AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Estelle Roudet (Traducteur)
EAN : 9782757810767
544 pages
Éditeur : Points (02/10/2008)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 190 notes)
Résumé :
Benny Griessel, tome 1

Pour l’ex-combattant de la lutte anti-apartheid Thobela Mpayipheli, retrouver le pays après les années qu’il a passées en Europe est dur. Chômage, misère, perte de l’être cher, il a tout vécu. Mais il lui reste un fils adoptif, qu’il élève avec amour.
Hélas, cela aussi lui est enlevé. Douleur, colère, puis désir de vengeance chez quelqu’un qui sait tuer: Thobela se met à abattre tous ceux que la justice accuse de pédophil... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  19 novembre 2018
En Afrique du Sud, où quarante pour cent des viols d'enfants sont imputables au mythe selon lequel ce crime permet de guérir du sida, sur qui peuvent compter les victimes, vers qui peuvent-elles se tourner si le système judiciaire est défaillant, la police corrompue et inapte à les protéger ou à leur rendre justice ? Elles peuvent compter sur Thobela Mpayipheli, d'origine Xhosa, rentré au pays après avoir baroudé en Europe au service de la Lutte. Après la mort de son fils adoptif Pakamile, innocente victime collatérale d'un braquage dont les coupables se sont étrangement évadés de prison avant d'être jugés, il devient pour la presse Artemis, pour la police le justicier à l'assegai, arme traditionnelle des Zoulous, et élimine impitoyablement ceux qui s'en prennent aux gosses. Je ne déflore pas le suspense, ces éléments sont révélés dès les premières pages du roman.

Dans le pic du diable, l'auteur met en scène des personnages représentatifs de la nouvelle Afrique du Sud, écartelés entre l'ancien et le nouveau monde. Benny, le flic blanc qui ne croit plus en rien, sauf en toute boisson susceptible de se mélanger à du cognac est alcoolique. Pas mondain, pas de ceux qui traînent leur mal-être vaguement existentiel de cocktails en pince-fesses. Lui bousille sa famille, lorsqu'il rentre, c'est pour vomir, frapper sa femme et insulter ses enfants qu'il adore, ce dont il ne garde aucun souvenir le lendemain, jusqu'au jour où il est foutu dehors avec un ultimatum : boire ou voir ses enfants, il doit choisir. Benny hospitalisé, en proie au delirium tremens, subit des traitements, vit chaque jour, chaque minute, chaque seconde, comme un impossible combat vers la sobriété, qu'il sait au fond de lui, perdu d'avance. Christine est afrikaner, blanche, blonde et belle, de « bonne » famille. Son père militaire brusquement illuminé par une foi fanatique, inflige à sa famille des longs sermons décousus et références ineptes à la bible qui poussent Christine à s'enfuir, puis à devenir travailleuse du sexe, quand elle comprend qu'en une soirée, elle peut gagner le misérable salaire mensuel généreusement versé par un patron exploiteur. Et surtout Thobela... Ah Thobela !

Deon Meyer raconte l'Afrique du Sud, et il la raconte bien dans un style riche et agréable saupoudré de mots ou expressions afrikaners ou zoulous, dans toutes les nuances des couleurs de peaux et origines ethniques et sociales de ses habitants, dans tous ses paradoxes ou ambivalences. L'apartheid a été officiellement terrassé, merci Nelson, mais l'apartheid a laissé des marques indélébiles qui surnagent dans la société comme des yeux gras sur un bouillon sous forme de discrimination larvée et subtile, violence, corruption. Le pic du diable est un roman qui vaut autant pour son atmosphère, pour ses aspects historiques et sociaux que pour son intrigue policière dont l'épilogue n'est pas du tout, mais alors pas du tout, conforme aux codes du genre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          572
sandrine57
  01 avril 2020
Le Cap, Afrique du Sud.
Endeuillé par la perte de son fils adoptif victime de la balle perdue de deux braqueurs minables, Thobela Mpayipheli perd toute confiance en la justice de son pays quand les tueurs s'évadent, aidés par des policiers corrompus. Pour venger son petit Pakamile, l'ancien combattant de la lutte contre l'apartheid reprend les armes ou plutôt une arme, l'assegai, la sagaie traditionnelles des Zoulous et se mue en justicier. Tous ceux qui ont abusé, violé, battu ou tué un enfant sont désormais la cible de celui que les journaux ont surnommés Artémis.
Même si la population se range derrière ce justicier, la police ouvre une enquête pour arrêter ce tueur. L'inspecteur Benny Griessel, un Afrikaner alcoolique, tout juste chassé du domicile familial par une épouse poussée à bout, met ses dernières forces dans cette affaire. Sommé d'arrêter de boire par sa famille et par son chef, Benny tente de dompter ses démons et de débusquer Artémis. Son enquête l'amène à rencontrer la belle Christine.
Christine est afrikaner, blonde, séduisante et prostituée. Plus jeune, elle a fui un père fanatique religieux pour chercher fortune au Cap et s'est tournée vers la prostitution, activité plus lucrative que n'importe quel emploi de serveuse sous-payée. Par elle, Benny entrevoit un moyen de piéger le justicier à l'assegai.
Trois personnages, trois destins, trois tentatives de rédemption.
Dans une Afrique du Sud libérée de l'apartheid mais soumise à d'autres fléaux, Deon Meyer fait évoluer des personnages cabossés qui se sont donné les moyens d'oublier le poids de leur vie. Thobela par le sang de la vengeance, Benny dans l'alcool, Catherine dans le sexe. Des choix pas forcément heureux mais qui les aident à vivre. Pour l'inspecteur, la rédemption passe par le sevrage. Sans alcool, il pourra retrouver ses enfants, reconquérir sa femme, redorer son blason auprès de ses collègues. Christine, quant à elle, tente de se laver de ses péchés en se confiant à un pasteur, lui racontant ses petits arrangements avec la vérité, ses revanches sur les hommes qui l'ont chahutée. Et pour Thobela, la rédemption passe par la vengeance et la justice pour ceux qui ont été trahis par les institutions. Trop faibles pour se défendre, les enfants seront ses protégés, il sera leur bras armé.
Dans un pays où l'apartheid a laissé des traces, où les blancs vivent toujours dans des quartiers sécurisés et les noirs dans des taudis, où la discrimination positive fait grincer les dents, où la corruption gangrène justice et police, le pic du diable est un polar addictif, dur, sombre mais traversé par l'éclat de ses trois héros charismatiques. Une entrée en matière qui donne vraiment envie de continuer à suivre Benny Griessel sur le long chemin vers la sobriété. Un coup de coeur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          456
Crazynath
  29 mars 2020
« le pic du diable » est le premier livre de Déon Meyer que je lis. Ce n'est pourtant pas faute de ne pas connaitre le nom de cet auteur. de plus, je possède plusieurs de ses livres dans sa Pal…Mais quand on est dispersée comme moi, cela repousse quelquefois énormément dans le futur certaines lectures.
J'ai eu un peu de peine à rentrer dans cette histoire, mais passé les 50 premières pages, j'ai été happée par ce livre dont j'ai dévoré les pages avec fébrilité.
Nous sommes en Afrique du Sud et trois personnages vont prendre alternativement le devant de la scène.
On va donc suivre pour commencer Christine qui se confie à un pasteur. Elle lui raconte sa vie et peu à peu, on découvre qu'elle est ce que l'on appelle une travailleuse du sexe.
Le deuxième est fermier, Thobela Mpayipheli, qui va perdre son fils adoptif dans des circonstances terribles : le jeune garçon va perdre sa vie dans une fusillade. Au fur et à mesure, on va découvrir une partie du passé de Thobela, mais aussi son évolution car la vengeance va animer son coeur.
Le troisième personnage, qui petit à petit, va prendre son importance dans l'histoire est inspecteur de police. Benny Griessel, qui pour l'instant ressemble plus à une épave imbibée d'alcool vient de se faire jeter de son domicile par son épouse, lasse de vivre avec un alcoolique. Au vu de son état plus que pitoyable, on de la peine à croire qu'il possède les compétences d'un flic et surtout d'un très bon flic.
Ces trois personnages qui ne semblent avoir rien en commun vont peu à peu se révéler et on découvrir les interactions qui les régissent
La tension présente dans ce livre va crescendo et ceci presque jusqu'à la dernière page.
Je ne peux que saluer le talent de l'auteur qui nous dresse des portraits de personnages tout en finesse et psychologie. Cette incursion en Afrique du Sud a été un réel plaisir.
Un très bon livre qui ne peut me donner qu'une seule envie : continuer à découvrir l'oeuvre de Déon Meyer.


Challenge Mauvais genres 2020
Lecture commune polar Mois de Mars 2020
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          470
mariech
  08 juin 2019
Première lecture de l'auteur dont j'avais déjà entendu parler en bien sur Babelio et autres sites de lecture et une très belle découverte .
J'ai aimé l'intrigue du roman policier et également en apprendre un peu plus sur la société sud africaine .
Il y a plusieurs histoires qui s'entremêlent et puis se recoupent , il y a le justicier qui a l'opinion publique avec lui car il s'en prend aux violeurs d'enfants , dont même les spécialistes disent à mots couverts qu'ils sont irrécupérables, et puis cette horrible légende urbaine que le viol d'un enfant guérit du sida ! , il y a l'histoire du flic blanc Benny qui est alcoolique, là aussi ça donne quelques pages sublimes sur la dépendance alcoolique, et la dernière histoire c'est celle de Christine , la call girl , la pute selon les interlocuteurs .
Vraiment une très belle lecture , les personnages sont très bien décrits avec une fine analyse psychologique, ce livre m'a donné envie de lire un autre livre de l'auteur , me donne envie d'en apprendre plus sur la société sud africaine et dernier point dont je ne peux m'empêcher de partager , j'ai repensé aux livres sublimes de Nadine Gordimer .
Bonne lecture ....
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
Sallyrose
  23 mars 2020

Pendant que Christine raconte comment elle devenue travailleuse du sexe, Thobela entreprend de faire le travail de la justice qui a laissé filer les meurtriers de son fils.
Entre les deux, l'inspecteur Griessel, alcoolique, tente de se sevrer pour garder sa famille et son travail.
Nous sommes en Afrique du Sud, la question raciale est au centre de tout : la langue, la nature des armes utilisées, la discrimination positive, le positionnement social.
L'intrigue est intéressante, elle a un versant humaniste que j'ai vraiment apprécié.
L'auteur bouge les curseurs du bien et du mal, ça change des approches manichéennes notamment dans les thrillers américains.
Commenter  J’apprécie          130

Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   14 juillet 2016
Comment décrire à un enfant le monde perdu et bizarre dans lequel on vivait - comment expliquer l'apartheid, l'oppression, la révolution et les troubles? L'Est et l'Ouest, les murs et les alliances étranges?
Commenter  J’apprécie          224
andrasandras   18 octobre 2016
Elle apprendrait à sa fille que son corps était merveilleux. Qu'elle était belle. Qu'elle avait le droit d'être belle. Qu'elle pouvait être attirante et désirable - ce n'était ni un péché ni un fléau, mais une bénédiction. Quelque chose dont elle pouvait se réjouir et être fière. Elle dirait à Sonia qu'elle pouvait se maquiller et mettre de jolis vêtements et marcher dans la rue et attirer l'attention des hommes et que c'était bien. Naturel. Des hommes qui prendraient d'assaut ses remparts tels des soldats partant au combat en d'interminables files. Mais qu'elle avait une arme lui garantissant que seul celui qu'elle aurait choisi pourrait la conquérir - l'amour d'elle-même.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
CrazynathCrazynath   07 avril 2020
Il se sentait hébété - ses pensées bondissaient en tous sens tels des poissons d'argent, plongeant sans but dans une mer verte, de-ci, de-là, fuyantes, constamment hors d'atteinte.
Commenter  J’apprécie          100
SachenkaSachenka   12 juillet 2016
- Il y a des réalités que ni vous ni moi ne pouvons changer.
Commenter  J’apprécie          220
totototo   25 mars 2014
Il savait maintenant que tout un chacun porte le crime en lui. Qu'il est latent en chacun de nous, tel un serpent lové dans le subconscient et qui attend son heure. Que dans le feu de l'avarice, de la jalousie, de la haine, de la revanche, de la peur, il se redresse et frappe. Si cela ne vous est jamais arrivé, estimez-vous heureux.
Commenter  J’apprécie          31

Videos de Deon Meyer (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Deon Meyer
South African Author Deon Meyer launches book in Windhoek -nbc
autres livres classés : afrique du sudVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quiz sur le livre "13 heures" de Deon Meyer.

Quel objet tient Alexandra dans sa main quand elle se réveille dans la bibliothèque de Brownlow Street ?

un livre
un couteau
un pistolet

10 questions
5 lecteurs ont répondu
Thème : Treize Heures de Deon MeyerCréer un quiz sur ce livre

.. ..