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Charles Zaremba (Traducteur)Natalia Zaremba-Huzsvai (Traducteur)
ISBN : 2742723870
Éditeur : Actes Sud (30/09/1999)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Doublement traumatisé par l'expérience concentrationnaire puis par la mise au ban stalinienne, Imre Kertész est confronté, après l'effondrement du communisme d'Etat de la Hongrie, aux conséquences d'une inédite liberté.

On lui demande d'être l'éternel témoin et garant de la mémoire de l'Holocauste, on l'invite en Allemagne, en France, en Italie, à Vienne et à Tel-Aviv. A soixante-dix ans, il visite des lieux de son passé ou découvre enfin le visage ré... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
JeanPierreV
  20 mai 2016
On ne peut pas survivre à la sélection pratiquée à Auschwitz, puis à la faim et à la maladie à Buchenwald et aux pressions exercées par les régimes communistes de l'Europe de l'Est, sans être « marqué », comme se définit Imre Kertész .
Certains se laisseraient abattre, auraient baissé les bras, ou envisagé le suicide, Imre Kertész, décidera au contraire de lutter contre ces totalitarismes, de dénoncer le nouvel antisémitisme, né après Auschwitz, Auschwitz qui « marque un tournant comme par exemple en physique, la théorie quantique », et d'être l'un de ces auteurs alertant les lecteurs. Son engagement fut vraisemblablement, un élément décisif dans l'attribution du Prix Nobel.
« Un autre :… » est un livre de réflexions et d'interrogations de l'auteur, presque un livre testament de l'homme, qui, s'appuyant sur ses expériences de vie – fascisme et communisme, chute du Mur de Berlin- jette un regard lucide sur notre monde passé, puis sur celui de 1997, date de parution du texte et sur le monde qui se préparait. Une analyse qui se confirme vingt-ans après : violence, racisme, antisémitisme, sont toujours, et de plus en plus d'actualité.
Être Juif est toujours un sujet d'interrogation et de définition : On est français, hongrois et…..Juif et souvent Juif d'abord dans l'esprit de beaucoup, y compris dans l'esprit des Juifs eux-même, qui développent de plus en plus, en leur sein une « conscience juive ». Cette judéité est un « marqueur » trop souvent mis en avant de part et d'autre.
On ne peut pas lire « Un autre :… » sans s'interroger sur les dérives actuelles de notre monde : « depuis Auschwitz, il ne s'est rien passé que nous aurions pu vivre comme la réfutation d'Auschwitz. En revanche, nous avons connu des empires fondés sur des idéologies qui se sont avérées dans la pratique n'être que de simples jeux de mots et c'est justement leur nature de jeu de mots qui les rendaient si utilisables, c'est-à-dire en faisait des instruments de terreur efficaces »
Bien qu'écrit il y a une vingtaine d'années , « Un autre : … » n'a rien perdu de son actualité, le pessimisme de l'auteur invité dans toute l'Europe des années 90, et d'autres écrivains qu'il cite, notamment de Cioran, se confirme chaque jour et doit nous alerter, les idéologies et idéologues qui ont permis Auschwitz ont, malgré l'horreur des camps, fait des émules. le risque du retour du fascisme n'est pas écarté, il peut « bientôt triompher et s'installer partout, mais que cette fois-ci , il ne viendrait pas d'Allemagne ». Glaçant. La bête se métamorphose, change de nom et s'adapte mais est toujours vivante, sous un aspect moins rebutant voire plus attrayant.
Essai philosophique, social, et politique, d'une part, en partie livre de mémoire d'autre part, afin que les consciences restent éveillées, « Un autre : Chroniques d'une métamorphose » est parfois difficile à saisir, lire et relire certains passages est souvent indispensable.
Souvent pessimiste et noir, ce livre nous interroge, nous dérange parfois…indispensable pourtant.
Un livre qui traduit toute la détresse de l'homme marqué à jamais par son passé de déporté

Lien : https://mesbelleslectures.co..
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chartel
  21 mars 2008
J'ai, comme tout le monde, la faiblesse de céder à l'achat compulsif. Dans le cas des livres, cela peut porter préjudice à l'oeuvre choisie. C'est ce qui s'est passé pour "Un Autre, chronique d'une métamorphose", d'Imre Kertész. le préjudice n'est pourtant pas dû à la qualité de l'oeuvre en elle-même, ni à ses thèmes, bien au contraire, mais au fait que je suis entré dans un parcours d'écrivain sans en connaître le début, ni les origines. Cela aurait pu ne pas porter à conséquence pour une oeuvre fictionnelle portée par un narrateur externe. Mais dans le cas de cette chronique, nous nous retrouvons dans les méandres d'une pensée. Et si belle et riche soit-elle, on ressent le manque jusqu'à la dernière ligne, parce qu'on n'a pas assisté au début de l'histoire. Cette chronique est indissociable des autres écrits de Kertész.
Elle réussit cependant à attirer mon attention sur l'oeuvre de cet auteur hongrois, Prix Nobel de littérature, qui a connu l'enfer d'Auschwitz, la perte des origines et la négation de l'individu par le communisme. Un homme qui peut survivre à de tels traumatismes ne peut qu'enrichir notre questionnement existentiel.
A la manière d'un journal de bord, Imre Kertész décortique son monde intérieur, par une analyse de ses rapports aux autres mais aussi par une analyse du moi et du je. On découvre ainsi un auteur qui se distingue du narrateur (même d'une oeuvre autofictionnelle), et qui, par une observation remarquable de son environnement présent, distingue l'écrivain célébré et écouté d'aujourd'hui (un globe trotter de la littérature, parcourant les chambres d'hôtel de l'Europe entière) de celui caché et proscrit d'hier.
Il faut donc, pour apprécier pleinement cette chronique, posséder quelques informations biographiques de l'auteur et surtout avoir lu quelques oeuvres précédentes (traduites en Français chez Acte Sud) : Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas et Etre sans destin. Ce que je ne tarderai pas à faire…
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
JeanPierreVJeanPierreV   20 mai 2016
J'ai sous les yeux une lette de Cioran à Dieter Schlesak : "L'Occident n'échappera pas au jour, écrit-il, ou ses travailleurs immigrés régneront sur lui. L'avenir appartient toujours aux esclaves et aux immigrés..."' l'Europe occidentale a choisi une stratégie de défense, avec ses policiers placé à l'est, les Autrichiens. Mais nul ne se pose la question de savoir ce qui, hormis l'argent, est véritablement défendu (la culture occidentale qui n'existe plus depuis longtemps, peut-être ?), et le style de cette défense, plus précisément ses moyens, causent plus de dommages aux vestiges de la démocratie occidentale qu'ils ne la défendent efficacement. La terreur claustrophobique de l'Europe occidentale donnera naissance à un nouvel Adolf Hitler, à la paranoïa de supériorité des inférieurs. Les détenteurs des richesses et du pouvoir autoriseront à nouveau l'avilissement total de la société, rien que pour "sauver les meubles", et finalement, au prix d'un nouveau totalitarisme, de nouvelles catastrophes sociales, ils réussiront à survivre; mis de quelle survie, de quel totalitarisme s'agira-t-il ? Qui pourra dire que ces dangereuses idéologies disposent d'un idéal quelconque, de quelque chose qui ne soit pas encore expérimenté, qui n'ait pas encore échoué ? (P. 141)
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JeanPierreVJeanPierreV   20 mai 2016
Avez-vous remarqué que dans ce siècle tout est devenu plus vrai, plus véritablement soi-même? Le soldat est devenu un tueur professionnel; la politique, du banditisme; le capital, une usine à détruire équipée de fours crématoires; la loi, la règle d’un jeu de dupes ; l’antisémitisme, Auschwitz; le sentiment national, le génocide. Notre époque est celle de la vérité, c’est indubitable. Et bien que par habitude on continue à mentir, tout le monde y voit clair; si l’on s’écrie : amour, alors tous savent que l’heure du crime a sonné, et si c’est : loi, c’est celle du vol, du pillage. (…) N’oublions pas qu’Auschwitz n’a pas été liquidé pour avoir été Auschwitz, mais parce que la fortune des armes a tourné ; et depuis Auschwitz, il ne s’est rien passé que nous aurions pu vivre comme la réfutation d’Auschwitz. En revanche, nous avons connu des empires fondés sur des idéologies qui se sont avérées dans la pratique n’être que de simples jeux de mots et c’est justement leur nature de jeu de mots qui les rendaient si utilisables, c’est-à-dire en faisait des instruments de terreur efficaces (P.84-85)
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chartelchartel   21 mars 2008
Un écrivain doit surtout éviter, quand il n’a plus rien à dire, de devenir soudain, au cours de son écriture, spirituel.
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chartelchartel   21 mars 2008
Les innombrables petites erreurs individuelles créent la grande erreur commune. Et cette erreur est notre seule vérité.
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JeanPierreVJeanPierreV   20 mai 2016
Si ton existence n'est pas incroyable, alors elle ne vaut pas la peine qu'on en parle. (P. 109)
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Videos de Imre Kertész (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Imre Kertész
Pour Dany Cohn Bendit, il est important de rendre hommage à Imre Kertész, Prix Nobel de littérature hongrois, qui était l'un des plus grands hommes de notre époque.
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