AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782843047114
185 pages
Éditeur : Zulma (28/08/2014)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Savitri la bien nommée - épouse modèle dans la mythologie indienne - veille patiemment sur son foyer. Elle a pourtant l'audace, quand elle est trop lasse des accès d'humeur de son mari, de se réfugier dans le silence de sa "chambre obscure" une pièce en retrait de la maison. Jusqu'au jour où il cède aux charmes d'une de ses employées. Savitri comprend alors qu'elle n'a rien à elle, pas même cette chambre à soi...
Ce qui emporte et émeut tant chez Narayan tie... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
trust_me
  25 septembre 2014
Savitri est une épouse modèle qui élève ses trois enfants et est au service de son mari, Ramani. Un mari dont le job d'assureur offre un confortable niveau de vie à la famille mais qui est aussi un caractériel lunatique difficile à supporter au quotidien. Après quinze années de vie conjugale, elle regrette de ne pas s'être affirmée dès le départ, de ne pas avoir pris la direction du ménage pour mener son époux à la baguette, comme a su le faire son amie Gangu. Au lieu de cela, elle subit chaque jour les affronts sans broncher. Mais lorsqu'elle découvre la liaison que monsieur entretient avec l'une de ses employés, elle décide de quitter le foyer pour s'assumer pleinement.
Un roman indien de 1938 qui navigue entre comédie de moeurs et chronique familiale. le ton est faussement léger et les rêves d'émancipation de Savitri résonnent de manière touchante. Cette femme qui se révolte en vain, prisonnière de traditions séculaires sur lesquelles elle n'a aucune prise, devra se rendre à l'évidence : impossible d'échapper à sa condition dans la bourgeoisie indienne des années 30.

La façon dont elle est traitée par son mari l'insupporte et elle ne se prive pas de lui faire remarquer : « Je suis un être humain. Vous autres hommes, vous ne l'admettrez jamais. Pour vous, nous ne sommes que des jouets quand vous êtes d'humeur à caresser, et des esclaves le reste du temps. Ne croyez pas que vous pouvez nous cajoler quand ça vous chante et nous donner des coups de pied selon votre bon plaisir ». Mais quelques pages plus loin, l'évidence la rattrape : « Que puis-je faire par moi-même ? Je ne suis pas capable de gagner une poignée de riz, si ce n'est en mendiant. Si j'étais allée au collège, si j'avais étudié, j'aurais pu devenir institutrice par exemple. J'ai été stupide de ne pas poursuivre mes études. […] Quelle différence y-a-t-il entre une prostituée et une femme mariée ? La prostitué change d'hommes, une femme mariée n'en change pas, mais c'est tout, toutes les deux sont entretenues de la même façon. »

Pour Ramani, il y a bien moins de questions à se poser : « Il admettait, bien sûr, que le Mouvement des femmes n'était pas complètement absurde : il n'y avait pas de raison de les empêcher de lire des romans anglais, de jouer au tennis, d'organiser des conférences nationales et d'aller de temps en temps au cinéma ; mais cela ne devait pas leur faire oublier leurs devoirs primordiaux d'épouses et de mère ; il ne fallait pas qu'elles essaient de singer les femmes occidentales, qui, toutes, vivaient dans un déferlement de libertinage et de divorces. Pour lui, l'Inde devait sa prééminence spirituelle au fait que les gens comprenaient que le premier devoir d'une femme était d'être épouse et mère, mais quelle femme gardait le droit d'être considérée comme une épouse, si elle désobéissait à son mari ? ».

Un très joli portrait de femme, tout en délicatesse. Seule la conclusion, bien trop abrupte, m'a laissé sur ma faim. Il faut dire que j'aurais aimé passer davantage de temps encore avec l'indomptable Savitri.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
gwenlaot
  16 octobre 2014
Avec l'arrivée de l'automne, dans ma boîte aux lettres, le nouvel opus « Masse critique » : « Dans la chambre obscure » de R.K. Narayan.
En ouvrant la porte du roman, on plonge dans la maison de Savitri, une femme indienne « ordinaire », mariée, qui élève ses trois enfants. On s'installe peu à peu dans l'ambiance familiale, les disputes entre frères et soeurs, les fêtes traditionnelles, mais surtout dans la relation conjugale, faite pour Savitri de soumission et de frustrations répétées face aux humeurs changeantes de son mari.
Comment poursuivre sans dévoiler l'intrigue ? (Ne pas lire la suite si vous ne le souhaitez pas !)
Peu à peu, le mari de Savitri, qui passe déjà des heures au bureau, s'entiche d'une nouvelle employée. Savitri, déjà peu épanouie dans sa relation de couple, sombre dans la dépression, mais un soir de colère, après une dispute avec son mari, surprenant autant son mari qu'elle-même, elle quitte la maison familiale, ses enfants, ainsi que tous ses repères.
S'ouvre alors la question de l'indépendance pour une femme dans une société traditionnelle. Comment vivre, être libre, sans travailler ? Comment faire pour gagner la confiance sans plus avoir les « attributs » de la femme honnête (mariée, mère…) ? Ces questions sous-tendent même la première partie du roman à travers les amies de Savitri par exemple.
Cette seconde étape m'a particulièrement intéressée et j'étais prête à suivre son développement…
Quand l'auteur choisit une issue qui laisse libre cours à la résignation et qui m'a profondément déçue.
Une sensation d'inachevé donc. Peut-être ce que l'héroïne elle-même aurait ressenti ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
jeje_gandhi
  03 décembre 2014
Docile et soumise, Savitri élève ses enfants sous le joug de son mari Ramani. Elle ne travaille pas et son seul loisir est de donner des ordres à ses domestiques, de veiller à la bonne marche du domicile familial : cuisiner, coudre et récurer. Lorsqu'elle se dispute violemment avec son mari, elle se réfugie hagard dans la chambre obscure et y reste jusqu'à ce que sa bonne humeur revienne. Mais un jour elle devine que son mari voit une autre femme et de là son monde s'écroule, elle part après une énième et violente dispute et délaisse ses enfants, son foyer, son mari... pour se retrouver accueilli par un couple de basse caste dans un très petit village. Cette histoire poignante du destin d'une femme dans la bourgeoisie indienne des années 30 est particulièrement intéressant, puisqu'il est le prémisse des questionnements et de l'évolution du devenir de la femme dans la société indienne lors des décennies qui ont suivi.
Commenter  J’apprécie          90
andy86
  31 octobre 2014
C'est avec grand plaisir que j'ai reçu ce livre, et tient a remercier Babelio et les éditions Zulma pour cette petite pépite de la littérature.
L'histoire se passe en Inde, dans une ville imaginaire. Savitri est une femme et une épouse modèle: elle s'occupe admirablement bien de ses enfants, deux filles et un garçon, prend soin de son foyer et aime son mari. Cependant, elle ne rayonne pas de bonheur: son mari travaille énormément, rentre tard et est très lunatique et caractériel. Bref, un insatisfait chronique. Elle fait tout pour se plier au quatre volonté de cet époux, mais rien ni fait, il n'est jamais content.
Savitri est une femme soumise, qui accepte tout. Cependant, il y a des limites. Lorsqu'elle va se rendre compte que son mari la trompe, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase, et du jour au lendemain, elle quitte mari et enfants.
C'est à partir de ce moment qu'elle va découvrir la vie sous un autre jour, en déambulant dans la ville.
Ce roman est d'une modernité frappante, même s'il a été écrit en 1938. Rien ne laisse supposer, dans cette version, que le roman à presque 80 ans. C'est un vrai moment de plaisir que de lire le quotidien de cette femme, écrit sous la plume de R. K. Narayan.
Avec ce livre, je ne connaissais pas cet auteur, et je n'avais jamais lu de livre indien. Et j'ai vraiment hâte de découvrir la suite de son oeuvre.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
claudialucia
  03 novembre 2014
Ce roman, Dans la chambre obscure, de l'écrivain indien RK Narayan a été publié en 1938, réédité par les éditions Zulma en Juin 2014.
L'auteur y décrit la vie quotidienne d'une famille, dans le sud des Indes, dans la première partie du XXème siècle, et met l'accent sur le personnage féminin, Saviri, épouse de Ramani et mère d'un garçon, Babu, et de deux fillettes Kamala et Sumati.
Dans la chambre obscure permet de découvrir la vie quotidienne en Inde, la préparation des repas, le départ à l'école des enfants, les rites religieux, les fêtes traditionnelles.
Il nous renseigne sur la condition féminine dans la classe aisée. Certes Savitri ne manque de rien, elle a deux domestiques à son service et fait partie de la caste privilégiée des Brahmanes. Mais elle n'a chez elle aucun droit à la parole. Elle doit se soumettre aux ordres et aux désirs de son époux et essuyer ses colères en étant "douce et soumise" ainsi que le veut l'éducation des femmes. Parfois, lasse de ne pas exister, elle s'enferme dans une pièce qu'elle nomme "la chambre obscure" et qui lui permet de se soustraire un instant à ce rôle d'épouse parfaite. Mais l'infidélité de son mari va provoquer une prise de conscience, un séisme qui bouleversera la vie de la jeune femme.
Narayan montre la place de la femme dans la société indienne : elle dépend entièrement de son mari, ne possède rien, n'a rien à soi même pas ses enfants.
Nous découvrons aussi, par l'intermédiaire de Saviri, les classes pauvres et leur lutte pour la survie, contre la faim et la misère, mais aussi, la solidarité et l'entraide qui règnent dans ces milieux populaires.
Ce beau roman qui aborde des sujets audacieux pour son époque n'est jamais démonstratif. Il est écrit dans une langue simple, directe. Il y est question du quotidien, de la banalité de chaque jour, des habitudes qui engluent, qui dénouent les liens de famille. L'écrivain donne une épaisseur aux personnages et il dresse de Saviri un portrait de femme tout en nuances, avec ses faiblesses et ses qualités. Les derniers pages du roman laissent un goût amer car la fin pessimiste montre bien que la révolte des femmes ne peut aller très loin. Mais Saviri a compris quelque chose : sans instruction, les femmes ne sont rien. Elles doivent faire des études pour s'affranchir des hommes. Peut-être saura-t-elle guider ces filles dans cette voie? Une petite brèche vers l'espoir.
Merci aux éditions Zulma et à Babelio
Lien : http://claudialucia-malibrai..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60

Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
trust_metrust_me   25 septembre 2014
Je suis un être humain. Vous autres hommes, vous ne l’admettrez jamais. Pour vous, nous ne sommes que des jouets quand vous êtes d’humeur à caresser, et des esclaves le reste du temps. Ne croyez pas que vous pouvez nous cajoler quand ça vous chante et nous donner des coups de pied selon votre bon plaisir
Commenter  J’apprécie          90
jeje_gandhijeje_gandhi   03 décembre 2014
Il admettait, bien sûr, que le Mouvement des femmes n'était pas complètement absurde : il n'y avait pas de raison de les empêcher de lire des romans anglais, de jouer au tennis, d'organiser des conférences nationales et d'aller de temps en temps au cinéma ; mais cela ne devait pas leur faire oublier leurs devoirs primordiaux d'épouse et de mère ; il ne fallait pas qu'elles essaient de singer les femmes occidentales, qui, toutes, Ramani en était convaincu, vivaient dans un déferlement de libertinage et de divorces. Pour lui, l'Inde devait sa prééminence spirituelle au fait que les gens comprenaient que le premier devoir d'une femme (et aussi un privilège accordé par les dieux) était d'être épouse et mère, mais quelle femme gardait le droit d'être considérée comme une épouse, si elle désobéissait à son mari?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
AtasiAtasi   04 juin 2015
Savatri avait l'esprit tout engourdi, sinon elle n'aurait pas pu traverser la ville en pleine nuit. Plus rien ne semblait compter à présent - pas même ses enfants. Après tout, c'étaient les enfants de son mari .... Pourquoi n'irait-elle pas à son bureau en extirper cette femme et lui lacérer le visage de ses ongles ? Ce pourrait être intéressant d'attendre pour voir s'il ramperait encore aux pieds de cette putain une fois son visage balafré et ses cheveux arrachés ...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
claudialuciaclaudialucia   03 novembre 2014
Vous croyez que je vais rester ici? C'est notre faute à nous les femmes, si nous nous trouvons dans cette situation; nous acceptons de vous nourriture, logement , bien-être… Et voilà où nous en sommes! Croyez-vous que je vais rester dans votre maison, respirer l'air que de tout ce qui vous appartient, boire votre eau, manger la nourriture que j'achète avec votre argent?
Commenter  J’apprécie          00
claudialuciaclaudialucia   03 novembre 2014
Quelle différence y-a-t-il entre une une prostituée et une femme mariée? La prostituée change d'hommes, la femme mariée n'en change pas, mais c'est tout, toutes les deux sont entretenues de la même façon. Oui, il faut que Sumati et Kamala étudient à l'Université et deviennent indépendantes. (…)
Celle qui ne pouvait se suffire à elle-même n'avait pas le droit d'exister."
Commenter  J’apprécie          00

autres livres classés : littérature indienneVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

La littérature indienne : etes-vous intouchable ?

Quel est le nom de l'ancienne propriétaire de la maison qu'occupe le couple dans "Loin de Chandigarh" de Tarun Tejpal ?

Fizz
Karine
Catherine
Angela

10 questions
85 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature indienne , indeCréer un quiz sur ce livre