AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070361934
Éditeur : Gallimard (07/09/1972)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 77 notes)
Résumé :
- L'amour est gâché non seulement par le mariage, mais par la seule possibilité du mariage. Le spectre du mariage, agitant ses chaînes - les chaînes du mariage, il va sans dire !

- empoisonne tout amour avec une jeune fille. A l'instant où je me dis que je pourrais... non, je ne veux même pas prononcer ces mots... mon amour pour vous s'affaiblit, comme sous l'effet maléfique d'un charme. Si je chasse cette idée funeste, aussitôt il se redresse et pèt... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Nadou38
  20 juin 2018
Poursuite de ma lecture de la série des «Jeunes Filles». Dans «Le démon du bien», Montherlant concentre son récit sur la question du mariage à travers ses personnages Costals et Solange.
Ce 3ème opus est divisé en deux parties.
Dans la première partie, la question du mariage émerge entre nos deux protagonistes. On découvre la volonté pour Solange de se marier, souhait de jeune fille prévisible, mais il faut avouer que sa personnalité jusqu'ici présentée ne rendait pas cette volonté si évidente.
On a en face un Costals plus qu'hésitant ce qui ne surprend pas, ce dernier ayant toujours clamé son horreur pour le mariage. Mais, par affection pour Solange, il se sent prêt à l'envisager, sous certaines conditions... mais quelles conditions ?! S'engagent alors discussions et négociations entre Costals et la mère de Solange sur les termes d'un éventuel mariage.
«Il fallait cette rupture brutale pour me sortir de l'enfer de mes incertitudes et de mes variations quotidiennes.»
Il a fui... Dans la seconde partie du roman, on retrouve Costals, seul, à Gênes en pleine écriture de son oeuvre. Mais la visite de Solange le replonge dans ses indécisions, apportant des instants de tendresse, mais aussi d'autres chargés de cruauté et de rejet...
Dans ce volume, les questions sur le mariage sont clairement exposées. Pourquoi se marier ? le mariage est-il d'ailleurs envisageable pour tous ? Est-ce plus important que l'amour entre les deux personnes ? Qu'est-ce qu'aimer ? Quelles concessions est-on près à accepter dans un mariage ? Peut-on épouser une personne par charité ?...
«Je connaîtrai, à votre choix, si vous aviez seulement du goût pour un état - le mariage - ou si vous aviez de l'amour pour un individu.»
On pourrait penser au premier abord qu'il s'agit d'un roman où l'auteur dénonce le mariage, mais son personnage extrême, qu'est Costals, n'est pas le meilleur ambassadeur pour convaincre le lecteur.
En revanche, je nuancerais en disant qu'ici, c'est plutôt l'imposition de cet état du mariage - présentée comme une évidence, comme la régularisation d'une situation, à priori indispensable afin de gagner en respectabilité, en réputation et en moralité - qui est dénoncée. Ici, Costals doit épouser Solange s'il veut poursuivre sa relation avec elle... Bien agir pour l'autre, en sachant que ce ne sera pas forcément bon pour soi, le dilemme, le démon du bien...
Je ne sais pas si je suis dans le vrai, c'est en tout cas comme cela que j'ai ressenti cette lecture. Reste le dernier volume à lire, «Les lépreuses», un titre qui m'interpelle et m'interroge...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          182
colimasson
  06 avril 2016
Quelque peu décevant. Notre ancien tueur d'amour hésite. Mariè-je, mariè-je pas ? Certes, les raisons invoquées pour céder au conformisme du mariage sont honorables, mais suffisent-elles à maintenir l'excitation naturelle que nous ressentons face à la pulsion de destruction ? Je n'en suis pas sûre.

- Si je me marie, ma vie sera un tel enfer que je n'aurais plus besoin de faire d'effort pour trouver la matière qui nourrira mes futurs écrits.
- Si je me marie, j'aurais accès à une dimension de l'amour qui a été peu analysée par les petits joueurs, ceux qui s'en tiennent aux préliminaires pré-matrimoniaux.
- Si je me marie, je désillusionnerais définitivement mon épouse. Je n'aurais pas le plaisir d'être heureux, mais j'aurais au moins le plaisir d'avoir rendu quelqu'un malheureux.

Parmi les passages hallucinants de ce livre, celui où Costals nous parle de sa « chattoune » au pur sens zoologique du terme, sans aucune allusion de con. On commence par aimer un chat, on finit par redevenir humain. Ce n'est pas ce à quoi nous avait habitué Henry. On le lit pour sentir le fond des poubelles, on en ressort un bouquet de roses bien-odorant. Dans d'autres circonstances, ça pourrait être agréable mais là, y a arnaque sur le produit.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
mfrance
  05 janvier 2016
Bien sûr, Montherlant a raison.
Le mariage, cette institution bourgeoise est un tue-l'amour ! C'était vrai au début du XXème siècle (c'était vrai depuis le début d'ailleurs) et c'est évidemment pareil aujourd'hui ! Et les nouvelles moeurs n'y changent rien. En vérité, le mariage n'a plus lieu d'être et il serait temps de trouver de nouveaux arrangements sociétaux pour protéger les enfants, fruits d'unions souvent éphémères, dans la mesure où la plupart du temps, les deux membres d'un couple s'ennuient à mourir l'un auprès de l'autre !
Et bien sûr, Montherlant est un écrivain,
un vrai, qui sait manier le français avec maestria et non seulement la langue, mais aussi les concepts. Rien à voir donc avec un pisseur d'encre, dont les ouvrages envahissent, à vous en coller la nausée, les têtes de gondole des hyper d'aujourd'hui ! Car pour les librairies, il faut les chercher !
Bon, là n'est pas le sujet.
Et, il est vrai que certaines jeunes filles d'aujourd'hui, aussi idiotes que celles de l'époque De Montherlant, en cela bien aidées par les media et la publicité en sont encore à rêver de leur jour de gloire, de leur longue robe blanche froufroutante, du voile qui l'accompagne et de tout ce cérémonial ridicule qui fait le bonheur et l'opulence de toutes les officines dédiées à la réussite d'un beau mariage.
Mais heureusement, la plupart des jeunes filles d'aujourd'hui, ne sont pas que cela !
La grosse différence, c'est que depuis le début du siècle dernier, elles ont, heureusement pour elles, eu, enfin, accès à l'éducation.
Le problème avec Montherlant, c'est qu'il est, avant tout, un répugnant macho, un type immonde pour qui une femme n'est visiblement rien d'autre qu'un vagin.
Lire les jeunes filles et les suites que Montherlant leur a données, c'est se plonger dans l'abjection. Pour Montherlant, un corps de femme c'est quelque chose de sale, plein de sucs juste destinés à empoisonner l'homme.
Pour Montherlant, une femme c'est forcément un esprit faible, un être absolument incapable d'une pensée intelligente ! Toutes les femmes qu'il dépeint ne sont que de pauvres êtres ridicules, toutes férocement caricaturées !
Montherlant, esprit créateur et bien entendu supérieur, ne saurait se compromettre avec ces êtres inférieurs.
Montherlant ne fait rien d'autre, à travers les 4 volumes des Jeunes filles que véhiculer des pensées malsaines, dans un style fleuri qui finit par vous flanquer la nausée !
Je dois être honnête: je me suis arrêtée au troisième des quatre volumes, tellement cette lecture m'est devenue répugnante.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          81
lecteur84
  06 août 2015
une écriture soignée, de la bonne littérature s'il en est avec une réflexion poussée sur le mariage, le personnage de Costals est totalement imbu de sa personne et la pauvre Solange, ressemble bien à une pauvre fille aujourd'hui! Qu'elle jeune femme aujourd'hui se laisserait traiter de la sorte, par cet amant qui ressemble plus à un goujat qu'à autre chose! mais il faut replacer l'histoire entre les deux guerres, et là tout prend forme! Ce livre en devient presque un témoignage historique...
Commenter  J’apprécie          121
Lybertaire
  26 septembre 2012
Costals, qui se plaisait en compagnie de Solange, est maintenant confronté à l' « hippogriffe nuptial » : le mariage que lui réclament la donzelle et ses parents ! Dans la comédie de l'homme amoureux, il ne peut plus nier combien il tient à son indépendance au-dessus de toute chose. D'abord, il y a l'écriture, incompatible avec le couple, lequel brise son énergie créatrice. Et puis les plaisirs de la chair, avec toutes les femmes, dont il ne se prive pas même en étant engagé envers Solange. Costals contrôle tout : sa vie, son oeuvre, ses femmes. Pour la première fois, il se voit envahi par le devoir conjugal : en 1927, on doit épouser la femme qu'on dépucèle. Bref, il a peur du mariage.
Tantôt à Paris, tantôt à Gênes, puis au Maroc, Costals tergiverse, soufflant le oui et le non, le chaud et le froid. Cette grue, s'il l'épouse, c'est plutôt par charité, par goût de bien faire les choses plutôt que pour lui-même. Dans son indécision, il avance d'un pas, fait une promesse, recule de deux pas, prononce des mots assassins. À force de manipulations, il s'interroge plus profondément : va-t-il vraiment l'épouser ? Ce serait une bonne expérience pour son oeuvre, d'incarner l'homme marié. Solange, c'est une bonne fille après tout, docile, discrète, accommodante…
L'intégralité de la critique avec citations sur mon blog :
http://www.bibliolingus.fr/le-demon-du-bien-3-4-henry-de-montherlant-a80136602
Lien : http://www.bibliolingus.fr/l..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          21
Citations et extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   30 avril 2018
Le troisième être était surtout le lapin en peluche, posé sur l’oreiller contre la tête de Solange ; fort pelé et poussiéreux, […] avec une de ses oreilles lui retombant sur le museau, et un de ses yeux remplacé par un bouton de bottine. Souvent Costals le baisait au lieu de Solange, à moins qu’ils n’unissent leurs trois bouches : Costals, qui connaissait son génie, savait bien pourquoi il l’avait priée de s’adjoindre de ce lapin. (D’autres fois, il lui arrivait de faire porter à ses amis, durant les caresses, des têtes de carnaval représentant des têtes d’animaux. Combien alors il les dépassait ! bondissait hors des limites étroites de ce sexe !) Il le mêla si fort à leurs jeux qu’un moment vint où le lapin envahit complètement son imagination, en chassant Solange. Sa volupté prit alors un caractère religieux […].
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Nadou38Nadou38   17 juin 2018
La confiance par l'ignorance, voilà qui est essentiellement féminin. Elles élaguent dans un homme, dans un auteur, tout ce qui leur déplaît, tout ce qui n'est pas conforme à leur "Rêve". L'athée, pour elles, est censé "chercher", le dur est censé être un tendre, l'euphorique est censé être un inquiet, la crapule est censée être un honnête homme. Elles n'aiment pas des êtres réels, mais des fantômes ou des archétypes, et elles le savent. Et on s'étonne qu'elles soient maladroites ! Et elles s'étonnent d'être, à la fin, "déçues" !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
colimassoncolimasson   25 avril 2016
Épouser un individu, passe encore. Mais il faut épouser un troupeau d’inconnus, l’obscène tribu des pères et mères, frères et sœurs, oncles et tantes et cousins, qui ont des droits sur vous eux aussi, ne serait-ce, en mettant les choses au mieux, que celui de vous faire perdre votre temps.
Commenter  J’apprécie          151
LybertaireLybertaire   26 septembre 2012
Et à peine fut-il arrivé, sans ouvrir ses valises ni rien, il prit sur les tables les brouillons, les dossiers, les carnets de notes, et il étala tout par terre à travers la pièce. Et il dit : “Maintenant, je vais en jeter un sacré coup !”

Et la pièce du travail était la plus petite des pièces, pour que l’exiguïté concentrât la pensée, la renvoyât vers vous, pour qu’on s’y sentît bien coincé. Et elle était dans un désordre digne des dieux.

Et il tomba la veste, le gilet, la chemise, qu’il jeta eux aussi par terre, resta en gilet cellular. Et il tomba les souliers, resta en chaussettes. Et il se dépeigna, des cinq doigts. Et ainsi, ni lavé ni rasé, il s’assit à sa table. Et il se gonfla d’air, à bloc, comme le grand loup noir des Trois petits cochons. Et il avait peut-être l’air de ceci et de cela, mais sûrement il avait l’air d’une brute ; et il en était une. Et il poussa son cri de guerre, son “Montjoie et Saint Denis !” : il dit à voix forte : “Je les enc… tous !...” (La création romanesque n’est-elle pas un viol de la nature ?) Et il se pencha sur la feuille blanche. Et il rentra dans son œuvre, avec toute sa faim. Et il rentra dans sa probité.

Et la première phrase apparut, sûre de son élan, de sa courbe et de son but, heureuse de sa longueur promise, avec les anneaux coruscants de ses qui et de ses que, avec ses parenthèses, ses fautes de grammaire (voulues), ses virgules et ses points et virgule (il la scandait tout haut : “virgule… point et virgule…” : c’était la respiration du texte ; si le texte n’avait pas bien respiré, il eût crevé, comme un vivant) ; apparut, enroula, déroula ses méandres, ses rugosités, ses mollesses et ses diaprures, avec une lenteur sacrée ; et, lorsqu’elle eut bien promené les qui et les que, et les parenthèses, et les fautes de grammaire, et les virgules et les points et virgule, elle se souleva pour l’image finale, comme un roi-serpent, lourd de loisir, quand il s’est fait à loisir couler dans tous les sens, quoique toujours selon une pensée unique, lève au-dessus des pierres et darde sa tête brillante.

Il écrivit neuf jours de suite, à raison de douze heures de travail par jour. Il trempait sa plume en lui-même, et il écrivait avec du sang, de la boue, du sperme et du feu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
colimassoncolimasson   14 juin 2018
Je ne vous aime pas. Je veux dire que je ne vous aime pas à fond. Et il y a un abîme entre aimer à fond, et aimer autrement qu’à fond. Aimer autrement qu’à fond, c’est ne pas aimer. Ma vie est ailleurs. Ma vie est là où vous n’êtes pas. Vous avez été un malentendu…
Commenter  J’apprécie          152
Videos de Henry de Montherlant (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henry de Montherlant
La Ville dont le prince est un enfant
autres livres classés : mariageVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

La série des Jeunes Filles de Montherlant

Comment s'appelle le personnage principal, dont on a trop souvent dit qu'il était l'incarnation romanesque de Montherlant ?

Henri Costal
Pierre Costals
Jean Costals

10 questions
21 lecteurs ont répondu
Thème : Les Jeunes filles, tome 1: Les jeunes filles de Henry de MontherlantCréer un quiz sur ce livre