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ISBN : 2266267299
Éditeur : Pocket (19/01/2017)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Un mariage "forcé" a-t-il la moindre chance de devenir un mariage heureux? Les catcheurs doivent-ils "tuer le père"? Peut-on réduire l'amour à une formule mathématique? Les sangliers sont-ils moins superstitieux que les hommes? Avec sa verve inimitable, don imagination foisonnante et son humour décapant, qui lui valent un public toujours plus fervent, Fouad Laroui nous livre ici un recueil de 5 nouvelles drôles, poétiques autour des thèmes du mensonge et de l'absurd... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
denisarnoud
  07 mai 2015
Dans la nouvelle d'ouverture de ce recueil, suite à un accord entre le Maroc en mal de médecins, et la Pologne à la recherche de devises, des immigrés polonais arrivent à Khourigba, sur les lieux d'une gigantesque mine de phosphates. Les nouveaux venus ne se mélangent pas à la population locale, ils restent entre eux. Sauf Matchek, un dentiste, très curieux des us et coutumes locaux. Un jour il fait part à une de ses connaissances du cru de son désir de participer à un mariage traditionnel. Qu'à cela ne tienne, flairant le gogo, Moussa se charge de tout organiser. le dentiste sera aux premières loges puisque c'est à son propre mariage fictif que Matchek va assister. Un mariage pas si fictif que ça et qui sera lourd de conséquences.

La nouvelle qui ouvre le recueil donne le ton il sera question du mensonge et des situations absurdes qui en découlent. On y verra comment un catcheur doit "tuer" le père pour pouvoir exister, on y verra la tentative de mise en équation de l'amour, on y suivra les aventures rocambolesques d'un menteur patenté, racontées à la table d'un café.

On est pris dès le début par le style plein de poésie et d'humour de l'auteur, par son imagination débordante. La plume est pleine de verve, jubilatoire, les digressions (parenthèses et parenthèses à l'intérieur des parenthèses sont savoureuses ainsi que les notes de bas de page. Un univers qui m'a fait parfois pensé à celui de Pagnol notamment dans la nouvelle qui nous raconte les fanfaronnades du menteur à la terrasse d'un café. L'humour et la fantaisie de Fouad Laroui sont tendres quand il s'agit de raconter les petits mensonges du peuple mais beaucoup plus féroce quand il s'agit de dénoncer le mensonge institutionnalisé , le mensonge d' Etat.

Ce recueil de nouvelles est un pur bonheur de lecture. Cette lecture est une découverte pour moi qui ne connaissait pas du tout cet auteur. Une lacune que je vais combler rapidement tant j'ai aimé ce livre et la plume de son auteur.
"Après son départ (il avait rendez-vous avec l'archevêque de Casablanca), nous restâmes silencieux, méditant ce qui venait de se passer.
Tout de même, c'était extraordinaire.
de deux choses l'une, ou bien Driss Basri (ministre de l'intérieur marocain, exécuteur des basses oeuvres du régime) avait réellement mis en place un univers parallèle où le temps et l'espace étaient devenus des catégories a priori de la police. Oui bien Torrès était le plus fieffé menteur de l'univers. Dans un cas comme dans l'autre, nous étions fiers d'être les compatriotes d'hommes de cet acabit.
Bien sûr, s'ils avaient employé leur génie à résoudre quelques problèmes majeurs de notre pays, comme la pénurie chronique d'eau potable, les épidémies de choléra ou la scolarisation des petites filles, au lieu de l'investir dans la police ou l'élucubration, c'eût été encore mieux. Mais on ne peut pas demander la lune. Avoir eu autrefois l'immense Basri, avoir aujourd'hui de minuscules Torrès (car il y en avait dans tous les recoins), voilà qui suffit à nous rendre heureux."
Lien : http://leslecturesduhibou.bl..
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LeilaRe
  14 mai 2015
Mon compatriote et l'un de mes auteurs préférés, une fois de plus ne me déçoit pas ! Il confirme ses talents de conteur dans ce recueil de nouvelles "Les noces fabuleuses du Polonais" !
La première nouvelle, éponyme, donne le la !
On retrouve cette plume déjantée, qui nous balade à Khouribga "capitale" du haut plateau des phosphates. Matsckek, un dentiste Polonais se mélangeant à la plèbe locale se voit très vite ignoré par ses concitoyens. Se tournant définitivement vers les Khouribguis, il fait la rencontre de Moussa, mineur de son état avec son air chafouin et son rictus permanent. Moussa se lie d'amitié avec le polonais, lui offre un mariage pour de faux, mais allez chercher le vrai du faux dans les fourbes méandres de cette nouvelle… Mention spéciale au fameux « Layla yla la, Mokhamid rasûl layla ». Et bien oui, Matchek est polonais et c'est lui qui traite Mohammed (Mahomet) d' « envoyé de Layla », la petite annotation en bas de page m'a bien fait rire…
La seconde nouvelle « le père, le Fils et le Vengeur masqué » traite des problèmes identitaires, sur un air de brèves de comptoir mais sous couvert d'une écriture pagnolienne, et de l'univers de catch dans le Casablanca des années 70. Pris dans les rets des ressassements rassis, on finit par répondre à la question de « suis-je le plus fort ? », par « qui suis-je d'abord ? »
La troisième nouvelle « La toile mystérieuse », nous livre ses mystères à Marrakech dans les venelles de la médina avec ses Riads grâce à l'oeil aiguisé du commissaire Hammdouch.
La quatrième nouvelle « Géométrie de l'amour », se passe dans un lycée français (on ne peut s'empêcher de repenser à Une année chez les français du même auteur). Sous forme d'une pièce de théâtre et avant que le rideau ne se baisse, la magie Laroui opère à coup sûr ! L'humour corrosif est là, et l'imagination foisonnante l'est encore plus.
Et enfin, la dernière « Trois mensonges de Torrès » vous emporte dans la cinquième dimension des impossibilités physiques !

Vous aimez l'absurde, vous aimez une imagination débordante, vous aimez l'humour décapant, vous aimerez Laroui…

Lien : http://leeloosenlivre.blogsp..
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Stemilou
  07 février 2018
J'aime vous présenter les ouvrages de cet auteur dont l'humour m'a plu aux premières lignes du roman Les tribulations du dernier Siljilmassi.
Les noces fabuleuses du Polonais est un recueil de nouvelles qui nous transporte au fin fond du Maroc à la découverte de personnages haut en couleur et au verbe tout aussi haut. La première nouvelle éponyme raconte l'histoire d'un polonais travaillant à Khouriba comme dentiste pour venir en aide à ses compatriotes ingénieurs des mines de phosphates. Matschek est émerveillé par la gente féminine du pays, il se mélange au peuple délaissant ses compatriotes et commence même à apprendre leur langue. Un jour il rencontre Moussa et lui avoue son désir de participer à un mariage traditionnel marocain ... aucun problème lui répond le roublard il suffit, moyennant finance, d'en organiser un pour de faux. Pour de faux .... pas tant que ça finalement.
J'ai un peu moins accroché à la deuxième qui tournait autour du catch dans les années 70 et de problèmes identitaires, à trop se cacher on finit par ne plus savoir qui on est. La troisième est très sympathique et tourne autour d'un tableau mystérieux, nous sommes à Marrakech et suivons un commissaire qui viendra à bout du secret que renferme cette toile. L'humour se répercute aussi sur les deux dernières nouvelles dont l'une aborde le sujet de l'amour et l'autre d'histoires abracadabrantes.
Avec des tas de note en bas de page qui font bien marrer le lecteur, Fouad Laroui intègre le lecteur à l'histoire comme si il était devant nous à nous raconter l'infortune de pauvre hères. On est dans l'absurde sans pour autant oublier de parler de thème bien particulier et toujours en adéquation avec l'actualité. Qui n'a pas lu Laroui n'a jamais lu et encore pire n'a jamais rit. Voilà ce que j'en dit moi !!
Toujours un plaisir et oh! disons le une délectation ! Vous trouvez que je pousse le bouchon un peu loin? ah ah ah je vous assure qu'il y a toujours dans les romans de cet auteur un je ne sais quoi qui vous emporte, vous fait rire et sourire. Un petit voyage au Maroc ça vous dit?
Lien : http://stemilou.over-blog.co..
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DandeGre
  18 mai 2015
J'ai un vrai coup de coeur pour ce recueil de nouvelles, cinq nouvelles qui vous entraînent au Maroc et vous font découvrir plusieurs aspects de la vie et de la culture de ce pays, cher à l'auteur.
Fouad Laroui possède un talent indéniable de conteur, de l'humour et de la fantaisie à revendre, mais toujours au service de l'histoire.
J'aime aussi son humanité vis-à-vis des personnages, cette tendresse envers le peuple et cette qualité d'être critique envers les puissants et les systèmes qui est réjouissante.
A ce titre, la première nouvelle, qui donne son titre au recueil, est remarquable et donne de suite le ton ! Un condensé de truculence, de verve, de drôlerie (Pagnol n'est pas loin...), mais surtout un très beau manifeste pour le vivre-ensemble. Après cela, les quatre autres nouvelles ne demandent qu'a être lues !
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MarieKey
  01 août 2017
Court recueil de nouvelles choisi en grande partie pour les belles rigolades qu'il semblait promettre, Les noces fabuleuses du Polonais est mon premier livre de l'auteur (dont j'ai peu entendu parlé, mais qu'en bien) et il faut avouer que c'est également une franche surprise !
Fouad Laroui a une écriture simple qu'il est très agréable de suivre. le récit est naturel, on a parfois même presque l'impression d'entendre, dans un coin, l'auteur nous raconter ses histoires de vive voix. Il nous fait partager sur un ton toujours très humoristique ces drôles de petites aventures farfelues, qui ressemblent beaucoup à des contes dans leur cheminement et leur moral. Cinq nouvelles, cinq fenêtres sur une culture marocaine qui semble toujours très présente dans les autres romans de l'auteur qu'il me reste à découvrir, ce joli recueil n'est sûrement pas ma dernière lecture de Laroui.
On est capturé dans ce petit univers plein d'absurde et de fantaisies dès la première nouvelle. Ces fameuses noces fabuleuses, qui donnent son titre au livre, sont vraiment très drôles. Sous des airs de mascarades, de mariage arrangé et d'un brin de naïveté, le ton est donné ! Et les nouvelles suivantes sont du même acabit, il n'y a qu'à se laisser porter dans l'esprit déjanté et plein d'humour de ce chouette conteur marocain, dans son audace (un mot n'existe pas ? Inventons-le !) et dans ses nombreuses apartés (sous forme de parenthèses et de notes de bas de page, qui sont, à elles-seules, un petit concentré du ton pince-sans-rire de l'auteur).
Une belle découverte, qui sent bon l'exotisme, l'humour et l'amour des mots. Une lecture idéale pour un soir d'été !
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
sand-rionssand-rions   12 octobre 2016
Je décidai de ne rien faire.
J’eus tort. Ou peut-être pas, cela dépend. Cette histoire peut se lire de plusieurs façons, on va le voir.


Daouia était belle, un peu grassouillette, et le mieux n’est pas forcément l’ennemi du bien.

Matchek, le fait est que nous ne parlons pas la même langue. N’est-ce pas ? Tu es polonais, je suis khouribgui. On peut bien s’entendre pour des choses simples, toi et moi, en mélangeant la darija, le français et je ne sais trop quoi ; mais la confusion s’installe dès que nous voulons traiter de choses plus compliquées.


Il faut à peine deux minutes pour devenir musulman, mais après on ne peut plus jamais faire marche arrière ?


Qu’est-ce que c’est que cette religion ? Tu entres, on te coupe le zizi, tu sors, on te coupe la tête ?


Un classique de l’escroquerie : celui qui vous a mis dedans vous propose de vous en sortir.

Et ainsi de suite. Coup après coup, le Réti de Khouribga, penché sur l’échiquier, les yeux à quelques centimètres des pièces qu’il manipule, avance, trébuche, se relève, louvoie, pousse, progresse. On verra bien la fin de tout cela. A chaque coup suffit sa peine.

Lorsqu’elle accoucha d’un petit garçon (qui portait donc les gène, « bien étonnés de se trouver ensemble », de plusieurs héros mythiques : Lech, Tchech, Rouss et Abou Zayd le Hilali), il fut prénommé Adam, j’allais dire « comme tout le monde » - je veux dire : voilà un prénom qui convient à tous, puisque c’est celui de notre ancêtre commun (…)


Daouia assistait à tous les cours et apprenait au même rythme que ses enfants. De fait, elle ne cessa jamais d’apprendre, comme tous ceux en qui l’intelligence s’unit à la curiosité.


Oui, une victime. Il est très curieux que s’opère si fréquemment l’inversion par laquelle la victime devient coupable, bouc émissaire de nos fautes non avouées, de nos craintes, de nos fantasmes.
J’ai dit plus haut que les yeux toujours écarquillés de Matchek me donnaient l’impression qu’il était plongé dans un perpétuel étonnement. Eh bien, ce sont ces yeux-là qui ont vu juste, j’en suis sûr, à la grande honte des autres, qui croient discerner et n’aperçoivent en fait que leur propre scélératesse.


Ils sont souriants, aimables, intelligents… et surtout très beaux, de cette beauté étrange du métis qui allie les yeux clairs à la peau mate, ou les yeux de Carmen à une peau d’un blanc laiteux.


Parfois, quand je me trouve en société et que la conversation porte sur l’insolite du monde, les coups du sort, les bizarreries de l’existence, je repense à l’étrange histoire du mariage du Polonais. Elle contient sans doute une morale, peut-être même plusieurs, comme les contes de notre enfance.
Pour qui croit en Dieu ou en la Providence, comment ne pas voir, dans cette comique affaire qui connut un dénouement heureux, l’exécution parfaite d’un plan quasi divin ? Pour l’historiciste convaincu, qui consentirait tout de même à réduire l’univers aux dimensions de Khouribga, comment ne pas y voir une ruse de l’Histoire ?
Résumons.
Voilà un homme, Matchek, sans importance collective, tout juste un individu, que des circonstances exceptionnelles dérangent de sa Pologne natale, où il aurait dû vivre le reste de son âge, pour l’installer sur un plateau aride, dans un Maroc qu’il ne connaît pas et où sa propre communauté le rejette, parce qu’il ne se conforme pas à la norme – une norme édictée par qui, par quoi ? sinon par les idées reçues, la crainte de l’autre ou un sentiment injustifié de supériorité sur des gens dont on ne sait rien.
Voici une femme, Daouia, ballottée par le sort, victime raisonnable au regard d’enfant perdue, deux fois mariée à des salauds (il n’y a d’adéquat que ce mot), et que des préjugés imbéciles condamnent à une vie de réprouvée dans une ville où aucun espoir n’est permis.
L’intervention d’un traître de comédie, Moussa, qui n’est que l’instrument aveugle du démiurge, fait que les destins de ces deux exilés s’accolent – et il en sort, en fin de compte, oserai-je user d’une formulation aussi mièvre, du « bonheur pour tous », et deux enfants superbes.
Oui, du bonheur pour tous. Tant pis pour les cynique ! Le mariage du Polonais, que j’ai fini maintenant de raconter, c’est le genre d’histoire qui commence de la façon la plus farfelue et se termine de la façon la plus émouvante, de sorte qu’on pourrait en dire, avec le poète : Que de fois j’ai souri de l’entendre, et plus souvent pleuré !


• Le père, le fils et le Vengeur masqué

Les Romains avaient le pain et le cirque, nous avions la bissara et le catch. Cela suffisait à notre bonheur, dans les années soixante-dix. On n’était pas encore entrés dans la société de consommation, la recherche effrénée du « toujours plus ! », le matérialisme éhonté, la…


- Tu as remarqué que l’âge de l’innocence, c’est toujours avant ? On n’y est jamais, dans cet âge-là. Le présent, c’est toujours une espèce de désenchantement général/
- C’est le règne des cyniques, des blasés…
- Finalement, on n’a pas une très haute opinion de nous-mêmes.

Dans les deux cas, il perd une facette de son identité. Or nous ne sommes entiers que lorsque nous acceptions toutes les facettes de notre Moi.

Y en a un tous les mois, des matchs du siècle !


- Ce qui se formule à ce moment-là dans son cerveau, la très dangereuse question qui surgit en lui, c’est : Jusques z-à quand devons-nous supporter la tyrannie de nos pères ?
- Question blasphématoire !
- Certes ; mais que de tous les animaux, seul l’homme se pose. Le gorille ne se la pose pas. Dès qu’il peut casser la gu… à son géniteur, il le fait le gorille.

• La toile mystérieuse

On eût dit qu’il surveillait les allées et venues des passants – sans doute une déformation professionnelle, mais alors nous souffrons tous de cette pathologie.


Le commissaire détestait les rêves. Quand il se souvenait de l’un d’eux, au réveil, il en était furieux. Il se sentait rabaissé, humilié. Il avait l’impression de ne plus s’appartenir, d’avoir perdu toute maîtrise de soi au cours de ces aventures nocturnes où tout semble possible – et qui servent à quoi, grands dieux ?


• Géométrie de l’amour

… ce qui me contrarie, c’est que nous ne sommes jamais d’accord sur rien. Or il me semble qu’une discussion bien menée devrait conduire à … une sorte de consensus.


Peut-être, mais ça ne tient qu’à nous ! Il n’y a qu’à faire un effort. Ça devrait être ça, une discussion : chacun présente des arguments rationnels et tout le monde se rallie à l’argument le plus… ben, le plus rationnel, justement. Le plus convaincant.


Une expression, ma chère Naima, ça veut toujours dire quelque chose. Donc, la peau ! Ze skin ! Ajoute-z-y une pincée de phéromones qui se baladent dans l’air… C’est tout. C’est ça, l’amour ! Rien d’autre ! Tout le reste, c’est… c’est culturel : les promenades au clair de lune, l’embarquement pour Cythère, la musique, tout le tra-la-la romantique, qui – je vous le fais remarquer – est d’invention récente : ça n’existait pas chez les Grecs, ni chez les Romains.


Ben voyons, dès qu’on sort de ton pré carré, c’est : « Connais pas »…


Et bien ton Raymond Lulle a écrit : « L’amant et l’aimé sont des réalités différentes, et pourtant ils s’accordent sans aucune opposition, sans aucune différence d’essence. » C’est beau, non ?


Au mythe de Narcisse, par exemple. Il se penche sur l’eau claire, croit voir un bel éphèbe (mais c’est lui-même !), tombe amoureux de son image : on croit être amoureux de l’autre, on est surtout amoureux de soi-même. Ou amoureux de l’amour. Dans tous les cas, on nage en pleine illusion. Illusion, vous dis-je ! La seule réalité, la seule chose tangible, c’est la peau, c’est l’épiderme ! Tout le reste, c’est des foutaises !


Quand une femme vous dit : « Parlez-moi d’amour », elle veut tout entendre, sauf une démonstration. (Il sourit.) L’art de la rupture, c’est de faire en sorte que ce soit l’autre qui en prenne l’initiative. Ainsi son amour-propre est sauf et cela vous évite des représailles. Qui sait jusqu’où aurait pu aller Naima si c’était moi qui avais rompu ? L’enfer n’a pas fureur pire que celle d’une femme dédaignée…


• Trois mensonges de Torrès

- Ta grotte ?
- C’est fou ce que l’homme est possessif. On croit que la nature nous appartient.

Hommes de peu de foi ! Vous ne croyez à rien, votre monde est terne, il y a pourtant des merveilles autour de vous et votre agnosticisme obtus vous empêche de les voir. Vous prétendez votre chat normal, comme s’il était normal d’avoir un petit tigre sur ses genoux ; vous causez tranquillement avec votre mainate, comme s’il était normal qu’un volatile se doublât d’un pipelet ; mais mes sangliers hypocondriaques n’existent pas ?
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denisarnouddenisarnoud   07 mai 2015
Après son départ (il avait rendez-vous avec l'archevêque de Casablanca), nous restâmes silencieux, méditant ce qui venait de se passer.
Tout de même, c'était extraordinaire.
De deux choses l'une, ou bien Driss Basri (ministre de l'intérieur marocain, exécuteur des basses oeuvres du régime) avait réellement mis en place un univers parallèle où le temps et l'espace étaient devenus des catégories a priori de la police. Oui bien Torrès était le plus fieffé menteur de l'univers. Dans un cas comme dans l'autre, nous étions fiers d'être les compatriotes d'hommes de cet acabit.
Bien sûr, s'ils avaient employé leur génie à résoudre quelques problèmes majeurs de notre pays, comme la pénurie chronique d'eau potable, les épidémies de choléra ou la scolarisation des petites filles, au lieu de l'investir dans la police ou l'élucubration, c'eût été encore mieux. Mais on ne peut pas demander la lune. Avoir eu autrefois l'immense Basri, avoir aujourd'hui de minuscules Torrès (car il y en avait dans tous les recoins), voilà qui suffit à nous rendre heureux.
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ChatDuCheshireChatDuCheshire   21 juin 2015
Qu'est-ce que c'est que cette religion ? Tu entres, on te coupe le zizi, tu sors, on te coupe la tête ?
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ZalvecZalvec   07 juin 2017
... penché sur l'échiquier, les yeux à quelques centimètres des pièces qu'il manipule, avance, trébuche, se relève, louvoie, pousse, progresse.
On verra bien la fin de tout cela. A chaque coup suffit sa peine.
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Videos de Fouad Laroui (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fouad Laroui
Attention, une femme peut en cacher deux autres ! ? ? ? Tous les après-midi, Fatima quitte son domicile de Molenbeek pour traverser Bruxelles à pied. Entièrement vêtue de noir et couverte d?un hijab ne laissant apparaître que son visage, elle se dirige vers la porte de Flandre, franchit le canal de Bruxelles, rejoint le quartier de la Bourse. Là, elle se faufile discrètement dans un immeuble et en ressurgit quelques minutes plus tard habillée à l?occidentale, robe légère et cheveux au vent. Puis elle reprend sa marche, toujours en flânant. Par des détours sinueux, elle atteint finalement le quartier malfamé de l?Alhambra, pousse la porte d?un sex-shop, pénètre dans une cabine où dansent des strip-teaseuses et se prépare à entrer en scène. Avant de rentrer tranquillement chez elle. Depuis plusieurs semaines, cet étrange rituel, aller et retour, se répète inlassablement. Jusqu?au jour où Fawzi, un voisin inquisiteur et secrètement amoureux de Fatima, décide de la suivre pour s?assurer qu?elle est bien l?épouse idéale. Sa déconvenue est au-delà de tous ses pires cauchemars. Mais qui, de ces trois femmes, est véritablement Fatima ? Celle, pudique, qui fuit le regard des hommes sous son voile ? Celle, émancipée, qui leur sourit en caressant sa chevelure ? Ou bien celle, affolante, qui les électrise de son corps dénudé ? À cette question, Fawzi, terrassé par la jalousie, n?est pas en mesure de répondre. Pas plus que le journaliste, intrigué par leurs agissements, qui les suit à son tour dans la ville en projetant sur eux d?absurdes scénarios terroristes. Car ce mystère, c?est à Fatima, et à elle seule, de l?élucider. Ce qu?elle fera, après un coup de théâtre imprévu. Sous les apparences d?un conte philosophique teinté d?un humour féroce, Fouad Laroui suit la métamorphose d?une femme qui cherche à se définir par elle-même et non selon des préceptes religieux, des étiquettes sociologiques ou le regard avide des hommes. Sur les trois corps superposés de Fatima glissent tous les stigmates et tous les fantasmes. Ni sainte ni putain, elle est le symbole d?une liberté toujours menacée, toujours à reconquérir. Un plaidoyer féministe où Fouad Laroui affirme que nul n?est en droit d?assigner aux femmes une place déterminée, si ce n?est elles-mêmes. ? ? ? Marocain de naissance, ingénieur et économiste de formation, professeur de littérature à l?université d?Amsterdam, romancier, poète et critique littéraire, Fouad Laroui a publié entre autres, chez Julliard, Une année chez les Français (2010), L?Étrange Affaire du pantalon de Dassoukine (2012), prix Goncourt de la nouvelle, Les Tribulations du dernier Sijilmassi (2014), Grand Prix Jean-Giono, Ce vain combat que tu livres au monde (2016), et, chez Robert Laffont, de l?islamisme, une réfutation personnelle du totalitarisme religieux.
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