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EAN : 9782070370337
183 pages
Gallimard (09/06/1978)
3.68/5   179 notes
Résumé :
Le narrateur part à la recherche de son père.
Le voici dans un village, en bordure de la forêt de Fontainebleau, du temps de l'occupation, au milieu d'individus troubles. Qui est ce père ? Trafiquant ? Juif traqué ? Pourquoi se trouve-t-il parmi ces gens ? Jusqu'au bout le narrateur poursuivra ce père fantomatique. Avec tendresse.
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Pat0212
  15 janvier 2022
Ce livre date déjà d'un demi siècle, mais les fans de ses derniers romans ne s'y sentiront pas dépaysés du tout… je sais, les mauvaises langues disent qu'il n'a écrit qu'un seul livre, qui se répète chaque année, mais c'est quand même un peu plus compliqué que cela.
La chronologie n'est pas précisée, mais on peut comprendre que le roman commence au début des années 1930, le narrateur, Serge Alexandre, mais il dit lui même qu'il s'agit d'un pseudonyme, vient de passer son bac à Bordeaux. Il a dix-sept ans et son père qu'il ne connaît pas vient le chercher pour l'emmener à Paris. Il se livre à divers trafics de petite envergure dans lesquels il entraîne le garçon, ils vivent chichement, fréquentent des gens peu recommandables et au bout de quelques mois, le père essaie de tuer son fils en le poussant sous le métro, heureusement quelqu'un intervient et empêche le drame. Serge décide alors de continuer sa vie tout seul. Dix ans plus tard, il a pardonné le geste brutal de son père et il a l'impression que ce dernier est en danger, il entreprend de le retrouver et essaie de se rapprocher de lui. le père se fait maintenant passer pour un baron et fréquente un groupe de personnages tout aussi louches, des collaborateurs et des trafiquants du marché noir qui squattent les riches villas des personnes qui ont fui l'Occupation, ou ont été déportées, ce n'est pas clair. Son père ne le reconnaît même pas, mais il fait tout pour s'en rapprocher et le protéger. Il se demande si son père est un collaborateur comme les autres ou un juif traqué qui se cache chez l'ennemi.
On retrouve tous es ingrédients de l'oeuvre de Modiano dans ce roman, en particulier la quête de ce père inconnu qui lui manque tant. Serge, c'est évidemment lui, qui s'est projeté longtemps avant sa naissance (juillet 1945) pour explorer la vie de son héros. D'ailleurs la fin laisse entendre qu'il s'agit d'une sorte de rêve bâti sur une photo de son père prise durant l'Occupation, une époque qu'il est trop jeune pour avoir connu mais qui le hante sans fin. Les lieux, contrairement à ses autres livres restent très flous, les déambulations dans Paris n'y ont pas leur place et l'essentiel de l'action a lieu dans un village anonyme en bordure de la forêt de Fontainebleau. Il parle peu de leur première cohabitation, pour se consacrer à la vie sous l'occupation. Il est conscient que son père ne vaut pas mieux que ses amis mais il lui cherche des circonstances atténuantes, il ne peut se résoudre à ce sombre tableau.
Comme dans tous ses romans, l'écriture est fluide, poétique et sait nous entraîner avec lui dans son univers, dont je ne me lasse pas. Ce texte est plein de tendresse et de sensibilité envers ce père si peu paternel.

Lien : https://patpolar48361071.wor..
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nelly76
  03 mars 2020
Un livre récupéré dans une caisse de livres " voyageurs" et qui au départ était mis" au pilon" c'eut été dommage qu'il fut détruit car j'ai apprécié sa lecture.
Une vieille photo en noir et blanc entre les mains ,représentant trois hommes,et le narrateur imagine et s'invite parmi eux. Toute l 'histoire est une fiction.
Trois hommes: Muraille,Marcheret et le dernier,le plus gros : le père du narrateur.
le voilà parmi ces Trois hommes qu'il va nous décrire tour à tour ,pour essayer de cerner et de comprendre son père.
L'on suppose que cette histoire se déroule au début de la guerre39/45, au vue des trafics faits et de l'enrichissement de nos trois compères .Période très trouble. Les lieux sont imaginaires et très floutés dans la description. L'on navigue entre la réalité et l'onirisme,mais ce qui ressort le plus dans ce roman est la quête éternelle de ce père inconnu et méconnu. Pour le narrateur,c est devenu obsessionnel ,il veut comprendre qui était son père : du Bon coté ou du mauvais côté ?
Un ambiance, une atmosphère glauque ,des profiteurs ,des délateurs des femmes de petite vertu qui vont au bout de leurs fantasmes tout cela sur fond de nazisme non évoqué ,mais ressenti à la lecture .Un style sans équivoque ,direct malgré une intempéralité présente ,il y aurait tant de mots à écrire sur ce roman où le réel côtoie l'irréel, où le lecteur est seul juge,où la quête de reconnaissance n'aboutit pas ,la fin laisse un goût amer dans la bouche.
J'ai aimé son roman ,très étonnée de retrouver un P. Modiano que je ne connaissais pas ayant lu avec difficulté son roman lui ayant valu le prix Nobel de littérature : " Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier".
Celui-ci m'a apporté un nouveau regard sur cet ecrivain et j'ai apprécié. A recommander. ⭐⭐⭐⭐

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zabeth55
  05 juillet 2012
Le narrateur est à en quête de son père.
D'après une photo remise par un barman, il reconstitue une partie de la trouble vie de son père, étrange personnage entouré de lugubres compagnons dans la période incertaine de l'occupation.
Beaucoup de sensibilité et de tendresse, de désarroi aussi, dans un style très agréable.
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jeandubus
  23 février 2015
Les boulevards de ceinture.
Troisième incursion dans l'oeuvre du prix Nobel..
En son temps Bernard Pivot aurait écrit dans une revue (cf. la critique de Renod pour quartier perdu) « il y a, dans l'oeuvre de Modiano, une opposition très forte entre une géographie extraordinairement précise et une temporalité beaucoup plus floue, au calendrier incertain ».
Pour la temporalité, on est d'accord (ce qui permet de lire chaque roman dans un ordre indifférent), mais pour la géographie sûrement pas, puisque de ces boulevards de ceinture, Modiano ou plutôt « le narrateur » fils de. (du baron Deyckecaire / Decker) en fait très vite le tour, effleurant la place d'Italie et le boulevard Masséna, l'air horrifié : « Soult, Masséna Davout, Kellermann, pourquoi a-t-on donné des noms de vainqueurs à ces lieux incertains ? » …. (On est loin de la géographie extraordinairement précise du « zone » de Jean Rolin* qui décortique réellement Paris au scalpel).
On retrouve le même détachement et disons la même décadence confortable de
« quartier perdu » et de "rue des boutiques obscures".
A force, comme dans les "exercices de styles" de Queneau, Modiano retranscrit sous une forme ou une autre l'aventure banale du "gommeux de la gare saint Lazare" deux fois et à dix ans d'intervalle face à son père.
La première au sortir du lycée, la seconde après enquête dans une auberge en bordure de la forêt de Fontainebleau, A Milly ou Barbizon (la géographie n'est pas extraordinairement précise...), là où les aristos ont leur « campagne » et partouzent à qui mieux mieux (cette fois c'est clairement dit).
Le baron habite au prieuré, et ses potes un peu méprisants habitent la villa « Mektoub ». Un monde « interlope » comme annoncé en introduction.
Ça se passe pendant les « évènements ». L'«occupation » précise la quatrième de couverture. Une occupation sans allemands ? Un détail… ou alors une vision qui rejoindrait une fois encore les « évènements » de Jean Rolin quarante ans après !!!
Le narrateur (né en 1945 à Boulogne Billancourt) se fait appeler Serge Alexandre et il est ….écrivain.
Dix ans plus tôt, son père a tenté de le tuer en le poussant sous le métro à la station Georges V. Une bonne blague qui se termine avec un verre à la Brasserie Lorraine :
« Vous savez, je ne vous en veux pas (…) si nous prenions un verre ? Il faut fêter ça !». Très plausible, n'est-ce pas?
Dix ans plus tard, à l'auberge du Clos Foucré son père ne le reconnait pas. Seconde blague pour cet homme louche particulièrement désopilant.
A ce prix-là, la recherche du père devient très risquée. Heureusement notre grand Patrick sérieux et pugnace continuera sa quête dans les épisodes à venir. Il a le temps.
Hier, j'étais dans la minuscule « librairie » du théâtre de l'Odéon (Ivanov/Luc Bondy) et s'étalait sur une table l'oeuvre complète de notre nobélisé découpée comme un puzzle dans la nouvelle édition Folio. Sur les quatre opus que j'ai examinés, deux parlaient de papa maman, et les deux autres restèrent plus mystérieux, avec peut être une histoire d'amour en filigrane...
Il y a sûrement quelque chose qui vaille la peine, qui émerge. C'est à n'y rien comprendre.

* Jean Rolin est né cinq ans après Patrick Modiano à …Boulogne Billancourt.

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Marcellina
  03 novembre 2014
Un des premiers romans de l'auteur qui vient de décrocher le Nobel de littérature 2014 pour l'ensemble de son oeuvre.
Une belle écriture qui décrit finement les personnages et surtout, le milieu trouble dans lequel ils évoluent. On retrouve un peu de Zola dans la fresque particulièrement bien détaillée où les acteurs se déchirent entre-eux avec le sourire, où le monde extérieur semble ne pas avoir de prise et qui pourtant finira par les rattraper tous !
Ce n'est pas un thriller même si le roman n'est en fait qu'une seule enquête ; ce n'est pas un roman historique bien qu'il s'appuie sur des périodes sombre de notre histoire où certains ont clairement profité de la situation ; ce n'est pas non plus juste un roman car quand on arrive au bout, on se demande réellement si c'est bien la fin...
Ce qui m'a le plus marqué dans cette lecture qui termine mon challenge Nobel, c'est l'immense tendresse qui s'en dégage même si les situations et les lieux sont parfaitement glauques.
Un auteur qui mérite donc que l'on se penche dessus et je ne vais pas m'en priver :-)
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Leg12Leg12   26 octobre 2021
Je pense en ce moment à la vanité de mon entreprise. On s’intéresse à un homme, disparu depuis longtemps. On voudrait interroger les personnes qui l’ont connu mais leurs traces se sont effacées avec les siennes. Sur ce qu’a été sa vie, on ne possède que de très vagues indications souvent contradictoires, deux ou trois points de repère. Pièces à conviction ? un timbre-poste et une fausse légion d’honneur. Alors il ne reste plus qu’à imaginer. Je ferme les yeux. Le bar du Clos-Foucré et le salon colonial de la « Villa Mektoub ». Après tant d’années les meubles sont couverts de poussière. Une odeur de moisi me prend à la gorge. Murraille, Marcheret, Sylviane Quimphe se tiennent immobiles comme des mannequins de cire. Et vous, vous êtes affalé sur un pouf, le visage figé et les yeux grands ouverts.
Quelle drôle d’idée, vraiment, de remuer toutes ces choses mortes.
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nelly76nelly76   28 février 2020
Le plus gros des trois ,c'est mon père. Murraille est penché vers lui comme pour lui dire quelque chose à voix basse.Marcheret ,debout à l'arrière -plan,esquisse un sourire ,le torse légèrement bombé , les mains au revers du veston.
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nelly76nelly76   02 mars 2020
Il en a vu des dizaines ,comme ça ,qui se sont accoudés au bar,rêveurs ,et ont ensuite disparu.Impossible de se rappeler tous les visages.Après tout... oui.... si je veux cette photo,il me la donne.Mais je suis si jeune,dit-il ,et je ferai mieux de penser à l'avenir.
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SepoSepo   04 janvier 2015
Elle passa toute son adolescence dans un quadrilatère limité au nord par l'avenue Daumesnil, au sud par les quais de la Rapée et de Bercy. Ce paysage n'a jamais attiré beaucoup de promeneurs. Par endroits, vous vous croyez perdu au fond d'une lointaine province et, si vous longez la Seine, vous avez l'impression de longer un ancien port désaffecté. Le passage du métro aérien sur le pont de Bercy et les bâtiments de la morgue ajoutent à l'irrémédiable mélancolie du lieu. dans ce décor ingrat, il existe pourtant une zone privilégiée qui aimante les rêves: la gare de Lyon.p.74
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rkhettaouirkhettaoui   20 juillet 2013
Il ne se passe pas un jour sans que des rafles se produisent à la sortie des gares, des cinémas et des restaurants. Surtout éviter les lieux publics. Paris ressemble à une grande forêt obscure, semée de pièges. On y marche à
tâtons. Vous conviendrez qu’il faut vraiment avoir des nerfs d’acier. Et la chaleur n’arrange pas les choses.
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Videos de Patrick Modiano (86) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Modiano
Jacques Chancel s'entretient avec Patrick Modiano en décembre 1972 après l’obtention par celui-ci du Grand prix du roman de l'Académie française pour son troisième livre « Les Boulevards de ceinture ». Il évoque « cette graine de « futur grand romancier » et n’hésite pas à projeter Patrick Modiano dans le futur et lui prédire qu’il est « condamné à la grande œuvre ».
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