AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2072639948
Éditeur : Gallimard (15/10/2015)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 10 notes)
Résumé :

Les faits historiques évoqués dans ce récit se sont déroulés en Carnie entre l'été 44 et le printemps 45. La Carnie, au nord du Frioul, était occupée par les Allemands et l'armée de cosaques composée de tous ceux qui s'étaient résolus à collaborer avec le IIIe Reich après avoir fui la Russie stalinienne. Les nazis, en échange, leur avaient promis une patrie. Parmi les officie... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
isabellelemest
  02 janvier 2014
Dans ce court roman historique, Claudio Magris, un universitaire originaire de Trieste, imagine l'enquête savante menée par un prêtre en retraite sur le sort advenu en mai 1945 en Carnie, (région du nord-est de l'Italie) à Krasnov, un Ataman de la prétendue armée cosaque, tactiquement alliée de la Wehrmacht et surtout d'Hitler. Les restes d'un inconnu, sommairement abattu à cette date, avaient été exhumés plus tard, accompagnés de la garde d'un sabre, reste dérisoire de son pouvoir passé, sans qu'on puisse déterminer s'il s'agissait bien de Krasnov, un cosaque officier de l'armée blanche en lutte contre les bolchéviques en 1918, puis auteur de différents romans sur ces périodes troublées, ou d'un autre soldat.
Il s'agit en fait d'une méditation historique et surtout philosophique sur les contradictions et les dérives guerrières d'un homme qui se voulait le libre représentant du peuple cosaque, et qui aura plus ou moins sciemment trahi ses idéaux pour s'inféoder au nazisme, dans l'espoir vain de jouer plus fin, et dont l'opposition au communisme soviétique se transforme en projets illusoires, en retraites déguisées en conquêtes et en renoncements voilés sous le masque de la fierté. le sabre brisé reste l'allégorie de cette posture où la volonté de puissance se mue en échec définitif.
Beaucoup de belles formules sur l'ambiguïté et la vanité de l'Histoire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
mireille.lefustec
  02 mai 2012
Lu en italien ,sous le titre " Illazioni su una sciabola "
Paru en 1992
Il s'agit d'un fait historique.
A l'automne 44, les Allemands envahirent la Carnia avec l'aide de leurs alliés les Cosaques auxquels ils avaient promis la création d'une patrie autonome, un "Kosakenland" au sein des villages et des montagnes de cette région.
Les cosaques s'y transférèrent en masse accomplissant saccages et atrocités jusqu'en mai 45 lorsqu'ils découvrirent avoir été utilisés et trompés.
Abandonnés à eux-mêmes face à l'avancée de l'Armée Rouge ils périrent en nombre.
Claudio Magris a tenté de reconstruire cet épisode peu connu de l'histoire dont le protagoniste est Krasnov, le vieux général des Cosaques.
Toutes les conjonctures,les suppositions sont celles du narrateur. Il a recueilli des hypothèses , il imagine ce qui aurait pu arriver.
Ce narrateur , un sacerdoce à la retraite, croit avoir réellement rencontré le général dont les circonstances de la mort ne sont pas élucidées. Deux versions divergent.
Krasnov est "le miroir des nombreuses faiblesses humaines" . C'est un homme qui se trompe lui-même.
Ce livre de Magris dénonce la guerre. Toutes les guerres. Parce que la guerre est "violence envers ses propres frères. Et aussi envers soi_même" .
La première fois que j'ai lu cet ouvrage, en italien, ne connaissant pas ces faits historiques, je n'y ai rien compris.
Une nouvelle lecture quelques années plus tard a été une merveille et j'ai pleinement apprécié l'écriture de l'auteur.
Et j'ajoute, mais là c'est pour me faire plaisir, que j'ai eu le bonheur d'assister à un de ses cours au Collège de France !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
LandulpheLandulphe   12 avril 2016
Je comprends et je partage l’insistance de ceux qui se sont obstinés à l’identifier (Krasnov) avec ce mort sans nom propre, enseveli et désenseveli à Villa Santina. Il y a une vérité dans cette conjecture erronée : il y avait en lui, en dépit de ce faste pathétique et coupable, un trait d’humanité qui aurait mérité cette fin authentique, la nudité et l’absolu de la mort après tant de pompeuses erreurs et d’illusions sur soi-même, le salut de celui qui se dépouille des signes distinctifs du commandement et qui disparaît dans la masse anonyme des fuyards, frère entre ses frères, fils d’Eve qui retourne à la terre et lui remet le sabre par lequel il lui a fait du mal. C’est peut-être un désir inconscient de rachat qui a poussé de nombreux chercheurs, attentifs et méticuleux - et il m’y conduit aussi parfois -, à supposer que cet homme qui croyait à l’aventure était capable d’admettre, à la fin, que la sienne était erronée et que la véritable, la plus risquée des aventures est de reconnaître l’impossibilité de nos rêves égocentriques et absurdes, accepter avec humilité cette désillusion nécessaire, descendre du cheval empanaché et cheminer sur les chemins de cette terre qui accueille et soutient tous les voyageurs, sans distinction de rang.
Ce sabre brisé, cette garde sans lame affleurant de la tombe rouverte me fait venir à l’esprit une image que je n’ai pas revue depuis des années, depuis que mes jambes ne peuvent plus me porter dans les bois du Monte Nevoso, là où passait l’ancienne frontière orientale italienne, et où se trouve aujourd’hui la limite entre la Croatie et la Slovénie. Quand on monte dans le bois en direction d’une grotte qui s’appelle Tri Kalici, sous le sommet, à un certain moment, on rencontre - on rencontrait du moins, mais il y est certainement encore - un vieux tronc abattu, un arbre mort depuis des années, déjà défait et dissous, mais pas entièrement. Je suis monté plusieurs fois, année après année, à Tri Kalici, et cet arbre était toujours là, chaque fois plus effrité et plus prêt à se confondre avec la terre, mais il demeurait toujours lui-même, dans sa forme et dans le souvenir de sa forme. En passant devant lui, je le saluais comme un frère. Le voyant se défaire et pourtant conserver encore sa singularité, j’acceptais ce destin - comprenant que c’était aussi le mien, et que chaque année il se rapprochait de moi - sans peur, je dirais presque avec révérence et affection. Et dans cette étreinte avec la terre, il me semblait percevoir une tendresse rassurante, quelque chose de chaud et de maternel, semblable à ce que j’imagine être l’amour de la femme interdit à un prêtre : serrer en toute confiance dans ses bras un corps doux et fort, grand.
Cette garde affleurée parmi les mottes de terre me fait penser à ce tronc, qui sera aujourd’hui bien plus effacé qu’autrefois, mais pas complètement encore. Elle me fait penser à la brieveté de notre vie et me semble concilier le grand oui que nous disons à l’heure de notre crépuscule, en l’acceptant sereinement, avec cette petite résistance que nous lui opposons à juste titre, même quand nous croyons, comme je le crois, être rassasiés et fatigués de la vie, car si un après-midi de plus au café San Marco est bien peu de chose par rapport à l’éternité, c’est toujours quelque chose, et ça n’est peut-être pas rien. Quelle que soit la personne qui a pu tenir en main cette garde de sabre perdue et retrouvée par la bêche du fossoyeur, il me semble qu’elle a été offerte en sacrifice par cet inconnu, non seulement pour lui mais aussi pour les autres et en quelque sorte pour toi et pour moi aussi, ton vieux don Guido qui te remercie et te salue très affectueusement comme toujours, mon cher don Mario, d’une âme sereine et, je ne sais pourquoi, particulièrement allègre aujourd’hui, je dirais même reconnaissante, si je regarde le monde par-delà ma fenêtre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
isabellelemestisabellelemest   02 janvier 2014
La fulguration lyrique d’un instant peut difficilement l’emporter sur la continuité épique d’une histoire. L’habitude a beaucoup de pouvoir sur nous ; elle nous induit à répéter les mêmes gestes, en esclaves distraits, qu’il s’agisse de collectionner des timbres, de fumer ou d’être bourreau. Si le premier pas nous échappe, c'est-à-dire la liberté de contracter des habitudes innocentes comme le tabac, ou de ne pas en contracter de coupables comme de mentir ou de tourmenter les autres, nous sommes déjà presque perdus.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
isabellelemestisabellelemest   02 janvier 2014
On est toujours cruel, même si on a la bonté au cœur, quand on ne sait pas regarder au loin et penser au pluriel, quand on a besoin de voir et de toucher, comme saint Thomas, pour savoir qu’il existe une créature, et qu’on ne réussit pas à imaginer vraiment qu’il y a d’autres créatures de chair et d’os, que nous ne verrons jamais, mais qui sont aussi réelles que nous et que ceux à qui nous donnons la main.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
mireille.lefustecmireille.lefustec   02 mai 2012
Cette garde qui affleurait parmi les mottes me fait penser à ce tronc,qui maintenant sera encore plus effacé,mais pas encore entièrement ,me fait penser à la brièveté mais aussi à la durée de notre vie et il me semble concilier le grand oui que nos disons à notre crépuscule, acceptant sereinement ,avec la petite résistance que justement nous lui opposons, quand nous croyons,comme je crois,d'être rassasiés et fatigués de la vie, parce que un après-midi de plus au café San Marco est peu,par rapport à à l'éternité mais c'est pourtant quelque chose et peut-être pas si peu que cela.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
isabellelemestisabellelemest   02 janvier 2014
Il y a donc une étroite logique dans le fait que Krasnov se soit jeté dans les bras du fascisme, parce que le fascisme est avant tout cette incapacité à déceler la poésie dans la dure et bonne prose quotidienne, cette recherche d’une poésie fausse, emphatique et grotesque.
Commenter  J’apprécie          20
Lire un extrait
Videos de Claudio Magris (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Claudio Magris
Le vendredi 25 mai 2018, la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris - www.charybde.fr) avait la grande joie d'accueillir André Rougier en qualité de libraire d'un soir.
Il évoquait pour nous :
1. Pierre Michon, "Rimbaud le fils" (08:21) 2. Jakuta Alikavazovic, "La blonde et le bunker" (16:00) 3. Julien Gracq, "La presqu'île" (27:55) 4. Cees Nooteboom, "Le jour des morts" (38:15) 5. Claudio Magris, "Danube" (44:38) 6. Julio Cortazar, "Heures indues" (50:55) 7. Javier Cercas, "Le point aveugle" (1:08:10)
autres livres classés : littérature italienneVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1746 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre