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EAN : 9782246143123
322 pages
Éditeur : Grasset (01/12/1999)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Résumé

L'intrigue se noue au cœur d'une famille bourgeoise. Le notaire Oscar Révolou, qui menait une double vie, ruiné et abandonné par sa maîtresse, vient de se suicider, plongeant sa femme et ses trois enfants dans le chaos.

Autre résumé:
Ruiné par sa maîtresse, Oscar Révolou, un grand notaire bordelais, se suicide. Cette mort fissure la façade en même temps qu'elle révèle les fondations de deux familles estimées. Quand l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
JeanLouisBOIS
  14 février 2015
La fin des grandes familles.
L'argent est, paraît-il ce qui mène le monde et les hommes. Ce n'est pas François Mauriac qui aurait dit le contraire. Après avoir lu Les Chemins de la Mer, on en ressort plus que persuadé. Mais ce thème banal et patent dans tout le livre est loin d'être le seul et le plus exploité. Il fait figure de toile de fond, on s'y réfère souvent mais une fois acceptée son existence et sa prégnance, on constate qu'il sert plutôt à faire bouger hors d'eux-mêmes des personnages qui recherchent d'abord la stabilité d'une société bourgeoise aux valeurs établies une fois pour toute. Les sentiments, les passions s'avèrent être le deuxième moteur bien plus fondamental et bien plus perturbateur de ce monde bien ordonné et qui se perpétue grâce à une bonne dose d'hypocrisie. Les nouvelles générations participent de cette régénération des idéaux mais c'est principalement par la fuite et l'évasion de ce monde clos qui leur devient vite invivable, la grande ville (Bordeaux ou Paris) devenant le symbole de la liberté. Même si certains conservent encore un esprit casanier et traditionnel, ils se retrouvent pratiquement marginalisés.
L'unité du roman se bâtit sur les destinées de ces êtres perdus et qui cherchent malgré tout à essayer de se comprendre. Rose et Denis partagent une sorte d'amour discrètement et « sourdement incestueux », figure de l'amour impossible. Pierre Costadot, le poète, qui écrit des vers que l'on retrouve dans toute la trame du livre et qui reflètent les différentes situations que les personnages principaux sont appelés à vivre et dont le titre Atys et Cybèle, figure lui aussi de l'amour interdit. Enfin, Landin, le clerc de notaire, dévoyé, menant une vie de débauche, homosexuel malheureux et qui incarne un certain nombre des fantasmes de l'écrivain. Leurs destins seront évidemment tragiques dans le sens où ils ne s'épanouiront pas dans la vie qu'ils ont choisie. Mauriac nous montre souvent des personnages incapables d'introspection, inaptes à réfléchir sur eux-mêmes du fait de leur vie sociale et du matérialisme ambiant. Seules les âmes troubles et tourmentées parviennent à porter sur les autres et sur elles-mêmes un regard lucide, mais cette clairvoyance ne leur apporte pas un surcroît de bonheur, mais bien une solitude plus pesante.
Les Chemins de la Mer est un roman typique de Mauriac, mêlant une ambiance trouble à souhait, un rapport étroit entre le paysage et l'état d'âme des protagonistes, un pessimisme omniprésent, une réflexion à la fois constante et discrète qui n'entrave pas le cours de l'histoire et une construction parfaitement maîtrisée tant pour le style que pour le récit. L'amour sous toutes ses formes apparaît comme le révélateur des caractères des différents personnages souffrant de leur relation aux autres et de leur sentiment d'une profonde solitude. Il faut aussi souligner que, dans ce roman, encore davantage qu'habituellement chez Mauriac, les sentiments et les situations sont suggérées, sous-entendues, sous-jacentes ou seulement évoquées. Pour Mauriac, l'important, c'est la psychologie des protagonistes et leurs réactions face à l'adversité. L'auteur reste toujours au seuil du récit sans jamais enfermer ses personnages dans des cadres définitifs ou rigides. Ce roman réclame ainsi une lecture attentive de façon à bien pénétrer dans les arcanes de son déroulement, sinon on peut très facilement « décrocher » et passer à côté de l'essentiel.
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Peteplume
  26 décembre 2017
Ce roman m'a paru beaucoup moins abouti que Thérèse Desqueyroux ou La fin de la nuit. Si on y trouve la même analyse psychologique de l'âme humaine dans ses méandres d'immaturité, d'insécurité et de tourmente, on se perd dans l'abondance des personnages aux facettes multiples et changeantes, certains mourant prématurément, c'est -à-dire avant qu'on ait eu le loisir de bien les cerner. La mise en scène de l'ouverture a quelque chose d'outré, qui dérange. Elle nous plonge d'emblée dans une atmosphère lourde, une chape de plomb que le lecteur ne pourra plus soulever et, en ce sens, c'est réussi. Par contre, j'ai eu l'impression qu'elle avait été bâclée par l'auteur, parfois même incohérente, comme écrite dans un autre temps que le reste du roman. Les poèmes inclus dans le roman sont des pièces rapportées, parfaitement inutiles à la lecture du roman, comme si Mauriac avait trouvé là un ficelle pour faire lire ses vers. Bref, si je lui reconnais certaines qualités, le roman m'a paru manquer de « focus », comme une photo ou un tableau qui manque de sujet mais qui attire quand même l'oeil par des détails bien rendus.
En résumé, cette lecture m'a laissé l'impression d'une écriture un peu brouillonne où les excellents passages n'arrivent pas à trouver le cadre qui les mettrait en valeur…
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marguerite18
  27 mars 2019
Lu ce roman de Mauriac qui n'est pas des plus connus et, à mon sens, pas de la meilleure eau, mais qui m'a tout de même intéressée.
Au début de l'ouvrage, Léonie Costadot, mère de Gaston, Robert et Charles, obtient de Lucienne Révolou, dont elle vient d'apprendre que le mari, notaire, est ruiné, une reconnaissance de dette personnelle pour les fonds confiés à son époux. le jour même, le notaire Oscar Révolou -dont le fils aîné de Léonie, Gaston, a chipé la maîtresse - se suicide et sa famille, composée de sa veuve et de ses enfants Julien, Rose et Denis, s'établit dans sa propriété de Léognan, à quelques kilomètres de Bordeaux. L'aîné, Julien, réagit à la ruine familiale et à la mise au ban de la bonne société bordelaise en se réfugiant dans la neurasthénie. Il se prétend souffrant et ne quitte plus sa chambre. Rose, bien que durement atteinte par la situation qui semble rendre impossible son union projetée avec Robert, accepte de bon coeur un emploi de demoiselle de magasin dans une librairie. Denis, encore collégien, est étroitement lié d'amitié avec Charles, qui compose un long poème, Cybèle et Atys, dont les strophes font parfois écho au roman. Sa mère et Rose s'emploient à débrouiller les affaires paternelles, avec l'aide du clerc Landin. Léonie ayant abandonné sa fortune à ses enfants, pour se dédouaner de sa démarche envers Lucienne Révolou qu'ils n'avaient guère apprécié, Robert, ainsi mis en mesure d'entretenir un foyer en poursuivant ses études de médecine, renoue avec Rose mais finit par l'abandonner car son activité salariée l'amène à se négliger quelque peu et elle ne l'attire plus guère. Après l'aveu du désamour De Robert, Charles - épris en secret de Rose - la ramène chez elle bouleversée. le régisseur de la famille Révolou, Cavailhès, s'associe à celle-ci pour exploiter le domaine qui retrouve sa prospérité. Denis, recalé au bac, noue une liaison avec la fille du régisseur Irène, plus par sensualité que par amour, lui fait un enfant et l'épouse en secret. La cohabitation entre Irène et Rose, la première semblant jalouse de la complicité qui unit la seconde à son frère Denis, s'avère des plus difficiles.
Le clerc Landin a fait preuve d'un dévouement sans limite à l'égard du notaire Oscar Révolu, qui négligeait ses affaires et dont l'étude n'aurait pu fonctionner aussi longtemps sans cet appui. Pourtant, après le décès de son patron, il découvre un agenda de celui-ci retraçant des réflexions selon lesquelles il représentait à ses yeux l'incarnation du mal, l'immonde, ce qui semble être aussi le point de vue du romancier. Landin, qui, monté à Paris, collaborait à des journaux à scandale, finira assassiné. J'ai eu bien du mal à entrer dans ses vues qui reflètent un catholicisme fort daté. de même, je m'étonne que l'auteur ait vu dans la tendresse discrète qui unit Rose et Charles une attirance incestueuse.
Il me semble que Mauriac a eu du mal à maîtriser la multiplicité des personnages et des points de vue, de sorte que l'oeuvre n'emporte pas une pleine adhésion.
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lecteur84
  21 octobre 2014
Une oeuvre oubliée de Françoi Mauriac, fidèle à ses habitudes il sait y décrire les sentiments humains, le pouvoir et l'attrait de l'argent, dans une société bourgeoise bien implantée, contre la vérité des sentiments amoureux. Une écriture riche en images, classique dans sa forme, que les "modernes" n'apprécieront pas...Une écriture qui sent bon la littérature de qualité, soucieuse du bien écrire avant toute chose.
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Bigmammy
  06 février 2019
D'abord, une scène d'ouverture époustouflante : une famille typique de la riche bourgeoisie bordelaise s'apprête à aller au bal. La mère attend Rose, qui attend la livraison de sa robe de bal. Mais c'est le premier clerc de l'étude de son mari, notaire fastueux, qui se présente … Lucienne Revélou ne veut rien entendre, lui dit de partir voir son mari, dans leur demeure campagnarde de Léognan … Bientôt, c'est Léonie Costadot, sa camarade de couvent, qui vient lui annoncer que son mari est ruiné par une gourgandine et lui soutirer une signature pour récupérer de quoi sauvegarder, avant la masse des autres créanciers, les fonds confiés au notaire appartenant à sa famille.
Rose, la jeune fille de la maison, est follement amoureuse De Robert, le fils de Léonie. La ruine de son père signera la fin de son amour … et aussi le malheur de ses deux frères, Julien et Denis. Mais aussi celui De Robert, le fiancé veule, qui va rompre son engagement, et de Pierre, le plus jeune de la fratrie, un jeune poète doué mais faible.
Le roman est d'une cruelle vérité, avec les constantes de l'ambiance propre à François Mauriac.
Ici, c'est avant tout le portrait-charge de deux mères abusives, attachées à leur patrimoine, jalouses de l'avenir de leurs enfants mais étouffantes jusqu'à l'obsession … Des pères absents aussi. Des sentiments inavouables – pulsions homosexuelles refoulées – des malentendus dévastateurs, des destins bousculés, des familles qui s'écroulent et d'autres qui s'élèvent … avec sans cesse la présence, au côté des ces bourgeois confits dans leurs certitudes, les régisseurs habiles et entreprenants, les errements de l'adolescence … et la nature omniprésente, les vignes, les pinèdes toutes proches, la chaleur étouffante des étés aquitains …. Il faut avoir visité la propriété familiale de Malagar pour comprendre l'ambiance des romans de François Mauriac …
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
UnityUnity   16 janvier 2013
Denis regarda d'abord les deux pieds droits que le drap épousait. Le corps avait déjà la forme du sarcophage. [...]
Alors Denis se mit à trembler comme un arbre, de la base au faîte. Qu'est ce que ça faisait que ce fut son père ou un autre ? C'était un mort, le mort que nous sommes tous en puissance. La seule vérité indubitable, la seule certitude.
Comment les tramways marchaient-ils ? Il aurait fallu arrêter les trains, leur crier : "Ne savez-vous donc pas que vous devez mourir ?" Pourquoi lisaient-ils les journaux ? Que pouvait-il arriver d'important au monde puisqu'on était condamné à la mort ? Cette nouvelle rendait vaines toutes les autres nouvelles. Plus rien à apprendre, puisque demain serait jeté sur le tas, pourri, dissous. La seule vérité... S'il existe quelque chose d'autre, nous ne le savons pas. Nous ne sommes sûrs que de la mort. Les religions ? des colonnes dressées dans le vide, qui imposent un ordre apparent aux brumes et aux nuées, qui encadrent l'espace béant.
[...] Comment faisaient-ils, tous les autres, comment pouvaient-ils aller et venir, s'inquiéter de mille choses, s'attacher à un autre être aussi périssable qu'eux-mêmes, faire le geste qui ensemence de futurs cadavres, et entretient les rangs de la mort ? Ils croyaient, ils avaient la foi...
Mais il n'y a pas à croire à la mort puisqu'on la voit, on la touche à chaque instant, on la salue dans la rue...
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PeteplumePeteplume   20 décembre 2017
On devait pouvoir mourir ainsi, entrer dans la mort par l’immobilité, sentir son sang devenir sève, glisser sans heurt au monde végétal, passer d’un règne à l’autre, du règne de l’amour et de la douleur à celui du sommeil qui est tout de même la vie.
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lecteur84lecteur84   21 octobre 2014
Sa vie ressemblait à une page blanche sur laquelle un maitre inconnu aurait écrit en travers, d'une écriture irritée: Néant.
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UnityUnity   09 janvier 2013
Les êtres qui nous déforment en nous rabaissant, ce ne sont pas ceux-là nos ennemis, mais ceux qui nous recréent selon l'exigence de l'amour que nous leur inspirons.
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jovidalensjovidalens   27 novembre 2011
Contre cette poitrine, dans cette nuit plus épaisse que le rond de tilleuls entretenait au coeur même de la nuit, elle souffrait de ce bonheur qui s'écoulait seconde par seconde sans qu'elle put le retenir.
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Le Bloc-notes. Volume 1, 1952-1962 François Mauriac Jean-Luc Barré, Jean Touzot Éditions R. Laffont Collection Bouquins
Des articles dans lesquels F. Mauriac aborde des sujets allant de l'actualité à la spiritualité, en passant par l'histoire de France. Souvent polémiques, ils illustrent les engagements de leur auteur, comme son soutien sans faille pour Charles de Gaulle ou son combat en faveur de la décolonisation. ©Electre 2020
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