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EAN : 9782246144533
279 pages
Éditeur : Grasset (06/02/1985)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Quitter le domaine de Larjuzon où, en se mariant, Brigitte Pian avait promis de vivre en permanence pour aller s'installer à Bordeaux est de sa part un sacrifice consenti afin d'épargner à son jeune beau-fils Louis les rigueurs de l'internat. Le trait est typique de « Mme Brigitte » : tous ses actes se justifient par l'inté-rêt supérieur d'autrui jugé selon les critères de la morale la plus haute. Une femme de sa valeur ne souffre-t-elle pas, en effet, de se dérober... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Ingannmic
  04 juillet 2015
Quelles brimades, quelles vilenies les femmes ont-elles fait subir à François Mauriac ?
On ne peut s'empêcher de se poser la question, lorsque, en s'aventurant dans l'oeuvre de l'écrivain, on découvre certaines constantes quant à aux caractéristiques de ses personnages féminins. Et "La pharisienne" n'échappe pas à ce constat... Comme dans de nombreux autres romans de l'auteur, on y retrouve le poids d'une figure féminine charismatique, imposante, dont la stature occulte un époux insignifiant, au physique malingre.
L'héroïne qui a donné son titre à ce roman ne semble pourtant pas en être d'emblée la figure centrale.
Le narrateur, Louis, avec plusieurs années de recul, revient sur une période de son adolescence. Alors collégien à Bordeaux, il fit la connaissance de Jean Mirbel, orphelin de père dont l'oncle violent et sévère avait pris l'éducation en main. Lui-même avait perdu sa mère, et son père s'était remarié à une cousine de la défunte, Brigitte Pian, femme reconnue dans la société pour sa charité et son implication dans les bonnes oeuvres. C'est grâce à cette dernière qu'il pouvait chaque soir réintégrer le foyer familial : sa belle-mère, que la vie à la campagne -et plus particulièrement au domaine de Larzujon-, insupportait, avait prétexté la fragilité émotionnelle du garçon pour persuader son époux de la nécessité de vivre en ville, lui évitant ainsi l'internat.
Son ami Jean, réputé pour être une forte tête, fut consigné pendant les vacances d'été chez le curé d'un village proche de Larzujon. Il eut ainsi l'occasion de passer de longs moments avec Louis et sa soeur, dont le charme ne le laissait pas insensible. Quant à Louis, il fit alors l'apprentissage de la jalousie et de la rancune, suscités par son évincement du duo formé par les deux adolescents.
Aux souvenirs des événements directement liés à cette relation à trois, se mêlent ceux de certains épisodes mettant plus précisément en scène Brigitte Pian. "La pharisienne" est ainsi comme une mosaïque composée de ces souvenirs, dans laquelle, au fil du récit, la belle-mère de Louis -presque à l'insu de ce dernier, dirait-on- prend une place grandissante, sa personnalité se révélant de plus en plus complexe.
Brigitte Pian était convaincue d'être investie d'une mission divine, qui consistait à remettre les âmes égarées dans le droit chemin, en leur imposant le carcan de sa morale rigide, puritaine et culpabilisante. D'abord persuadée de n'agir qu'en tant que porte parole de Dieu, confortée en cela par une conscience commodément acquise à son idée de l'éthique, elle en vint peu à peu, suite à certaines situations dramatiques provoquées en partie par son intervention, à remettre en cause le bien fondé de ses actions, et à s'interroger sur la nature profonde de ses motivations.
Par l'intermédiaire de ce redoutable personnage, qui puise puissance et assurance dans sa certitude de savoir distinguer le bien du mal, l'auteur s'interroge sur les limites de la pratique religieuse, lorsqu'elle est dénuée de discernement et d'humilité. François Mauriac est connu pour avoir lui-même été un catholique fervent. Les doutes qui s'emparent de la pharisienne quant à la justesse de son interprétation de la volonté divine reflétaient-ils ses propres questionnements ?
Toujours est-il que j'ai été cette fois encore impressionnée par la capacité de l'auteur à doter ses personnages d'une consistance telle qu'ils prennent littéralement vie. L'écriture, toujours aussi plaisante, car d'une limpidité qui n'exclut pas la richesse, est ici au service d'une intrigue à la construction complexe mais parfaitement maîtrisée.

Lien : http://bookin-inganmic.blogs..
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marguerite18
  28 mars 2019
Encore une oeuvre bien oubliée de Mauriac.
La structure surprend un peu puisque le récit est en grande partie à la première personne, exposé par le narrateur Louis Pian, dont la belle-mère Brigitte est "la pharisienne", mais glisse parfois à la troisième personne, ce qui donne l'impression d'une certaine incohérence. de plus, pour obvier à la critique de Sartre qui lui reprochait d'avoir recours à des narrateurs omniscients, sachant tout de l'action et des personnages de ses livres, Mauriac a introduit des lettres ou des fragments de journaux sensés révéler comment Louis Pian a appris certains éléments, ce qui alourdit à mon sens l'ouvrage.
Le roman me semble aussi pécher quant à la vraisemblance. On a de la peine à croire que M. Puybaraud, préfet des études du collège fréquenté par Louis et son camarade Jean Mirbel, soit mis au ban de la société et privé de toute possibilité de gagne-pain - même en province et avant la première guerre mondiale - du simple fait que, vaguement destiné au séminaire, il choisisse d'épouser l'institutrice Octavie Tronche pour assouvir son désir de paternité. le couple tombe ainsi à la merci de la charité féroce de Brigitte qui avait désapprouvé le mariage et la malheureuse Octavie succombera après une fausse couche.
Au début du roman, Mauriac reprend le thème de la jalousie - déjà présent dans "Les chemins de la mer" - de Louis, mis à l'écart du duo formé par son camarade Jean et sa soeur Michèle, tombés amoureux l'un de l'autre dès leur plus tendre jeunesse. Louis s'efface ensuite pour narrer le sort de l'abbé Calou, à qui Jean avait été confié et qui s'était pris pour lui d'une affection paternelle et l'évolution du caractère de Brigitte qui s'humanise et connaîtra même une idylle amoureuse et platonique avec un sexagénaire.
Ce qui m'a frappé dans cette oeuvre, c'est l'horreur de Brigitte et d'autres protagonistes pour la sexualité, dont on ne peut se défendre de penser qu'elle pouvait être partagée par l'auteur. Cet effroi trouve son comble à l'égard de l'homosexuelle Hortense Voyod, incarnation du mal. Mauriac écrit à son propos que "contre cet Etre inconnu (Dieu) en qui elle ne croyait pas, elle dressait le reproche d'une race pour laquelle il ne se trouve ici-bas aucune route, hors l'immolation".
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luis1952
  08 août 2015
La Pharisienne, se croit investie d'un pouvoir quasi divin. Elle espère sauver le monde, son entourage, ses enfants de leurs vices cachés. Elle se veut être sainte. Elle s'appelle Brigitte Pian et se révèle en vérité un terrible marâtre qui, de la religion, ne connait que la lettre, pas l'esprit ! Louis, son beau-fils, petit garçon raconte ce qu'il a du subir avec sa belle -mère , la Pharisienne. On est dans les Landes, pas loin de la Gironde, près de Bordeaux entourés de personnages comme seul Mauriac peux en inventer.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
andreas50andreas50   19 janvier 2020
La passion n'est qu'un fantôme si elle ne s'incarne pas. Tant que nous ne nous sommes pas retrouvé et perdu dans la créature chérie, il nous reste à nous griser de mots, de gestes, mais nous ne saurons jamais si nous l'avons vraiment possédée...
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luis1952luis1952   07 août 2015
Le curé nous demanda d'arroser ses salades et nous conseilla de nous mettre pieds nus pour ne pas tremper nos souliers. Il nous permit de dépouiller les groseilliers, Maria ayant fini de faire ses confitures.
A peine, Michèle et moi fûmes-nous déchaussés, que Jean n'y put y résister, enleva ses espadrilles et prit un des arrosoirs que portait ma sœur. Telle est l'enfance que ce jour d'été où nous courions pieds nus sur du gravier qui nous faisait mal aux orteils. C'était à Michèle que Jean jetait de l'eau. Elle avait retroussé sa jupe jusqu'au genou et feignait de se fâcher avec des rires aigus qui ne ressemblaient pas à son rire habituel
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andreas50andreas50   14 janvier 2020
La jalousie naît de l'insoutenable vision du plaisir qu'une créature aimée reçoit d'un autre et lui prodigue.
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luis1952luis1952   08 août 2015
Je n'avais jamais vu mon père aussi pâle: il était assis sur son lit, ses jambes ne touchaient pas le plancher. De grosses veines bleues gonflaient ses pieds aux orteils difformes. Les cuisses étaient affreusement maigres, presque étiques. Brigitte, debout, dans sa robe d'évêque, les cheveux tirés sur son front, le couvait d'un œil à la fois haineux et circonspect.
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Le Bloc-notes. Volume 1, 1952-1962 François Mauriac Jean-Luc Barré, Jean Touzot Éditions R. Laffont Collection Bouquins
Des articles dans lesquels F. Mauriac aborde des sujets allant de l'actualité à la spiritualité, en passant par l'histoire de France. Souvent polémiques, ils illustrent les engagements de leur auteur, comme son soutien sans faille pour Charles de Gaulle ou son combat en faveur de la décolonisation. ©Electre 2020
https://www.laprocure.com/bloc-notes-volume-1952-1962-francois-mauriac/9782221249420.html
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