AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782378560157
Verdier (07/03/2019)
3.96/5   57 notes
Résumé :
" 47 % des vertébrés disparus en dix ans, faut qu’on se refasse une cabane, mais avec des idées au lieu de branches de saule, des images à la place de lièvres géants, des histoires à la place des choses. " Olivier Cadiot

Il faut faire des cabanes en effet, pas pour tourner le dos aux conditions du monde présent, retrouver des fables d’enfance ou vivre de peu ; mais pour braver ce monde, pour l’habiter autrement, pour l’élargir.
Marielle Macé le... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Charybde2
  28 décembre 2021
Au fil dense d'une métaphore organique, poétique et ramifiée, une contribution essentielle à un arsenal mental nécessaire pour imaginer des futurs concrets moins délétères que ce qui nous semble encore promis.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2021/12/28/note-de-lecture-nos-cabanes-marielle-mace/
Deux ans après le somptueux appel doux (mais fort résolu) à un autre regard sur les réfugiés entassés dans des camps de fortune à « nos portes », ici et là, que constituait « Sidérer, considérer », Marielle Macé nous offrait en mars 2019, toujours dans la précieuse collection Petite jaune des éditions Verdier, avec ce « Nos cabanes », un travail merveilleux de conduite métaphorique du changement, travail qu'elle entamait dans ses premières pages en nous entraînant à Notre-Dame-des-Landes sur les traces de la noue, première et riche pierre de sa proposition en forme de jeu de go sémantique et politique.
Prenant appui sur cette noue géographique et agricole pour en extraire les significations possibles comme des passerelles poétiques vers d'autres constructions et horizons à défendre, vers une piste à suivre en compagnie de Gilles Clément et de son tiers paysage, d'Emmanuelle Pagano et de son « Nouons-nous », d'Aragon et de ses « Chambres », de Victor Hugo et de ses « Misérables », même (et de la reprise par Patrick Boucheron, dans sa leçon inaugurale au Collège de France, de cette phrase-ci : « Étonner la catastrophe par le peu de peur qu'elle nous fait »), de Noémi Lefebvre et de sa « Poétique de l'emploi », d'Anna Tsing et de son « Champignon de la fin du monde », du collectif d'artistes Catastrophe et de sa reprise de main sur les ruines sociales, de la cinéaste Claire Simon et de son « Bois dont les rêves sont faits », de Fred Griot et de sa « Cabane d'hiver », de Jean-Marie Gleize et de son « Livre des cabanes », « écrit à Tarnac, en soutien à Tarnac », de l'artiste Giuseppe Penone et de son « Être fleuve », de Charles Heller et Lorenzo Pessani, avec leur terrifiante et pourtant sublime « Forensic Oceanography » – qui nous ramène à cette Méditerranée devenant cimetière sous nos yeux, mais pas uniquement -, du documentariste Patricio Guzmán et de son « Bouton de nacre », de Rachel Carson et de son « Printemps silencieux », des anthropologues contemporains, Philippe Descola ou Tim Ingold au premier chef, qui étendent notre définition compréhensive du vivant, de Francis Ponge et de son « Carnet du bois de pins », parmi bien d'autres compagnes et compagnons de route vers ce lendemain ré-habité, ô combien différemment, Marielle Macé nous invite donc avec grande force à échafauder nos propres cabanes, physiques et métaphoriques.
On sait la puissance de réenchantement défensif et offensif que peut véhiculer l'imaginaire des cabanes, ligne de fuite vers laquelle Marielle Macé dirige son propos faussement vagabond, donnant son titre à son texte – en résonance avec l'exhortation amicale, poétique et sérieuse d'Olivier Cadiot, rappelée en quatrième de couverture : « Faut qu'on se refasse une cabane, mais avec des idées au lieu de branches de saule, des histoires à la place des choses ». Les magiciens des éditions Antidata, dans leur beau recueil collectif de nouvelles (« Petit ailleurs », 2017), la jeune dramaturge Millie Duyé, dans sa nouvelle primée, bouleversante et si prometteuse, « Des cabanes » (à lire dans le recueil « La femme à refaire le monde et autres nouvelles », 2019), le redoutable Frédéric Fiolof, dans sa « Magie dans les villes » (2016), ont su, parallèlement au recensement si productif conduit ici par l'autrice, nous montrer ce que la cabane peut porter et soutenir, à sa manière la plus fragile justement. Au fil de cette centaine de pages foisonnantes d'imagination et de poésie, et pourtant extrêmement déterminées, Marielle Macé étaye la métaphore en une approche à la fois indicielle et de solidification progressive, et nous fournit ainsi discrètement des armes beaucoup plus puissantes qu'on ne le croirait au premier abord pour inventer des lendemains différents et, enfin, peut-être, moins délétères.
Lien : https://charybde2.wordpress...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
monprecieuxlivre
  18 juillet 2020
Bonsoir à toi qui passe par là. Hier, j'ai lu « Nos cabanes » de Marianne Macé paru aux éditions Verdier et quelle belle découverte littéraire ce fut. Dans cet essai, l'auteure nous invite à une réflexion sur les cabanes, celles de l'enfance qu'on bâtit comme des cocons pour abriter nos rêves, celles élevées pour résister comme les cabanes des ZAD mais également les cabanes mentales, des espaces de pensée collective et de changement. Marielle insuffle beaucoup de poésie et d'amour du vivant dans ses mots et on ressort de cette lecture avec beaucoup d'espoir et de désir d'imaginer le monde demain, loin du capitalisme et de l'indivualisme qui ont forgés cette société malade où les solitudes se côtoient. Dans ce joli petit livre à la couleur du soleil, elle aborde le concept de la « noue », la noue comme abri végétal, la noue comme espace ovidien devenu lieu de lutte. « Nouons-nous » clame l'auteure, « faisons et défaisons des collectifs avec ces solitudes et non pas malgré elles ». de belles références aussi dans cette cabane de papier comme Aragon ou Henri Michaud, l'actualité du Zad de Notre-Dame des landes et la notion de mémoire de la nature, notamment la mémoire de la Méditerranée suite au drame des migrants. Un livre moderne et nécessaire, de ceux qui réveillent l'esprit, font réfléchir et nous rendent acteur d'un monde à habiter autrement. Merci Marielle... Rendez-vous en story pour quelques extraits qui j'espère vous donneront l'envie de l'acquérir. #noscabanes #verdier #mariellemacé #bookstagram #booksaddict #livrovore #instalivresque #ecologie #decroissance #zad #cabanes #habitatleger #philosophie #demain #migrants #lirepourleplaisir #lireetpartager #instalivres #book
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
pchion
  07 janvier 2021
Je n'ai pas accroché. le thème me plait mais pas la façon d'écrire de l'auteure : emploi systématique d'un vocabulaire et de tournures complexes, surcharge de citations qui allourdissent les phrases et n'aident pas toujours à suivre le raisonnement. Pour moi, l'art d'exprimer de façon compliquée des choses simples et des sentiments remarquables. Je comprends que d'autres aient aimé, mais ce style d'ouvrage, pourtant court, est indigeste pour moi. Ce que j'ai préféré c'est la citation mise en exergue d'Olivier Cadiot "Faut qu'on se refasse une cabane, mais avec des idées au lieu des branches de saule, des histoires à la place des choses". Perso, je pense que l'auteure a besoin de se refaire, en premier, une petite cabane toute simple avec des planches, des clous et un marteau. le maniement des outils manuels apprend parfois la simplicité.
Commenter  J’apprécie          71
palirausoleil
  26 juin 2019
TOUS AUX CABANES !
Taux d'ensoleillement élevé et sans risque sous le jaune des éditions Verdier. Enchantement et questionnement à chaque page de ce manifeste où la pensée loin de s'assécher, fonctionne en rhizome. Tirer sur un fil, ce sont de possibles liens et noeuds qui apparaissent. Partir d'un seul mot "cabane" ou "nous/nou-ons", c'est déployer un éventail de pensées et d'idées pour habiter autrement ce monde abîmé.
Quand poésie et politique font bon ménage. Un essai littéraire aircooling et déshydratant. Mais si faites moi confiance :-).
J'ai adoré.
Commenter  J’apprécie          70
Rhl
  24 janvier 2020
"Faire des cabanes en tous genres - inventer, jardiner les possibles, sans craindre d'appeler cabanes des huttes de phrases, de papier, de pensée, d'amitié, des nouvelles façons de se représenter l'espace, le temps, l'action, les liens, les pratiques."
Telle est la proposition de Marielle Macé dans ce court, mais dense, essai. Un petit livre édifiant, au texte intelligent et poétique qui ouvre l'esprit et nous amène à penser de nouvelles "façons de vivre dans ce monde abîmé".
Beaucoup de propositions m'ont touchée et ont su exprimer des intuitions ou émotions que je sens porter en moi, comme celle de vivre "comme on jardine", en cherchant à "favoriser en tout la vie, parier sur ses inventions".
D'autres parties du texte ont peut-être moins résonné en moi mais je les garde dans un coin pour y revenir plus tard.
Un très beau livre, à lire, à méditer et à offrir car il donne aussi espoir, malgré tout.
Commenter  J’apprécie          30


critiques presse (1)
LeMonde   24 mai 2019
La spécialiste des études littéraires livre une méditation personnelle sur la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes et l’espace de langage à la fois savant, sensible et rythmé que l’auteure s’est bâti.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   28 décembre 2021
Il y a toute une science des noues, même s’il n’y a pas de code cartographique pour les identifier ; une science qui se transporte aujourd’hui jusque dans les villes, en hydraulique alternative, pour qu’on puisse se passer des tuyaux et des canalisations enterrées (on fait, ou l’on voudrait bien faire, des noues au cœur des villes ; à Boston, par exemple, où des fossés plantés permettent désormais de stocker l’eau en plein quartier, et sur ces traits de verdure réapparaissent des insectes, des oiseaux…). Il y a toute une science des noues, comme il y avait jusqu’à peu des « gardiens de la Loire », sur les levées sableuses qui la bordent. Ils gardaient le fleuve en effet, le surveillaient, attentionnés et vigilants ; et ils se gardaient du fleuve, de cette Loire non pas exactement sauvage, elle qui fut au contraire le premier fleuve aménagé (le premier à susciter des pratiques, des techniques, des soins, un savoir-vivre avec l’eau), mais peu à peu réensauvagée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Isa24Isa24   11 octobre 2020
(Il faudrait parler de ce désarroi paysan, de cette situation si embrouillée d’agriculteurs saccagés saccageurs, qui ont délabré leur sol à coups de pesticides - mon oncle épandait dans une combinaison qui me semblait celle d’un cosmonaute - contraints, trompés et endettés qu’ils furent par les logiques agronomiques qui les privaient de leurs attachements - et rien n’est simple ici, car s’ils s’y prenaient comme ça, c’est qu’on apprenait à le faire au lycée agricole, et surtout qu’il fallait assumer pour tout le pays un besoin de production et de distribution, dans le souvenir pas si éloigné des privations de la guerre, et qu’ils pouvaient en porter la charge avec fierté ; eux qui, aujourd’hui retraités, n’auront pas eu le temps ni par force l’idée de faire autrement, par conséquent de renouer avec leurs savoir-faire et l’amour de la terre que, dans et malgré ces dévastations, ils continuaient d’éprouver si fort ; et qui sont donc aujourd’hui pris en étau entre l’évidence d’une faute écologique et celle d’une humiliation sociale. Eux qui ont parfois la modestie de se laisser instruire sur l’écologie et la biodynamie par des citadins tard venus - de se laisser instruire sur leur propre cosmos, sur l’ancienneté de leurs gestes, sur ce qu’ils ne savaient pas savoir et qu’ils se voient alors, par bribes, restituer. Mélancolies paysannes, saccage aggravé.)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          12
Isa24Isa24   13 octobre 2020
Faire des cabanes : imaginer des façons de vivre dans un monde abîmé.
...
C’est décidément d’un monde abîmé qu’il s’agit, et abîmé par des pratiques précises, celles du capitalisme avancé et de ce qu’il fait aux vivants, aux sols, au sentiment même du commun. Et l’enjeu est bien d’inventer des façons de vivre dans ce monde abîmé : ni de sauver (sauvegarder, conserver, réparer, revenir à d’anciens états) ni de survivre, mais de vivre, c’est-à-dire de retenter des habitudes, en coopérant avec toutes sortes de vivants, et en favorisant en tout la vie. Vivre dans ces saccages ou, plus simplement, imaginer des pratiques et les loger dans les interstices du capitalisme, dans ce qu’il permet sans le viser, dans ce qu’il ne sait pas qu’il autorise...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Charybde2Charybde2   28 décembre 2021
Nos cabanes en effet, c’est dans ces espaces ovidiens devenus lieux de lutte qu’il faut les élever, comme le poème s’élève, lui qui jamais ne s’étale ni ne viendra vous retomber sur les pieds. Au cœur d’espaces et d’attachements défendus dans l’exacte mesure où ils sont écoutés. Il faut récrire à même les landes abîmées, les glaciers saccagés, au milieu des oiseaux morts mais aussi des techniques de tous ordres, des imaginations et des projets, le grand poème d’Ovide. Ovide à Sivens, dans les environs de Bure, dans les forêts subarctiques, dans le val de Suse, dans les jardins furtifs, Ovide sur toutes les places, vates chantant et nous chantant, nous, nos liens et nos cabanes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Charybde2Charybde2   28 décembre 2021
Suivre la piste des Noues donc, la ligne d’existence, d’espérance et de lutte qu’elles ouvrent. Suivre leur piste, c’est-à-dire en vérité les suivre dans leur idée, dans leur pensée. Pas exactement la pensée qu’elles ont, ni même la pensée qu’on a d’elles, mais la pensée qu’elles sont. Puisqu’il s’agit de savoir entendre une idée de vie dans toute forme de vie, de sentir quelle formule d’existence elle libère, quelle ligne de pratiques, d’expériences, elle avance. Et de laisser rêver cette ligne. Laisser rêver les Noues, les laisser dire leur idée, leur idée de vie ; et les laisser dériver, s’élargir, se répandre (ce poète très attentif aux choses terrestres, fleuves, oiseaux et autres « signifiants dans la nature » qu’est Dominique Meens a eu un jour ce titre : La Noue dérivée).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Marielle Macé (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marielle Macé
Avec Marielle Macé, Clémence Azincourt, Jacques Bonnaffé, Léon Bonnaffé & le petit Paulo Et en duplex : Valérie Rouzeau, Régis Lefort & Béatrice Bonhomme

« Ce qui se fait entendre est aussi la poésie de Valérie Rouzeau,, entre nos récepteurs et son espièglerie, à nous de l'attraper. C'est simple comme Carême (Maurice…), savant comme Roubaud et fouillé comme Desnos, sans fin sans fond comme qui vous voudrez. Par la mouvement les souffles, son ombre persistante. » » Jacques Bonnaffé
Voilà près de trente ans que Valérie Rouzeau (née en 1967) a décidé de vivre en poésie, de ses révoltes et de sa plume. Elle a attiré l'attention des lecteurs après la publication en 1999 de Pas revoir, son recueil de deuil. Depuis, parallèlement à ses ouvrages de poésie, elle traduit notamment des poèmes de Sylvia Plath, de Ted Hughes et de William Carlos Williams. Lauréate du prix Apollinaire en 2012, elle compte parmi les voix contemporaines les plus attachantes.
Le revue Nu(e) lui consacre un numéro complet à l'occasion de la sortie de Éphéméride aux éditions de la Table Ronde. À lire – Valérie Rouzeau, Éphéméride, La Table Ronde, 2020 – Revue NU(e), Valérie Rouzeau, n°70, coordonné par Régis Lefort, avec la collaboration de Béatrice Bonhomme et Danielle Pastor, 2020. Disponible en ligne sur Poezibao.
+ Lire la suite
autres livres classés : zadVoir plus
Notre sélection Non-fiction Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
1025 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre