêve ».

« L'ascension » est aussi une initiation, une réflexion sur la place des morts dans la société des vivants, peut-être influencée par son voyage en U.R.S.S. en 1927, où il fit connaissance avec l'écrivain roumain Panaït ISTRATI qui deviendra l'un de ses grands amis. Ce roman est d'une puissance extraordinaire, tenu par une plume quasi mystique, une écriture ample et majestueuse, d'une solidité à toute épreuve, et torturée par des questionnements sans fin. Immense oeuvre variée, riche, qui se lit comme une profession de foi, mais aussi comme une chute de la pensée altruiste et christique. Moment privilégié, cette incursion dans l'oeuvre de KAZANTZAKI va forcément en amener d'autres tant le choc fut brutal, avec ce petite goût de « reviens-y » qui colle au palais. Sorti en 2021 chez Cambourakis, qui depuis quelques années, s'attache à faire rééditer KAZANTZAKI. Affaire à suivre de très près.

https://deslivresrances.blogspot.com/

Lien : https://deslivresrances.blog..
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La première partie qui relate l'arrivée de Cosmas et de Noémi en Crète, la rencontre avec le grand-père etc., est un copier-coller de la fin de la Liberté ou La Mort, un des grands romans de Níkos Kazantzákis.
Je trouve cela très mauvais de la part d'un éditeur de nous pondre une soi-disant nouvelle traduction d'un nouveau livre "inédit", alors que c'est une esquisse qui a servi à la construction d'autres romans de l'auteur.
Níkos Kazantzákis avait l'habitude d'écrire de nombreuses versions d'un seul ouvrage. L'Ascension est un très bon petit livre mais dont la moitié des passages se retrouve mot pour mot dans un autre livre. Pourquoi l'éditeur ne le dit pas clairement ?
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critiques presse (2)
Actualitte
27 juillet 2022
D’inspiration largement autobiographique, ce roman se situe entre la Crète et l’Angleterre, et entremêle de nombreux thèmes développés par l’auteur dans l’ensemble de son œuvre.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaCroix
10 février 2021
Cet inédit de Nikos Kazantzaki (1883-1957), histoire de son double Cosmas entre Crète et Angleterre après 1945, porte les interrogations spirituelles et littéraires emblématiques de son œuvre.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
Il faudrait qu'un nouveau scribe,avec les mêmes yeux,qu'un nouveau Dante,qui aimerait plus l'homme que Dieu passe dans toutes les usines du monde et pousse,lui aussi,un cri.(...)
Mais en disposant les mots avec magie,le scribe triomphe du temps et immortalise la récompense et le châtiment. Quand une civilisation fait naufrage,seul le scribe se tient au-dessus des flots du temps et surnage.
C'est un scribe de cette trempe que notre époque industrielle devrait enfanter avant que nous sombrions dans l'abîme ! Car il y a toujours autour de nous des crises et des pleurs qui ne doivent pas se perdre.(p.155)
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Non seulement la Science et l'Éthique ne marchent plus de conserve,mais-et c'est là le plus effrayant-nous avons vu que la pire des atrocités était possible: plus la science progresse,plus la moralité de l'homme régresse (..)
La pensée théorique a failli,est devenue un instrument de destruction ou bien un jeu gratuit, un inepte tour de passe-passe. C'est pourquoi les esprits éclairés n'ont plus confiance aujourd'hui ni dans les anciennes morales flétries ni dans la liberté proclamée par les tyrans ni dans les théories idéalistes au discours grandiloquent. Ils ont vu qu'il n'y avait là que des masques commodes pour camoufler des appétits matérialistes immoraux. (p.96)
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Alors je m'assieds sous le grand olivier ,tout au bout de la vigne, et je regarde les vendangeuses qui coupent les raisins et rient toute la journée comme si on les chatouillait. (...)
Elles travaillent pour manger, mangent pour s'étoffer, se marier et faire des enfants .C'est ce que faisaient leurs grand-mères, ce que feront leurs petites-filles ,ainsi va le monde.C'est le cercle parfait, je sais. Mais ,moi,j'y vois un nœud coulant et j'étouffe...(p.157)
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Je vais d'usine en usine et j'ai le cœur de plus en plus serré. La " gracieuse Angleterre " a perdu sa grâce, la roue à pris son élan et personne ne peut l'arrêter. C'est le triomphe des machines, l'homme d'aujourd'hui, émerveillé par ses nouveaux Esclaves de fer,se jette à corps perdu,avec de folles espérances et un optimisme candide,dans la conquête de la matière .Il croit ainsi conquérir le bonheur et libérer l'esprit.(p.157)
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- A quoi penses-tu ? lui demanda t-elle [ la Belle-mère à sa nouvelle belle-fille]
A ta patrie ? où es-tu née ?
- Loin, très loin, en Pologne. Dans une ville noire, avec des usines.
-Qu'est-ce qu'on y fabrique ?
-Des canons, des avions, des machines. Mais mon père...elle voulait dire : mon père ne se souillait pas les mains à fabriquer des machines qui tuent les hommes, il était rabbin...mais elle se retint. (p. 18)
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Vidéo de Nikos Kazantzakis
Nikos Kazantzakis : Le regard crétois (1974 / France Culture). Nikos Kazantzakis sur l'île d'Égine, en 1927 - Photo : Musée Benaki. Par Richard-Pierre Guiraudou. Les textes, extraits d'“Ascèse”, d'“Alexis Zorba”, de la “Lettre au Greco”, de “Kouros”, de “Toda-Raba” et de “L'Odyssée”, ont été dits par Julien Bertheau, François Chaumette (de la Comédie-Française), Roger Crouzet et Jean-Pierre Leroux. Et c'est Jean Négroni qui a dit le texte de présentation de Richard-Pierre Guiraudou. Avec la participation exceptionnelle de Madame Eléni Kazantzakis, et la voix de Nikos Kazantzakis, recueillie au cours de ses entretiens avec Pierre Sipriot, en 1957. Réalisation de Georges Gaudebert. Diffusion sur France Culture le 1er août 1974. Níkos Kazantzákis (en grec moderne : Νίκος Καζαντζάκης) ou Kazantzaki ou encore Kazantsakis, né le 18 février 1883 à Héraklion, en Crète, et mort le 26 octobre 1957 à Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), est un écrivain grec principalement connu pour son roman “Alexis Zorba”, adapté au cinéma sous le titre “Zorba le Grec” (titre original : “Alexis Zorba”) par le réalisateur Michael Cacoyannis, et pour son roman “La Dernière Tentation” (dont le titre a été longtemps détourné au profit du titre du film et désormais republié sous son nom authentique), adapté au cinéma par le réalisateur Martin Scorsese sous le titre “La Dernière Tentation du Christ” (titre original : “The Last Temptation of Christ”). Penseur influencé par Nietzsche et Bergson, dont il suivit l'enseignement à Paris, il fut également tenté par le marxisme et s'intéressa au bouddhisme. « Il a poursuivi une quête tâtonnante qui lui a fait abandonner le christianisme au profit du bouddhisme, puis du marxisme-léninisme, avant de le ramener à Jésus sous l'égide de Saint-François. » Bertrand Westphal (in “Roman et évangile : transposition de l'évangile dans le roman européen”, p. 179) Bien que son œuvre soit marquée d’un réel anticléricalisme, il n’en reste pas moins que son rapport à la religion chrétienne laissa des traces fortes dans sa pensée : goût prononcé de l’ascétisme, dualisme puissant entre corps et esprit, idée du caractère rédempteur de la souffrance… Ainsi la lecture de la vie des saints, qu'il faisait enfant à sa mère, le marqua-t-elle durablement. Mais plus que tout, c’est le modèle christique, et plus particulièrement l’image du Christ montant au Golgotha, qui traverse son œuvre comme un axe fondateur. Bien que libéré de la religion, comme en témoigne sans équivoque son fameux « Je n'espère rien, je ne crains rien, je suis libre », Kazantzákis restera donc l’héritier de cet « idéal Christ » qui se fond aussi, il faut le souligner, avec celui emprunté à la culture éminemment guerrière d’une Crète farouche encore sous le joug turc dans ses années d’enfance.
Sources : France Culture et Wikipédia
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