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ISBN : 2070371565
Éditeur : Gallimard (11/12/1979)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 24 notes)
Résumé :

Un des livres les plus beaux inspiré par la condition ouvrière. Travaux, paru au lendemain de la guerre, en 1945, est tout de suite devenu un classique. Les critiques ont comparé Georges Navel à Gorki, à Panaït Istrati, à Eugène Dabit, à Charles-Louis Philippe. Mais Navel fait entendre une voix qui n'appartient qu'à lui. Comme l'a écrit Jean Giono : " Cette patiente recherche du bonheur qui est la n&#... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  01 janvier 2014
En cette toute première journée de cette nouvelle année 2014... j'ai envie de mettre à l'honneur... ce récit autobiographique de Georges Navel. J'avais quelque peu oublié les "pépites" de ce texte... A travers ce choix ancien , je souhaite à tous les amis Babelio, que nos compagnons communs, Les Livres...continuent à nous "apprendre" et à "aiguiser" notre regard sur les êtres et tout ce qui nous entoure... Georges Navel a un regard unique, qui transfigure les réalités les plus obscures, les plus simples...

Comme l'a exprimé fort justement gill ce texte est parmi les plus beaux livres de la condition ouvrière...écrit par un ouvrier-poète au lendemain de la guerre... et que nous pouvons lire et découvrir aujourd'hui grâce à son ami, Paul Géraldy, qui l' a , après le bonheur de l'entendre raconter, encouragé à en faire un livre.
Pour ma part , le "passeur" a été Michel Polac, un certain samedi soir 27 mars 1982 [indication que j'ai prise le temps de noter sur mon "Folio"], parlant avec son enthousiasme légendaire, de ce texte ,à son émission "Droit de réponse"....
Je refais la découverte de ce texte avec un regard différent et une attention accrue, des années après. Une langue magnifique, une manière neuve de "dire", "décrire" les choses , au demeurant, les plus anodines...avec panache. Un récit à lire, savourer doucement ...tout doucement !...
Au hasard, je tombe sur une image incroyable... Navel décrit la simple rencontre de sa mère, femme modeste et méritante rencontrant dans le village "une vieille demoiselle de la bourgeoisie de province du genre très bien" .... et suit... cette infime morceau de phrase qui transfigure le paragraphe entier : "C'était du carreau de vitrail qui passait (...) D'instinct ma mère aimait les riches, leur distinction, comme du linge bien blanc après le passage au bleu et une bonne lessive" (p. 25)
La préface de Paul Géraldy a de surplus le mérite et la qualité de mettre ce texte et son auteur, dans son vrai contexte, avec la force de conviction et -de l'Ami et - de l'Ecrivain, qui apprécie un autre lui-même !
"j'ai souhaité qu'il en fît un livre. Il m'a semblé que dans un temps où les cloisons sociales craquent et se disloquent, la poésie bourgeoise, sur laquelle nous vivons, que je suis loin de renier, à laquelle j'ai été et reste très sensible, était tout de même fatiguée, et tout de même insuffisante, et ce poète ouvrier qui à la passion du "jouir" substitue la passion du "faire", arrivait opportunément. (...)
Un jour, il m'a écrit: "J'ai terminé mon livre. Cela me dépasse un peu d'y être arrivé. Je crois que l'essentiel est dit, que je peux casser l'encrier. Pourquoi devenir écrivain ? J'ai d'autres tâches qui m'attendent, me préparer pour la saison." Je le laisse dire. Il a besoin, je le sens bien, d'activités physiques pratiques. Il ne vivrait pas bien sans un contact direct avec les objets et les bêtes, sans attaches avec le sol. (p.12-13)
" Amour ? le mot a trop servi, trop porté les rêves des hommes. Ce n'est plus qu'un mot creux, faussement prometteur, un peu écoeurant à la fin. Mais peut-être que- bienveillance-...
Navel est bienveillant pour l'homme et pour les choses. Il leur parle d'une voix claire, avec des mots sensibles, frais, lavés et rajeunis par cette lumière du coeur" (p.14)
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gill
  11 avril 2012
Un des livres les plus beaux inspirés par la condition ouvrière.
"Travaux", paru au lendemain de la guerre, est tout de suite devenu un classique.
Georges Navel fait entendre une voix qui n'appartient qu'à lui. Comme l'a écrit Jean Giono : "Cette patiente recherche du bonheur qui est la nôtre, nous la voyons ici exprimée avec une bonne foi tranquille."
C'est un formidable cadeau que nous fait Georges Navel avec ce livre humain et sensible.
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pchion
  29 décembre 2017
Magnifique fresque du travail. Il ne s'agit pas d'un récit autobiographique continu, même si l'auteur évoque son enfance et de nombreuses périodes de sa vie, mais plutôt du travail d'un peintre présentant plusieurs tableaux comme dans une exposition thématique... de l'usine à la terre, Georges Navel n'a pas tout essayé, mais il a multiplié les expériences : ouvrier dans la métallurgie, manoeuvre sur les chantiers de construction, cueilleur de fruits, jardinier, terrassier... de chaque situation il dépeint les joies et les peines. La solitude lui pèse en beaucoup de lieu ; l'enfermement lui est insupportable... Malgré cela il dépeint aussi la chaleur des relations humaines, la camaraderie, les plaisirs partagés. le portrait qu'il dresse de ses compagnons terrassiers est brillant ! Ses réflexions philosophiques sur la condition humaine sont intéressantes. S'il est parfois désabusé, cela ne dure pas et il a la capacité de trouver, même dans les situations les plus critiques, une lueur d'espoir... Son seul regret : que le monde nouveau qu'il souhaite voir un jour se mettre en place, lui paraisse parfois si éloigné.
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BoumPoteau
  29 juillet 2016
Il n'y en a pas beaucoup, de ces hommes issus de familles pauvres, qui ont été ouvriers toute leur vie et qui ont donné des témoignages aussi puissants, d'une écriture aussi belle.
Je ne connais pas tout de la vie de Georges Navel, en particulier de ses dernières année, mais c'est quelqu'un à qui j'aurais aimé parler.
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Maphil
  11 novembre 2017
Récit autobiographique . L'auteur nous conte son enfance en Lorraine, son temps de scolarité, le passage des Allemands en 1914, son évacuation en Algérie et son retour en France où, dès 12 ans, il commence son apprentissage d'ouvrier. La seconde guerre mondiale et son installation dans le Midi où il exercera divers métiers. ..
Ce roman de la condition ouvrière décrit avec poésie les peines et les joies des travailleurs.
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critiques presse (1)
Actualitte   17 juillet 2017
À sa parution, Travaux connut un réel succès, et Michel Ragon, vingt ans plus tard dans son Histoire de la littérature prolétarienne de langue française, écrira que Travaux est très certainement l’un des plus beaux livres, l’un des plus émouvants de la littérature ouvrière ». Cela ne fait aucun doute.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   08 août 2018
Ce qui était triste, il me semble que c’est la tristesse fatale à la grande industrie. Ce qui était triste, c’était la foule du matin des bataillons ouvriers en marche vers l’usine, le long de ses murs, vers son portail. Qu’il pleuve, c’est triste. L’eau dégouline sur les pardessus, les parapluies, la foule des pieds dans la boue sent le papier de journal ; elle est aussi triste que les faits divers qu’elle a lus. C’est triste encore quand il fait beau parce qu’elle va s’enfermer. Triste en hiver, parce qu’il fait noir le matin quand elle entre et noir le soir quand elle sort. Triste en été de s’enfermer dans une usine de banlieue qui touche à la campagne. Le train du matin qu’il fallait prendre sentait le vieux mégot, le schnik, le café crème, le soulier mouillé. Dans le noir du wagon, je reprenais un supplément de sommeil près des ombres transies. Le train filait dans cette banlieue d’usines à produits chimiques. C’était beau de temps à autre, en passant près des vitrages d’une fonderie violemment éclairée.
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gillgill   14 avril 2012
Il a d'abord été longtemps ouvrier d'usine, en effet. Ce défricheur du bled, cet arracheur de souches, ce coupeur de lavande, ce terrassier, cet apiculteur, que tour à tour ont fait de lui le temps, sa fantaisie, l'occasion, l'aventure, a été ajusteur chez Renault, chez Berliet, chez Citroën.
C'est le désordre de la guerre et ce grand remuement des choses et des gens qui l'ont décidément pris un jour à Paris et poussé vers les champs, le soleil et la mer qui déjà l'avaient attiré.
Ce qu'il me dit, et ce sont choses qu'il ne semble pas qu'avant lui on ait dites, c'est l'effort ouvrier, le plaisir de cette maîtrise des mains faite d'un long acquis et de patients sacrifices, de cette adaptation du corps, de cette ruse du corps en prise avec la matière difficile "qui n'obéit qu'à certaines mains", le plaisir d'exercer certaines facultés qu'on n'aurait pas attendues là, "qui tiennent de la science du boxeur et de l'intuition de l'artiste".
Navel s'étonne et s'enchante de ce que des gestes en apparence routiniers peuvent engager d'intelligence et par là dégager de joie...
(préface signée Paul Géraldy insérée en début de l'édition parue chez "Folio" en 1979)
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fanfanouche24fanfanouche24   01 janvier 2014
Le travail ne justifie rien. Le travail justifie le charron dans un village. Incontestablement il voit les services qu'il rend. Il justifie l'artisan, le menuisier, le plombier, l'ébéniste qui voient la tête de leur client. Il ne justifie pas le travailleur de la grande industrie qui produit pour la guerre ou pour les besoins de luxe de la classe privilégiée, qui produit une pièce en ignorant où elle va dans l'ensemble de la machine.
On peut supporter sa vie sans la justifier, mais pas seul. C'est trop pénible. Il faut une mère, une femme, des enfants, être dans des liens, cesser de réfléchir. La solitude sentimentale ne convient qu' à l'homme usé. (p.77)
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Alice_Alice_   07 août 2018
Ma mère m'a eu à quarante-sept ans. Je l'ai toujours connue comme une mère, comme une femme dont la beauté ne compte pas, mais seulement la bonté, la chaleur, la main à tartines. J'étais son treizième. Je l'ai toujours vue comme si elle avait eu soixante ans, comme toutes les vieilles femmes du village, les mères vertes et actives, sans jamais la confondre avec les grand-mères édentées, grondeuses, assises tout le long du jour avec leurs mains noueuses sur les genoux.
Dans le village on ne disait jamais d'une femme qui avait des enfants "madame" mais "la mère". Toutes les mère se ressemblaient. C'étaient des femmes à rides et à larmes. Leurs mains tannées sentaient l'ail. La mienne avait beaucoup pleuré, elle avait des lacs de larmes derrière ses lunettes, mais le reste du visage, du front à la bouche, continuait de sourire, la voix aussi.
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wellibus2wellibus2   04 août 2016
On rêve de mourir, de crever pas loin dans le silence bienheureux d'un petit bois. On se sent vivre dans un monde qui n'a ni queue ni tête, comme si l'homme avait été jeté dans la vie comme dans un marais et qu'il ne puisse s'y maintenir qu'en se châtrant de sa conscience, en se scalpant de sa raison.
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