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EAN : 9782848050560
711 pages
Éditeur : Sabine Wespieser (23/08/2007)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 111 notes)
Résumé :
Avec cette saga familiale qui se déploie sur près d’un siècle, Diane Meur confirme son formidable talent de romancière.

En Galicie, terre rattachée à l’empire habsbourgeois depuis le partage de la Pologne, l’obscure famille Zemka reconquiert le domaine fondé par un ancêtre noble et s’engage fiévreusement dans la lutte d’indépendance polonaise. Pour retracer son ascension puis sa décadence, l’auteur convoque une singulière narratrice : la maison elle-m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
latina
  27 avril 2016
J'habite en Galicie, nom donné par les Autrichiens aux territoires de l'ancienne Pologne qu'ils ont annexés.
Je suis vieille, très vieille. En effet, j'ai côtoyé plusieurs générations.
Je m'amuse et je me tourmente, je lis dans les pensées, je frôle les drames. J'assiste aux sursauts de l'Histoire, j'aime et je déteste.
Mais toujours je rends compte, je vois les pensées, je lis dans les coeurs.
Je suis une maison de maître, un « dwor » comme on dit en Pologne. Et c'est moi la narratrice de cette histoire.
...
Oui, c'est une maison qui raconte l'histoire de cette famille polonaise, depuis la fin du 18e siècle jusqu'au début du 20e. A vrai dire, ce procédé m'a semblé quelque peu artificiel et m'a ennuyée au début du récit. Pourquoi ne pas, tout simplement, adopter un point de vue omniscient, sans passer par la maison qui voit tout, entend tout, même l'intérieur des gens ?
A part cela, et à part aussi quelques faits politiques (dont, je reconnais, on ne peut se passer, mais je déteste la politique), j'ai beaucoup aimé suivre les méandres plus ou moins tortueux de cette famille de confiseurs qui se veut d'ascendance aristocratique.
La psychologie extrêmement fouillée et bien rendue par un style l'épousant parfaitement m'a enchantée. L'évocation poétique de la nature sert de toile de fond aux joies et aux catastrophes humaines de tout ordre.
J'ai aimé calquer mes pas sur ceux de Clara, une femme posée, peu gâtée par la vie, mais pourtant entièrement dévouée à sa famille, et qui, sur le tard, connaitra une passion dévorante.
J'ai suivi avec intérêt les errements et les évidences de ses filles, qui ont chacune connu un destin particulier. Et puis les générations suivantes, aussi, m'ont fait sursauter plus d'une fois, et m'ont indignée.
En filigrane, le statut des femmes...Et là je peux vous dire qu'une immense vague de révolte me submerge, quand je vois comment les femmes de toutes les époques, de toutes les conditions étaient considérées et traitées.
Je quitte cette Maison pleine de sagesse, ancrée dans une Pologne qui se cherche, se construit par soubresauts, au rythme d'une famille attachante.
« La face du monde bouleversée ! J'ai toujours trouvé un peu risible l'importance que la plupart des humains attachent à ces choses. Selon que la terre est à eux ou à d'autres, ils ont une façon toute différente de la regarder et même de s'y mouvoir.
Et pourtant, dans les faits, à qui est-elle vraiment ? Si on me le demandait, je dirais : au vent, qui brasse bien plus d'arpents que n'en possédèrent jamais les Radziwill ou les Zamoyski, courbe les blés en longues ondes dans la plaine, renverse des arbres, prélève sa dîme d'ardoises. Qui, de tout homme, fait un manant obligé de se découvrir sur son passage, de toute femme une serve dont il dénude les jambes et fouit les cheveux à son caprice. »
Encore une fois, la littérature belge a prouvé sa valeur à travers « Les vivants et les ombres », de Diane Meur.

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viou1108
  14 juillet 2016
Comment dérouler, de l'intérieur, le fil d'une histoire familiale qui s'étale sur plus d'un siècle, et cela sans changer de point de vue ? Simplement (encore fallait-il y penser) en la laissant raconter par la maison de famille elle-même.
Voici donc, en ce 19ème siècle mouvementé, la saga des Zemka, famille aux origines équivoques, rattachée par une quasi-mésalliance à la petite noblesse locale de Galicie en Pologne, retracée par les murs qui l'abritent et qui en connaissent tous les secrets honteux, les petits arrangements avec les consciences, les drames et les passions cachées. Ou presque. Car une maison, par définition, est un immeuble, et son champ de vision et d'audition ne porte guère au-delà des grilles de son parc. Cette improbable narratrice n'est donc pas omnisciente et doit parfois recouper les bribes d'information, extrapoler, déduire, supputer. Mais globalement, peu de choses lui échappent. Il faut dire que la plupart de ses habitants – surtout les femmes – lui sont attachés à perpétuelle demeure, aussi immobiles que les pierres de ses fondations. Dans ce coin perdu de Pologne (mais pas seulement là), les femmes de l'aristocratie sont corsetées dans un rôle essentiellement domestique, entre organisation de réceptions et recherche du meilleur parti pour leurs filles. Celles-ci ne font pas d'études poussées, n'exercent pas de métier, ne se mêlent pas de politique ou d'économie, mais épousent sagement l'homme que leurs parents leur ont choisi. Parfois, on ne sait trop comment ni pourquoi, certaines sont prises de passion amoureuse et/ou de désir de liberté. Hélas, point de salut pour elles dans cette maison qui leur est un huis clos. Elles ne sont que des ombres, les ombres de ce qu'elles pourraient être si seulement elles parvenaient à s'arracher à ces murs. Certaines en seront capables, mais à quel prix...
Si les femmes sont les ombres, les hommes seraient donc les vivants ? Pas si sûr... Point non plus de destin brillant pour ceux qui resteraient trop enracinés sur ces terres. Ainsi, le patriarche Jozef, s'il a réussi à développer et moderniser la sucrerie familiale, souffre sans se l'avouer d'être resté dans l'ombre de son frère, flamboyant héros parcourant l'Europe en vue de la lutte pour l'indépendance de la Pologne. Et que dire de Zygmunt, le précepteur des filles de la famille, pétri d'idées révolutionnaires...
L'ironie de l'histoire, c'est que la maison elle-même finira par comprendre qu'elle est une prison pour la gent féminine qui l'occupe et qu'elle-même étouffe sous le poids de son immobilisme. Mais comment pourrait-elle s'évader de ses propres murs ?
Mis à part l'originalité quant au narrateur, je dois avouer que je n'ai pas trouvé ce pavé bien folichon. Tout cela est fort convenu : une saga familiale sur plusieurs générations, avec des destins contrariés, des rêves brisés, des morts prématurées ou trop tardives, des amours impossibles ou malheureuses, des secrets, des tares et des scandales. Beaucoup de mesquinerie et bien peu de chaleur humaine, de la haine ordinaire et de la résignation. L'auteur tente d'inscrire tout cela dans le contexte troublé des luttes pour l'indépendance de la Pologne et contre le servage, mais les données historiques de cette période (certes complexes) manquent de précisions à mon goût. Ce n'est qu'à la page 629 (sur 633, édition de poche), que j'ai compris que les Ruthènes étaient des Ukrainiens, et j'attends toujours qu'on m'explique en quoi ont consisté réellement les événements de 1848. Le style ne rattrape pas non plus la sauce, trop plat, voire parfois puéril. Tout cela m'a ennuyée, par manque de souffle et de profondeur, ce qui est bien dommage pour un roman au si long cours.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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mariecesttout
  19 avril 2014
Alors là, c'est le cas de le dire, les murs ont des oreilles! A l'affût de tout, la moindre conversation entre humains ou entre casseroles.
C'est donc une saga familiale , racontée uniquement à travers ce que cette maison peut saisir des évènements extérieurs d'une histoire très riche en évènements, celle de cette région au départ Pologne devenue Galicie, pendant une centaine d'années. Et surtout , bien sûr, de la vie familiale qu'elle abrite, très mouvementée elle aussi. le chef de famille , fils de confiseur, a réussi à épouser la fille d'un comte , "quartiers de noblesse irréprochables et profil de mouton" , et , dans la propriété, construit aussi une petite usine de confiserie qui semble ne fabriquer qu'une sorte de bonbons , les pastilles de la Vierge, qui deviendront plus tard les pastilles de Sissi , les opérations de marketing étant déjà d'actualité à l'époque..
Révolutions, émeutes, et fin de la féodalité , mais aussi antisémitisme marqué pour la vie extérieure, amours contre son rang et enfants illégitimes à l'intérieur.
Bref, une vie chargée... et on ne peut en vouloir à cette maison d'avoir ...déménagé.
Très agréable à lire, très bien documenté, et moi qui connaissais très peu l'histoire de ces pays, j'ai appris beaucoup de choses!
Je me lève aussi la nuit pour essayer d'entendre ce que mes casseroles ont à se dire, mais je pense que cela va vite s'arranger?
Un extrait:
Ce ne fut pas la gestion de Wioletta qui coula la sucrerie, bien qu'on prédit dans la région qu'il ne pouvait rien arriver de mieux à une affaire ainsi tombée en quenouille. Ce ne furent pas non plus les modestes revendications de ses employés, ni le boom du sucre russe, qui restait cher à importer. Ce qui perdit l'entreprise si florissante de Jozef fut la décision de l'archiduc Rodolphe , en janvier 1889 , de mettre fin à ses jours dans son pavillon de chasse de Mayerling , avec sa très jeune maîtresse la baronne Vetsera.
J'appris ce drame, comme de juste, dans les cuisines . J'arrivai là un matin, avide de papotages fleurant bon, eux, le monde des vivants; et quel ne fut pas mon étonnement en découvrant , autour de la grande table, notre personnel féminin changé en assemblée de pleureuses!...
A l'étage des maîtresses, on ne pleurait pas; c'était pourtant là qu'il y aurait eu le plus de quoi pleurer. Elles l'ignoraient encore, les deux demoiselles, mais c'était, à terme, la fin de leur fortune.
Les "Délices de Sissi"? Ce nom, décidément, sonnait comme une mauvaise blague. En fait de délices, la mère du suicidé avait eu, en vingt ans: un beau-frère, Maximilien, fusillé au Mexique; une belle-soeur, veuve du précédent, devenue folle de chagrin; un cousin, l'extravagant Louis II de Bavière, retrouvé noyé dans des circonstances obscures; sans compter des autres parents et amis, qui , autour d'elle, sombraient dans la démence ou mouraient atrocement. Mayerling était le drame de trop. Dès la semaine suivante affluèrent ici des courriers de pharmaciens annulant leurs commandes, il fallut suspendre la production, faire dessiner de nouvelles boîtes portant la sombre mention " Pastilles Incarnadines" et les mettre hâtivement en vente pour éponger le manque à gagner........"

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Mamzelle
  20 juin 2008
Si je n'accorde pas ou peu de crédit aux prix littéraires alloués tous les ans, je suis par contre de près les sélections faites. C'est assez contradictoire mais, plus que tout, c'est là que je puise mes envies de nouveaux livres.
Cette année, je me suis interessée de près au Prix du Style, fondé par Antoine Buéno qui, en plus d'être quelqu'un que j'estime beaucoup, est aussi un écrivain (entre autres de l'excellent "Triptyque de l'asphyxie") et chroniqueur littéraire qui siège vaguement au Sénat.
Cette définition est bien évidemment très réductrice, je ne donne pas cher de mon scalp s'il passe par là.
C'est donc dans sa sélection de septembre 2007 que j'ai puisé le livre dont je vais vous parler aujourd'hui, "Les vivants et les ombres" de Diane Meur.

Pavé de 720 pages sorti aux Editions Sabine Wespieser pour la rentrée littéraire 2007, "Les vivants et les ombres" est donc le dernier ouvrage de Diane Meur, romancière et traductrice belge.
Cette saga familiale qui démarre en 1820 met en place 4 générations de bourgeois en Galicie, région alors rattachée à l'empire habsbourgeois depuis le partage de la Pologne. Pendant plus d'un siècle, à travers les soulèvements de cette région, les révolutions de 1848 et jusqu'aux prémices de 1914, Diane Meur nous fait suivre les affres d'une famille qui va se déchirer et se retrouver sans cesse dans une atmosphère de lutte pour l'indépendance polonaise.
Le style de ce roman pourrait être complètement standard, on est ici dans la saga historique classique. Mais Diane Meur ne positionne pas l'un ou l'autre des éléments de la famille Zemka-Ponarski comme narrateur.
Le récit est fait ici par la maison elle-même, théâtre de tous les évènements qui vont secouer ses occupants.
La grande batisse blanche est donc ici à la fois murs, toits, colonnes néo-classiques, salon de bal et chambres mais plus encore atmosphère, odeurs, rayons de soleil, poussières et messes basses.
C'est en elle que s'inscrivent toutes les émotions, que se cachent les ombres du passé et que se définissent les vivants qui l'occupent. Elle ne se lasse pas d'observer la vie, la mobilité et la liberté que ses habitants possèdent et qui ne sont que chimères pour elle-même.
A travers tous les personnages que la maison va voir défiler en ses murs, elle va s'attarder plus spécifiquement sur les femmes, ces femmes qui la fascinent...
Le titre lui-même annonce la couleur, Diane Meur ne met pas en opposition les "vivants et les disparus" mais les "vivants et les ombres", comme si rien ne disparaissait, tout se transformait en ombre.
Comme la maison le dit si bien "Vous êtes poussière et vous redeviendrez poussière. Cette phrase (... ) me parait avoir été écrite pour nous, bien plus que pour les hommes. Car enfin soyons sérieux! Chacun sait que les hommes, eux, laissent infiniment plus qu'un peu de poussière. Ils laissent leur nom, des descendants, une mémoire, la trace de leurs actes ou même de leurs oeuvres. Alors pas de misérabilisme, pas de pleurnicheries anthropocentriques: ce n'est pas à nous qu'on apprendra ce que c'est que disparaître de la face du monde".
A tous ceux qui ne sont tentés que moyennement par ce type de livre, sagas familiales sur fond d'histoire, je ne peux que conseiller ce livre. Je n'étais pas fan de ce type de littérature à la base mais je n'ai pas décroché de celui-ci tellement les mots de Diane Meur, à travers les yeux de la maison, sont justes, mélodieux et captivants.
Un style qui définitivement explique sa sélection et une narration excessivement originale, c'est une autre de mes belles découvertes de cette rentrée.
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Accalia
  17 décembre 2016
Les Vivants et les ombres » était le roman que je devais lire pour le mois de septembre, tout droit sorti de la book-jar.
J'ai ce roman dans ma PAL depuis 2010, acheté sur les conseils de Miss Bouquinaix, qui m'avait parlé avec passion et de l'auteure et du roman et de la maison d'édition!
Et j'ai mis 6 ans à l'en sortir enfin!
Pourtant, il ne méritait pas de dormir aussi longtemps dans ma PAL, parce que cela fut une très bonne lecture!
Un petit mot sur l'objet en lui-même.
La couverture ne paye pas de mine, mais c'est une maison d'édition que j'aime beaucoup, pour le confort de lecture qu'elle procure. Les éditions Sabine Wespieser utilisent un papier de qualité, de vraies marges et font un réel effort de publication. Il n'y a que le prix, qui est hélas rédhibitoire pour moi. Après, pour une telle qualité, c'est compréhensible, mais cela reste trop cher pour en acheter beaucoup.
Je n'avais lu de Diane Meur qu'un seul ouvrage Les Villes de la Plaine, dont j'avais tiré une drôle d'impression. Tout était là pour me plaire, l'écriture, le thème, la fin extraordinaire, mais je n'avais pas aimé plus que ça, tout en lui reconnaissant un réel talent.
J'avais lu ce roman au mauvais moment et cela m'avait beaucoup agacé, parce que je sentais clairement que j'étais passée à côté de quelque chose.
J'appréhendais doublement ma lecture. J'avais vraiment envie d'aimer ce roman. Et heureusement cela a été le cas. J'ai passé un très bon moment de lecture, je l'ai d'ailleurs dévoré en 4 jours, c'est tout dire!
Le style est très agréable, je n'ai rien à en dire. On prend vraiment plaisir à le lire, comme pour son autre roman.
Je ne sais pas si on peut vraiment qualifier ce roman de roman historique, je ne trouve pas qu'il rentre dans cette catégorie.
Il s'agit d'une saga familiale : on va suivre une obscure famille polonaise, qui se dit aristocrate, durant près d'un siècle sur leur lieu d'habitation.
J'adore les histoires familiales, donc cela ne pouvait que me plaire, surtout sur un siècle!
La grande particularité de ce roman est sa narratrice : il s'agit de la maison familiale.
Il s'agit donc d'un point de vue assez inhabituel, assez poétique et beau d'une certaine manière. Derrière sa façade, elle observe attentivement les habitants, allant jusqu'à pouvoir lire leurs pensées les plus secrètes parfois. Elle se passionne pour certains destins, hais certaines personnes…mais reste profondément une maison, dont la vision ne dépasse pas le domaine.
Cela donne donc un certain « piquant » au rythme et au style. La maison a certaines réflexions très intéressantes, étant plus encrée dans le temps et ayant vu passer plusieurs propriétaires différents.
De plus, j'ai rarement -voir même jamais – eu l'occasion de lire un roman qui se passe en Pologne (la Galicie à cette époque-là).
J'ai trouvé cela très intéressant d'en apprendre un peu plus sur le dur combat de l'indépendance de la Pologne – qui franchement n'a pas arrêté d'être partagé et repartagé et ensuite de suite durant des centaines d'années par tous les pays d'Europe.
La situation maître-serf m'a également fait penser au roman Karpathia de Mathias Menegoz. C'est tout un monde différent qu'on connait peu et qui est vraiment passionnant à découvrir!
La différence de culture, de religion, de traditions et même de nationalité entre les maîtres et les serfs est quelque chose de vraiment intéressant. On aborde également la question des juifs en Pologne, le début de la fin, la montée lente de l'antisémitisme.
On va donc suivre en grande partie Josef Zemka, sa femme Clara et leurs enfants. On va apprendre également à connaitre un peu leurs ancêtres et les descendants des enfants du couple, mais la plus grande partie du récit sera surtout concentré sur cette génération du XIXe siècle.
Si Josef n'est pas particulièrement attachant, il en est tout autre de sa femme et de ses nombreuses filles.
Ce roman est également une sorte de plaidoyer sur la condition des femmes à cette époque. Et on parle ici de femmes éduquées et relativement riches. Donc la partie plutôt privilégiée de la population.
Mais on assiste surtout à des destins brisés, des avis ignorés, des coeurs déçus…il n'était pas bon d'être une femme à cette époque, même riche. La seule solution était le mariage, avantageux pour la situation des parents bien évidemment et sans consulter la jeune fille.
Si la maison se concentre beaucoup sur les femmes de cette famille, ce n'est pas forcément par choix : elles ne peuvent pas en bouger jusqu'au jour de leurs mariages, si mariage il y a. Elles ne peuvent pas travailler ou se promener, ou seulement faire ce qu'elles veulent. Cette maison qui les épie, finit par se transformer en une prison dorée dont elles sont incapables de partir.
Je pense que mon personnage préféré reste la douce et gentille Clara, la femme de Josef. J'ai beaucoup aimé son caractère doux mais ferme malgré tout, son ouverture d'esprit, sa capacité d'aimer. J'ai beaucoup aimé suivre sa vie.
——————————-
Un très bon roman donc, que je ne peux que vous conseiller et qui me réconcilie donc avec l'auteure!
Si vous aimez les sagas familiales, vous pouvez y aller, le cadre est inhabituel et passionnant et les pages filent entre vos mains! J'ai passé en tout cas un très bon moment avec ce livre!
Lien : https://writeifyouplease.wor..
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
latinalatina   21 avril 2016
Elle s’était approchée du piano, y avait imprimé des gammes chancelantes. Puis elle s’était enhardie, avait repris des morceaux étudiés autrefois.
Et les murs, les rideaux, les corniches qui l’écoutaient s’étaient ligués pour former autour d’elle un écrin protecteur, lui faire oublier tout, hormis le jeune être ardent pour qui elle voulait jouer. Le château, ses habitants, ses menaçants abords n’existaient plus, le souffle de Clara s’accélérait, elle s’abandonnait, sans s’arrêter à ses fautes ni à ses maladresses.
Je rêve peut-être ; mais il m’arrive de penser que si le domaine resta épargné en ce mois de février 1846, ce fut grâce à ces notes pleines d’amour et d’hésitante grâce qui s’échappaient à certaines heures des fenêtres du salon, tombaient sur les champs, jetaient les oiseaux dans un silence interrogateur.
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viou1108viou1108   17 juillet 2016
« Je vous présente mes sincères condoléances, mademoiselle. Voilà encore une dure épreuve pour vous. Madame votre mère n’a pas eu une vie fort gaie; consolez-vous, si vous le pouvez, en pensant qu’elle a sans doute trouvé maintenant la paix. » Elle a hoché la tête, et plus tard seulement s’est demandé ce qu’il avait bien voulu lui dire. Une vie triste, sa mère? C’est une idée nouvelle et déroutante. Sa mère était sa mère, enfin! pourquoi chercher plus loin?
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viou1108viou1108   16 juillet 2016
… je suis persuadée qu’en chaque homme, si attaché qu’il soit à l’état présent des choses, sommeille un goût caché pour la secousse qui change le monde et infléchit les vies. Cette secousse encore indistincte, j’affirme que tous, ici, la désiraient sans forcément se l’avouer, comme le corps finit par désirer le coup qu’il sait inévitable, ou comme la pucelle finit par désirer la blessure qui fera d’elle une épouse ou une déchue, mais du moins autre chose.
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latinalatina   21 avril 2016
Clara sent couler dans son oreille ces mots qui se réduisent maintenant à un murmure. Ils la bercent, versent en elle une paix qui l’étonne elle-même. (...)
Et douce, tremblante, monte dans son âme, dans ses sens transportés, l’image d’une plaine sans limites ni clôtures, verte de pluie, lourde de fruits, immense, sans fin comme leur amour.
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NeigelineNeigeline   30 octobre 2009
Il désirait vraiment qu'elle l'aime assez pour se donner à lui. Mais déjà ce désir était déstabilisant et, pour lui, une source d'angoisse. Désirer, lui ? Avait-il jamais désiré quoi que ce soit dans sa vie ? Ce n'était pas agréable. Cela vous faisait battre le coeur, vous réveillait la nuit. Une petite victoire (la main que vous frôliez en jouant au bilboquet, par exemple, et qui ne se dérobait pas) ne vous rendait heureux que cinq minutes ; après, il vous en fallait plus. L'insatisfaction devenait votre mode d'être, vous n'étiez plus jamais content, plus jamais tranquille. Vous ne vous apparteniez plus : vous étiez livré, corps et âme, au bon vouloir d'une autre.
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Vidéo de Diane Meur
Diane Meur vous présente son ouvrage "Sous le ciel des hommes" aux éditions Sabine Wespieser. Rentrée littéraire automne 2020.
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