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ISBN : 2356080198
Éditeur : L'Escampette (16/10/2009)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes)
Résumé :

Ce livre est la transcription méticuleuse d'une série d'entretiens que nous avons menés avec Alberto Manguel au cours de plusieurs rencontres. Il ne s'agit pas, ici, d'un texte d'Alberto Manguel, fruit de plusieurs années de recherche, de travail, de mise au point. Il s'agit d'une parole qui va son chemin et qui est une leçon de liberté, d'humour, d'impertinence et d'amitié. Il s'agit d'une improvisation nourrie de l'exp... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
keisha
  12 août 2010
Quatrième de couverture:
"Ce livre est la transcription méticuleuse d'une série d'entretiens que nous avons menés avec Alberto Manguel au cours de plusieurs rencontres.
Il ne s'agit pas, ici, d'un texte d'Alberto Manguel, fruit de plusieurs années de recherche, de travail, de mise au point. Il s'agit d'une parole qui va son chemin et qui est une leçon de liberté, d'humour, d'impertinence et d'amitié. Il s'agit d'une improvisation nourrie de l'expérience d'une vie, d'une jam-session dan le cadre d'une fabuleuse bibliothèque. Cette parole, il faut l'écouter, elle est vivifiante; parfois elle s'emporte et parfois s'attendrit; parfois elle est nostalgique et parfois iconoclaste; elle joue sur toutes les gammes...
Comme dans toute conversation, des points mériteraient d'être approfondis. Nous avons choisi de tout laisser en l'état, de ne pas quitter la spontanéité pour la construction, persuadés que de nouveaux livres d'Alberto Manguel trouveront leur première graine en ces semailles de plein vent!"


Soyez sans crainte! le risque que le lecteur reste extérieur, voire même perdu, a été évité par le choix de la présentation chronologique de la vie de Manguel, où il aborde différents thèmes au fil de la conversation, et par la précaution prise d'insérer de façon naturelle les éléments permettant de tout éclairer. Tout en gardant intacte la vivacité des échanges et l'impression de complicité qui unit les amis. Une forme fort agréable, donc!


Quant au fond, c'est du pur bonheur. Manguel est né en Argentine et a suivi son père, nommé ambassadeur dans le tout nouvel état d'Israël. Jusqu'à l'âge de sept, il ne parlait pas espagnol et donc ne communiquait pas avec ses parents; sa « nurse », Ellin, est chargée du petit Alberto. Mais quelle éducation!

« Une chose qu'Ellin m'a donnée est le sentiment que la culture, littéraire, artistique, musicale, n'est pas quelque chose d'extraordinaire mais quelque chose de tous les jours et qu'il n'y a pas de différence entre une littérature considérée populaire et une littérature dite classique. Ce qui compte c'est d'y trouver notre bonheur et un miroir du monde. Ellin lisait les romans de Cronin, Guy des Cars, Alberto Moravia, Erich Maria Remarque, Graham Greene, Mazo de la Roche... Et tout ça avec une connaissance de base, très traditionnelle, de Goethe, Schiller, Shakespeare, etc... »

« La littérature policière, dans le sens d'un mystère qui doit être résolu, m'intéresse toujours énormément. Pourquoi tel événement est-il arrivé? Qu'est-ce qu'on peut raconter autour d'une question, d'un mystère? Finalement tout au long de ma vie de lecteur, c'est ce qui m'aura intéressé le plus dans le genre romanesque. Plus que la psychologie, plus que la description, plus que la réflexion philosophique, ce qui m'intéresse, c'est l'enquête, c'est l'écrivain comme enquêteur. La question peut être : comment Julien Sorel réalisera-t-il son ambition? Ou quel est le mystère qui finira par expliquer la mémoire de Swann? C'est toujours la recherche de faits qui construit en secret l'histoire que nous ne connaissons pas et que nous cherchons à connaître. »


[Pas possible! Je n'en suis qu'au début, ce billet va être énorme, le livre est post-ité à mort! Que faire?]

Signaler juste qu'il existe encore des tas de pages à citer sur les rapports de Manguel avec les livres, la lecture, les auteurs, des anecdotes riches et passionnantes; son parcours, ses rencontres, ses voyages, ses amitiés, sa vision de l'Argentine, du Canada (il est en fait Canadien depuis longtemps); sa bibliothèque de 30 000 livres installée dans un endroit de rêve, près de Poitiers.

Et avouer que j'ai maintenant une furieuse envie de relire Une histoire de la lecture et La bibliothèque, la nuit, dont la genèse est évoquée dans ce récit à deux voix que je recommande chaudement!

Quant au titre, en parlant de notoriété et succès commercial:
« Il y a un dicton canadien, pour parler de la reconnaissance littéraire, qui dit : 'Ça et 25 centimes te paieront une tasse de café!' »

« Les grands écrivains visent à toucher ce qui est le plus difficile à atteindre dans le lecteur, lui laisser son entière liberté tout en lui ouvrant des passages dérobés plutôt que des portes. Tandis que ceux-là [les autres] flattent nos petites mesquineries, nos petites peurs et ouvrent des portes par lesquelles il est très facile de passer.»
En tant que traducteur:
« J'ai fait beaucoup de traductions dans ma vie; eh bien, les traductions les plus difficiles sont toujours celles des mauvais écrivains. Les grands écrivains sont très faciles à traduire car il y a un squelette qu'on peut démonter et remonter, un squelette très visible. On sait pourquoi tel mot est à telle place.
Traduire c'est la façon la plus minutieuse, la plus approfondie, la plus critique de lire. »
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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ay_guadalquivir
  05 janvier 2015
Lorsqu'on a lu plusieurs livres d'un même auteur, l'attente pousse inconsciemment à se demander si ce livre est plus ou moins important qu'un autre. Dans le cas d'espèce, et s'agissant d'un auteur qui est pour moi des plus intimement lié à mon parcours de lecteur, je me suis posé la question. A la librairie d'abord, au moment de choisir ce livre. A la découverte de l'objet qui a fait jaillir le livre - des conversations entre Manguel et son éditeur poitevin -, et au terme de cette lecture. Et je crois au final que ce livre est important. Comme ses journaux éclairent la trajectoire d'Henry Bauchau, ces conversations ont projeté une lumière nouvelle sur ce que je croyais savoir d'Alberto Manguel. Les conversations empruntent un chemin chronologique, depuis l'enfance d'Alberto, pour aborder beuacoup de sujets : politique, éducation, identité, littérature,... tous ces sujets qui nourrissent son écriture. Jamais je ne cesserai de dire qu'un livre qui donne envie de lire d'autres livres (ceux de Manguel mais pas seulement) est un livre bénéfique!
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delitterys
  30 septembre 2012
Voilà un petit livre précieux pour ceux qui aiment Manguel : on glisse dans ces conversations, dirigées par Claude Rouquet, l'éditeur de L'Escampette, avec la sensation de partager, voix absente de ce joyeux débat, un moment d'amitié.
Emerge, au fil des échanges, un portrait : celui d'un esprit ouvert au monde dans toute sa complexité, celui d'une âme qui, dès l'enfance solitaire, scrute, incorpore, analyse, avec autant de curiosité que d'impertinence, tout ce qu'on lui jette en pâture. Voyages, livres, langues, rencontres : tout est prétexte à s'émerveiller, à apprendre toujours plus loin, avec un entrain, une vivacité et un humour merveilleux.
Qu'il évoque sa famille anticonformiste et sa nourrice qui ne l'est pas moins...
La suite par ici : http://www.delitteris.com/notules/ca-25-centimes/
Lien : http://www.delitteris.com/no..
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jmlire92
  11 octobre 2016
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
jmlire92jmlire92   11 octobre 2016
L'art aujourd'hui semble avoir été kidnappé par les banquiers et les publicitaires... On est en train de nous accuser d'être soit trop snobs soit trop stupides pour comprendre la valeur d'une oeuvre, telle que cette chambre vide où une lumière s'éteint et s'allume, qui a reçu le prix Turner en Angleterre. On n'a pas le droit de dire : " je refuse de me plier à vos instructions pour réfléchir sur cette chambre vide. Cette chambre vide n'a aucune valeur artistique. Et vous ne pouvez pas me convaincre, avec vos longs textes, de la valeur symbolique, philosophique, éthique, de ce que vous présentez. C'est une métaphore vide à laquelle vous avez cru au point de la concrétiser. Et ce geste est d'une arrogance telle qu'il m'effraie ! "

Nous avons laissé à ces gens là - galeristes, conservateurs, critiques d'art, collectionneurs et artistes à la mode - la liberté de prendre toute la place dans le domaine de la création artistique !... Si tu prends la parole , comme l'a fait par exemple Tom Stoppard, le grand dramaturge, pour s'exprimer sur la bêtise du prix Turner, tous ces critiques d'art officiels se tournent contre toi en disant : " C'est un populiste, c'est quelqu'un qui ne respecte pas la vraie création, l'art a toujours souffert de n'être pas reconnu immédiatement, etc..."

Je suis effaré de constater que quelqu'un comme Sophie Calle arrive à tromper le monde entier en réalisant des gamineries que l'on trouverait bêtes chez un enfant ! Elle est élue pour représenter la France à la Biennale de Venise ! Installer un téléphone public qui diffuse la voix de Sophie Calle. Ou bien solliciter des femmes célèbres pour répondre à une lettre de rupture. Tout cela me parait une escroquerie ! Bien sûr, il y a de grands artistes qui font des oeuvres valables dans ces nouveaux médias : Andy Goldsworthy ou Constanza Piaggio, pour ne citer que deux exemples. Mais pour la plupart, ce sont tout simplement des escroqueries contre lesquelles personne n'élève la voix ! Cela ne représente strictement rien, ce n'est même pas intéressant...
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ay_guadalquiviray_guadalquivir   23 décembre 2014
- Tu emploies l’expression lire d’une façon métaphorique. Avant de lire des signes, des lettres, des mots, on lit le monde…
- Lire ne veut pas dire seulement lire un texte. « Métaphorique » implique l’idée que le vrai lire c’est lire le texte et que le geste que nous faisons en reconnaissant les parcelles de l’Univers pour lui donner un sens est seulement semblable au geste de lire un texte. En fait, je crois que ce n’est pas semblable mais que c’est le même geste !
Je veux étendre le sens du verbe lire à cette perception organisée de l’Univers qui veut que tout soit déchiffrable, même s’il n’y a pas des mots, des chiffres derrière ce que nous percevons. (p165)
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ay_guadalquiviray_guadalquivir   24 décembre 2014
Un des grands mensonges qu'on nous raconte depuis toujours est l'idée que la littérature est un passe-temps, un luxe presque superflu. Or, la littérature est un lieu aussi concret que cette pièce et n'est pas un passe-temps mais est faite du temps lui-même. Elle habite, lorsqu'elle est vraie, le passé, le présent et le futur. (P192)
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ay_guadalquiviray_guadalquivir   22 décembre 2014
J'en profite pour souligner que, pour moi, ce n'est pas un détail. Je ne critique pas le tutoiement courant d'aujourd'hui, mais il me semble indiquer moins un effort de familiarité, de mise en confiance, qu'un manque de respect. Il met la personne qu'on tutoie dans une position moins importante.
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ay_guadalquiviray_guadalquivir   22 décembre 2014
Pour moi ces découvertes de la réalité de l’art de la littérature – dire que le fait esthétique est l’imminence d’une révélation qui ne se fait pas, dire que d’un geste minime naît une nouvelle façon de faire la littérature, et dire que dans le temps réel nous devons faire des choix, il y a soit la droite soit la gauche, mais que dans la littérature les deux coexistent – sont d’une intelligence, d’une profondeur qui font que nous ne pouvons plus lire la littérature de la même façon après Borges. (p76)
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Videos de Alberto Manguel (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alberto Manguel
Alberto Manguel était à Paris pour la promotion de son nouveau livre **Je remballe ma bibliothèque** Nous en avons profité pour lui poser quelques questions. - D'où vient votre lien vital avec les livres ? - À quoi sert la fiction ? - Sur Borgès - Sur Dante - L'avenir du livre ?? https://www.actes-sud.fr/contributeurs/manguel-alberto
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