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ISBN : 2264020210
Éditeur : 10-18 (04/01/2008)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 44 notes)
Résumé :
La relecture aujourd'hui de l'invitation à la valse, outre la parenté de son auteur avec le Valéry Larbaud d'Enfantines qu'elle explique, révèle assez bien le parfum de scandale qui entoura Rosamond Lehmann dans les lettres anglaises. Car l'érotisme voilé de ce roman - qui ne déparerait pas une oeuvre de Nabokov - emporte le lecteur dans un tourbillon d'humour et de sensualité qui ne finira jamais de tourner aussi longtemps qu'il y aura des jeunes filles en fleurs e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
AgatheDumaurier
  09 novembre 2016
Encore une couverture de 1964 qui m'a valu les railleries de mon noble époux ! Vous pouvez la voir, c'est celle de babelio ...
Alors que le livre...Tout comme Poussière, il est tout en dentelle aérienne, et tellement profond...
Olivia et Kate sont deux soeurs de la bonne bourgeoisie anglaise. Elles vivent à la campagne, près de Londres. Au matin du premier chapitre, Olivia fête ses 17 ans...Elle croit entrer dans l'âge adulte, avec, comme horizon ultime, le bal chez lord Spencer, la semaine d'après. Son premier bal...Elle reçoit en cadeau le tissu de la robe, rouge flamme...A son excitation se mêle l'angoisse, la timidité, la difficulté d'habiter son corps et son esprit, et de trouver sa place dans sa famille, entre une soeur belle comme une nymphe, un petit frère surdoué, un père charmant mais distant, rêveur, une mère aimante, mais rigide. Sans oublier le pékinois, objet des attentions exclusives de daddy...Puis arrive le jour - la nuit- du bal ...où il de passe tant de choses, mais peut-être aussi rien du tout...
Comme cela a l'air lourd quand je l'écris ! Alors que tout ce que je raconte est implicite, suggéré, avec infiniment de subtilité, qui ouvre des perspectives bien plus vastes qu'on ne saurait dire. Rosamund Lehmann traite des jeunes filles, de l'adolescence, des rêves mêlés inextricablement à la réalité, de l'indifférence et de la fascination, des individus isolés en eux et des codes sociaux, des abymes qui séparent les gens...Tout cela avec la grâce inimitable des grandes romancières anglaises.
Lisez-le tous, je veux une nouvelle édition, une nouvelle couverture, mais pas une nouvelle traduction, celle de Jean Talva est géniale.
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Gwen21
  18 août 2017
Il est absolument impossible que les scénaristes de Downton Abbey n'aient pas eu entre les mains ce roman de Rosamond Lehmann avant de se mettre à l'oeuvre. On retrouve dans ces pages l'esthétisme et la psychologie des classes mondaines.
A travers les yeux de deux soeurs, Kate et Olivia, très différentes de caractère et de "talents", le lecteur pénètre dans l'intimité campagnarde d'une famille attachante, les Curtis. Comme son titre l'indique, tout le roman s'articule autour d'un bal donné par Lady Spencer, la riche voisine dont Kate et Olivia ont fréquenté de loin les enfants. Olivia vient de fêter ses dix-sept ans et elle envisage son premier bal avec une gamme de sentiments complexes et paradoxaux, tous légitimes, quand Kate, plus expérimentée, tente d'apaiser ses espoirs pour éviter les désillusions.
La plume de Rosamond Lehmann peut quelque peu surprendre au commencement, elle ne ressemble pas de mon point de vue à celles de ses contemporaines. Franche, directe, parfois corrosive, elle ne fait pas dans le détail et la description mais s'attache davantage aux personnages et à leurs ressentis. le bal symbolise ici la transition troublante entre l'enfance et l'âge adulte, l'abandon de la gaucherie pour "entrer dans le soleil", les tâtonnements de l'inexpérience, la découverte d'univers sociaux différents de celui du cocon et des différentes relations qui peuvent se nouer et se dénouer entre les gens.
L'auteur traite son sujet avec une grande délicatesse et, j'ose l'affirmer, une réelle conscience du besoin d'émancipation de ses héroïnes. Nous sommes en 1920 et le langage change, devient moins châtié, plus franc ; les jeunes filles cousent désormais moins qu'elles n'étudient ; elles portent un regard plus critique sur les hommes qui les entourent, quel que soit leur âge.
Une belle découverte d'une auteure très féminine à défaut d'être féministe.

Challenge 1914-1968 / 2017
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NCJ
  18 janvier 2015
Nous sommes en 1920 à Little Compton. Olivia est la fille de l'héritier et ancien Directeur des papeteries de Tulverton, aujourd'hui à la retraite. Elle évolue donc dans un milieu favorisé, même si la guerre a largement contribué à la diminution de leur train de vie.
C'est un grand jour, celui de son anniversaire ! Elle recevra de ses parents pour ses dix-sept ans, un cadeau qui la comble : une soie rouge qu'elle confiera à sa couturière pour que cette dernière transforme l'étoffe en robe de bal.
Ce premier bal où elle doit se rendre avec sa soeur Kate et un cousin éloigné qui, selon les règles de bienséance, doit les accompagner pour être leur cavalier.
Olivia rencontre lors de cette soirée des jeunes gens très différents les uns des autres. Elle se lie d'amitié avec certains mais fuit devant le comportement étrange d'un invité affublé d'un tic qui semble en savoir bien plus qu'elle sur la vie et les relations amoureuses…
J'ai trouvé ce livre intéressant et comme pour « Poussière » l'analyse est fine et ciselée. Si le sujet est léger, on ne tombe jamais dans la sensiblerie ou la mièvrerie avec cette auteure.
Sont relatés avec sensibilité, émotion, humour et même dérision les rêves, les espoirs, l'exubérance, la naïveté, la candeur mais aussi le début de la volupté et de la sensualité d'une jeune fille de dix-sept ans.
Olivia vit très fortement les différents épisodes de cette soirée comme on peut les vivre à son âge, et c'est en cela que je trouve Rosamond Lehmann brillante, car j'avais presque dix-sept ans quand j'ai lu son livre !
CHALLENGE ABC 2014-2015

Lien : http://uneautrelecture.blogs..
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djathi
  02 novembre 2014
Mes ressentis au fil de ma lecture furent une série de sentiments contrariés : non pas tant de l'agacement envers cette romantique exaltée, mais plutôt une sorte d'impatience ..... pour basculer quelquefois très rapidement sous le charme à travers une situation subtilement décrite par Rosamond Lehmann , experte dans l'art d'exprimer tout en nuances la complexité des relations humaines .... Assurément Judith dès sa prime enfance semble se complaire dans l'art d'intellectualiser chaque moment de sa vie : aucune légèreté et insouciance pourtant propre à la jeunesse ..... Solitaire et introvertie , plus à l'aise dans les sphères de son imagination que dans la vraie vie et les relations humaines , préférant la nuit au jour , cet enfant grandit dans son propre univers , sans réels repères affectifs (fille unique d'un intellectuel plus enclin à lui enseigner la littérature et les arts qu'à lui apporter une forme d'amour plus "paternel' et d'une mère évanescente )..... La présence ponctuelle d'enfants de son âge en vacances chez leur grand-mère à proximité lui permettra de nourrir son imaginaire des années durant : sa relation avec chacun d'entre eux sera unique et complexe , souvent torturée à l'image de sa façon d'appréhender le monde en général .....
Cette petite fille , devenue jeune fille , enfin jeune femme représente une sorte de paradoxe assez intéressant à travers l'écriture de l'auteure : son romantisme exacerbée formidablement traduit par des descriptions très poétiques , avec une nature omniprésente cohabite avec une cérébralité puissante ......... bizarrement on sent qu'un excès de 'nature et culture" empêche à Judith d'exulter ......
Dès l'enfance les scènes de bains , d'escapades dans cette campagne qui évoquent un tableau impressionniste , empreint de sensualité pleine de fraîcheur pourraient laisser à penser que Judith saurait vivre ses premiers émois amoureux avec fougue et passion , emportée par le désir charnel au service de sa puissance romantique : Il n'en sera rien , et naturellement la vie , la vraie , dans sa forme moins éthérée , sera vécue comme une blessure ..... Amoureuse de l'amour uniquement dans l'idéal , Judith laisse aller ses émotions de ci , de là ..... Chaque fois dans la projection et l'analyse mais ne sachant pas créer le lien en laissant parler le corps , l'âme et non l'esprit qui obstrue sa capacité d'aimer ....
A travers Judith l'auteur met en relief la complexité d'une personnalité brillante , victime de sa quête d'absolu et de ses idéaux .....
Il est important aussi de souligner que l'auteure a su aborder avec délicatesse , légèreté, l'homosexualité , ainsi que l'émancipation de la femme : belle audace pour l'époque et surtout quel talent pour l'exprimer sans sensiblerie , ni mièvrerie !
La fin du livre , exprimant le vide de Judith après ces premiers écueils dans la "vraie vie" laisse entrevoir peut-être une entrée dans la matière enfin .....
Sachant que l'écrivaine n'avait pas plus de 25 ans lors de l'écriture de ce roman , je suis toujours admirative de tant de maturité pour exprimer avec autant d'acuité la complexité des relations humaines ; en outre le véritable talent de Rosamond Lehmann réside , à mon sens , dans cet art unique de la description : ce sont de véritables tableaux qu'elle nous livre dans lesquels ils fait bon se lover ....
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nathys
  11 janvier 2011
Déjà je trouve le titre très beau
Le style de Rosamund Lehmann est un peu désuet certaines tournures de phrases, ou mots paraissent bizarres mais en même temps, on s'y habitue et je trouve qu'elle a un style tout en finesse et en douceur
J'ai adoré les personnages et je me suis énormément retrouvée en Olivia: même si aujourd'hui il n'y a plus de bals je ressentais avec elle l'appréhension de ne pas avoir de cavalier, le soulagement lorsqu'un se présentait etc...vraiment j'avais l'impression que toutes ses émotions faisaient écho à des émotions que j'avais déjà ressenties aussi, dans des situations plus ou moins similaires! (Bon je pense être beaucoup moins bonne comme personne^^) J'aime beaucoup lorsqu'elle essaie sa robe avant le bal, que ça ne va et qu'elle a envie de tout abandonner, de ne plus y aller et de juste pleurer! Elle a aussi beaucoup d'empathie et est très touchante, ce que j'ai beaucoup apprécié chez elle, notamment lors de sa rencontre avec l'aveugle.
J'ai beaucoup aimé Kate aussi: là encore toute sa rencontre avec Tony est merveilleusement décrite, avec ces sentiments mélés de gêne et ravissement
L'atmosphère du bal avait quelque chose de magique, en lisant, on se sent porté, comme si on tournoyait aussi, ça donnait l'impression d'être dans un semi-rêve
Et ce que j'ai trouvé magnifique et extraordinaire dans ce roman, c'est comment Rosamund Lehmann transforme ce bal en une très belle métaphore de la vie: depuis l'arrivée dans la salle (qui représente la naissance), l'appréhension des débuts, les rencontres, les chagrins, les joies, les leçons qu'on tire des expériences jusqu'à la fin du bal, qui représente un peu la mort, où on fait le bilan (de la soirée ou de sa vie)
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
BrigidaBrigida   01 mars 2015
P 128 Quand les ressources offertes a la conversation par le Pays de Galles furent épuisées,Mrs Curtis dit avec bienveillance :
_ Est-ce que vous avez fait choix d'une carrière, Reggie ?
Il y eut un silence ; après quoi, d'une voix forte :
_ J'ai décidé ďe me consacrer au Seigneur _ dit-il.
Mrs Curtis compta quelques mailles. Puis elle dit d'un ton circonspect :
_ C'est une très belle décision.
Un silence.
- Ma mère en est très heureuse - reprit-il.
J'en suis convaincue.
Encore un silence. Les jeunes filles, stupéfaites, considéraient fixement le tapis. Elles comprenaient maintenant pourquoi il ne les regardait pas. Il évitait la tentation. Ni l'oeil de Kate, étincelant, fier et hardi - l'oeil d'une beauté - ni le regard tendre et sensible d'Olivia, ne devaient le détourner de ses saintes pensées, de sa décision d'entrer dans les ordres. Elles voyaient, maintenant, pourquoi ill ne voulait danser qu'avec modération : détaché des plaisirs de ce monde, et toutefois, dans sa tolérance, ne les rejetant pas avec mépris, il assisterait à la fête, mais il ne serait pas de la fête. Et durant les heures qui allaient suivre - le coeur leur manquait à cette pensée - quand il tournerait avec elles, à petits pas modérés et prudents, parmi les autres couples, qu'est-ce qu'elles pourraient bien lui dire, ô mon Dieu ? et qu'est-ce qu'il pourrait bien leur répondre ? Inutile, pensait Olivia , d'essayer de le séduire par une conversation sérieuse, ou par les purs regards extasiés d'un être secrètement d'accord avec l'infini : ça ne donnerait rien, et d'ailleurs, il était trop ennuyeux. Mais pour Kate la situation était bien pire : Kate était dévote, et maintenant, au lieu de le remettre à sa place, elle devait respecter en lui son habit futur. Il avait été appelé : il était au-dessus d'elle, et non pas à vingt pieds au-dessous ... Bien entendu, comme maman le disait, c'était une très belle décision. Eh ! bien, non, pas du tout, c'était une décision idiote, une décision exaspérante.
Là voilà bien notre veine, voilà ce qui devait arriver ...Comme Etty rirait si elle savait ça. ..Aller prendre comme danseur, pour son premier bal, un apprenti pasteur.
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Gwen21Gwen21   12 août 2017
"Avis aux jeunes rédactrices de journaux intimes.
Soyez indulgentes envers vous-mêmes. Cachez vos pires défauts, laissez de côté vos plus honteuses pensées, actions et tentations. Accordez-vous toutes les bonnes et intéressantes qualités que vous voudriez avoir, et que vous n'avez pas. S'il vous arrivait de mourir jeunes, quelle consolation serait-ce pour vos parents de connaître la vérité, et d'avoir à se dire "Ce n'est pas une perle que nous avons perdue, c'est un pourceau" ?"
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Gwen21Gwen21   10 août 2017
Mais à quoi bon méditer sur les souffrances, sur l'injuste destin des légumes ? C'est bien assez de se faire du souci à cause de tous les chiens, tous les chats et tous les chevaux maigres qu'on rencontre, d'être dévorée de tristesse pour l'oiseau qu'on met en cage, le bétail qu'on mène au marché ; d'être incapable de tuer une guêpe ou d'écraser un perce-oreille ; de recevoir un coup au coeur même pour les fleurs, qui souffrent peut-être d'être cueillies, arrachées à leurs compagnes.
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NCJNCJ   18 janvier 2015
« - Cette jeune fille en vert, avec une petite cape, c’est ma sœur, dit Olivia.
Il n’allait certainement pas exercer sa critique sur Kate. Celle-ci dansait pour le moment avec le docteur Parkes ; il l’examina d’un œil froid et incisif.
- Hum ! La jeune fille chaste et pure. Une véritable nymphe. Une nymphe à l’eau de guimauve. Bon Dieu ! Il y a bien, dans toute cette salle, en fait de sex-appeal, juste de quoi émoustiller un canari ! Mais qu’est-ce que vous avez, ô vierges d’Angleterre ?
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Gwen21Gwen21   04 août 2017
Oui, c'est certain, ces murs renferment un monde. Ici, la durée tisse sa toile d'une pièce à l'autre. Le temps est en sûreté dans cette maison. Quelque chose d'énergique, de concentré, de fort, de calme, s'y développe, quelque chose qui a ses lois, ses habitudes, quelque chose d'inquiétant, de tyrannique, à quoi il ne faut pas se fier tout à fait ; quelque chose d'atroce, peut-être. Une plante curieuse, aux fortes racines enchevêtrées : un spécimen unique. Une famille, en un mot.
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