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ISBN : 2259204899
Éditeur : Plon (19/10/2007)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 53 notes)
Résumé :
Pourquoi la démocratie et les droits de l'homme sont-ils nés en Occident plutôt qu'en Inde, en Chine, ou dans l'Empire ottoman? Parce que l'Occident était chrétien et que le christianismes n'est pas seulement une religion.
Certes, le message des Évangiles s'enracine dans la foi en Dieu, mais le Christ enseigne aussi une éthique à portée universelle: égale dignité de tous, justice et partage, non-violence, émancipation de l'individu à l'égard du groupe et de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Klasina
  02 juillet 2018
Au coeur de l'essai, l'éthique universelle du Christ : justice, non violence, liberté, égalité, fraternité…
Pourquoi les droits de l'homme sont-ils nés en Occident ? Frédéric Lenoir nous répond, parce que l'Occident était chrétien. L'Eglise, dès sa naissance, a assombrie l'enseignement du Christ, c'est-à-dire qu'elle a subverti les valeurs du Christ. Dès que le christianisme est devenu religion officielle de l'Empire Romain au Vie siècle, c'est un voile, un nuage, un ciel qui s'est interposé entre le véritable enseignement du Christ.
L'ouvrage, reprenant par époque, le développement de la religion chrétienne, parvient à montrer que c'est en opposition à l'institution ecclésiale, que le message du Christ a pu se développer et parvenir à notre société actuelle. de même que l'auteur porte une lecture neuve sur les Evangiles.
L'ouvrage est pertinent, clairement présenté, et écrit dans une clarté implacable. L'auteur part des origines pour parvenir à notre société moderne actuelle qui a repris l'essentiel du message christique. Voici les grandes lignes.
L'enseignement de Jésus est révolutionnaire pour son temps. Contre la tradition juive, ( Jésus reste tout de même juif) Jésus prône l'égalité entre personne, la liberté au-delà des conditions extérieures de détermination (ethniques, sociales, politiques…) propres à une société, où chacun à sa place, son rôle à tenir, le tout au détriment de la partie (système holiste). Pour qu'un homme puisse suivre Jésus, il doit se défaire des liens familiaux, qui priment dans une société traditionnelle. Par là, c'est la Tradition qui est touchée. Amour du prochain, fraternité, justice sociale…autant de valeurs portées par le Christ. Et c'est valeurs ont forgé notre identité moderne.
Mais le message christique, a dévié. L'Eglise a été coupable d'actes de violence, des persécutions à l'Inquisition. Par ailleurs, elle a permis de contribuer à développer des centres de charité, pour la pauvreté…
L'humanisme de la Renaissance était encore imprégné du message christique, il ne reniait pas la foi. Les Lumières reprennent à leur tour, des idées des Evangiles, et au-delà du Christ. Elles ne fondent pas ce message sur la foi, mais sur la raison. Partant de là, le message du Christ est conservé sous une forme d'un humanisme séculier, et ensuite athée (les Lumières croient en une entité…). C'est la version laïcisée qui est venue à nous.
Enfin, l'auteur revient sur notre société actuelle : la place de la religion, du christianisme.
Jésus, deux millénaires avant nous, avait posé les bases de la « modernité ». Pourquoi dès lors, cette modernité a été refusée ? Ces valeurs étaient, à mon avis, trop révolutionnaires, dans une société aussi traditionnaliste. Peut-être que l'Humanité devait apprendre des leçons, peut-être son histoire n'était pas toute faite, elle attendait de voir la contingence, des actes libres surgir. S'il n'y avait pas eu de Moyen Age de l'Eglise, certaines idées n'auraient pas germé. C'est que chaque époque est complémentaire. On pense sur des idées léguées par les plus anciens, par là, on peut les reprendre, et développer à son tour, une idée novatrice, qui fait la dialectique des idées précédentes. ( ex : en philosophie, Kant, qui concile les empiristes et les idéalistes).
Ces valeurs ne devaient pas s'imposer, comme une hétéronomie, mais elles devaient se réaliser, se choisir, et devenir la marque de l'autonomie de la raison et de l'homme. Est-ce-là aussi un enseignement du Christ ?
Ces questions sont toujours ouvertes, le monde est toujours à regarder, à deviner, à déchiffrer.
On l'aura compris : le christianisme est toujours là, c'est un christianisme « invisible ». D'ailleurs, n'avons-nous pas trop de foi en nos idées modernes ?
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MIOP
  09 février 2012
« le christ philosophe » est un livre passionnant, parce qu'il démontre grâce à une argumentation précise, l'impact fondamental qu'à eu le christianisme sur toute l'histoire de la pensée occidentale.
Ce livre très pertinent, construit comme une enquête, met en perspective la manière dont le Christianisme influence les mentalités et l'élite intellectuelle depuis toujours. Au point que les penseurs des lumières s'en soient eux-même inspirés. Notamment lorsqu'ils ont, par la raison, voulu fonder la société humaine sur la liberté, l'égalité et la justice sociale.
En effet, pour Jésus, le seul espace sacré était l'esprit. Quelles que soient ses origines sociales, sa religion, sa nationalité, seuls comptent les actes, les pensées, et les paroles, qui permettent de soupeser l'âme humaine, de fonder sa qualité intrinsèque, dépouillée de la vie mondaine artificielle.
Aujourd'hui encore, une sagesse de l'Amour qui change le visage traditionnel d'un Dieu inspirant la crainte et que contredit l'instinct le plus universellement répandu, celui de s'affirmer en dominant l'autre, n'est pas encore atteinte.
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frandj
  25 février 2018
Frédéric Lenoir est un auteur désormais célèbre et très médiatisé. Ce n'était pas encore le cas en 2007, au moment où il a publié ce livre. Dans cet ouvrage, il y a beaucoup de choses (et peut-être trop ?): la vie et l'enseignement de Jésus, l'histoire du christianisme, y compris les schismes et les hérésies, la relation entre l'Eglise et la société moderne, etc... C'est présenté d'une manière claire et synthétique mais, comme j'ai déjà beaucoup lu par ailleurs sur tous ces sujets, je n‘ai sans doute pas appris grand-chose.
Le titre même de ce livre peut surprendre. Mais F. Lenoir souligne que « la révolution apportée par la philosophie du Christ a créé une véritable onde de choc dans l'histoire humaine ». En effet, dans le domaine éthique, l'enseignement de Jésus a promu le pardon, la non-violence et l'amour du prochain. De plus, il se trouve à la base des valeurs fondamentales de notre société laïque moderne: la liberté, l'égalité, la fraternité, la séparation des pouvoirs. (J.-C. Guillebaud a livré le même type d'analyse dans "Comment je suis redevenu chrétien", paru également en 2007).
Toutefois, le message principal de Frédéric Lenoir est ailleurs. Il peut se résumer en une phrase: « Le christianisme n'est PAS D'ABORD une religion, avec des dogmes, des sacrements et un clergé: c'est AVANT TOUT une spiritualité personnelle et une éthique transcendante à portée universelle » (p. 298 de l'édition de poche). Il importe de bien méditer cette phrase qui, justement, fait écho au titre du livre. Pour ma part, j'en déduis ceci: la place de l'Eglise - avec toute son influence et tous ses pouvoirs - , autrefois dominante, n'a jamais garanti le respect des principes éthiques énoncés par le Christ. Inversement, l'effondrement apparent de l'Eglise dans la société contemporaine n'implique pas nécessairement un dévoiement moral généralisé. La position de l'homme devant le "Royaume de Dieu" n'a vraiment pas changé depuis deux mille ans: ce "royaume" est toujours comme un mirage qui recule à mesure qu'on avance… Dans cette quête individuelle jamais achevée, l'action de l'Eglise n'a en fait qu'un rôle très mineur.
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mercutio
  15 août 2014
Frédéric Lenoir prend le temps d'établir une réalité historique que les peuples occidentaux ont peut-être eu tendance à occulter ou à nier au gré des partis pris politiques de ces derniers siècles. Il suffit pour s'en convaincre de se remémorer les cours d'histoire en collège et lycée français. Il le fait, comme à son habitude, rationnellement, sobrement et dans le total respect des convictions de ses lecteurs.
Il s'agit d'un bon ouvrage de vulgarisation au sens où, non seulement la lecture est à la portée des non spécialistes, mais surtout le but à atteindre (la "démonstration") et le volume limité de l'ouvrage (300 pages) ne laissent évidemment pas à l'auteur le loisir d'approfondir, autant que certains lecteurs pourraient le souhaiter, les différentes facettes du sujet, principalement historique mais aussi philosophique, politique et religieuse.
Seul bémol: j'ai trouvé que Lenoir, que j'ai lu plus tonique et frondeur, ronronnait un peu, jusqu'à l'épilogue, émouvante.
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LoupBlanc
  13 octobre 2010
Le meilleur Lenoir à mon avis.
Quand le Christianisme mène aux Droits de l'Homme en passant par les lumières....
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
AuroraeLibriAuroraeLibri   27 décembre 2016
Bien entendu, l'Inquisition a finalement été supprimée au XVIIIe siècle. Mais pourquoi ? Parce que l'institution aurait pris conscience de s'être abominablement égarée et se serait amendée ? Non. Simplement parce qu'elle n'avait plus les moyens de sa volonté de domination. Parce que la séparation de l'Eglise et de l'Etat (parfaitement conforme au message du Christ) lui a enlevé le "bras séculier" sur lequel elle s'appuyait pour faire périr les hérétiques. Parce que les humanistes de la Renaissance et les philosophes des Lumières sont passées et qu'ils ont réussi à faire de la liberté de conscience un droit fondamental de tout être humain. Aujourd'hui ces idées se sont imposées à tous en Occident, croyants et non-croyants. Non seulement elles ne sont pas advenues par l'Eglise, mais contre l'Eglise, qui a lutté de toutes ses forces (déclinantes) pour essayer de conserver son pouvoir et ses prérogatives. Le grand paradoxe, l'ironie suprême de l'histoire, c'est que l'avènement moderne de la laicité, des droits de l'homme, de la liberté de conscience, de tout ce qui s'est fait aux XVIe, XVIIe, et XVIIIe siècles contre la volonté des clercs, s'est produit par un recours implicite ou explicite au message originel des Evangiles. Autrement dit, ce que j'appelle ici "la philosophie du Christ", ses enseignements éthiques les plus fondamentaux, ne parvenait plus aux hommes par la porte de l'Eglise...alors elle est revenue par la fenêtre de l'humanisme de la renaissance et des Lumières! Pendant ces trois siècles, alors même que l'institution ecclésiale crucifie l'enseignement du Christ sur la dignité humaine et la liberté de conscience par la pratique inquisitoriale, celui-c- ressuscite par les humanismes.

Prologue
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AuroraeLibriAuroraeLibri   27 décembre 2016
Jésus a-t-il réellement existé ? Pendant dix-huit siècles, cette question ne s'est pas posée en Occident. En chrétienté, on ne s'interrogeait pas plus sur la réalité de l'existence de Jésus que sur l'authenticité et l'historicité des événements merveilleux relatifs à sa vie, enseignés au catéchisme et à la messe dominicale où tout le monde se retrouvait. A la fin du XVIIIe siècle, sous l'effet conjugué des Lumières philosophiques et du développement des sciences, l'Europe passe tous les savoirs traditionnels au crible de la raison critique. Une poignée d'exégètes et de théologiens allemands appliquent la méthode scientifique à la religion chrétienne et à ses sources bibliques. En France, malgré l'opposition de l'Eglise catholique, ce mouvement est relayé dans la première moitié du XIXe siècle par l'école dite de Strasbourg (1804-1891) ou Timothée Colani (1824-1888), les futurs fondateurs de la Revue de théologie, commencent à diffuser, auprès d'un petit milieu de spécialistes, les éléments du débat allemand qu'ils alimentent avec leurs propres études. Aucune publication n'entoure ces travaux qui suscitent la méfiance de la hiérarchie ecclésiale, alors que leurs auteurs ne cherchent pas à nier l'existence de Jésus, mais à mieux connaître un Jésus débarrassé de la gangue de la foi

Chapitre I. L'histoire de Jésus et le Jésus de l'Histoire
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AuroraeLibriAuroraeLibri   27 décembre 2016
La recherche historique et critique sur les textes fondateurs du christianisme aurait pu rester confidentielle, mais c'est sans compter avec l'arrivée d'un trubilion, écrivain reconnu et proche des exégètes strasbourgeois. Ernest Renan s'empare en effet du sujet "Jésus", lui offre sa plume et publie en 1863 La Vie de Jésus qui devient un best-seller malgré la double levée de boucliers, de l'Eglise qui l'accuse de chercher à ébranler la foi et des exégètes qui lui reprochent de présenter un personnage trop romanesque. Le public, lui, s'arrache ce livre qui lui offre un Jésus inédit. En préface de sa treizième édition, Renan explique sa démarche d'une manière que ne renieraient pas les exégètes modernes : "Si les Evangiles sont des livres comme d'autres, j'ai eu raison de les traiter de la même manière que l'helléniste, l'arabisant et l'indianiste traitent les documents légendaires qu'ils étudient." Et il se positionne en historien qui " n'a qu'un souci, l'art et la vérité", par opposition au théologien qui "a un intérêt, c'est son dogme". Renan a ouvert une brèche dans l'esprit du public cultivé et les exégètes poursuivent leurs travaux, s'appuyant sur de nouveaux éléments de la recherche historique et archéologique et défrichant des pistes inédites.

Chapitre I. L'histoire de Jésus et le Jésus de l'Histoire

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AuroraeLibriAuroraeLibri   27 décembre 2016
Tout au long de son histoire, l'Eglise a rendu de grands services aux pauvres et aux déshérités, elle a permis à des saints d'éclore, elle n'a jamais cessé d'annoncer l'Evangile. Grâce à elle, et quels que soient ces égarements, la parole du Christ a été transmise jusqu'à nos jours et elle a été traduite à peu près dans toutes les langues. L'Eglise a bien rempli cette mission de transmission. Mais ce qu'elle a souvent évité, c'est de mettre ses pratiques en accord avec le message qu'elle annonçait lorsque cela lui a semblé menaçant pour sa propre existence ou son essor. Les premiers chrétiens ont préféré mourir plutôt que de se renier. Un grand tournant a eu lieu lorsque le christianisme est devenu la religion officielle de l'Empire romain. De persécutés à cause de leur foi, ils sont rapidement devenus persécuteurs au nom de leur foi. (...)
L'Evangile a continué d'être annoncé, mais l'écart n'a cessé de se creuser entre les commandements du Christ et les pratiques de l'institution ecclésiale qui répondaient de plus en plus au besoin d'assurer sa survie, son développement, sa domination.

Prologue
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rkhettaouirkhettaoui   10 mai 2016
L'Amérique est la terre de l'or, celle aussi des « sauvages ». Les colons qui affluent en masse, attirés par les promesses du Nouveau Monde, y découvrent ces peuplades étranges que les rois d'Espagne leur offrent en même temps que les terres à exploiter, à condition qu'ils les nourrissent et les convertissent à la foi catholique. Les Indiens sont dès lors victimes d'un véritable génocide : les hommes et les enfants meurent sous la surcharge de travail, les femmes et les nourrissons sont victimes de violences gratuites et extrêmes, pratiquées sous forme de jeu.
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Vidéo de Frédéric Lenoir
Conférence du 12 octobre de Frédéric Lenoir à la Cholotte
>Théologie sociale chrétienne>L'Eglise et la société>L'Eglise et les différentes disciplines (25)
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