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Philippe Vigreux (Traducteur)
ISBN : 2253053953
Éditeur : Le Livre de Poche (01/09/1990)

Note moyenne : 4.35/5 (sur 89 notes)
Résumé :
Était-il en train de lui arriver ce qui arrivait aux autres pères en cette drôle d'époque ? Il entendait des choses abracadabrantes sur la « jeunesse d'aujourd'hui » : des élèves de collège prenaient l'habitude de fumer, d'autres bafouaient la dignité de leurs maîtres, d'autres encore se rebellaient contre leurs pères ! Oh ! bien sûr, son prestige à lui restait intact, mais... quel bilan tirer de cette longue vie de rigueur et de fermeté ? D'un côté Yasine qui sombr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Sachenka
  14 août 2016
Cinq années. Cinq années se sont passées après les événements relatés dans le tome précédent de cette Trilogie du Caire. Maintenant, malgré la mort du jeune et prometteur Fahmi, la famille Abd el-Gawwad s'est agrandie un peu : les soeurs Khadiga et Aïsha sont mariées et mères d'un ribambelle d'enfants. Mais on les voit peu, elles demeurent chez leurs maris. On se concentre sur les autres membres de la famille. le patriarche Ahmed commence à se faire un peu vieux, il n'est plus la figure imposante, autoritaire d'autrefois. Encore un peu, oui, mais pour des garçons de seize et vingt-huit ans… Parlons d'eux : Yasine continue à faire la fête, à se saouler et à chercher la compagnie des femmes. Un autre mariage raté le pousse dans les bras d'une prostituée, au grand dam de son père. Quant à Kamal, il est en pleine réflexion, il songe à sa future carrière. Il est intéressé par les lettres et l'enseignement mais aussi par la politique. Suivra-t-il le chemin tracé par son frère ? Et cette pauvre Amina qui se dépérit à vue d'oeil. Et avec eux, on retrouve quelques amsi et connaissances. Et toujours cette fabuleuse cité du Caire, avec ses ruelles étroites et ses impasses, ses demeures avec des jardins intérieurs, ses échoppes, ses maisons closes, ses places publiques où manifestent l'élite intellectuelle et la jeunesse égyptienne.
En d'autres mots, ce deuxième tome de la trilogie, le palais du désir, dresse un portrait intimiste de la désormais fameuse famille Abd el-Gawwad. Tout tourne autour d'elle. Les mariages, les relations entre les membres de la famille, les enfants et les petits-enfants. Bien sur, ils ne vivent pas en vase clos, quelques événements historiques qui ont eu lieu au milieu des années 1920 ont été abordés, effleurés. Il y est question de la fin du protectorat britannique, des changements de gouvernements en Égypte (entre autre, la déconfiture du parti Wafd), mais autant qu'on aurait pu l'espérer. C'est un peu comme si la famille écoutait ces grands événements à la radio, d'une oreille distraite, sans vraiment se sentir concernés. Pourquoi réfléchir à ces grands enjeux quand on peut rejoindre les amis au café ou organiser un mariage ? Un peu décevant…
Dans tous les cas, le lecteur est tout de même ravi de retrouver la famille Abd el-Gawwad. Et la plume du grand auteur Naguib Mahfouz y est pour beaucoup. J'ai écrit en long et en large sur son style dans ma critique du tome précédent de cette trilogie, je ne me répéterai pas ici. Réalisme, attention aux détails, rigueur historique, etc. Ce que je peux ajouter, c'est que les personnages sont extrêment bien travaillés. On en sait peu mais suffisamment sur leurs caractéristisques physique, toutefois, leurs caractéristiques psychologiques et sociales, ainsi que leurs valeurs morales sont décrits avec soin, tellement qu'ils ont l'air réel. Ils sont complets. Et leur évolution psychologique est toute aussi intéressante. Tous les personnages principaux sont lancés sur une voie de laquelle il leur est difficile de s'en éloigner. Parfois, ils en deviennent un peu prévisibles (comme quand Yasine continue à autodétruire ses relations maritales) mais l'auteur s'arrange toujours pour nous réserver des surprises. Par exemple, à la fin du tome, je m'attendais à la mort d'un des personnages – question de finir sur une note dramatique, comme dans le tome précédent – eh bien, celui que je m'attendais à voir disparaître n'est pas celui qui est mort. Bref, une belle incursion dans l'intimité d'une famille égyptienne.
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Cath36
  25 août 2012
Magnifique ! Autant j'avais peiné avec la densité du premier volume de la saga de la famille d'Abd el-Gawwad, père de famille conservateur et despotique dans l'intimité et par ailleurs joyeux viveur, autant j'ai dévoré ce volume où on voit les garçons devenus jeunes adultes (sauf Fahmi tué par les anglais à la fin du premier volume), en faire voir de toutes les couleurs à leur père et finalement le faire évoluer vers une plus grande humanité tout en le découvrant dans ses aspects d'homme joyeux et aimant la vie ; ce qui, loin de leur faire perdre le respect qu'ils en avaient, libère au contraire l'affection qu'ils ont pour lui. L'ombre de Fahmi plane également sur la famille, souvenir douloureux qui contribue chacun à évoluer tout en cherchant son chemin. Père et fils, chacun a ses secrets, notamment amoureux, à travers les affres de la passion qu'ils éprouvent tour à tour. Quant aux deux filles, Aisha et Khadiga, mariées et mères de famille, elles ont elles aussi leurs joies, leurs soucis et leurs problèmes, que Mahfouz nous décrit avec humour et humanité. Quasiment proustien, ce livre évoque les tourments du coeur et les vérités psychologique avec une acuité qui n'a d'égale que sa précision et sa véracité, sans oublier le fait que finalement, le personnage principal de cette trilogie, c'est le Temps.. Les personnages, toujours aussi attachants deviennent de plus en plus humains, proches de nous dans une civilisation qui s'ouvre à la modernité sans renier ses traditions. Il y a une scène mémorable entre le père et son fils Kamal où ce dernier essaie de défendre les idées de Darwin face à la tradition musulmane représentée par son père. Comme dit celui-ci, non seulement les anglais nous imposent leur politique, mais en plus ils nous font descendre du singe au lieu d'Adam, maudits soient-ils ! L'aspect historique et politique n'est du reste pas oublié et on voit peu à peu l'Egypte essayer de se dégager de la tutelle infernale des anglais, tandis que les jeunes partent vivre leur vie en Europe. Riche, foisonnante, concrète, admirablement écrite, l'oeuvre de Mahfouz est un beau témoignage, à la fois d'une humanité qui, dans son ambiguïté se cherche dans, par et quelquefois contre ses traditions, et d'un pays en quête de son identité. Oui, vraiment superbe.
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mesrives
  18 janvier 2015
Nous continuons d'être entraînés dans les tourbillons de l'histoire égyptienne (1920-1927) à travers les joies et les drames de cette famille, dominée parAhmed el-Gawwad, négociant aisé, époux et père tout-puissant....
Du grand art, que du bonheur...
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jfponge
  06 avril 2015
Le Caire, à l'aube de l'indépendance. Encore anglaise, mais pour peu de temps, l'Égypte du début des années 20 hésite entre le repli identitaire et l'ouverture vers le monde occidental. Au travers du conflit des générations au sein de la famille d'Ahmed Abd-el-Gawwad c'est toute la classe moyenne égyptienne qui est décrite, vue du côté des hommes. Ahmed mène une double-vie, autoritaire et respectueuse des préceptes coraniques lorsqu'il est en famille, débridée et oublieuse de ces mêmes préceptes lorsqu'il est avec ses amis à la "villa". de ses deux fils encore en vie, l'aîné va choisir de vivre ses désirs au jour le jour, comme son père mais sans le savoir, l'autre va refuser de se conformer aux volontés paternelles et se détournera de la religion pour poursuivre sa quête du savoir. le destin des femmes (soeurs, épouses, almées) est brossé en filigrane, mais le vrai sujet du roman est le désir masculin, qui est analysé sous toutes ses coutures à travers les relations (charnelles ou non) que nouent nos trois héros avec l'autre versant de l'humanité. Loin d'une vision narcissique de l'amour, "Le palais du désir" réussit à capter l'attention du lecteur à travers des dialogues et des monologues intérieurs qui rendent étrangement présents les personnages d'Ahmed et de ses deux fils Yasine et Kamal. D'une portée universelle, le roman de Naguib Mahfouz, qui fait partie d'une trilogie brossant un siècle d'histoire de l'Égypte moderne, se lit avec un réel bonheur. Un message d'humanisme et une analyse sans faux-semblants de la religion et des méandres de l'amour...
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Citations et extraits (130) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   07 août 2016
«Écoutez-les parler de la beauté! Que connaissent-ils de son essence? Ils ne se laissent séduire que par les couleurs : la blancheur de l'ivoire, l'or des lingots. Demandez-moi mon avis. Je ne vous parlerai pas de peau brune et éclatante, d'yeux noirs comme l'ébène, de silhouette élancée, d'élégance parisienne... Non! Toutes ces choses sont belles, certes, mais ce ne sont que des contours, des formes, des couleurs tributaires en fin de compte des sens et des normes! Non! La beauté, c'est au coeur un sursaut qui le blesse, un souffle luxuriant qui s'épanche dans l'âme, un amour éperdu qui la porte sur des vagues d'azur, jusqu'à lui faire embrasser les cieux purs... Parlez-moi donc de cela si vous en êtes capables!»
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SachenkaSachenka   13 août 2016
«Les plus anciens vestiges laissés sur terre ou sous terre sont des édifices de culte, aujourd'hui encore on en rencontre partout! Quand l'homme va-t-il enfin devenir adulte et s'appuyer sur lui-même? Et cette voix tonnante qui arrive du fond de la mosquée pour rappeler aux croyants la fin du monde? Depuis quand le monde devrait-il avoir une fin? Et quoi de plus beau que de voir l'homme combattre les chimères et les vaincre! Mais quand s'achèvera donc la lutte et quand le combattant proclamera-t-il qu'il est heureux en disant : "Soudain le monde me semble étranger! Serait-il né d'hier?" Ces deux hommes, là, devant moi, sont mon père et mon frère. Pourquoi tous les gens ne seraient-ils pas, eux aussi, mes pères et mes frères? Et ce coeur que je porte en moi, comment a-t-il pu se complaire à m'en faire voir de toutes les couleurs? Je n'arrête pas de rencontrer des gens indésirables, alors pourquoi a-t-il fallu que la seule personne que j'aime parmi eux s'en aille à l'autre bout de la Terre?»
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SachenkaSachenka   06 août 2016
Ce jour s'enfuit quotidiennement, mais ce qui s'y attache de souvenirs est planté en moi à jamais, bâtis autour d'un lieu, d'une date, de noms, d'amis, de discussions autour desquels le coeur caracole, enivré, au point qu'il s'imagine qu'ils sont toute la vie ; qu'il se demande, tout près d'en douter : l'essence de la vie est-elle extérieure à ces choses? Y a-t-il eu vraiment avant elles un temps où mon coeur n'a pas contenu l'amour? où mon âme n'a pas été habitée par cette figure divine? Sans doute le bonheur t'en ivre à ce point que tu pleures les rendez-vous manqués de ton passé stérile, que la douleur t'étreint au point de fondre dans le regret de cette paix qui t'a quitté!
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SachenkaSachenka   09 août 2016
Pour moi, reprit Kamal, le désir charnel est un instinct bas. L'idée d'y succomber m'est insupportable! J'irai même jusqu'à dire qu'il n'a peut-être été créé en nous que pour mieux nous inspirer un sentiment de résistance, de sublimation, afin de nous élever dignement au rang de la véritable humanité. Car de deux choses l'une : soit je suis un être humain, soit je suis un animal!
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SachenkaSachenka   05 août 2016
La fascination trompeuse du calendrier consiste à nous donner l'illusion que le souvenir peut nous revenir, même si rien ne revient!
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Videos de Naguib Mahfouz (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Naguib Mahfouz
Rencontre avec Naguib Mahfouz.
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