AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782809706529
138 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (27/02/2015)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 35 notes)
Résumé :

"A notre époque, il n'y a que deux voies pour ceux qui aspirent à être un dieu : la création et le crime" : ainsi parle le narrateur, qui explore l'art de détruire autrui. Ce qu'il aime par-dessus tout, c'est révéler leur pulsion de mort à ses victimes, "jusqu'au stade où la personne devient digne d'être mon client". Le passage à l'acte n'est plus que formalité technique, quand compte avant tout ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  08 août 2015
Il est discret, mystérieux, cultivé, mais aussi méticuleux, doué dans sa partie. Toujours prêt à tout pour faciliter la vie de ses clients. Ou plutôt la mort. Car oui, il permet à ses clients de passer de vie à trépas, un aide au suicide en quelque sorte. Mais ce qu'il aime le plus, c'est raconter par écrit ses missions réussies. Un jour, il publiera anonymement le récit de ses exploits. Des histoires de vie, des histoires de mort. le portrait d'une jeunesse coréenne désemparée. Une artiste performeuse qui refuse photos et vidéos par peur de se faire voler son âme. Une fille facile qui fait l'amour en suçant des chupa chups, couchant avec deux frères, l'un chauffeur d'un taxi ''balles-de-revolver'' qui fonce à 200 à l'heure sur les autoroutes séoulites, l'autre artiste vidéaste. Des destins croisés qui ont pour point commun l'homme qui leur donne le droit et les moyens de se détruire.
Un roman déroutant, dérangeant même, pas facile d'accès en tout cas. La quatrième de couverture parle de polar mais il n'y a ni crime véritable, ni enquête, ni flic. C'est plutôt un conte moderne où la méchante fée serait cet homme énigmatique qui profite de la faiblesse de ses contemporains pour les pousser au suicide. Et il ne manque pas de candidats dans une société qui a perdu ses repères. La dictature renversée, la Corée des années 90 se cherche un idéal, entre boum économique et modernisation. La jeunesse veut tout, tout de suite, très vite, puis se rend compte qu'elle n'a rien à combattre, rien à protéger, plus rien à désirer...
C'est cette société, en manque de luttes, d'engagements, de raisons de vivre que décrit Young-ha KIM dans un roman rageur, pessimiste, étrange et inquiétant. A découvrir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          440
kuroineko
  09 juin 2019
Ambiance crépusculaire et mortifère avec La mort à demi-mots. J'ai découvert Kim Young-ha avec Qu'est devenu l'homme coincé dans l'ascenseur puis Ma mémoire assasine. On peut dire qu'il a un style et une vision bien à lui, faits de mordant et de constat sur la société sud-coréenne. Né après la fin de la dictature militaire en Corée du Sud, il est l'un des représentants les plus marquants d'une nouvelle génération d'écrivains.
Le roman nous ramène dans les années 1990. La démocratie l'a emporté sur l'autoritarisme; la jeunesse coréenne s'ouvre à la liberté, à la consommation, à l'envie de vouloir tout... au risque de ne plus rien ressentir véritablement. Désabusée, perdue, ne trouvant plus ni repère ni valeur, une sombre désespérance plane sur beaucoup d'entre eux.
Le narrateur est un homme à la vocation et à la personnalité singulières. Esthète criminel, criminel esthète? Je n'arrive pas à déterminer quel est l'ordre le plus exact. Il "aide'' ses clients, avec beaucoup de perfectionnisme, d'écoute et même de vraie compassion, à en finir avec la vie. Entre deux contrats, il voyage et, entre autre, visite les musées d'art. La peinture, avec Klimt, Van Gogh, David, etc, occupe une partie de ses pensées et offre cette tournure si particulière à sa personnalité.
Kim Young-ha opte pour un récit non linéaire qui déroute un peu au départ, passant de la narration directe du tueur à l'histoire de deux frères juste nommés K et C et d'une jeune femme Seyoun amante des deux, ce qui ne va pas sans provoquer de frictions. A noter que seules deux femmes portent un prénom clairement énoncé dans le roman. Non sans raison.
La mort à demi-mots dressent également le portrait de divers personnages qui semblent tous sur la marge, comme prêts à tomber dans un précipice. Il n'y a guère de joie dans ce roman. Les relations entre les êtres se heurtent à des obstacles paraissant insurmontables, en dépit de l'amour qu'ils font parfois. Èros et Thanatos dans le Séoul des années 1990, c'est ainsi que définit lui-même l'auteur son histoire, comme l'apprend la préface. A noter que je conseille plutôt de lire celle-ci après le roman, du fait de la manie désagréable des auteurs de préface de dévoiler une partie non négligeable de l'intrigue. C'est très énervant; qu'on les colle en postface à la fin!
Ce que je découvre au fil de mes lectures coréennes m'incite à en lire toujours plus. La mort à demi-mots ne vient pas contrarier cette envie. Il est néanmoins un roman sombre et dérangeant. Pour la vie en rose, on repassera. Mais il a de grandes qualités de fond et de forme. Je suis contente que les éditions Picquier publient plusieurs autres titres de Kim Young-ha car voilà un écrivain fascinant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          360
frandj
  11 novembre 2015
C’est un curieux livre, original mais pas particulièrement agréable à lire, premier roman de l’écrivain coréen Young-Ha Kim.
Le narrateur a une spécialité: grâce à une longue expérience, il parvient à repérer les personnes en difficulté et, si l’affaire est conclue, il les aide à se suicider par la méthode de leur choix. Comme l'a noté l’auteur de la préface, « tuer ne l’intéresse pas vraiment; ce qu’il aime, c’est révéler leur pulsion de mort à ses cibles ». Il accomplit ce travail sérieusement et sans états d’âme. Toutefois, son intérêt principal est, ensuite, de consigner par écrit le déroulement de ses "missions" particulièrement réussies. Mais son caractère reste assez mystérieux, quoiqu’il occupe une place de premier plan dans le roman.
Il n'est pas spécialement motivé par l'argent qu'il retire de son business. Mais il lui faut trouver régulièrement des "clients". Young-Ha Kim les met en scène. Il peuple son roman de personnages tous plus "disjonctés" les uns que les autres. Par exemple, cette jeune femme qui a toujours besoin d’avoir une sucette "Chupa Chups" dans la bouche quand elle fait l’amour; pour le moment, elle est la maîtresse de deux frères, en même temps. Ces deux hommes, désignés par les simples initiales C et K, jouent aussi un rôle important, ainsi que quelques autres individus.
L’action se déroule dans les années qui ont suivi la fin de la dictature; de cette période, l'auteur donne une image sombre et même désespérante, notamment en ce qui concerne la jeunesse coréenne qui ne sait pas que faire de sa liberté. Derrière les bizarreries et les absurdités de ces jeunes gens, on sent beaucoup de souffrance non dite. En refermant ce livre, j’ai pensé à l’histoire et à l’ambiance de "Miso soup" du Japonais Murakami Ryu.
Ceci dit, j’ignore absolument si cette image était et reste représentative de la réalité coréenne.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Fuyating
  12 septembre 2018
Autant j'ai adoré d'autres titres de Kim Young-Ha (par exemple "L'empire des lumières"), autant j'ai détesté celui-ci. Ce roman avant-gardiste m'a laissé un goût amer et m'a beaucoup refroidi. Je trouve cependant très intéressant qu'un auteur puisse avoir des styles aussi différents, j'ai l'impression que Kim Young-Ha touche un peu à tout.
Je serais heureuse par contre de discuter de ce livre et de ma compréhension de cette lecture avec des personnes l'ayant beaucoup aimé.
Commenter  J’apprécie          10
Asteropsia
  29 août 2020
À sa publication en 1996, La mort à demi-mots est saluée par la critique pour son originalité novatrice et obtient le prix du Nouvel Écrivain de Munhakdongne. Son titre original 나는 나를 파괴할 권리가 있다 Naneul nareul pakwihal kwoulika ita est inspiré d'une déclaration de Françoise Sagan : « J'ai le droit de me détruire ».
Car la destruction de soi est au coeur de ce récit mettant en scène un esthète du crime professionnel pour personnes en mal de vivre.
Le narrateur, maître du récit, est le fil conducteur de l'intrigue. C'est par ses mots que l'on découvre l'histoire. À travers son point de vue détaché, presque médical, nous sommes témoins de la misère des personnages. Il observe en retrait, sans s'investir émotionnellement, la souffrance d'autrui qui nourrit son business.
° Cet esthète du crime, qui aime Delacroix et la littérature, nous présente une jeunesse coréenne paumée et en mal de vivre, dans le Séoul impersonnel des années 90.
° C'est l'occasion d'aborder des sujets souvent tabous en Corée du Sud (sexualité, suicide) et d'en apprendre plus sur ce pays où tout n'est pas toujours rose.
Chronique à lire sur mon blog.
Lien : https://asteropsia.wordpress..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00

Citations et extraits (4) Ajouter une citation
kuroinekokuroineko   09 juin 2019
Une fois arrivé dans la partie sud, on pouvait voir le palais. J'y suis entré d'un pas lent. Il était bondé de jeunes écoliers sans doute en voyage scolaire et de touristes qui regardaient tout à travers leur caméra vidéo en fermant un oeil. Les appareils photographiques japonais ont pratiquement disparu, la mode est maintenant à la caméra vidéo. C'est la gourde de Jinny. Elle avale tout : le palais du Belvédère, le lac devant le palais. Dans la mémoire de ces gens-là, le Belvédère se réduit à une image vaguement esquissée dans un carré bleuté. En cherchant l'immortalité du souvenir, ils sacrifient le présent. C'est désolant mais c'est comme ça.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
art-bsurdeart-bsurde   05 août 2013
Je fais très attention aux gens qui se plongent dans les autoportraits de Van Gogh. Ce sont des solitaires. Ils ont regardé au moins une fois à l'intérieur d'eux mêmes. Ils savent à quel point cette expérience est périlleuse mais aussi quel plaisir intime elle procure.
Commenter  J’apprécie          20
BookFanBookFan   30 juillet 2020
"M. Kim a un don certain pour brouiller les pistes : loin de l’autodestruction, son roman expose plutôt, avec talent et cynisme, l’art de détruire autrui. Même si les victimes sont consentantes". - Avant-propos GILLES BAUD BERTHIER
Commenter  J’apprécie          10
BookFanBookFan   25 juin 2020
Ce qu’il aime, c’est révéler leur pulsion de mort à ses cibles, « jusqu’au stade où la personne devient digne d’être mon client ».
Commenter  J’apprécie          10

Dans la catégorie : Littérature coréenneVoir plus
>Littérature des autres langues>Littérature asiatique>Littérature coréenne (62)
autres livres classés : littérature coréenneVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (6 - polars et thrillers )

Roger-Jon Ellory : " **** le silence"

seul
profond
terrible
intense

20 questions
1944 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , thriller , romans policiers et polarsCréer un quiz sur ce livre