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Jean-Luc Fromental (Éditeur scientifique)
EAN : 9782842053321
95 pages
1001 Nuits (01/05/1998)
4.18/5   93 notes
Résumé :
Tu seras un homme mon fils, l'un des plus, célèbres poèmes de la littérature, est enfin réédité. Ce poème qui magnifie l'enfance et exalte l'autonomie et la droiture est suivi des lettre qu'échangèrent Kipling et son fils John alors que ce dernier était au front en 1915. Il y trouva la mort quelques semaines avant ses dix-huit ans. L'ensemble exprime avec une grande émotion les espoirs, l'inquiétude et finalement l'impuissance d'un père vis-à-vis de son fils.
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Grosse déception en ce qui concerne la traduction du célèbre poème de Kipling "Tu seras un homme mon fils". Dans l'éditions Mille et une nuits, le texte est disponible en bilingue (anglais sur la page de gauche - français sur la page de droite) et, honnêtement, certains passages de la traduction n'ont rien à voir avec l'original. D'accord, les rimes sont respectées en français, mais ne valait-il pas mieux conserver le sens plutôt que le son ? La question mérite d'être posé...

La seconde partie de ce petit ouvrage (à peine 95 pages, il se lit en quelques heures) se compose d'une sélection de lettres échangées entre Rudyard et John Kipling en 1915, alors que John, le fils du célèbre écrivain, venait de rejoindre le bataillon des Irish Guards. John sera porté disparu en France et son corps ne sera jamais retrouvé. Il n'avait que 18 ans.
Les lettres de Kipling à son fils débordent de fierté. On sent bien que le père admire son jeune fils qui part à la guerre alors qu'il est encore si jeune. Kipling donne des conseils à John, lui raconte des anecdotes lorsque lui-même se trouve également en France, comme reporter de guerre. Les deux hommes échangent donc une correspondance très complice ; on comprend bien vite que Kipling était très proche de ses deux enfants, John et Elsie.
Les lettres de John sont plus "jeunes" que celles de son père. Normal, me direz-vous, tout le monde n'a pas la plume de Rudyard, et le fait de porter le même patronyme n'a apparemment pas d'incidence sur le talent de narrateur. Non pas que les lettres de John sont désagréables à lire, mais les premières missives semblent très puériles. John y parle de la préparation de son bataillon et on a l'impression de lire les lettres d'un scout racontant son camp à ses parents. le jeune homme ne semble pas se rendre compte de l'importance et du danger de la guerre à laquelle il va participer et même s'il se fait remarquer pour l'excellence de son service, John donne d'abord l'impression de bien s'amuser.
Petit à petit, les lettres changent de ton. Une fois arrivé en France, John constate apparemment les ravages de la guerre. Il demande à ses parents, de façon parfois pressante, de lui envoyer du matériel supplémentaire, des denrées alimentaires, divers articles vestimentaires... Sa façon d'écrire se fait plus "sèche" et n'hésite pas, de temps à autre, à critiquer les conseils que lui donne son père.
Les dernières missives sont particulièrement émouvantes lorsque l'on connaît le destin de John. Dans l'une de celles-ci, le jeune homme demande à ses parents de lui envoyer une plaque d'identification portant son nom. Il a perdu la sienne. Peut-être est-ce en partie à cause de cela que le corps de John n'a jamais été retrouvé.
La dernière lettre est celle où John explique l'importance de la manoeuvre à venir. D'après lui, avec cette offensive, son bataillon pourrait bien changer la donne et mettre fin à la guerre... Enthousiaste, mais plus lucide qu'au début de sa formation, John paraît aussi angoissé.

Ce court ouvrage était une très belle découverte. La plume de Kipling m'a séduite par sa vivacité et par la facilité avec laquelle l'écrivain "croquait" certains de ses contemporains en quelques mots. le destin de son jeune fils, par contre, m'a beaucoup émue.

Challenge 15 Nobel : 5/15
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Quelle belle idée que ces petits textes mis en lumière par les éditions 1001 nuits, qui viennent éclairer leurs auteurs d'une couleur intime et méconnue.
Autour du célébrissime poème "Tu seras un homme, mon fils", quelques lettres échangées en 1915 entre Rudyard le père, au fait de sa gloire et bardé de certitudes sur le bien fondé de la guerre, et John, le fils, à peine dix huit ans, engagé volontaire pour satisfaire aux volontés du père dans les Irish guards pour rejoindre le front en France. Il n'en reviendra pas.
Ces lettres intimes, banales, m'ont profondément émue. on y découvre un Kipling plein d'humour, de fierté et de tendresse pour le fils aimé dont il ne comprend pas dans quelle horreur il l'a envoyé; John quant à lui respire encore l'enfance, le désir de bien faire pour plaire au père, mais au fil des lettres l'insouciance de la jeunesse cède le pas à l'épuisement, la tension et la crainte à mesure que le font approche.
Cette entrée côté cour dans l'univers intime de l'écrivain, si elle le fait un peu voyeur, donne à voir au lecteur un père dans toutes ses rectitudes mais aussi son humanité, un faiseur de fictions broyé à son tour par la grande Histoire.
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Le titre de ce livre, "Tu seras un homme mon fils", est le titre d'un poème écrit par Rudyard Kipling, écrivain britannique, prix Nobel de Littérature 1907.

Ce poème est suivi de quelques lettres qu'échangèrent Kipling et son fils John envoyé au front en 1915, avec les encouragements de ses parents, alors qu'il avait à peine 17 ans. La quatrième de couverture nous indique que John périra sur le front quelques semaines à peine avant ses dix-huit ans. La dernière lettre qu'il envoie à son père et que nous lisons avec tristesse dans ce petit recueil, date du 25 septembre 1915.

La postface rédigée par Jean-Luc Fromental est très éclairante sur le contenu des lettres (fanfaronnades de Kipling qui vient visiter le front et les généraux Français, réponses de John de plus en plus terre à terre…) ; et sur leur histoire, comment ces lettres, précieusement gardées par la fille de Kipling pendant des années sont-elles venues jusqu'à nous. Fromental évoque aussi l'impact du décès de John, dont on ne retrouvera jamais le corps, sur les sentiments de son père. Il ne fanfaronne plus, il s'impose, au titre de commissaire des sépultures de guerre, la tournée des cimetières militaires et laissera sa peine s'exprimer dans un autre poème connu « My Son Jack », bien loin du « Tu seras un homme mon fils » ou encore, indique Fromental, dans une de ses Epitaphes de la Guerre, intitulée « La prière commune » : « S'ils veulent savoir pourquoi nous avons péri / Dites-leur : c'est parce que nos pères ont menti »
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Il est parfois des textes qui sonnent juste, car ils font vibrer notre âme et notre coeur, et réveiller l'humain sublime et noble qui sommeille en nous. A ce titre ce poème peut être qualifié de chef-d'oeuvre.

« Tu seras un homme mon fils » est le poème le plus connu de Kipling, écrit pour son fils alors âgé de 12 ans.
Une très belle déclaration d'amour à un enfant où l'auteur souhaite tout le meilleur à son fils, afin qu'il concrétise tous ses désirs et ses espérances tout en restant dans la dignité .
Ce texte émouvant a l'extrême est intemporel, universel, indispensable.

Dans cette édition il est suivi par les lettres qu'il écrira à son fils quand ce dernier est à la guerre. Il mourra quelques semaines avant ses 18 ans sur le front.

Associer ce poème à cette correspondance est une réussite bouleversante qui donne encore plus d'ampleur aux mots de Kipling.
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Tu seras un homme mon fils /Rudyard Kipling

Tu seras un homme mon fils, l'un des plus célèbres poèmes est une page de littérature que tout le monde doit connaître. Ce très beau poème De Rudyard Kipling, trop bref, magnifie l'enfance et exalte l'autonomie et la droiture. Adressé à son fils en 1910, celui-ci trouva la mort au front en 1915 à l'âge de dix-huit ans. L'ensemble exprime avec une grande émotion les espoirs, l'inquiétude et finalement l'impuissance d'un père vis-à-vis de son fils.

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Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tous jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.


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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Au fil des lettres, apparaît une rivalité entre le père [Rudyard Kipling] et le fils [John], qui n'est nullement le fait de ce dernier. Comme si Rudyard voulait être à la place de John, comme s'il lui enviait cette vie "à laquelle on prend goût" (lettre du 22 août). Le monstre sacré quinquagénaire ne ménage pas ses efforts pour garder l'ascendant sur l'officier de dix-huit ans. La tournée des positions à laquelle il se livre en tant que journaliste alors que John vient de prendre ses quartiers à quelques kilomètres de la ligne de front, les exploits automobiles qui en découlent, son récit enjoué des bons tours que se jouent les vieux généraux des camps adverses (lettre du 25 août), sa visite ratée à Joffre, ses coquetteries d’homme célèbre (« Tous semblent me connaître… »), ses conseils absurdes en matière de protection des tranchées (le grillage à lapins) que John balaye d’un revers de plume, comme il douche l’enthousiasme paternel devant la qualité des positions françaises (« On ne t’a laissé voir que des tranchées-témoin… »), son inconsciente fatuité (« Informe ton commandant de ce que je t’ai écrit ») sont autant d’indices d’un décalage pathétique, qui en dit long sur la cécité d’une génération qui a voulu et mené ce conflit. Kipling, comme nombre de ses contemporains, n’a pas vu qu’on n’était plus au temps des glorieuses charges de Lanciers, que cette guerre serait sale, massive, anonyme.

Ce qui, bien sûr, ne retire rien aux trésors d’humour et de tendresse qu’il déploie pour tenir haut le pavillon de son combattant. La plume du maître est toujours aussi vive à brosser un tableau piquant, à esquisser un portrait en peu de mots. En face, on sent naître la peur et l'affolement, cachés derrière des anecdotes brutales (la truie et le sac de rations) ou des requêtes de plus en plus pressantes et enfantines pour des produits domestiques, savon à barbe, pantoufles, chocolat.

Dans sa dernière lettre, datée du 25 septembre 1915, John annonce avec une fierté puérile que son bataillon va prendre part à l’offensive décisive qui doit mettre fin aux hostilités. Il s’agit de la bataille de Loos, qui durera quelques jours, ne changera rien au cours de la guerre et coûtera la vie à vingt mille soldats anglais. Le 27, la division de John monte au feu. Cinq jours plus tard, un télégramme du War Office arrive à Bateman’s. Le lieutenant John Kipling est porté disparu au combat. Son corps ne sera jamais retrouvé.

[Extrait de la postface de Jean-Luc Fromental]
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Si tu sais rester calme alors qu'autour de toi chacun s'affole et t'accuse d'en être la cause, quand l'on doute de toi, si tu crois en toi-même et reste indulgent pour le doute d'autrui; et si tu sais attendre et n'en pas être las et ne jamais mentir devant la calomnie et ne point répondre à la haine par la haine sans avoir l'air trop juste ou trop parler en sage;

Et si tu sais rêver, sans t'asservir aux rêves et si tu sais penser, sans en faire ta fin; si tu sais, affrontant et désastre et triomphe, réserver même accueil à ces deux imposteurs; si tu sais voir la vérité que tu as dite, par des drôles faussée pour tendre un piège aux sots, ou bien, voyant détruit ce pour quoi tu as vécu, le rebâtir, penché sur tes outils usés;

Si tu sais rassembler tes gains en un seul tas et risquer en un seul coup de pile et de face, et, perdant repartir de tes commencements et ne jamais souffler un mot de cette perte;

Si tu sais obliger ton cœur, tes nerfs, ta force à te servir longtemps après qu'ils ne sont plus; et tenir bon quand tu ne sens plus rien en toi, sinon la volonté qui leur dit: "Tenez ferme";

Si tu sais plaire au peuple en gardant ta vertu, si tu sais rester peuple en fréquentant les rois, si ne peut t'offenser ni l'ami ni l'ennemi; et que tu fasse cas, mais pas trop, de tout homme;

Enfin si tu remplis la minute implacable de chemin parcouru pour six fois dix secondes, à toi sera la terre et tout ce qui s'y trouve, qui mieux est, tu seras un homme, ô mon enfant.
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Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie,
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties,
Sans un geste et sans un soupir,

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
Et te sentant haï sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre,

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles,
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d'un mot,

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi,

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n'être qu'un penseur,

Si tu sais être dur sans jamais être en rage,
Si tu sais être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant,

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite,
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête,
Lorsque tous les autres les perdront,

Alors les rois, les dieux, la chance et la victoire,
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et ce qui vaut bien mieux que les rois et la gloire,
Tu seras un homme, mon fils.
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Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tous jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.
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S'ils veulent savoir pourquoi nous avons péri
Dites-leur : c'est parce que nos pères nous ont menti.

[Une des "Epitaphes de la Guerre", intitulée "La Prière commune", écrite par Rudyard Kipling. Extrait de la postface de Jean-Luc Fromental.]
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