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Jeremy Wilson (Préfacier, etc.)Éric Chédaille (Traducteur)
ISBN : 2752901933
Éditeur : Phébus (12/07/2008)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 83 notes)
Résumé :
Bien avant d'être immortalisé par Hollywood grâce au film de David Lean Lawrence d'Arabie, avec Peter O'Toole dans le rôle titre, T.E. Lawrence (1888-1935) était déjà une légende de son vivant. Dans Les Sept Piliers de la sagesse, paru en 1926, Lawrence offre sa version de son rôle dans la révolte arabe contre les Turcs durant la Première Guerre mondiale et dans l'avènement du nationalisme arabe contempora... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Foxfire
  10 mai 2016
J'avais une dizaine d'années lorsque j'ai vu le film de David Lean. Autant vous dire que je n'avais rien compris. M'étaient restés en mémoire les yeux brillants de Peter O'Toole et les images sublimes du désert traversé par des hommes juchés sur des chameaux. Depuis, je m'étais souvent demandée comment un officier anglais avait pu se retrouver à combattre dans le désert aux côtés des arabes dans une guerre dont j'ignorais tout. Bien entendu, les cours d'Histoire du collège et du lycée n'ont jamais répondu à mes questionnements. Il est d'ailleurs fort dommage que cet aspect de la 1ère Guerre Mondiale ne soit jamais abordé. Tout au plus nous dit-on que l'Empire Ottoman était allié de l'Allemagne et qu'il y eut des combats dans cette région. Contre qui ? Pourquoi ? Quelles conséquences ? L'école ne nous l'apprend pas et reste centrée sur le théâtre européen. Outre le fait qu'omettre cet aspect du conflit donne une vision tronquée, étriquée des faits, je pense qu'il y aurait là matière à intéresser nombre d'élèves. le côté exotique pourrait apporter un peu de fraîcheur, un parfum d'aventure qui ferait un contrepoint du côté pesant de la guerre des tranchées. Je clos ici cette petite digression sur les lacunes de l'enseignement de l'Histoire pour en venir au récit de Lawrence.
Plus de 25 ans après mon visionnage du "Lawrence d'Arabie" de Lean (que j'ai maintenant très envie de revoir), me voici donc enfin à lire le récit de Thomas Edward Lawrence lui-même. Comme j'ai eu tort d'attendre si longtemps !
En premier lieu, lire "les 7 piliers de la sagesse" ce sera pour beaucoup de lecteurs (dont je fais partie) l'occasion d'apprendre beaucoup sur cet aspect finalement méconnu de la 1ère Guerre Mondiale. La description des différentes ethnies permet également de prendre la mesure de la complexité et de la diversité de la région à l'allure, déjà, de poudrière.
Ce côté très descriptif du récit ne doit pas laisser penser que l'oeuvre en question se résume à un déroulé factuel d'événements. "Les 7 piliers de la sagesse" se lit bien plus comme un roman que comme un document. Non pas tant du fait des libertés qu'on pressent prises par son auteur mais bien par le souffle épique qui irrigue le récit. Lawrence raconte cette révolte arabe comme un roman. Un large lectorat devrait y trouver son compte. Les amateurs de récits militaires seront comblés ; combats, stratégies, sabotages, actes de bravoure sont au programme. Les amoureux de romans d'aventure seront aux anges. le décor parfaitement dépeint par Lawrence a tout pour enflammer l'imaginaire et grâce à son récit au coeur de l'action , on partage la vie des bédouins, des éprouvantes traversées du désert aux pauses dans les oasis en s'offrant quelques passages dans les opulentes grandes villes comme Damas ou Beyrouth. Les férus d'Histoire auront quant à eux le plaisir de suivre dans le détail le déroulé des événements.
"Les 7 piliers..." étant un récit autobiographique, il n'évite bien sûr pas un aspect factuel parfois un peu répétitif. Et il y a bien quelques longueurs. Mais ces petits bémols ne viennent pas entacher le plaisir de lecture.
La plus grande qualité de l'ouvrage reste la plume de son auteur. Lawrence a un grand talent de conteur. Les descriptions des paysages sont magnifiques. Il transcrit parfaitement le côté grandiose des lieux. Lawrence sait aussi parfaitement décrire ses états d'âme, ses pensées intimes. Les passages d'action sont menés tambour battant. Quant aux différents protagonistes, ils sont superbement dépeints. Je ne sais pas dans quel mesure, Lawrence s'est arrangé avec la réalité pour recréer ces grandes figures mais le résultat est splendide. Les caractères sont finement dessinées, on va détester certains personnages, en adorer d'autres. L'acte de bravoure de Tallal m'a donné la chair de poule, nul doute qu'il restera dans ma mémoire.
Cette lecture passionnante ajoute encore à l'aura de mystère qui entoure Lawrence et donne envie d'en savoir plus sur lui. Quel a été son parcours avant cette guerre ? Qu'a-t-il fait ensuite ?
Et surtout, lire "les 7 piliers de la sagesse" fait regretter que Lawrence n'ait pas écrit de fictions. Avec sa qualité d'écriture, tant dans les descriptions que dans les émotions, il aurait fait un romancier merveilleux.
Challenge Multi-Défis 2016 - 26 (un livre de plus de 700 pages)
Challenge Pavés 2016 - 7
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liberliger
  18 novembre 2012
Pourquoi lire les 7 piliers, alors que David Lean en a tiré un film inoubliable multi-oscarisé avec l'inoubliable regard bleu azur de Peter O'Toole ? Tout simplement parce qu'il s'agit d'un chef-d'oeuvre de la littérature et qu'un film aussi bien fait soit-il ne peut jamais rendre parfaitement tous les aspects d'un chef-d'oeuvre, et les 7 piliers n'échappent pas à la règle. Plus ennuyeux, il peut aussi la biaiser, et ici encore, c'est le cas.
Le Lawrence d'Arabie des 7 piliers n'est pas uniquement cet européen quelque peu exalté qui une fois la victoire arrivée sera trahi par ses supérieurs. Quand on lit Lawrence, transparaît aussi et inévitablement le vrai Lawrence : un soldat britannique (il finira colonel) aux ordres, pétri de préjugés européen et britannique (ah les pages où percent une franche francophobie !) auquel ses supérieurs ont confié une mission. Lawrence n'est pas un naïf qui a été trahi par les siens. Dès le départ, il a compris qu'il n'est qu'un pion dans une partie d'échecs (un Great Game au Proche-Orient) et que tout cela finira dans des conciliabules de ministères sur les bords de la Seine et de la Tamise. Mais pour autant c'est un pion qui ne renonce pas, qui cherche à infléchir le cours du jeu, qui se rebelle, qui tente d'infléchir le destin, son destin et celui des Arabes, dans une région où la soumission (c'est le sens original du mot islam d'ailleurs) est la règle : soumission au désert bien sûr, mais aussi soumission à la tribu, aux coutumes, à la mort.
Là où le film évoque l'immensité du désert, sa lumière, la fièvre des batailles, le livre lui évoque la réflexion humaine qui accompagna cette authentique épopée. A lire absolument, et vous regarderez le film d'un autre oeil.
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ay_guadalquivir
  28 juillet 2011
L'évocation de certains livres me ramène à des moments de vie. C'est le cas des Sept piliers de la sagesse. Un livre aisé à mettre en image, par l'incarnation qu'en fit Peter O'Toole. Mais aussi un livre qui se nourrit des paysages que l'on traverse. Dans un horizon de sable, les sept piliers s'embrasent, et deviennent le livre de voyage absolu. L'épopée est extraordinaire, le souffle est épique, la traversée est grandiose, de ce monde qui change. A la croisée de la vision coloniale de l'empire britannique et du nationalisme arabe de Nasser, aux balbutiements de la conscience politique dans un monde en guerre, ce texte magnifique nous parle aussi du monde présent, alors que les tribus de Libye s'agitent, que la Syrie s'ébranle.
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akhesa
  15 avril 2014
Le colonel T.E.Lawrence était-il un agent secret mythomane et doue pour les lettres?Ou bien un chef de guerre,l'inventeur inspire de la guerilla?Sa transformation en bedouin fut-elle autre chose qu'un travestissement?Ou en était-il de son homosexualite?Le mythe de Lawrence tient a une existence et une personnalite hors du commun.Mais il ne serait rien sans cette autobiographie fascinante,ou se melent recits d'aventure,analyses politiques et réflexions philosophiques.
Un grand moment de littérature anglaise
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ElGatoMalo
  04 juin 2017
A l'occasion d'une recherches sur les arts libéraux, je suis tombé sur une possible interprétation du titre de ce livre que je trouve curieuse mais fort probable et dont j'aimerais garder une trace avant de l'oublier. Les sept piliers de la sagesse ne seraient pas autre chose que les sept arts libéraux enseignés dans les universités du moyen-âge : "La Grammaire [qui] parle, la Dialectique [qui] enseigne, la Rhétorique [qui] colore les mots, La Musique [qui] chante, l'Arithmétique [qui] compte, la Géométrie [qui] pèse, l'Astronomie [qui] s'occupe des astres (Gramm loquitur, Dia verba docet, Rhet verba colorat, Mus canit, Ar numerat, Geo ponderat, Ast colit astra. )."
Et (, pour l'instant,) c'est tout ce que j'ai à dire sur ce livre qui fait partie des huit cents ouvrages qui, avec une infinie patience, attendent d'être lus sur les rayons de ma bibliothèque .
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
JunieJunie   18 avril 2016
S'il est vrai que dans le Moyen-Orient arabophone, le nomade et le sédentaire n'appartiennent pas à des races distinctes mais se situent seulement à des stades sociaux et économiques différents, on pouvait s'attendre à leur trouver des traits communs dans le mode de pensée, et il était concevable de relever des ressemblances dans ce que ces peuples produisaient. Dans les débuts, lors de nos tous premiers contacts, nous découvrîmes une unanime transparence ou rigidité de foi, quasi mathématique dans sa restriction, et qui nous inspira de la répulsion par les formes désagréables qu'elle prenait. Les Sémites, dans leur spectre visuel, ne connaissent pas la demi-teinte. C'est un peuple de couleurs primaires, principalement le noir et le blanc, qui ne regarde du monde que ses contours. Ce peuple particulier a le doute en aversion, le doute, cette couronne d'épines moderne que certains de nos penseurs portent avec tant de grâce.
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liberligerliberliger   18 novembre 2012
Nous étions ensemble pleins d'amour, à cause de l'élan des espaces ouverts, du goût des grands vents, du soleil et des espoirs dans lesquels nous travaillions. La fraîcheur matinale du monde à naître nous soûlait. Nous étions agités d'idées inexprimables et vaporeuses, mais qui valaient qu'on combatte pour elles. Nous avons vécu beaucoup de vies dans le tourbillon de ces campagnes, ne nous épargnant jamais; pourtant, quand nous eûmes réussi et que l'aube du nouveau monde commença à poindre, les vieillards revinrent et s'emparèrent de notre victoire pour la refaire à l'image de l'ancien monde qu'ils connaissaient. La jeunesse pouvait vaincre, mais n'avait pas appris à conserver, et était pitoyablement faible devant l'âge. Nous balbutions que nous avions travaillé pour un nouveau ciel, une nouvelle terre, et ils nous ont remerciés gentiment et ont fait leur paix.
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LaForceduTempsLaForceduTemps   06 octobre 2013
Le jour, maintenant, à son zénith, était très chaud, et ma faiblesse avait tellement augmenté que j'arrivais à peine à tenir la tête droite.
Les bouffées de vent fiévreux se pressaient comme des mains brûlantes sur nos visages, enflammant nos yeux.
Ma souffrance me faisait respirer par la bouche en haletant, le vent me crevassait les lèvres et me grillait la gorge jusqu’à ce qu'elle fût trop sèche pour parler, et que boire devînt douloureux;
et pourtant j'avais toujours besoin de boire, car ma soif ne me laissait pas rester immobile, ni obtenir la paix à laquelle j'aspirais.
Les mouches étaient un fléau.
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liberligerliberliger   18 novembre 2012
Dans les années de temps de paix, la discipline signifie la recherche obstinée non d'une moyenne mais d'un absolu, l'étalon du cent pour cent où quatre-vingt-dix-neuf sont abaissés au niveau de plus faible de la revue. L'objectif est de faire de l'unité une unité, de l'homme un type, afin que leurs efforts soient calculables et que le résultat collectif soit le même en grain et en masse. Plus profonde est la discipline, plus basse la valeur individuelle, plus sûre aussi la performance.
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THonigerTHoniger   15 janvier 2014
L'appel du désert, pour les penseurs de la ville, a toujours été irrésistible: je ne crois pas qu'ils y trouvent Dieu, mais qu'ils entendent plus distinctement dans la solitude le verbe vivant qu'ils y apportent avec eux.
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Videos de T. E. Lawrence (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de T. E. Lawrence
La création artistique et La guerre .Intervenants : Camille Saint-Jacques, Pierre Buraglio, Alice Ferney, Florence de MèredieuCC-BY-NC-ND 2.01914-2014 : la Grande Guerre a cent ans. À l?occasion de la sortie aux éditions Autrement du coffret « Guerres et Révolutions », cette soirée pose un regard élargi, original et ambitieux sur cette période de notre histoire. de Léon Trotsky à Romain Rolland, de Thomas Edward Lawrence à Charles de Gaulle, autant de grands textes à redécouvrir, préfacés par des intellectuels et artistes contemporains tels que le critique d?art Philippe Dagen ou le metteur en scène Jean-Michel Ribes.
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Dans la catégorie : Batailles: 1914-1916Voir plus
>Histoire générale de l'Europe>Histoire militaire de la 1re guerre>Batailles: 1914-1916 (24)
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