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Isabelle Maillet (Traducteur)
EAN : 9782743615611
477 pages
Éditeur : Payot et Rivages (07/06/2006)
4.03/5   524 notes
Résumé :
Patrick Kenzie est toujours détective privé à Boston, mais il s'est séparé de sa fidèle coéquipière, Angela Gennaro.
Lorsque Karen, une jeune femme victime de harcèlement, a recours a ses services, il règle rapidement le problème et pense ne plus en entendre parler. Jusqu'au jour où il apprend que Karen s'est jetée du vingt-sixième étage d'une tour. Il semble qu'une invraisemblable succession de malheurs ait poussé à bout la jeune femme... Mais Patrick ne cro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
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jeranjou
  22 février 2013
« Entre gris clair et gris foncé » comme le dit si bien la chanson
Ecrit par Dennis Lehane, écrivain américain d'origine irlandaise et natif de Boston, "Prières pour la pluie" est le cinquième tome des aventures épiques de Patrick Kenzie et Angela Gennaro, accompagnés de l'indéfectible Ruprecht Rogowski, dit Bubba, divine force de la nature. Lehane, connu notamment pour « Mystic River » et Shutter Island » adaptés au cinéma par Eastwood et Scorsese, donne volontairement un style différent à cette série en privilégiant l'humour noir, la violence et un univers glauque et malsain, en mettant toujours en danger ses personnages récurrents Pat et Angie. A la fin du dernier opus "Gone, baby, gone", suite au dénouement de l'affaire de la petite Amanda Mc Cready, nos deux détectives inséparables se sont malheureusement fâchés.
Au début de ce nouvel épisode, Patrick Kenzie et son acolyte Bubba, règlent le problème d'une jeune femme, Karen Nichols, harcelée par un homme, Cody Falk, à son club de gym. En effet, en utilisant toujours des manières à la limite de la légalité, ils vont jusqu'à séquestrer le pauvre homme pour lui couper l'envie de recommencer. Vite fait, bien fait, quoi… Six mois plus tard, la découverte du suicide de Karen surprend littéralement Patrick. Comment cette jeune femme, si charmante et amoureuse de son fiancé lors de leur dernière rencontre six mois auparavant, aurait-elle pu se jeter du Custom House après s'être prostituée et droguée selon les faits qui lui sont rapportés ? Patrick Kenzie décide alors d'enquêter sur cette affaire, le passé de Karen et de sa famille, en faisant appel notamment à la psychiatre qui la suivait. A vous de découvrir la suite qui vous mènera au coupable très spécial…
Cet opus met véritablement l'accent sur l'intrigue et le suspense. Les scènes macabres et violentes jalonnent le roman et ne laissent aucun répit au lecteur. La galerie de portraits rencontrés, qu'ils soient «gentils» ou «méchants» nous rappelle effectivement les paroles de J.J. Goldman, entre gris clair et gris foncé:
«Fané, le rouge sang des enfers
L'Eden, un peu moins pur, un peu moins clair
Souillé, taché, le blanc des étandards
Brûlé le vert entêtant de l'espoir
Ternis, les gentils, troublants, les méchants
Les diables ne sont plus vraiment noirs
Ni les blancs absolument innocents »
Pour pallier l'absence partielle d'Angela, Dennis Lehane fait appel, plus qu'à l'accoutumée, au meilleur second rôle de polar que je connaisse, Bubba, complètement fêlé mais fidèle quelque soient les circonstances.
Comme toujours, l'auteur américain réussit à nous emporter dans son univers et le couple Pat-Angie, fonctionnant à merveille, reste une valeur sûre du polar noir. Bien que le dernier "Gone, baby, gone" soit à mon avis un cran au-dessus, plongez-vous dans « Prières pour la pluie » si vous avez aimé les précédents ouvrages et profitez de ce roman haletant jusqu'à l'épilogue final.
PS : Pour une fois, le petit dernier de la série Kenzie-Gennaro, « Moonlight Mile », suite de "Gone, baby, gone", est malheureusement beaucoup moins réussi que les précédents. Une raison de plus pour savourer cet épisode de la saga. Comme quoi, publier cinq romans de suite de cette qualité reste du grand art !
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filippo
  23 avril 2017
Autant le dire, j'ai découvert Dennis Lehane grâce à Clint Eastwood et son film Mystic River. le film ne m'a pas bouleversé mais je suis toujours curieux de lire un auteur choisi par Mr. Clint et, je ne suis pas déçu.
L'histoire commence comme un polar classique, un Raymond Chandler modernisé, avec un Marlowe-Bogart rajeuni, sans whisky et sans les pieds sur le bureau. Les tailleurs stricts ont fait place aux tenues de sport mais les femmes sont toujours aussi belles. L'une d'elle, une jeune fille douce et parfaite, fait appel au détective privé Patrick Kensie pour remettre à sa place un homme qui la harcèle. Notre héros - qui n'est pas un enfant de choeur - et son ami Bubba Rogowsky - un monstre gentil incroyablement cruel - rendent visite au bonhomme. Grâce à un numéro de doux dingue exceptionnel, ils mettent énergiquement fin à ces agissements. Tout va bien, trop bien… quelques mois plus tard, karen Nichols, notre jeune beauté parfaite, se jette du vingt sixième étage d'une tour. Suicide certifié. Patrick Kensie, fasciné par l'image de pureté qu'il a gardée de Karen, veut comprendre et se lance, avec son ancienne associée et compagne Angela Gennaro, dans une enquête improbable.
Enigme, suspense, rebondissement, action, héros hauts en couleurs, psychopathes comme on les aime, l'auteur nous entraîne avec humour dans un monde pourri. L'histoire est bien ficelée, le rythme engageant, Prières pour la pluie est un bon polar, l'auteur un vrai écrivain, un homme qui manie l'ironie et la farce potache avec vigueur, mais sait rester léger. Toutefois, attention au torticolis, ce livre ne vous tombera des mains que tard dans la nuit, la lampe de chevet encore allumée, la tête tordue par deux oreillers.
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HannibalLectrice
  15 août 2014
Dennis Lehane fait incontestablement parti de ces auteurs que je lis en toute confiance, que je voudrais jalousement garder pour moi seule. On se laisse porter par l'intrigue et par les personnages de ses livres. Même si l'intrigue de "Prières pour la pluie" n'est pas des plus originales, l'auteur nous démontre ses qualités d'écrivain... Il développe sans broder, sans fioriture, il va au fond et au bout des choses, ses dialogues sont bons, travaillés, souvent drôles. On ne s'ennuie pas, on se laisse porter par les mots, les phrases, les pages jusqu'au point final, et arrivés à celui-ci, nous poussons un soupir de satisfaction. Lehane est un auteur pudique, respectueux, qui ne fait pas dans le voyeurisme. Nul besoin d'effusion de sang et d'ultra violence pour faire d'un livre un excellent polar.
Dennis Lehane, un auteur que je lis avec parcimonie pour mieux me délecter de ses romans.

Un auteur incontournable.
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RChris
  17 février 2017
L'histoire démarre comme l'enquête d'un détective U.S. et j'ai d'abord apprécié l'humour de certains portraits.
Même pas missionné, "Pat" entraîne avec obstination ses deux comparses dans une investigation qui se révèle progressivement complexe.
Partagé entre la lecture agréable des descriptions et l'avancement de l'histoire, mon rythme de lecture n'a pas été trépidant. C'est pourquoi je n'ai ni "descendu" ni défendu ce roman comme un thriller malgré les cliffhangers de chaque chapitre et un épilogue surprenant.
Super! j'ai trouvé les demi étoiles pour régler mon hésitation et exprimer mon ressenti un peu mitigé.
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caro64
  10 août 2011
Prières pour la pluie est le cinquième et avant dernier roman de la série Kenzie & Gennaro après "Un dernier verre avant la guerre", "Ténèbres, prenez-moi la main", "Sacré" et "Gone, Baby, Gone".
Encore une fois, on retrouve avec plaisir l'univers de Boston, cher à l'auteur. La véritable force de Lehane est de varier ses sujets tout en conservant ce même univers. Après les politiques véreux, les serials killers, les sectes et les disparitions d'enfant, il aborde ici la manipulation mentale et sa description fait froid dans le dos.
Impossible de lâcher avant la fin une fois commencé ! J'ai dévoré ce bouquin en une journée tellement j'ai été happée par cette remarquable histoire. Pour notre plus grand plaisir, tous les ingrédients qui font la qualité des livres de Dennis Lehane sont présents : une intrigue solide et habilement construite, des personnages complexes, des dialogues 
savoureux, un humour décapant. Et bien sûr, c'est toujours un immense plaisir de retrouver Pat et Angie. Sous la belle plume de Lehane, on les suivrait n'importe où… Et, on fait enfin vraiment connaissance avec le redoutable Bubba, grand analphabète au bon sens naturel et à la fidélité indéfectible. Bref, après la petite déception de Gone, Baby, Gone, j'ai retrouvé le talentueux conteur que j'adore. Un excellent Lehane, un régal !
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
jeranjoujeranjou   01 mars 2013
Bubba sait à peine lire et écrire. Disons qu'il possède juste assez de connaissances rudimentaires dans ce domaine pour déchiffrer le mode d'emploi des armes qu’il manipule et autres instructions simples, du moment qu'elles sont accompagnées de schémas. Il est capable de comprendre en gros les articles le concernant, mais il lui faut une bonne demi-heure pour y parvenir […] Son ignorance de l’actualité est si totale que pour lui, Lewinsky est une marque de cigares.

Mais il n'est pas stupide.

Ceux qui ont supposé le contraire ont en général commis une erreur fatale, comme ils l'ont découvert à leurs dépens.


Patrik Kenzie décrit son pote Bubba. Vous aurez noté la blague subtile sur Monica Lewinski, stagiaire de Bill Clinton…
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jeranjoujeranjou   29 mars 2013
Parce que depuis que tu es partie, j'ai tous ces rêves où tu dors près de moi. Et quand je me réveille, je sens ton parfum, et je suis toujours à moitié endormi, mais comme je n'en suis pas conscient, je tends la main vers toi. Je touche ton oreiller, et tu n'es pas là.

Et je me retrouve allongé dans mon lit à cinq heures du matin, les oiseaux commencent à chanter, tu n'es pas là et l'odeur de ton parfum disparaît peu à peu. Elle disparaît et.... Il n'y a plus que moi.

Et les draps blancs. Des draps blancs, ces putains d'oiseaux, et j'ai mal Ange, mais je ne peux rien faire d'autre que fermer les yeux, rester là et regretter d'avoir autant envie de mourir.
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jeranjoujeranjou   27 février 2013
Le Dr Dawe a déclaré :
- C’est une bonne petite. Oui, une bonne petite. […]
- Elle ne m’a pas paru suicidaire.
- Ne le sommes-nous pas tous ? a lancé Carrie Dawe.
Je l’ai regardée.
- Comment ça ?
- Placés dans les bonnes –ou plutôt mauvaises- circonstances, ne nous sommes pas tous capables de nous suicider ? Une tragédie par-ci, une tragédie par-là… […]
- J’en suis bien persuadé, ai-je répondu, mais le déclin de Karen m’a semblé assez brutal.
- Et votre opinion se fonde sur une connaissance approfondie de la situation ? s’est enquis le Dr Lawe.
- Pardon ?
Il a tendu sa tasse vers moi.
- Etiez-vous intimes, ma belle-fille et vous ?
J’ai dû plisser les yeux d’un air perplexe, car il m’a gratifié d’un haussement de sourcils presque espiègle.
- Allons, monsieur Kenzie, il n’est pas question de dire du mal des morts, mais nous n’ignorions pas que sur la fin, Karen avait une vie sexuelle plutôt, eh bien, débridée. […]
- Je n’ai pas eu l’occasion de voir cet aspect de sa personnalité, ai-je repliqué.

Patrick Kenzie interrogeant la mère de Karen, Carrie, et son beau-père médecin au sujet de la mort de Karen intervenue six mois après leur dernière rencontre "amicale", il convient de le préciser.
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jeranjoujeranjou   24 février 2013
Miles Lovell, assis par terre, était ligoté au moteur d’une pompe au milieu de la cabane. On s’était servi pour l’attacher d’un épais fil électrique enroulé étroitement autour de sa taille et fixé derrière son dos.
Le bâillon dans sa bouche était assombri par le sang qui jaillissait aux coins de ses lèvres et dégoulinait le long de son menton.
Ses bras et ses jambes n'étaient pas entravés, et ses talons martelaient les lattes du plancher tandis qu'il se contorsionnait contre le bloc de métal.
Ses bras cependant, demeuraient inertes, et il ne risquait pas de s'en servir pour se libérer, car Miles n'avait plus de mains. […]
J'ai retiré le bâillon d'entre ses lèvres et fait un bond en arrière quand un flot de sang rouge foncé a coulé sur sa poitrine.
- Oh, non, a murmuré Angie. Non, c’est pas possible. Merde, j’y crois pas… […]
- La vache ! a répété Bubba, et cette fois, c’est bien du respect que j’ai décelé dans sa voix.
Miles Lovell, en état de choc ou non, agonisant ou non, ne répondrait pas à mes questions. Il ne répondrait plus aux questions de personne pendant très, très longtemps. […]
Miles Lovell avait non seulement perdu ses mains, mais aussi sa langue.

Pour ceux qui doutaient de la noirceur des romans de Lehane...
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jeranjoujeranjou   07 avril 2013
Bubba possédait des réflexes sûrs, un instinct infaillible et une sorte de concentration primaire, et aucun de ses dons n'était affaibli ou altéré par les scrupules. S’il n’avait jamais eu une conscience, il l'avait oubliée en Pologne, en même temps que sa langue maternelle, quand il avait cinq ans.


Bubba Rogoswski, américain d'adoption, effectivement à consonance polonaise
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Découvrez le troisième épisode des Conversation dans le noir, le tout nouveau podcast des éditions du Masque. Une conversation téléphonique entre éditrice et auteure, à écouter sur l'ensemble de nos réseaux sociaux. Dans ce dernier épisode de la trilogie, Gabrielle Massat nous parle - depuis sa maison en pierres perdue au milieu des bois - de son rapport à l'écriture et à la littérature noire, ainsi que des raisons qui l'ont poussée à choisir un héros aveugle. C'est déjà la fin des épisodes liés au confinement, nous tenions vraiment à tous vous remercier pour le merveilleux accueil réservé à cette première "saison" du podcast et pour vos encouragements ! Nous revenons bientôt avec une nouvelle formule, STAY TUNED Nous vous souhaitons une bonne écoute ! Extrait lu : https://www.liseuse-hachette.fr/file/139455?fullscreen=1#epubcfi(/6/12[pre2]!/4/2/2[pre-001]/4/22/1:0) Oeuvres citées : Conversations de Francis Bacon Le camp des morts - Craig Johnson Tolkien Mystic river - Dennis Lehane James Ellroy CRÉDITS : Conversation dans le noir est un podcast des éditions du Masque. Réalisation : Paul Sanfourche. Générique : Longing - Joachim Karud.
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