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ISBN : 236914520X
Éditeur : Libretto (05/09/2019)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Imperium est l'histoire vraie d'August Engelhardt, qui s'exila au début du XX e siècle en Nouvelle-Guinée allemande pour fonder une colonie d'un genre nouveau - reposant entièrement sur la culture de la noix de coco. Cependant, ce qui commence comme la biographie romancée de l'un des pionniers allemands du nudisme et du végétarisme devient rapidement le rêve éveillé d'une époque et d'une géographie proche et lointaine à la fois.
Avec une ironie déconcertante... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
moussk12
  15 septembre 2019
L'auteur serait connu pour écrire des oeuvres singulières comme l'annonce la quatrième de couverture. Je le découvre avec ce livre et oui, je confirme qu'il est singulier.
Pour la forme d'abord. de longues, longues phrases entrecoupées de virgules (heureusement, sinon on en perdrait le sens), développant tout un tas de détails autour du sujet principal. Beaucoup se demanderaient à quoi servent-ils. Il est vrai que l'on pourrait supprimer les deux tiers. Et pourtant, on ne retrouverait pas cette mélodie que l'on perçoit à la lecture au point que l'on a envie de lire à haute voix. L'écriture est en effet très fine, riche et subtile, un peu comme les classique du dix-neuvième siècle.
Pour le fond ensuite. Il est en effet surprenant de découvrir l'histoire vraie de August Engelhardt (1875-1919). Engelhardt. Vraiment, vous ne connaissez pas ? Moi non plus, je ne savais rien de cet homme. Jeune allemand, il ne supportait plus ni ses congénères ni le monde évoluant trop vite et trop mal. Végétarien, il s'exila en Nouvelle-Guinée, fit l'acquisition d'une île destinée à la culture de la noix de coco, se fit aider des autochtones pour ce travail de récolte.
La noix de coco devint pour lui "le couronnement légendaire de la création", offrant à l'homme l'eau, le lait, le beurre, la chair mais aussi le matériau pour les maisons, les meubles, les accessoires, le bois de chauffage. Persuadé qu'en se nourrissant de ce fruit à l'exclusion de tout autre aliment, on deviendrait l'égal des dieux, Engelhardt n'hésita plus. Adepte du naturisme, se nourrissant uniquement de noix de coco, il pensa créer un monde exemplaire, en communion avec la nature, loin du vice, du pouvoir et de l'hypocrisie. Il ira au bout de ses convictions mais ne parviendra pas à faire adopter son mode de vie, malgré l'amitié d'un pianiste et quelques illuminés vite renvoyés chez eux par le gouvernement.
Beaucoup d'humour (justement grâce à ces longues phrases; voir ma citation) pour décrire la vie tragique de cet homme. Quelle vie ! Et quelle fin de vie surprenante.
Alors, j'ai aimé ? oui et non. Oui pour l'écriture plus que belle qui me donne vraiment envie de découvrir une autre oeuvre de Christian Kracht. Non, pour avoir accompagné cet homme, pour ne pas dire cet illuminé, sur son île avec ses noix de coco et ses noix de coco et ses noix de coco...
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mariech
  09 septembre 2019
L'histoire d'un utopiste allemand du début du XX ième siècle , August Engelhardt qui part en Nouvelle Guinée allemande pour réaliser un rêve fou : vivre uniquement de noix de coco .
Rêve fou , le mot est dit , personnage au regard halluciné sur les photos trouvées sur Google , un aventurier jusqu'au boutiste car il a vécu nu sur son île , loin de tout confort .
Un roman qui m'a beaucoup plu , l'écriture est très belle , maîtrisée , un vrai bonheur de lecture . On y rencontre l'inventeur du Vegemite , ami des frères Kellogg's .
Commenter  J’apprécie          230
SPQR
  11 janvier 2018
Découvert via un article de Mediapart sur la polémique que le livre a suscitée en Allemagne - où Kracht est taxé de complaisance vis-à-vis du colonialisme, voire de racisme -, cet 'Imperium' est une excellente découverte.
Cynique, souvent ironique, et terriblement bien écrit, ce récit de la vie d'un idéaliste allemand exilé en Nouvelle-Poméranie, alors allemande, pour fonder une communauté cocovore (dont les membres se nourrissent exclusivement de noix de coco) se révèle une lecture savoureuse, aussi drôle qu'édifiante. J'ai souvent pensé à Thomas Pynchon durant cette lecture, à ce mélange caractéristique d'érudition, d'humour et de digressions.
Voilà un texte très maîtrisé (glissements temporels, style impeccable, références culturelles) où l'on ne s'ennuie pas une seconde, et qui paraît au final un peu court, tant il y a à dire sur cet August Englehardt et la pléthore de personnages ridicules et/ou fascinants qu'il croise. A lire absolument.
Pour ce qui est de la polémique, elle ne semble avoir agité que l'Allemagne, et pas les pays qui ont accueilli une traduction ; d'ailleurs tout le monde en prend pour son grade, que ce soient les colons, les indigènes ou le personnage principal. de mon point de vue, aucune trace d'un quelconque message idéologique malsain ici, simplement un excellent texte. Je vais de ce pas poursuivre la découverte de cet auteur avec deux autres de ses livres : 'Fin de party' et 'Je serai alors au soleil et à l'ombre'.
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michdesol
  20 septembre 2019
Voilà l'histoire étonnante d'August Engelhardt (1875 - 1919), un Allemand hors du commun, marginal, végétarien et adepte du nudisme. Il décida de quitter son pays et une société qu'il ne supportait plus et s'exila en Nouvelle-Guinée dont une partie était alors un protectorat allemand. Il investit une petite île pour faire vivre ses idées, vivant nu et se nourrissant uniquement de noix de coco, persuadé que c'était là l'aliment idéal, contenant tous les nutriments nécessaires à l'homme, idée farfelue !
L'auteur nous dresse un portrait cruel de la société coloniale de l'époque, usant d'un style ironique, caustique et sarcastique, multipliant les épisodes les plus loufoques.
Ce livre se lit avec grand plaisir, grâce également, il faut le souligner, à la superbe traduction de Corinna Gepner.
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tristantristan
  22 septembre 2019
Un grand merci à Babelio qui, par les judicieuses informations envoyées à ses membres m'a informé de cette parution chez Libretto. Sans cette aide du site dédié aux livres et à leurs lecteurs, je serais sans doute passé à côté de ce bijou littéraire où il est question d'utopie et d'une vie passée à accomplir son rêve tel un Lawrence d'Arabie. Cela fait du bien d'être rendu en un temps où les hommes avaient assez de cervelle pour ne pas se soumettre aussi aveuglément et impunément à l'ubérisation des esprits et à la dictature des gafa. Un temps aussi où on pouvait envisager de découvrir et de vivre dans des régions du monde où l'universalisme de la mondialisation malheureuse n'avait pas encore aplani toutes les différences.
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critiques presse (2)
Bibliobs   14 décembre 2017
L'écrivain suisse publie “Imperium”. C'est “Au coeur des ténèbres” revu par les Marx Brothers.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde   01 décembre 2017
Déchéance d’un illuminé dans l’empire colonial allemand à l’aube du XXe siècle. Christian Kracht, railleur dans « Imperium ».
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
michdesolmichdesol   20 septembre 2019
Cependant le bruit s'était vite répandu que Lützow comptait s'établir à Kabakon, chez August Engelhardt, ce qui eut pour effet simultané une revalorisation d'Engelhardt et une dépréciation de Lützow ; on essaya par tous les moyens de l'en dissuader, le Nurembourgeois, là-bas sur son île, n'avait plus toute sa tête, il se nourrissait, c'était à peine croyable, lui racontèrent-ils, tour à tour de noix de coco et de fleurs, et était nu toute la journée. La mention de ce fait provoqua chez les dames un léger échauffement, qu'en mauvaises comédiennes elles essayèrent masquer en jouant de l'éventail. De leurs décolletés s'élevaient des exhalaisons de tubéreuse, de verveine et de musc qui se répandaient comme une brume de sol invisible avant de se dissiper, odorantes et lourdes de sous-entendus, dans les salons du club.
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moussk12moussk12   13 septembre 2019
Le terme "planteur" n'était pas approprié, il supposait de la dignité, un commerce expert avec la nature et les nobles prodiges de la croissance, non, il fallait plutôt parler d'administrateur, car c'était exactement ce qu'ils étaient, des administrateurs du progrès, ces philistins avec leurs moustaches taillées à la mode berlinoise ou munichoise d'il y a trois ans, sous des nez aux ailes couperosées qui tremblaient violemment à chaque expiration, et, en dessous, leurs lèvres palpitantes, bouffies, auxquelles pendaient des bulles de salive comme s'il ne manquait à ces dernières que de pouvoir se libérer de leur adhérence labiale pour s'envoler dans les airs, telles les bulles de savon en suspension soufflées par un enfant.
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michdesolmichdesol   20 septembre 2019
Pour illustrer cette période, on racontera l'histoire d'un Allemand, un romantique qui, comme tant d'autres de son espèce, était un artiste contrarié et si, par moments, on ne peut s'empêcher d'établir des parallèles avec un compatriote plus tardif, lui aussi romantique et végétarien, qui aurait peut-être préféré rester devant son chevalet, ceci est tout à fait voulu et d'une judicieuse cohérence "in nuce". Pour le moment, toutefois, celui-ci est encore un gamin boutonneux, bizarre, qui se prend d'innombrables baffes de son père. Mais patience : il grandit, il grandit.
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tristantristantristantristan   22 septembre 2019
Il fallait prendre patience, l'idée de vivre nu et libre en se nourrissant exclusivement de noix de coco, quoique relevant de l'évidence, devait d'abord infuser dans un monde civilisé.
p.89
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LmargantinLmargantin   08 février 2018
Des Allemands blafards, hirsutes, vulgaires, ressemblant à des cochons de terre, qui s'éveillaient lentement de leur somme digestif, des Allemands au zénith de leur influence dans le monde.
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