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Valérie Rosier (Traducteur)Brian Gallagher (Illustrateur)
EAN : 9782709634588
264 pages
J.-C. Lattès (06/01/2010)
3.31/5   102 notes
Résumé :
La Grande Guerre a fauché toute une génération, tué net tant de futurs. Dans le cas de Freddie Watson, jeune Anglais du Sussex, elle lui a pris son frère bien-aimé et ce faisant, lui a volé la paix de l’esprit. Hanté par cette disparition, craignant pour sa santé mentale, il erre sans savoir comment échapper à cette douleur qui le paralyse.
Durant l’hiver 1928, Freddie voyage dans le Sud de la France, une autre région qui a vu couler trop de sang au cours des... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
3,31

sur 102 notes

Hiver 1928, Freddie Watson tente d'oublier son passé douloureux : la mort de son frère lors de la Première Guerre mondiale annoncée comme "porté disparu" et jamais retrouvé depuis lors ; ses parents décédés il y a peu, mais obnubilés par la perte de leur premier enfant et ayant oublié d'aimer leur autre enfant. Pour cela Freddie, se balade au gré de ses envies dans la Sud de la France.Lors d'une de ces promenades, Freddie est pris dans une tempête de neige et son Austin jaune menace de tombé dans le ravin. Il arrive à s'extirper de l'habitacle et décide de chercher un refuge. Ses pas le conduisent à Néans, un village isolé et triste. Il trouve refuge dans une auberge où la propriétaire lui propose d'assister à une soirée. Une soirée des plus étranges ...

Quel superbe roman ou plus précisément conte. Ce petit livre est touchant par son intrigue et ses personnages. Une histoire de deuil de deux êtres à deux époques différentes. Les guerres ont beau évolué technologiquement, elles font des morts et laissent les vivants avec une douleur atroce.

Kate Moss arrive à distiller l'émotion requise sans tomber dans le pathos... même si au début, il faut reconnaître que le personnage de Freddie semble nombriliste au possible. Rapidement cependant, Kate nous dévoile au fil des pages les raisons de ce renfermement sur sa personne.

Le roman possède une simplicité trompeuse. En effet, le lecteur se laisse porter par ce récit quelque peu mystérieux pour sombrer dans les horreurs des guerres, notamment les guerres de religion au XIVe siècle.

Je ne connaissais pas cette auteur et je suis plutôt enchantée par cette belle découverte. Kate Mosse possède une plume douce et poétique avec un style captivant le lecteur.

À lire sans hésitation.😍

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Freddie Watson était adolescent pendant la première guerre mondiale et il ne s'est jamais remis du décès de son frère aîné, George, soldat pendant la première guerre. Un frère, fils adoré de ses parents, qu'il admirait et qui l'a éclipsé à leurs yeux. Attiré par la religion, l'architecture, de santé fragile, il décide de voyager à la fin des années vingt en France, en Ariège, sur les conseils de son médecin. A la suite d'un accident de voiture, il est recueilli et soigné par un couple puis se trouve invité à une fête médiévale où les participants semblent vivre au XIIIème siècle; il y fait la connaissance de Fabrissa, qui lui raconte la terrible histoire de la disparition de sa famille, un deuil qui fait écho à l'histoire de Freddie.

Un récit qui nous plonge dans les questionnements d'un jeune homme, hanté par le souvenir de son grand frère, et qui décide de voyager pour reprendre contact avec la vie mais va se trouver plongé dans une expérience étrange, dans un pays propre aux histoires tragiques et aux présences surnaturelles dans le pays cathare. Entre délire, rêve et réalité, Freddie partage sa douleur avec une jeune femme mystérieuse, qui lui relate le massacre de sa famille, poursuivie par l'Inquisition, une histoire vieille de plusieurs siècles...

Fantômes d'hiver est un roman sur le deuil impossible à faire, sur le refus de la réalité mais également sur la mémoire des pierres et des paysages tourmentés, témoins muets du massacre des Cathares, réfugiés dans des grottes et dont les esprits hantent les lieux, perceptibles uniquement peut-être, par des êtres en quête de deuil.

Un roman original, qui m'a emportée dans un univers étrange et envoûtant.

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Ca existe, les fantômes ? Les âmes en peine qui errent, en quête d'un accès au passage vers l'au-delà ? Kate Mosse, en tout cas, exploite cette idée répandue depuis la nuit des temps, dans ce roman à l'ambiance fantastique.

Si les morts sont des âmes en peine, les vivants sont aussi fort éprouvés dans ce roman : Freddie ne peut se remettre de la mort de son frère aîné en septembre 1916, et traine sa dépression jusqu'à se retrouver dans le sud de la France, en décembre 1928, dans l'Ariège, région marquée par le massacre des Cathares des siècles auparavant. Là, les paysages splendides et enneigés des contreforts des Pyrénées l'attirent et il sera fortement impressionné par une voix mystérieuse qui résonne à son oreille : « Les autres ont disparu, happés par les ténèbres » …

Ce roman n'est pas un thriller, oh non. Il n'est pas non plus dans le style habituel des romans de Kate Mosse rythmés par des actions et des dialogues haletants. Je dirais que c'est une histoire plus contemplative, où de la rencontre de deux douleurs, de l'écoute et de l'empathie, surgira un rayonnement. Passé et présent s'entremêlent et plongent le lecteur dans un état second, mais pour ma part, l'enchantement, au sens premier du terme, n'a pris qu'à partir de la moitié du roman.

N'empêche, si vous êtes attirés par les ambiances en demi-teinte, par l'expression de la douleur profonde, par les paysages somptueux et mystérieux du sud de la France, par l'histoire des Cathares, laissez-vous happer par ces fantômes d'hiver.

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Fantômes d'hiver est un court roman fort sympathique à lire durant la période hivernale et surtout, à l'approche des fêtes. Les illustrations, ainsi que la longueur assez réduite du récit, nous donnent l'impression de lire un conte de Noël.

En revanche, ce n'est pas un ouvrage très représentatif de la catégorie thriller. Il est peut-être catégorisé ainsi, mais je trouve qu'il n'en n'a ni le côté haletant, ni le suspense insoutenable.

De l'action il y en a d'ailleurs assez peu, et l'intrigue à proprement parler met d'ailleurs du temps à se mettre en place. Au départ, j'ai cru que je n'arriverais jamais à rentrer dans le roman, peut-être à cause du style de Kate Mosse, pourtant assez agréable et simple, ou parce que tout simplement, je n'étais pas vraiment touchée par le sort de Freddie et son triste passé. J'avais tendance à trouver qu'il s'apitoyait un peu trop sur son sort, le pathos étant assez exagéré au début de l'histoire. Bien heureusement, son arrivée à Néans va changer la donne puisqu'il va alors vivre des expériences inédites qui vont un peu lui faire oublier son chagrin et le sortir de sa torpeur. Plus j'avançais dans le texte, plus mon impression s'améliorait. Il vaut mieux un départ hésitant, maladroit, mais une fin réussie plutôt que l'inverse.

Si le lecteur devine d'emblée de quoi il est question puisque le titre et le résumé sont de précieux indices, Freddie en revanche, va être perdu plus d'une fois. A plusieurs reprise, il ne parvient pas à distinguer la réalité de ses visions. Cette relation, furtive, éphémère, avec le fantôme de Fabrissa n'a beau durer qu'une soirée, elle reste jolie et émouvante. Freddie est une figure principale assez attachante, il est naïf, paumé, mais son rôle est primordial. Il porte le douloureux souvenir de son frère tombé à la guerre mais il va aussi, par le biais de Fabrissa, être celui qui libèrera Néans de sa tristesse. Une belle morale se profile entre les pages. On y apprend à ne jamais renoncer à la vie, malgré toutes les épreuves qu'elle nous inflige, mais aussi et surtout, à ne pas toujours regarder vers le passé.

C'est le premier roman de Kate Mosse que je lis mais en voyant à quel point elle semble attacher à l'histoire cathare et au sud de la France j'ai vraiment envie de découvrir ses autres écrits. Notamment Labyrinthe, adapté en téléfilm, qui revient également sur l'époque cathare.

Les quelques vers en occitan glissés au début de ce livre m'ont fait sourire et m'ont, je crois, fait apprécier encore plus cette histoire. Un récit empli d'émotion et de nostalgie, qui revient sur les horreurs et les vies brisées causées par les guerres. Car, que ce soit au Moyen-Âge pour une jeune méridionale ou en plein XXème siècle pour un jeune anglais, les ravages sont les mêmes, et les coeurs, lourds de chagrin, inconsolables. Un thriller peut-être bien, mais avant tout un roman historique, mélancolique à souhait, qui nous entraine sur les traces de deux êtres aux destins si différents et pourtant intimement liés.

Une découverte qui vaut le détour.

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Un coup de coeur pour ce petit livre de 264 pages !

Quand je suis attirée par un livre, cela commence par 'aspect général. Ici, j'ai aimé le petit format choisit par les éditions JC Lattès : entre le gros livre et le livre de poche. Et puis la couverture : douce, brillante, bleu nuit. Rien que là, j'ai réellement aimé le livre ! Un bon travail de la maison d'édition !

Quant au contenu, j'ai apprécié le travail d'illustration de Brian Gallagher. Des dessins correspondants parfaitement à l'ambiance : légers, avec des traits visibles.

Le roman nous conte l'histoire de Freddie, qui ne se remet pas de la mort de son frère aîné à la guerre. Il est envahi par la culpabilité, par la colère et n'accepte pas de ne pas connaître les circonstances exactes de la mort de George. Depuis dix ans, le deuil ne se fait pas, malgré lui. Puis, lors d'un voyage en France, il rencontre Fabrissa qui elle aussi a perdu des propres à cause de la guerre. Mais qui est réellement Fabrissa ? Comment, au final, va-t-elle réussir à guérir Freddie ?

J'ai été chamboulée par ce livre. Beaucoup de choses à en dire. Une réflexion sur les méfaits des guerres, sur ce qui reste, qu'ils soient combattants ou non. Leur caractère absurde est ce qui détruit les esprits : pourquoi sont-ils morts, pour qui, qu'elle cause mérite qu'on tue des milliers de gens ? Et puis, la volonté finale : plus jamais ça. Sauf que... sauf que ça recommence, toujours. Notamment à la fin du livre où on se dit "Si seulement Freddie savait que dix ans plus tard une autre grande guerre tuerait encore et encore !

Il y a aussi une morale dans ce livre qui nous encourage à ne pas oublier les morts, mais à tirer de leur mort un enseignement qui nous permette d'avancer.

Sur l'auteur, j'ai aimé son écriture, l'émotion qu'elle nous transmet par sa simplicité ; mais aussi sa connaissance de l'histoire et ses recherches importantes pour ce livre (on l'apprend à la fin de l'ouvrage dans la "Note de l'auteur").

Un grand bravo pour cette lecture que je n'oublierais pas de si tôt.

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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation

Les morts laissent une ombre derrière eux, l’espace où ils vécurent résonne encore de leur écho. Ils nous hantent, sans jamais s’effacer ni vieillir comme nous le faisons. Ce n’est pas seulement leur futur que nous pleurons, c’est aussi le nôtre.

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Toulouse passait pour l'une des plus belles villes du sud de la France. Et Freddie était sensible à cette beauté, à l'élégance de ses édifices du XIXe siècle, au passé médiéval qui dormait sous ses pavés et colonnades, aux clochers et aux cloîtres de Saint-Étienne, au large fleuve qui divisait la cité en deux. La ville rose... C'était à ses façades de brique rose dont la couleur chantait sous le soleil d'avril que Toulouse devait son surnom

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- Et donc, ils ne se sont pas rendu compte de votre souffrance ?

- Je ne suis pas sûr que cela aurait changé grand chose. C'était George qu'ils aimaient, comprenez-vous ? Ils n'étaient pas délibérement cruels, mais le chagrin d'avoir perdu leur fils aîné les accaparaît tout entiers et les épuisait. Il ne leur est pas venu à l'esprit qu'il puisse me manquer à moi aussi. Et puis, confusément, j'estimais que leur peine était plus légitime que la mienne. Alors je n'en parlais pas.

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Si je vous raconte cette soirée-là en détail, Saurat, ce n'est pas que Tarascon ait une quelconque importance à mes yeux. Cela aurait pu être n'importe quelle ville de ce coin du sud de la France. Mais il me faut reconstituer par le menu cette nuit banale en elle-même afin que vous compreniez bien que rien ne présageait ce qui allait advenir. Comme d'habitude à cette époque, je me noyais complaisamment dans les souvenirs et l'auto-apitoiement.

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Les morts laissent une ombre derrière eux, l'espace où ils vécurent résonne encore de leur écho. Ils nous hantent, sans jamais s'effacer ni vieillir comme nous le faisons. Ce n'est pas seulement leur futur que nous pleurons, c'est aussi le nôtre.

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