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EAN : 9782809710847
160 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (06/03/2015)
3.99/5   130 notes
Résumé :
Un ex-tueur en série décide de reprendre du service. Seul problème : il a soixante-douze ans et vient d'apprendre qu'il est atteint de la maladie d'Alzheimer.
Sous ses dehors de vieillard inoffensif s'adonnant à ses heures perdues à la poésie et la philosophie, se cache un redoutable meurtrier qui a assassiné sans remords des dizaines de personnes. Aujourd'hui il repart en chasse alors que rôde autour de sa maison un homme qui menace de s'en prendre à sa fill... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
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sur 130 notes
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Eric76
  19 mars 2018
Un roman dérangeant et qui fait froid dans le dos. Un roman qu'on ne peut pas aimer tant il est chargé de fiel et de dédain, mais qu'on lit jusqu'au bout, emporté par son incroyable vigueur. Il parle de la terreur des temps modernes ; celle de la disparition de la mémoire, de la perte totale d'identité, de la vieillesse tremblotante : la maladie d'Alzheimer. Avec un style froid et caustique, Kim Byeong-su, sud-coréen de soixante-dix ans, raconte sa lente dérive et ses tentatives vaines et pathétiques pour résister contre l'effacement progressif de son moi. En premier, c'est la mémoire récente qui s'estompe, s'effiloche, se décolore… Ces gens qui lui parlent, cette rue qu'il traverse, ces objets qui l'entourent ont un rapport intime avec lui. de toutes les fibres de son corps, il le sait, mais il ne parvient pas à s'en souvenir. Quoi de plus effrayant ? Mais Kim Byeong-su n'est pas un homme comme les autres : c'est un tueur en série qui, toute sa vie durant, a tué sans relâche avec un plaisir morbide. Ses crimes ont accompagné l'histoire mouvementée, brutale et sanglante de la péninsule coréenne. Dans ses mots, dans ses souvenirs épars, de plus en plus fragmentés, l'homme se montre cruel et arrogant. Malgré son déclin, il se dégage encore de lui une force inquiétante et maléfique. Il jette sur ses congénères, tous de potentiels victimes, un regard de grand fauve solitaire et considère cette maladie comme une punition divine.
Un roman fort, perturbant et angoissant.
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sandrine57
  13 mars 2018
Vieillard paisible, Kim Byeong-su profite de sa retraite pour lire les grands philosophes et composer des poèmes. Il vit avec sa fille adoptive Eun-hee, dans une maison isolée de la campagne coréenne. Mais depuis un moment, sa vie est perturbée par des absences et des pertes de mémoire. le verdict est sans appel : Byeong-su souffre de la maladie d'Alzheimer. Alors il écrit, il enregistre, il tente de gérer le quotidien et sa mémoire à court terme qui disparaît. Parce qu'en ce qui concerne le passé le vieil homme n'a rien oublié, il se souvient parfaitement de son ancien hobby : tuer. Depuis son premier meurtre, à l'âge de 15 ans, jusqu'à l'interruption de sa ''carrière'' de tueur en série quand il en avait 44, Byeong-su n'a cessé de tuer des hommes, des femmes, des enfants sans jamais attirer l'attention de la police. Mais malgré l'âge et la maladie, les souvenirs qui s'effacent et se mélangent, il est contraint de reprendre du service. Un autre tueur sévit dans la région et il rôde autour de Eun-hee. Byeong-su le sait, il doit tuer cet homme avant qu'il ne s'en prenne à sa fille.
Peut-on prendre en pitié en tueur en série ? Oui quand il est faible, vieillissant et tourmenté par une mémoire défaillante. Oui quand il se bat avec ses lambeaux de souvenirs dans le seul but de sauver sa fille. Oui quand il use de toutes les ficelles de la mauvaise foi pour justifier sa vie et ses actes. Oui quand on le voit sombrer dans le trou noir de la maladie d'Alzheimer.
Mais bien sûr cela ne va pas sans un sentiment de malaise, grandissant à mesure que l'on découvre ses ''exploits'', au fil de son récit qui se découd, qui n'est pas fiable, qui jongle entre le réel et les souvenirs modifiés par une mémoire défaillante. Car Young-ha Kim se joue de son lecteur. Après l'avoir amadoué avec cette histoire d'un pauvre vieux diminué par l'âge et attaché à sauver sa fille en danger, il le retourne en lui montrant la vérité, l'horreur et la mort.
Maître du suspense et de la manipulation, Kim livre ici un roman noir et anxiogène, teinté de poésie et de réflexions sur la vie, la vieillesse, la maladie et la mort. Une belle découverte, originale et cruelle.
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gavarneur
  12 juillet 2016
Ça pourrait être une version polar du quatuor d'Alexandrie : quatre fois la même histoire. Mais avec deux narrateurs seulement, le premier ne sachant plus laquelle de ses trois versions est la bonne.
La seule chose claire en lui, c'est son passé de tueur en série, interrompue par un accident. Maintenant, il voit Alzheimer le ravager peu à peu. Toujours sûr du passé lointain, souvent aussi de souvenirs plus récents qui se révèlent faux, il souffre de ne plus pouvoir se faire confiance.
Kim Young-Ha promène son lecteur où il veut, le tient en haleine et lui fait faire demi-tour, le perd sans lui bander les yeux, c'est d'une maîtrise magnifique, souvent d'un comique froid. Et c'est aussi le portrait poignant d'un homme malade et qui doute, d'un homme traqué qui voudrait encore tuer une dernière fois avant de sombrer dans la démence, et sauver la vie d'un être cher.
Suspense absolu, réflexions sur la vie, la poésie, la maladie et la mort, et aussi des scènes incroyables du temps de la dictature soutenue par les américains.
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missmolko1
  31 janvier 2021
Je termine ce mois de Janvier en beauté avec cette lecture coréenne, qui est un vrai coup de coeur.
On fait la connaissance d'un homme, ancien tueur en série, qui vit aujourd'hui paisiblement dans un petit village avec sa fille adoptive. Il a soixante-dix ans et vient d'apprendre qu'il a la maladie d'Alzheimer. Il tient donc un journal ou il note ses souvenirs avant qu'il ne lui échappe.
Ce qui m'a le plus plu c'est que l'on passe par tous les sentiments possibles au fil de cette lecture : la pitié pour ce vieil homme malade, le rire parce que c'est un sacré personnage, le frisson et la peur parce qu'il peut être sans pitié et enfin l'exaspération fasse a la maladie.
Le suspense est omniprésent, on a hâte de connaitre le fin mot de l'histoire et je dois dire que je n'ai pas été déçu. le récit est habillement menée, l'intrigue très bien écrite.
Je suis ravie de retrouver l'auteur Young-Ha Kim que j'avais découvert avec L'empire des lumières. J'avais déjà passé un excellent moment et je me suis à nouveau régaler avec cette lecture. Fleur Noire est également dans ma PAL et j'ai hâte de le lire.
Enfin j'ai trouvé que la maladie du vieil homme était bien expliquée, et tout ce qui tourne autour comme la méfiance des autres, le sentiment d'avoir été cambriolé et tous ces petits exemple qui ponctue le récit. J'ai aimé aussi découvrir la Corée et son histoire qui est évoqué par petite touche avec les souvenirs de notre héros.

Lien : https://missmolko1.blogspot...
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Mimeko
  13 mars 2018
Difficile pour Kim Byeong-su, soixante douze ans, de se souvenir des évènements récents ; atteint d'Alzheimer, il lutte constamment à l'aide de son journal où il note les faits quotidiens ou d'un magnétophone pour faciliter ses taches quotidiennes...En revanche les événements plus anciens et notamment les crimes en série qu'il a commis jusqu'à l'âge de quarante quatre ans, se rappellent à lui régulièrement avec une précision et un détail impressionnants. Il reçoit régulièrement la visite de Eun-hee, sa fille adoptive, mais quand cette dernière lui présente l'homme qu'elle aime, Kim Byeong-su, soupçonneux depuis qu'un tueur s'attaque à de jeunes femmes, décide de reprendre du service.
J'ai un avis mitigé après la lecture de Ma mémoire assassine ; j'ai aimé l'originalité du sujet et le style efficace et très construit montrant la dégradation lente et inexorable de l'esprit de cet assassin qui m'a fait penser au journal d'un fou de Gogol, on suit parfaitement ses hésitations, ses questionnements, ses peurs et surtout sa lutte pour maintenir son esprit et ses pensées mais je dois avouer que j'ai été gênée par le sujet lui-même, le détail des crimes relatés froidement, comme des performances artistiques, de façon clinique et distanciée m'a mis quelque peu mal à l'aise.
Le récit de Young-Ha Kim reste intéressant mais il faut garder en tête cette froideur et de cette cruauté avant de le lire.
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Citations et extraits (84) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric76   08 mars 2018
Je passe une IRM. On m'allonge sur une table pareille à un cercueil blanc et j'entre dans la lumière; ça ressemble à une expérience de mort imminente. J'ai une hallucination, j'ai l'impression de sortir de mon corps et de me regarder d'en haut. La mort est tout près de moi, je la sens, et je vais bientôt quitter ce monde.
Une semaine plus tard, le médecin me soumet à un test neuropsychologique. Il me pose des questions et je lui réponds. Les questions sont simples, malgré tout, j'ai du mal à trouver les réponses. C'est comme plonger la main dans un aquarium et essayer d'attraper des poissons qui vous glissent sans cesse entre les doigts. Qui est l'actuel président de la République ? En quelle année sommes-nous ? Répétez-moi les trois mots que vous venez d'entendre. Combien font dix-sept plus cinq ? Je suis sûr de connaître les réponses, mais elles refusent de surgir dans ma tête. Je les connais et, en même temps, je ne les connais pas. Comment une chose aussi absurde est-elle possible ?
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Eric76Eric76   05 mars 2018
Les mots disparaissent. Mon cerveau me fait de plus en plus penser à un concombre de mer, gluant et percé de petits trous. Tout s'en échappe. Le matin, je parcours le journal de la première à la dernière page, mais une fois que j'ai terminé, j'ai l'impression d'avoir oublié plus de choses que je n'en ai lu. Malgré tout, je lis, même si déchiffrer une phrase est pour moi aussi ardu que d'essayer de monter un meuble dont il manque les principales pièces.
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lafilledepassagelafilledepassage   09 juin 2018
Mon histoire ressemble un peu à celle d'Ulysse dans l'Odyssée. Après son départ de Troie, il arrive sur une île dont les habitants se nourrissent de lotus, et une fois qu'il a goûté à cette plante qu'ils lui ont offerte, il oublie qu'il doit rentrer dans son pays natal. Ses compagnons de voyage oublient eux aussi le but de leur voyage. Leur pays natal appartient au passé, mais leur projet d'y retourner appartient au futur. Dans la suite de son aventure, Ulysse fuit le chant des sirènes et la nymphe Calypso qui veut le garder près d'elle, pour toujours. Ce que souhaitent les sirènes et Calypso, c'est qu'il oublie l'avenir et demeure prisonnier du présent. Mais Ulysse ne renonce pas et n'a de cesse de combattre l'oubli pour pouvoir retourner chez lui, car rester muré dans le présent revient à réduire son existence à celle d'un animal. En perdant la mémoire, on perd aussi son humanité. Le présent n'est qu'un point virtuel reliant le passé et le futur, en lui-même il n'est rien. Quelle différence y a-t-il entre un malade d'Alzheimer gravement atteint et un animal? Aucune. Tous deux mangent, évacuent, rient, pleurent, et enfin meurent. C'est justement ça qu'Ulysse refuse. Comment? En n'abandonnant jamais son projet d'avancer vers le passé tout en essayant de se souvenir du futur.
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blandine5674blandine5674   21 septembre 2015
Suite à une coupure d’électricité, un père demande à son fils de lui apporter une bougie. Le fils dit : « Papa, je n’arrive pas à la trouver, il fait trop noir. », ce à quoi le père répond : « Espèce de crétin, tu n’as qu’à allumer pour la chercher. »
Cela résume bien la relation que j’entretiens avec mes médicaments. Il faut les prendre pour améliorer la mémoire, mais justement parce que je perds la mémoire, je ne peux pas les prendre.
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MimekoMimeko   14 mars 2018
J'ai vécu ainsi pendant plus de vingt ans et aujourd'hui, je prépare un nouvel assassinat par obligation et non poussé par une quelconque pulsion. En ce moment, Dieu m'ordonne de rendre moi-même banals, des actes criminels que je considérais jusqu'à maintenant comme sacrés.
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