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EAN : 9782070370337
183 pages
Éditeur : Gallimard (09/06/1978)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 139 notes)
Résumé :
Le narrateur part à la recherche de son père.
Le voici dans un village, en bordure de la forêt de Fontainebleau, du temps de l'occupation, au milieu d'individus troubles. Qui est ce père ? Trafiquant ? Juif traqué ? Pourquoi se trouve-t-il parmi ces gens ? Jusqu'au bout le narrateur poursuivra ce père fantomatique. Avec tendresse.
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
nelly76
  03 mars 2020
Un livre récupéré dans une caisse de livres " voyageurs" et qui au départ était mis" au pilon" c'eut été dommage qu'il fut détruit car j'ai apprécié sa lecture.
Une vieille photo en noir et blanc entre les mains ,représentant trois hommes,et le narrateur imagine et s'invite parmi eux. Toute l 'histoire est une fiction.
Trois hommes: Muraille,Marcheret et le dernier,le plus gros : le père du narrateur.
le voilà parmi ces Trois hommes qu'il va nous décrire tour à tour ,pour essayer de cerner et de comprendre son père.
L'on suppose que cette histoire se déroule au début de la guerre39/45, au vue des trafics faits et de l'enrichissement de nos trois compères .Période très trouble. Les lieux sont imaginaires et très floutés dans la description. L'on navigue entre la réalité et l'onirisme,mais ce qui ressort le plus dans ce roman est la quête éternelle de ce père inconnu et méconnu. Pour le narrateur,c est devenu obsessionnel ,il veut comprendre qui était son père : du Bon coté ou du mauvais côté ?
Un ambiance, une atmosphère glauque ,des profiteurs ,des délateurs des femmes de petite vertu qui vont au bout de leurs fantasmes tout cela sur fond de nazisme non évoqué ,mais ressenti à la lecture .Un style sans équivoque ,direct malgré une intempéralité présente ,il y aurait tant de mots à écrire sur ce roman où le réel côtoie l'irréel, où le lecteur est seul juge,où la quête de reconnaissance n'aboutit pas ,la fin laisse un goût amer dans la bouche.
J'ai aimé son roman ,très étonnée de retrouver un P. Modiano que je ne connaissais pas ayant lu avec difficulté son roman lui ayant valu le prix Nobel de littérature : " Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier".
Celui-ci m'a apporté un nouveau regard sur cet ecrivain et j'ai apprécié. A recommander. ⭐⭐⭐⭐

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jeandubus
  23 février 2015
Les boulevards de ceinture.
Troisième incursion dans l'oeuvre du prix Nobel..
En son temps Bernard Pivot aurait écrit dans une revue (cf. la critique de Renod pour quartier perdu) « il y a, dans l'oeuvre de Modiano, une opposition très forte entre une géographie extraordinairement précise et une temporalité beaucoup plus floue, au calendrier incertain ».
Pour la temporalité, on est d'accord (ce qui permet de lire chaque roman dans un ordre indifférent), mais pour la géographie sûrement pas, puisque de ces boulevards de ceinture, Modiano ou plutôt « le narrateur » fils de. (du baron Deyckecaire / Decker) en fait très vite le tour, effleurant la place d'Italie et le boulevard Masséna, l'air horrifié : « Soult, Masséna Davout, Kellermann, pourquoi a-t-on donné des noms de vainqueurs à ces lieux incertains ? » …. (On est loin de la géographie extraordinairement précise du « zone » de Jean Rolin* qui décortique réellement Paris au scalpel).
On retrouve le même détachement et disons la même décadence confortable de
« quartier perdu » et de "rue des boutiques obscures".
A force, comme dans les "exercices de styles" de Queneau, Modiano retranscrit sous une forme ou une autre l'aventure banale du "gommeux de la gare saint Lazare" deux fois et à dix ans d'intervalle face à son père.
La première au sortir du lycée, la seconde après enquête dans une auberge en bordure de la forêt de Fontainebleau, A Milly ou Barbizon (la géographie n'est pas extraordinairement précise...), là où les aristos ont leur « campagne » et partouzent à qui mieux mieux (cette fois c'est clairement dit).
Le baron habite au prieuré, et ses potes un peu méprisants habitent la villa « Mektoub ». Un monde « interlope » comme annoncé en introduction.
Ça se passe pendant les « évènements ». L'«occupation » précise la quatrième de couverture. Une occupation sans allemands ? Un détail… ou alors une vision qui rejoindrait une fois encore les « évènements » de Jean Rolin quarante ans après !!!
Le narrateur (né en 1945 à Boulogne Billancourt) se fait appeler Serge Alexandre et il est ….écrivain.
Dix ans plus tôt, son père a tenté de le tuer en le poussant sous le métro à la station Georges V. Une bonne blague qui se termine avec un verre à la Brasserie Lorraine :
« Vous savez, je ne vous en veux pas (…) si nous prenions un verre ? Il faut fêter ça !». Très plausible, n'est-ce pas?
Dix ans plus tard, à l'auberge du Clos Foucré son père ne le reconnait pas. Seconde blague pour cet homme louche particulièrement désopilant.
A ce prix-là, la recherche du père devient très risquée. Heureusement notre grand Patrick sérieux et pugnace continuera sa quête dans les épisodes à venir. Il a le temps.
Hier, j'étais dans la minuscule « librairie » du théâtre de l'Odéon (Ivanov/Luc Bondy) et s'étalait sur une table l'oeuvre complète de notre nobélisé découpée comme un puzzle dans la nouvelle édition Folio. Sur les quatre opus que j'ai examinés, deux parlaient de papa maman, et les deux autres restèrent plus mystérieux, avec peut être une histoire d'amour en filigrane...
Il y a sûrement quelque chose qui vaille la peine, qui émerge. C'est à n'y rien comprendre.

* Jean Rolin est né cinq ans après Patrick Modiano à …Boulogne Billancourt.

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zabeth55
  05 juillet 2012
Le narrateur est à en quête de son père.
D'après une photo remise par un barman, il reconstitue une partie de la trouble vie de son père, étrange personnage entouré de lugubres compagnons dans la période incertaine de l'occupation.
Beaucoup de sensibilité et de tendresse, de désarroi aussi, dans un style très agréable.
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Marcellina
  03 novembre 2014
Un des premiers romans de l'auteur qui vient de décrocher le Nobel de littérature 2014 pour l'ensemble de son oeuvre.
Une belle écriture qui décrit finement les personnages et surtout, le milieu trouble dans lequel ils évoluent. On retrouve un peu de Zola dans la fresque particulièrement bien détaillée où les acteurs se déchirent entre-eux avec le sourire, où le monde extérieur semble ne pas avoir de prise et qui pourtant finira par les rattraper tous !
Ce n'est pas un thriller même si le roman n'est en fait qu'une seule enquête ; ce n'est pas un roman historique bien qu'il s'appuie sur des périodes sombre de notre histoire où certains ont clairement profité de la situation ; ce n'est pas non plus juste un roman car quand on arrive au bout, on se demande réellement si c'est bien la fin...
Ce qui m'a le plus marqué dans cette lecture qui termine mon challenge Nobel, c'est l'immense tendresse qui s'en dégage même si les situations et les lieux sont parfaitement glauques.
Un auteur qui mérite donc que l'on se penche dessus et je ne vais pas m'en priver :-)
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MarcoKerma
  15 décembre 2017
Ma lecture suit la chronologie de parution des 2ème et 3ème livres de Modiano. J'ai donc lu celui-ci juste après la ronde de nuit. D'où l'impression, au début, qu'il en est un peu la suite : on est un plus tard dans l'Occupation, une fois que ceux qui agissent en faux policiers et vrais trafiquants se sont enrichis au point de pouvoir s'acheter une villa ou un restaurant bar près de la forêt de Fontainebleau.. Néanmoins le statut du narrateur est différent que dans la ronde de nuit car, si l'on considère la vie de Patrick Modiano (mais étaient-ils aussi accessibles à tout un chacun en 1972 ? J'en doute), il est évident que ce je présent dans le livre est Patrick Modiano qui rêve, imagine.. qu'il rencontre son père avant qu'il ne naisse lui-même (1945) et ce schéma narratif est habile et astucieusement utilisé. Les passages où Modiano dit explicitement ce qu'il fait avec ce livre sont au moins au nombre de 15 en divers lieux du livre. Et c'est absolument touchant. Exemples (p.48, Folio 1978) : " Personnages morts. Mais j'étais là, avec mes fantômes, et je me souviens, si je ferme les yeux (..)".
64/65 :" Je sais bien que le curriculum vitae de ces ombres ne présente pas un grand intérêt, mais si je ne les dressais pas aujourd'hui, personne d'autre ne s'y emploierait. C'est mon devoir, à moi qui les ai connus, de les sortir - ne fût-ce qu'un instant - de la nuit. C'est mon devoir et c'est aussi, pour moi, un véritable besoin."
Or, justement, Patrick Modiano ne les as pas connus - du moins à cette époque de l'Occupation - puisqu'il n'était pas né, mais il a entendu des choses quand il était petit puis, peut-être plus tard, et il s'est renseigné, probablement. Il crée donc un nouveau puzzle, ici d'une période de la vie de son père, à partir de morceaux, de fragments qu'il crée en partie lui-même, à partir de bribes d'informations dont il ignore la véracité. C'est ce "véritable besoin" qui est fort et que je trouve touchant.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
nelly76nelly76   28 février 2020
Le plus gros des trois ,c'est mon père. Murraille est penché vers lui comme pour lui dire quelque chose à voix basse.Marcheret ,debout à l'arrière -plan,esquisse un sourire ,le torse légèrement bombé , les mains au revers du veston.
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SepoSepo   04 janvier 2015
Elle passa toute son adolescence dans un quadrilatère limité au nord par l'avenue Daumesnil, au sud par les quais de la Rapée et de Bercy. Ce paysage n'a jamais attiré beaucoup de promeneurs. Par endroits, vous vous croyez perdu au fond d'une lointaine province et, si vous longez la Seine, vous avez l'impression de longer un ancien port désaffecté. Le passage du métro aérien sur le pont de Bercy et les bâtiments de la morgue ajoutent à l'irrémédiable mélancolie du lieu. dans ce décor ingrat, il existe pourtant une zone privilégiée qui aimante les rêves: la gare de Lyon.p.74
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rkhettaouirkhettaoui   20 juillet 2013
Il ne se passe pas un jour sans que des rafles se produisent à la sortie des gares, des cinémas et des restaurants. Surtout éviter les lieux publics. Paris ressemble à une grande forêt obscure, semée de pièges. On y marche à
tâtons. Vous conviendrez qu’il faut vraiment avoir des nerfs d’acier. Et la chaleur n’arrange pas les choses.
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nelly76nelly76   02 mars 2020
Il en a vu des dizaines ,comme ça ,qui se sont accoudés au bar,rêveurs ,et ont ensuite disparu.Impossible de se rappeler tous les visages.Après tout... oui.... si je veux cette photo,il me la donne.Mais je suis si jeune,dit-il ,et je ferai mieux de penser à l'avenir.
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nelly76nelly76   02 mars 2020
Et puis je me souviens que nous avons acheté une limousine d'occasion .Nous faisions ,à bord de cette vieille talbot ,des promenades nocturnes dans Paris.Avant de partir ,il y avait toujours la cérémonie du tirage au sort. Une vingtaine de petits papiers ,dispersés sur la table bancale du salon.Nous en choisissions un ,au hasard,où était inscrit notre itinéraire. Batignolles-Grenelle.Auteuil-Picpus.Passy-la Villette.Ou bien nous appareillions vers l'un de ces quartiers aux noms secrets: Les Epinettes, la Maison-blanche, Bel-Air, l'Amérique, la Glacière, Plaisance,la Petite-Pologne......( page 98).
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Videos de Patrick Modiano (74) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Modiano
15 décembre 2009 :
Mot de l'éditeur : « Il y avait sûrement en 1942 des après-midi où la guerre et lOccupation semblaient lointaines et irréelles dans ces rues. Sauf pour une jeune fille du nom dHélène Berr, qui savait quelle était au plus profond du malheur et de la barbarie ; mais impossible de le dire aux passants aimables et indifférents. Alors, elle écrivait un journal. Avait-elle le pressentiment que très loin dans lavenir, on le lirait ? Ou craignait-elle que sa voix soit étouffée comme celles de millions de personnes massacrées sans laisser de traces ? Au seuil de ce livre, il faut se taire maintenant, écouter la voix dHélène et marcher à ses côtés. Une voix et une présence qui nous accompagneront toute notre vie.» Patrick Modiano
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