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Saint-Elme tome 1 sur 5

Frederik Peeters (Illustrateur)
EAN : 9782413030171
80 pages
Delcourt (13/10/2021)
3.94/5   239 notes
Résumé :
Le détective Franck Sangaré, accompagné de son assistante, l'étrange madame Dombre, débarquent à Saint-Elme, une petite ville de montagne réputée pour son eau de source. Ils sont sur les traces d'un fugueur disparu depuis trois mois : enquête apparemment facile. Sauf qu'à Saint-Elme, tout le monde vous le dira : « Ici, c'est spécial. »
Que lire après Saint-Elme, tome 1 : La vache brûléeVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
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La quatrième couverture parle de "croisée entre l'étrange et l'absurde", donc les amateurs du genre seront servis.

Pour ma part, j'ai bien aimé les dessins, les couleurs très vives, agressives dans les bleu-vert-rouge, mais pour l'histoire, c'est un tel mélange qu'il faut donc s'accrocher pour suivre. J'y suis parvenu tant bien que mal, sans retour en arrière -- ce qui est zappé le restera --, mais au final rien d'éblouissant dans cette histoire bien saignante, en espérant que la suite apporte des éclaircissements.
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C'est une phrase de vieux, ça.
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Ce tome est le premier d'une pentalogie, une série qui constitue une histoire complète, indépendante de toute autre. Son édition originale date de 2021. Il a été réalisé par Serge Lehman pour le scénario, et par Frederik Peeters pour les dessins et la mise en couleurs. Il compte soixante-dix-huit pages de bande dessinée. Ces deux auteurs avaient déjà collaboré pour L'Homme gribouillé, paru en 2018.

Quelque part en montagne, aux abords d'une grange abritant une installation artisanale de traitement chimique, une grenouille croasse. Elle s'élance et bondit dans une zone herbue, puis s'arrête sur la route. Un van passe à vive allure et l'écrase, sans même que le conducteur en ait conscience. À côté de lui se tient un passager, Félix Morba, un grand noir chauve. le conducteur ralentit et prend un chemin de traverse, celui qui conduit au chalet avec la grange. Les aboiements d'un chien agressif se font entendre. le conducteur arrête son véhicule devant la maison, et le chien aboie sur les nouveaux arrivants : il est solidement attaché, ce qui rassure le conducteur qui sort du van. Deux hommes armés de fusil viennent l'accueillir. L'un des hommes fait remarquer au conducteur que d'habitude il travaille avec le gros Fred. Pendant qu'il ouvre l'arrière du van avec un trousseau, il explique qu'il y a eu un problème, il racontera plus tard et Curzon est à l'hôpital, il ne restait que Morba, le seul mec qui donne l'impression d'être en taule à l'extérieur. le chauffeur déplace les cartons à l'arrière, sort un cutter, ouvre une trappe dans le plancher du van et demande à l'homme armé d'aller dire au derviche d'apporter les colis.

Pendant ce temps-là, Morba descend du van à son tour, et s'éloigne pour aller se soulager dans la neige. Il remarque derrière lui un appentis accolé au chalet, avec une porte et un une fenêtre avec un éclairage rouge, sur laquelle est dessiné un unique oeil, ouvert. Il s'en approche, dérangeant au passage une grenouille qui croasse doucement. Il se baisse et il regarde par la fenêtre : un enfant se tient assis à même le sol. Il relève la tête et regarde Morba sans parler. L'homme tapote au carreau et lui demande si c'est lui qui a dessiné ça. Il est interrompu par l'arrivée d'un autre homme qui lui demande ce qu'il fait là, et qui lui ordonne de retourner dans son tas de boue. le chien continue d'aboyer avec hargne. Un autre homme armé indique qu'encore deux voyages et c'est bon. Morba redescend du véhicule. Il enferme le derviche dans la partie arrière et il jette les clés au loin. Un homme armé approche, Morba lui tire une balle dans la tête, à bout portant. L'autre réagit, il l‘abat à deux mètres. le conducteur rentre dans la maison en courant, Morba l'abat d'une balle dans le dos. Il rentre dans la maison, il remarque quatre verres sur la table : le quatrième lui tire dessus en même temps qu'il ouvre le feu sur lui. le premier s'écroule à terre, mort, Morba est blessé. Il ressort et il va délivrer l'enfant qui lui dit s'appeler Katyé. Plus tard, un ferry traverse le lac : Franck Sangaré débarque à Saint-Elme et il est accueilli par madame Dombre.

Une couverture qui frappe l'oeil du lecteur avec ce rouge éclatant et un peu terni, cette zone de terre assez vague et cette silhouette de dos, qui s'éloigne du lecteur, visiblement un homme en souffrance se tenant le ventre et perdant son sang. le titre s'avère tout aussi énigmatique : La vache brûlée, et il constitue une image dérangeante. En effet, la mise en couleurs repose sur des choix tranchés et audacieux, mis en oeuvre également dans les pages intérieures. L'artiste réalise une colorisation de type naturaliste pour les séquences de jour en extérieur, tout en jouant sur un léger décalage (le ciel crème pour la traversée du ferry) et sur les contrastes (la foule noyée dans une ombre violette sur le quai de débarquement). Il utilise majoritairement des aplats de couleurs, plutôt que des dégradés, apposés en respectant les bordures formées par les traits encrés, et en même temps un aplat peut ne pas remplir complètement une surface détourée, étant alors complété par un autre d'aplat d'une couleur différente. Sous la lumière artificielle ou la nuit, tous les chats ne sont pas gris. L'artiste a recours à une mise en couleurs expressionniste, avec des contrastes très tranchés. le rouge projeté par une lumière artificielle sur les tuyaux dans la grange baignant dans un vert bleu. le violet profond de la nuit s'opposant au bleu entre turquoise et aigue marine de la lumière des phares ou des ampoules de la cabine.

Ces teintes participent à l'ambiance bizarre et étrange tout du long de l'album : vues de la rue les lumières vertes ou rouges des fenêtres des maisons, dans la boîte de nuit la cohabitation entre les rouges, les verts, les bleus, les violets, dans les toilettes tout passe en violet. le lecteur s'en trouve un peu déstabilisé se demandant s'il doit voir quelque chose de particulier dans ces choix d'éclairage non conventionnels. Les questionnements proviennent également des images dès la première. À commencer par le cadrage en plan rapproché sur ces éléments d'une installation de plus grande ampleur : que faut-il comprendre de ce gros plan, sans avoir une vision du tout ? Vient ensuite le sort de la grenouille écrasée sur la route : faut-il y voir une métaphore de ce qui attend les personnages, se déplaçant par automatisme, sans aucune maîtrise sur leur destin, sans compréhension aucune des forces à l'oeuvre autour d'eux ? Par la suite, les auteurs mettent en scène d'autres animaux : ce chien que le dessinateur rend des plus agressifs, même le lecteur est rassuré qu'il soit solidement attaché (tout en craignant que le lien ne rompe). Après quelques autres grenouilles, apparaissent un hibou, une vache qui connaît un sort funeste, des mouettes (dont une qui mange une grenouille), un oiseau de proie haut dans le ciel. L'artiste n'humanise en rien ces animaux qui conservent toute leur étrangeté animale, les laissant hors de portée de l'empathie du lecteur. le lecteur observe cette vache qui est la proie des flammes : il est évident qu'elle souffre, et en même temps la prise de vue en fait presque un objet de vénération ou une victime sacrificielle. le lecteur envisage alors ces manifestations du règne animal comme des signes de la nature. Mais qui disent quoi ?

La lecture oscille alors entre un défi ludique et des sensations à ressentir. Bon d'accord, des grenouilles et un chien. La prolifération des premières peut s'interpréter comme le signe d'un écosystème spécifique à la région de Saint-Elme. le chien peut se voir comme le symbole d'un animal captif qui a développé une haine envers le genre humain tant qu'il ne recouvrera pas sa liberté, avec la possibilité de faire un parallèle avec Katyé, également captif. L'oeil dessiné en rouge sur la fenêtre ? La mention d'un derviche ? L'animal de compagnie inhabituel de madame Dombre (et d'ailleurs ce nom, d'ombre) ? La cérémonie avec la vache qui finit par prendre feu, ce qui correspond au nom de l'auberge La vache brûlée, simple synchronicité ? La cicatrice permanente de Romane Martens, brûlée par une bouilloire renversée quand elle avait douze ans, simple coïncidence ? À ce petit jeu, les auteurs se montrent redoutables, et le lecteur n'a aucune chance. Il voit bien que certaines mentions, certains éléments prennent tout leur sens quelques pages plus loin. Un petit trafiquant mentionne le nom de Stan Sax dans la même phrase que celui d'Arno Cavaliéri, et le lecteur comprend plus loin comment se positionne la séquence du chalet dans tout ça. Mais doit-il retenir le nom de Curzon dont le conducteur indique qu'il est à l'hôpital ?

Le scénariste a acquis un niveau expert pour mener le lecteur par le bout du nez : il n'utilise que des phrases courtes, avec des objets, des noms, comme ça en passant, et le lecteur ne dispose d'aucun moyen de savoir s'il s'agit d'un détail sans importance, ou au contraire d'un indice dont l'importance sera révélée ultérieurement. Dans ces informations, qu'est-ce qui relève du bruit et qu'est-ce qui constitue un signal essentiel ? Cela rend la lecture aussi ludique qu'addictive par le réflexe participatif qu'elle provoque mécaniquement chez le lecteur. le dessinateur s'avère tout aussi habile à intégrer un élément visuel de manière négligée, induisant également des tentatives d'identification des schémas chez le lecteur : la case avec les quatre verres vides sur une table (Ah oui d'accord, les trafiquants sont quatre), les passagers sur le ferry, les anonymes dans la rue, les graffitis sur les murs, faut-il prendre le temps de les examiner pour les mémoriser ? Les animaux dans la vitrine du taxidermiste ? Les photographies au mur de la grande salle de l'auberge de la vache Brûlée ? Pour ces dernières, c'est facile, grâce à l'insistance du regard de Romane Mertens. La mention de la mère d'Arno Cavaliéri ? Et pourquoi pas le port de lunettes de soleil par Franck Sangaré ? Après tout, chaque détail peut être signifiant, en application du principe du fusil de Tchekhov.

Dans le même temps, le lecteur peut très bien prendre l'histoire au premier degré, sans se prêter au jeu des indices qui sont peut-être signifiants, ou peut-être pas. Il suit alors Franck Sangaré dans une enquête pour retrouver un jeune homme disparu, un monsieur pas commode, assez sec, très capable d'intimider et de recourir à la violence quand il le faut, faillible (il se fait avoir deux fois avec un coup asséné sur la tête par derrière), une femme qui l'assiste quand elle peut (avant de se fouler la cheville). de rencontre en entretien, ils côtoient des individus issus de différentes couches de la société, et ils mettent leur nez dans des petites combines et dans des gros coups, faisant apparaître au grand jour les véritables intérêts qui façonnent la ville de Saint-Elme, un vrai polar.

Bienvenu à Saint-Elme pour enquêter sur la disparition d'Arno Cavaliéri, une petite ville thermale, avec une population de grenouilles anormalement élevée. La narration visuelle jette littéralement un éclairage inhabituel sur les scènes nocturnes et manie les zones de noir pour donner plus de profondeur à l'étrangeté et au mystère. Les auteurs sont des maîtres en matière de bizarreries, entre indices et altérité inquiétante, le lecteur se retrouvant implacablement à jouer aux devinettes entre signifiant, métaphore, et indices.
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Reçu dans le cadre d'une opération masse critique. Merci à tous ceux qui permettent ainsi de découvrir des oeuvres vers lesquelles on n'aurait pas forcément porté le regard.
Parlons en du regard : cette bande dessinée est très travaillée graphiquement. Peeters signe des planches aux couleurs inhabituelles : sombres entrecoupées de couleurs éclatantes : du noir troué de bleu, de mauve, de rouge. C'est déstabilisant visuellement et il m'a fallu des pages pour m'habituer. le découpage est fluide, les plans serrés des actions succèdent aux plans d'ambiance très stylisés.
Le scénario de Lehman semble un peu compliqué de prime abord : beaucoup de personnages, quelques difficultés à les identifier au début lorsqu'on passe d'un bout de narration à l'autre (l'histoire semble découpée pour converger) et beaucoup de mystère autour de chaque trajectoire décrite. Heureusement, les 80 pages permettent de se familiariser progressivement. Je l'ai lu en plusieurs fois en reprenant quasiment à la moitié de ma précédente lecture et j'ai pu apprécier encore mieux la consistance de l'ensemble.
C'est franchement du polar noir comme on peut les aimer, et j'ai refermé ce volume en me promettant de poursuivre l'aventure.


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Le tandem de l'inclassable et intrigant « L'homme Gribouillé » : le parisien Serge Lehman, maître es-étrange, et l'éclectique dessinateur suisse Frederik Peeters se reforme pour nous concocter une nouvelle aventure intitulée « Saint-Elme » dont le premier tome « la vache brûlée » vient de paraître aux éditions Delcourt. Ce premier volet, s'il reprend les codes du polar, lorgne également du côté de séries télévisuelles plus décalées telles « Fargo » ou « Twin Peaks » en nous présentant une petite ville isolée, ses habitants surprenants et ses secrets enfouis en l'accommodant d'une pointe d'humour très franco-suisse mais la situe dans un cadre européen et familier. Ils nous proposent ainsi une ouverture grandiose pour ce qui s'annonce être une pentalogie.
*
Un privé, Franck Sangaré, débarque à Saint-Elme, une petite bourgade de montagne réputée pour son eau de source, car il a été engagé par une mère éplorée pour retrouver la trace d'un jeune bourgeois fugueur de la vallée qu'on aurait aperçu dans cette ville thermale. L'énigmatique madame Dombre l'accueille. Elle connaît bien le coin, c'est elle qui va l'épauler sur cette affaire. Cette enquête devrait être rondement menée car le duo apprend rapidement que le jeune homme a ses habitudes dans une boîte de nuit, « le Mirage », où il deale avec un certain Red Dog… Mais voilà comme le répètent les habitants « Ici, c'est spécial » et les choses à Saint Elme ne se passent jamais comme prévu …
D'emblée le lecteur se trouve ainsi surpris par une longue première séquence qui ne semble pas se rattacher au reste du récit. On peut rapidement dégager trois arcs narratifs cependant : l'enquête policière de Sangaré et Dombre, une histoire de rapt d'enfant et une saga familiale celle des Sax, famille dysfonctionnelle mafieuse et puissante qui a mis la ville sous sa coupe. A cela s'ajoute toute une galerie de personnages mystérieux qui ne devraient pas manquer d'avoir un rôle à jouer dans les prochains opus : Paco un berge mutilé, Romane une jeune touriste fascinée par celui-ci, un affable aubergiste qui remet au goût du jour des traditions bizarres (dont celle qui donne son titre au volume) et j'oubliais bien sur une invasion de grenouilles ….
Ce dernier détail, qui peut avoir une valeur symbolique (l'invasion de grenouilles accompagnait celle des sauterelles et des taons dans l'épisode biblique des dix plaies d'Egypte) fait basculer le polar classique dans l'étrange et le décalé en lui conférant une originalité. Ce détail paraît d'autant plus frappant (et même parfois comique) au lecteur que le cadre est très réaliste. Si l'on retrouve sans peine dans la ville inventée de Saint-Elme le cadre géographique dans lequel vit le dessinateur et les paysages grandioses du sud des Alpes, l'épisode des batraciens lui confère une dimension mythologique. Il alerte sur un aspect de parabole qui sera sans doute détaillé dans les tomes à venir. Saint-Elme ça peut être l'alliance contre nature de l'eau et du feu …et l'annonce de la foudre qui va s'abattre comme les feux du même nom.
*
Le glissement vers le fantastique se poursuit aussi avec l'utilisation particulièrement tranchée des couleurs. Frederik Peeters a souvent dit qu'il n'aimait pas se répéter et qu'il changeait de style à chaque nouvelle oeuvre pour ne pas s'ennuyer ni lasser son lecteur. Et là il pousse l'exploration stylistique très loin ! On a immédiatement un choc visuel : les planches sont en aplats de couleurs flashy sans effets de volume ni de dégradés et ceux-ci rehaussent les noirs profonds de l'encrage. Cela crée à la fois une impression de malaise et d'irréel. La palette de couleurs psychédéliques est très antinaturaliste et vient amoindrir la précision réaliste du cadre et de l'enquête de ce polar très noir. Deux ambiances colorées dominent : l'ambiance nocturne mise en place dès la couverture et la première séquence où dominent le rouge, le bleu et le violet parfois striés d'un vert pomme figurant une lumière au néon et une ambiance diurne : celle de la lumière hivernale qui baigne la ville dans un camaïeu de jaune orangé et d'ombres mauves.
*
Nous sommes donc déconcertés, joués et bousculés. le rythme est conféré par une savante alternance entre grandes vignettes muettes qui font office de pause narrative et plantent le décor et gaufriers serrés voire éclatés dans les moments d'action. Les angles de prise de vue sont étonnants parfois (certaines scènes ne sont perçues qu'en reflet dans un rétroviseur ou le galbe d'une ampoule par exemple ) et toujours recherchés. le découpage est ciselé et Peeters joue sa partition avec maestria, les dialogues de Lehman sont percutants et réduits au strict nécessaire ; on rit parfois, on s'interroge souvent …. Mais on plonge sans hésiter dans ce monde glauque et interlope … Et on en redemande !
*
Ce premier opus se referme sur une cascade de cliffhangers. C'est peu dire que nous sommes bien « ferrés » et qu'il nous tarde de découvrir la suite de cet étrange récit choral afin de voir comment les différents arcs narratifs vont se rejoindre, comment seront exploités des personnages dont on pressent l'importance, et comment l'intrigue se dénouera. L'attente ne sera pas bien longue puisque le deuxième tome de "Saint-Elme", intitulé "L'avenir de la famille" est annoncé pour le 12 janvier 2022.

Je remercie Babelio et les éditions Delcourt de m'avoir permis de découvrir et de savourer cet album dans le cadre d'une masse critique privilégiée.
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J'aime le style graphique de Frederik Peeters, aux couleurs intenses et vives, noirs tranchants, il renforce l'inquiétude et la violence du récit du scénariste. de son côté, Serge Lehman nous entraîne dans une ambiance trouble et malsaine, très violente. On est dans un village de montagne, une entreprise d'embouteillage d'eau minérale semble la principale économie du pays, dirigée par une famille mafieuse. Un homme enquête sur la disparition d'un individu, une petite fille en captivité est libérée par le membre d'une équipe mafieuse, et autour de tout ça règne une ambiance étrange, des grenouilles grouillent partout, la petite fille enlevée dessine des signes bizarres. Tout semble plausible, pourtant, et connaissant les auteurs, on attend le moment où ça va déraper.
Beau suspense, beau graphisme, et une ambiance vraiment tendue, ce premier tome envoie de bons arguments pour prolonger avec cette série.
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critiques presse (6)
ActuaBD
08 décembre 2021
Sur la base d'un récit choral comme il en avait déjà écrit pour Gess, Serge Lehman sert un implacable polar à Frederik Peeters, qui le magnifie grâce à ses mises en page, son encrage captivant et ses couleurs saturées. L'un des meilleurs récits du genre en 2021 !
Lire la critique sur le site : ActuaBD
LesInrocks
29 novembre 2021
La narration éclatée, la répétition de motifs quasi musicaux et les cadrages, conçus pour conférer à chaque action le plus d’impact, rendent ce puzzle fascinant. Derrière, des émotions fortes et des concepts surprenants nous attendent – Lehman reste adepte de la “psychogéographie” poétique des philosophes situationnistes.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
BDGest
19 octobre 2021
Premier tome emballant et intrigant, La vache brûlée est une entame particulièrement réussie, réalisée de mains de maître par deux artistes au sommet de leur art. Vivement la suite.
Lire la critique sur le site : BDGest
BoDoi
19 octobre 2021
On est immédiatement happé par cette enquête de plus en plus étrange au fil des pages, comme un délicieux mix entre les univers des frères Coen (époque Fargo) et de David Lynch (époque Twin Peaks), mais à la sauce européenne, mention suisse. Le scénario de Serge Lehman (La Brigade Chimérique, Masqué…) trouve le bon équilibre entre le bizarre et le classique, avec une trame pour l’instant très lisible, simplement distordue par des petits clins d’oeil étranges et des personnages hauts en couleurs. C’est justement là que Frederik Peeters (Aâma, Oleg…) fait des merveilles, en proposant des « gueules » à la fois réalistes et très marquées pour ces protagonistes tantôt repoussants, tantôt attachants.
Lire la critique sur le site : BoDoi
LigneClaire
15 octobre 2021
Torturé et emberlificotée cette affaire mais c’est un compliment. Va y avoir conflit d’intérêt et à Saint-Elme c’est spécial comme ils disent. Pas tiré des embrouilles le Frank et la suite devrait faire dans le nerveux déjanté. Du soigné apprécié. Un trait souligné, précis, réaliste sans excès, efficace et direct.
Lire la critique sur le site : LigneClaire
BDZoom
11 octobre 2021
D’emblée, on est frappé par le découpage rythmé du récit, par les dialogues aussi ciselés que percutants, mais également par le graphisme fort et détaillé de l’artiste helvète. Un trait pimenté par des couleurs tranchées qui contribuent à l’étrangeté de cette ambiance pour le moins étouffante.
Lire la critique sur le site : BDZoom
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Il a débarqué ici début décembre. On s’était vu deux ou trois fois dans la vallée. Il faisait déjà du business. Mais son truc, c’était plutôt les beaux quartiers et les bars de lycéens. Il avait un peu de cash à investir, alors je lui ai proposé qu’on s’associe, mais finalement ça s’est pas fait. Il est parti bosser pour Stan Sax.
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Sur le port, il y a une boîte, pas géniale, Le Mirage. Tous les soirs vers vingt-trois heures, un mec appelé Red Dog débarque pour vendre sa came aux touristes. Je l’ai vu avec votre fugueur pendant une bonne semaine juste avant Noël.
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Si mon père était au courant, tu finirais avec la queue dans la bouche, pendant que ses chiens te boufferaient les couilles.
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Samuel, je te présente ma fille et mon fils. La relève des Sax. Comme ils ne savent rien faire, figure-toi qu’on leur a confié l’image du groupe.
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La polyvalence, c’est la clé.
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Vidéo de Serge Lehman
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