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EAN : 9791022609630
400 pages
Éditeur : Editions Métailié (03/10/2019)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Dans la lignée de David Peace et Ian Rankin.

Un roman noir écossais porté par une écriture efficace et une intrigue tout en crescendo qui nous offre une plongée dans les bas-fonds sombres et glauques de Glasgow.

1969. Glasgow. Trois jeunes femmes sont allées danser dans un dancing populaire, elles y ont rencontré un garçon que leurs amies décrivent comme bien de sa personne et correct, elles ont été très discrètes sur cette relation, pu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Pecosa
  20 octobre 2019
Mal réveillée, j'ai confondu William McIlvanney, le père avec Liam McIlvanney, le fils, en choisissant un roman noir dans l'opération Masse Critique. Je découvre donc la prose du second qui arpente lui aussi le genre polardeux avec Le Quaker.
Dans les années 60, à Glasgow, trois jeunes femmes ont été retrouvées mortes. Leur point commun, avoir passé la nuit dans un dancing et en être reparties avec un homme bien de sa personne. La police ramasse les indices à la pelle, et dresse un portrait précis du tueur, un homme séduisant et éduqué, féru de religion. La presse l'a d'ailleurs surnommé le Quaker. Hélas il n'a rien à voir avec l'impassible joufflu des boites de céréales, il assassine et mutile des femmes jugées amorales.
L'affaire aurait du être rapidement résolue, mais voilà, elle piétine, et l'inspecteur principal McCormack est parachuté dans le service pour y mettre bon ordre. La seule chose qu'il parvient à faire, c'est exaspérer ses collaborateurs, qui se sentent épiés; de plus, il est catholique, au milieu de flics protestants.
Bon sang ne saurait mentir. Même s'il ne possède pas l'écriture déroutante et élégante de son père, qui a fait des romans consacrés à l'inspecteur Jack Laidlaw une des meilleures séries noires, Liam McIlvanney nous offre un polar de très bonne facture inspiré d'un fait divers sanglant qui marqua l'Ecosse. En 1968 et 1969, Bible John avait tué trois jeunes femmes qui fréquentaient des dancing à Glasgow. Il aimait citer la Bible.
L'intrigue, complexe, serpente dans un quartier désolé de la ville écossaise en pleine mutation. Crépusculaire, la cité semble se mouvoir, et chasser une population ouvrière qui n'aura plus sa place dans le quartier métamorphosé. La police, violente, machiste, paternaliste, semble elle aussi changer avec l'arrivée d'une nouvelle décennie. Le fantôme de la Reine Mary Stuart plane au-dessus des femmes mortes qui nous parlent depuis les limbes.
Le Quaker est un écheveau à démêler, bien construit, bien écrit, dans la tradition du Tartan Noir.
Je remercie les Editions Métailié pour ce roman reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.
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Sylviegeo
  04 mars 2020
Un bonheur lorsque le récit et le lieu dans lequel il se déroule sont en parfaite harmonie. Tout comme la ville, on a des histoires de meurtres qui partent à vau-l'eau. Ici, c'est assez terrifiant de constater que la brigade des homicides piétine à retrouver le meurtrier, celui que l'on surnomme le Quaker, de trois femmes. Violées, étranglées, leur corps jeté, abandonné. On leur envoie un autre policier- Duncan McCormack - qui aura le devoir de faire un rapport sur le fait que depuis des années on fait du sur place avec cette enquête. Au final, il devra recommander de clore l'enquête. Mais il se prendra au jeu et sera presque obsédé par cette enquête. Entre temps, un vol de diamants vient encore en rajouter car le corps d'une quatrième femme est découvert là où se cachait justement le perceur de coffre.
Des personnages bien travaillés, en profondeur, des secrets qui risquent de faire basculer la vie de plusieurs et surtout, un vrai cadeau, Glascow. Un portrait juste et réel de ce que l'on a fait de cette ville dans les années soixante. Des quartiers entiers démolis, des familles relocalisées , des édifices à l'abandon, d'énormes projets immobiliers de revitalisation et bien évidemment la pègre locale qui supervise presque le tout ! Et toujours amusant aussi de voir comment travaillaient les policiers à cette époque: sans banques de données, sans téléphones cellulaires, sans Internet et imaginez un peu les séances d'identification où le témoin se promenait devant les personnes à identifier. Ouf la peur que devait ressentir le témoin! Bref, un réel plaisir de parcourir Glascow durant cette période avec la brigade volante des homicides. Le plus triste ? C'est que ce récit s'inspire d'un fait , Bible John, meurtrier non identifié qui a assassiné trois femmes entre 1968 et 1969....
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oblo
  05 novembre 2019
Livre reçu dans le cadre de l'opération Masse Critique.
Elles voulaient sortir, boire un verre, laisser derrière elles, le temps d'une soirée, l'ambiance parfois pesante qui régnait chez elles. En réalité, elles laissèrent derrière elles bien plus que cela : un foyer, certes imparfait, un conjoint, des enfants. Tout cela, elles le laissèrent sur un terrain vague ou dans un immeuble désaffecté, abandonnées, mortes et défigurées, par un tueur que la presse surnomme bientôt le Quaker. Elles sont trois, dont les seuls points communs apparents sont d'avoir passé la soirée dans un établissement appelé le Barrowland et d'avoir des enfants que, le temps d'une soirée, elles ont laissé à la maison. Les premiers témoignages font état d'un homme blond, bien habillé, et qui éructe parfois des versets de la Bible. Des mois d'enquête n'y font rien et les pontes de la police de Glasgow s'inquiètent bientôt de ce que la presse se moque allègrement du manque de résultats.
Pour se protéger, ils envoient Duncan McCormack, jeune inspecteur principal, dans les locaux du service chargé de résoudre l'affaire du Quaker. le boulot de McCormack est simple : rendre un rapport qui salue le travail des inspecteurs et préconise de clore le dossier, histoire de limiter les dégâts pour l'image de la police. Il faut dire que le Quaker n'a plus frappé depuis des mois, et que les enquêteurs ont interrogé la ville entière. Dans ce rôle délicat, McCormack est peu à l'aise. Dévisagé par des collègues qu'il doit, au final, désavouer, le jeune inspecteur originaire de l'Argyllshire se prend bientôt au jeu de l'enquête. Aidé par l'inspecteur Goldie, McCormack devient bientôt obsédé par cette affaire. Pendant ce temps, une bande de braqueurs fait un casse à Glasgow et les deux affaires - les meurtres du Quaker et l'argent volé de la banque - vont bientôt entrer en collision.
Sous des dehors de récit enlevé, rythmé par une narration où alternent les moments où rien ne bouge et ceux où l'on pense l'enquête sur le point d'être résolue, le roman de Liam McIlvanney se révèle subtil et offre à son lecteur plusieurs niveaux de lecture. Habilement, McIlvanney place son roman à la frontière entre le polar pur et le roman noir. Bien-sûr, il s'agit de la résolution d'une enquête, et l'inspecteur principal McCormack tendra, par son jusqu'au-boutisme, à la résoudre. Mais c'est l'environnement - Glasgow, à la fin des années 1960 - qui donne son ambiance et sa densité au roman. La grande cité ouvrière de l'Ecosse apparaît comme une ville sombre, en pleine mutation. Elle attire, sans cesse, les Ecossais des Highlands et les familles, nombreuses, s'entassent dans des quartiers aux allures de ghettos. Glasgow opère sa mutation : des quartiers entiers sont détruits, et reconstruits. Les logements nouveaux sont chers : ils se monnaient de toutes les façons possibles. C'est la promesse d'une vie meilleure que viennent chercher les nouveaux arrivants. Pour Jacquilyn Keevins, Ann Ogilvie et Marion Mercer, les trois victimes, ce sera une promesse non tenue. Ces trois femmes, d'ailleurs, ont la parole : McIlvanney les humanise, en décrivant leurs derniers instants.
Si la ville semble sous le joug du manichéisme, où les catégories de personnes s'opposent entre elles (les protestants et les catholiques, les riches et les pauvres, les policiers et les gangsters ...), il s'avère que les liens sont parfois plus étroits que cela et que les solidarités et les antagonismes dépassent parfois ces cadres. McCormack, lui, s'il est policier, est aussi catholique et homosexuel, à une époque où l'homosexualité est encore un crime en Ecosse. Les liens entre la police et les milieux criminels sont aussi prégnants ; ces milieux sont symbolisés par John McGlashan, sorte de parrain local auquel aucun revenu d'origine interlope n'échappe. Au final, s'il y a une réelle opposition dans ce livre, c'est entre les trois victimes et la ville elle-même : car McIlvanney se sert de leur mort pour dresser de Glasgow un tableau vivant.
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Natalivre
  28 janvier 2020
Polar plutôt classique.
Glasgow, 1969, 3 jeunes femmes sont assassinées par le quaker que la police recherche assidûment depuis plusieurs mois. L'inspecteur Mc Cormak est mis sur l'affaire, tout d'abord, pour "espionner" ses collègues afin de déterminer ce qui cloche et fait que l'enquête piétine, mais au final, il n'en restera pas là et va s'investir à fond jusqu'à faire tomber "les masques".
Au début, j'ai eu quelques difficultés à rentrer dans l'histoire. le récit manque de rythme, on ne fait pas suffisamment connaissance avec les principaux protagonistes, pas assez de descriptions psychologiques à mon goût, ce qui fait que je n'ai pas eu beaucoup d'empathie envers les personnages et cela m'a manqué pour "accrocher" vraiment. Je n'ai pris réellement du plaisir qu'à partir du dernier tiers du roman qui est plus rythmé, plus concis, et nous amène vers une fin qui retient l'attention. Globalement, l'histoire est cohérente et pas inintéressante si on passe outre les bémols que j'ai émis.
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Lalitote
  10 novembre 2019
Le quaker de Liam McIlvanney
Il m'aura fallu quelques chapitres pour être captivée par l'intrigue, finalement, ce fut le cas d'autant plus que l'auteur se base sur une histoire vraie pour son récit, « Bible John », un tueur en série, jamais appréhendé. Nous sommes en 1969 à Glasgow, c'était une époque où la ville était sous l'emprise de la mafia locale, qui avait aussi ses entrées dans la Police. Celle-ci était souvent mise à mal par la presse. C'est à ce moment que Duncan McCormack entre en scène, il est chargé de superviser les policiers qui enquêtent sur « le Quaker » un tueur en série, qui a violé et étrangler trois jeunes femmes sortant de la même boite de nuit. Nous avons une seconde histoire qui fait apparaître le personnage d'Alex Paton, un voleur de retour dans sa ville natale pour y préparer le cambriolage de la salle des ventes. Les deux histoires vont se télescoper, c'est intelligemment mené et Duncan McCormack va être entraîné dans ces deux cas.
Voici le premier livre de la série Duncan McCormack. Je suis un grand fan des romans policiers écossais, il y a quelques très bons auteurs tel que Peter May, Denzil Meyrick ou encore Ian Rankin. Ce genre littéraire porte même le nom de tartan noir. C'est dire si les histoires sombres et glauques ont toujours ma préférence.une lecture satisfaisante parce que fort bien construite avec une ambiance claustrophobe qui plombe une ville déjà meurtrie. La ville de Glasgow semble parfaite pour abriter ce récit avec une criminalité importante, un hiver glacial et une restructuration de la ville la faisant apparaître sous son plus mauvais jour. Cela ne donne pas envie d'y faire du tourisme, c'est certain. On perçoit le désespoir de la Police alors que la chasse et la traque du criminel s'apparente à la poursuite d'un fantôme, cela fait partie des moments forts du récit ainsi que les rebondissements de la fin qui m'ont convaincu. Bonne lecture.

Lien : http://latelierdelitote.cana..
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critiques presse (1)
Liberation   17 juillet 2020
Un polar dense et très très noir dont le héros, formidable d’honnêteté et de ténacité, a aussi sa part d’ombre.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
PecosaPecosa   20 octobre 2019
Il faisait partie des quatre soldats du régiment d'infanterie des Argyll and Sutherland Highlanders- tous des fils de Ballachullish- qui s'étaient retrouvés coincés dans la poche de Dunkerque, abandonnés sur le rivage par la flotte britannique. Ils avaient décidé de traverser toute la France occupée pour gagner l'Espagne, un pays neutre. Ils parlaient tous le gaélique et, tout au long de leur interminable marche vers le sud, s'étaient fait passer pour des Russes condamnés aux travaux forcés et envoyés en France. Ils étaient parvenus à franchir les Pyrénées et avaient aussitôt accédé au statut de légendes vivantes auprès des habitants des Ballachulish. Et cet exploit leur vaudrait de boire à l'oeil jusqu'à la fin de leurs jours.
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PecosaPecosa   20 octobre 2019
Et Denise Redburn? Celle-là, elle vous dirait que le pape est protestant, si elle avait quelque chose à y gagner.
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elcdelcd   26 juin 2020
On pouvait faire tout ça. Ou bien on pouvait s'engager personnellement, on pouvait s'autoriser à ressentir des émotions. On pouvait penser aux familles, aux orphelins, aux draps raides et froids des foyers municipaux. On pouvait reconstruire les choses du point de vue de la victime. On pouvait élaborer de petits scénarios impliquant les femmes qui étaient mortes et les coucher sur le papier pour sa propre édification. On pouvait prendre son métier à coeur, le vivre comme un sacerdoce, l'envisager comme une vocation, pas un simple job.
Mais, en fin de compte, ça aboutissait au même résultat : on échouait. On laissait tomber les femmes. On laissait les hommes du pouvoir faire ce qu'ils voulaient. On laissait le monde suivre son cours tordu.
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polacritpolacrit   05 février 2020
Quand vous attrapiez votre homme, alors tous les efforts, toutes les dépositions recueillies, les coups frappés aux portes, les séances d'identification, les heures de planque, l'examen minutieux des archives des dentistes, tout cela valait la peine. Mais quand on ne la capturait pas, alors il aurait mieux valu ne pas se donner tant de mal. Car en restant assis derrière votre bureau à vous tourner les pouces, le résultat aurait été le même: affaire non résolue, le tueur encore en liberté.
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polacritpolacrit   05 février 2020
Pendant un moment, je me suis crue différente des autres. Meilleure. Moins coupable. J'étais la première. Je n'avais aucun moyen de savoir qu'il existait. Mais les autres, la deuxième fille et la troisième: quand elles ont grimpé ces marches menant au bruit et aux lumières et aux étoiles filantes du plafond, elles savaient. Elles savaient qu'n homme avait ramassé une femme sur cette piste de danse, l'avait raccompagnée chez elle et tuées. Mais elles étaient montées quand même.
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