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EAN : 9782234071148
336 pages
Éditeur : Stock (30/05/2012)
3.62/5   48 notes
Résumé :
Orpheline de père, abandonnée par sa mère, Marya Knauer est confiée à son oncle et sa tante. Elève brillante mais solitaire, confrontée à la peur et à la cuauté, elle se plonge avec passions dans les études.

Dans ce livre aux forts accents autobiographiques, Joyce Carol Oates donne à voir de façon magistrale comment la littérature peut changer une destinée.
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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mariecesttout
  19 mars 2014
Je me demandais, , à la fin de cette lecture, si le plus grand talent de Joyce Carol Oates n'est pas celui de la coupure, du non exprimé, de ce qu'il y aurait à oublier impérativement sinon…
"Ne commencez pas à pleurer", disait la mère à ses enfants," sinon vous ne pourrez plus vous arrêter.."
C'est une écriture de l'urgence, tendue, ponctuée par de grands blancs. Des absences. Des ailleurs?
"Elle s'évadait, elle était là sans être, ailleurs devint un lieu familier, hors de la lumière et de l'ombre. Un espace creux, réel, où elle pouvait se blottir. Elle y respirait, écoutant le battement paisible de son coeur. Là elle ne pouvait être surprise ni blessée, elle ne risquait pas d'entendre les paroles qui ne lui étaient pas destinées."
Et loin de cet ailleurs, derrière un mur bien construit pierre après pierre, il y a la vision du cadavre de son père assassiné que sa mère l'oblige à voir à 8 ans, la disparition de cette mère qui les abandonne ensuite sans aucune nouvelles chez un oncle, le cousin Lee qui de 8 à 14 ans ne cesse " d'entrainer de force sa cousine dans la décharge pour y accomplir un acte qu'ils n'auraient su nommer ni l'un ni l'autre ", , ce cousin Lee "auquel elle serait condamnée à penser une bonne partie de sa vie, elle le haïssait, elle était terrifiée par lui dans ses longs rêves éveillés ( oubliés des années, revenus brusquement à sa mémoire lors d'une crise tardive), elle complotait contre lui; jamais elle ne l'oublia."
Et puis le premier enseignant qui reconnaît son talent ( "vous avez une imagination fertile", dit-il..) mais qu'elle martyrise, comme les autres.
Le prêtre mourant , objet d'un amour absolu , parce que là est peut être le salut: de toute façon "Dieu voyait l'être intérieur, la véritable Marya Knauer; Il ne la jugerait pas cruellement comme ses camarades de classe. Certes, elle était une « Knauer « avant tout- elle vivait dans la campagne, près de la route d'Innisfail, au bord de Canal Road- ses deux parents avaient disparu dans des circonstances mystérieuses; ces facteurs, suffisamment scandaleux dans le monde des humains et dans le petit univers fébrile du lycée d'Innisfail, où ils provoquaient la pitié, le mépris, l'élèveraient aux yeux de Dieu, s'Il était juste. Naître une seconde fois, être lavé des péchés de ses parents, libéré de son passé, du moins pour un temps…"
Et la soirée fatale avant le départ à l'université.
Alors Marya travaille, jusqu'au bout de ses forces .
"Le temps est l'élément dans lequel nous existons, nota solennellement Marya dans son journal. Soit il nous porte, soit il nous engloutit.Elle acquit la certitude terrible que chaque moment qui n'était pas consacré à son travail était un erreur. Comme si on pouvait tuer le temps , écrivait Thoreau, sans blesser l'éternité."
Le travail comme le rosaire infiniment répété .. Et cette " terreur particulière ,qu'elle savait être de la folie.. Qu'il faut toujours contenir: "elle pouvait commettre n'importe quel péché, mais jamais elle ne s'autoriserait à être faible".Sinon.. "alors les eaux se referment sur vous. Cette phrase obsédait Marya".
Quel roman, encore, avec sans doute des éléments autobiographiques(?)
Ce n'est qu'à la fin du livre, après sa liaison avec un journaliste, un double, mort dans un accident de voiture, qu'il semble que le mur de Marya commence à s'effriter.
"Sers toi de tes difficultés, expose les, utilise-les à ton avantage " lui disait-il.
Je ne pense pas qu'il faille aller chercher beaucoup plus loin pourquoi cet écrivain écrit autant..



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nath45
  05 décembre 2014
Le roman commence par l'abandon de Marya et ses deux frères après la mort de leur père. La mère les confie à Everard et Wilmar, frère du père de Marya.
Marya est solitaire, elle apprend à intérioriser ses émotions, elle a une intelligence très supérieure aux autres ce qui va lui permettre d'obtenir des bourses et de poursuivre ses études. Elle nourrit pendant des années un complexe de supériorité du à son passé et à sa force de travail qui l'isole. Si elle réussit bien dans sa carrière professionnelle il n'en va pas de même du côté sentimentale. le roman se termine quand Marya retrouve les traces de sa mère, et reçoit de celle-ci une réponse à son courrier.
Un bon roman d'apprentissage, j'ai beaucoup apprécié ce roman, comment l'auteur nous révèle l'intime et l'inconscient de son personnage, par contre la rencontre avec Sylvester là je dois dire je n'ai pas tout compris. Je vais poursuivre ma rencontre avec cet auteur.
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lacazavent
  26 mai 2016
Présenté comme un roman à caractère autobiographique, ce ne sera pas une lecture qui me laissera un souvenir impérissable. Pourtant les premières pages consacrés à l'enfance de Marya sont très belles, Marya est une enfant à qui la vie n' a pas fait de cadeau, brillante, elle excelle dans un domaine les études, c'est une enfant solitaire plus elle grandit et plus elle va se détacher volontairement ou non de ses camarades d' école, de lycée, dans ses premières années de facultés elle se consacre à corps perdu à l' étude. En bref, sa vie entière tourne autour du savoir.
Au final plus le récit avance, plus Marya grandit et plus j' ai fini par me lasser de son histoire, le ton s' alourdit, Joyce Carol Oates donne l' impression de ne pas aller au bout de sa réflexion. C'est un peu dommage.
Un ouvrage aux pistes intéressantes mais qui n'est pas à mon sens le meilleur de cette auteur.
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Nina
  26 mars 2013
L'héroïne de ce roman Marya Knauer fait parait-il écho à la vie de Joyce Carol Oates. On y retrouve des éléments biographiques de sa propre histoire comme le fait que Marya Knauer devienne écrivaine.
Ne connaissant pas assez la vie de cette écrivaine, je n'en dirais pas plus. Ce qui est certain c'est que ce livre est une véritable étude sociologique des classes défavorisées américaines dans les années 60.
Ce roman retrace la vie de Marya Knauer naît dans les quartiers pauvres de Canal Road entre Innisfail et Shaheen Falls. Orpheline de père et abandonnée par sa mère, Marya et ses deux frères sont recueillis par un oncle et une tante.
Marya grandit dans un milieu social défavorisé violent et insécure. Dés son plus jeune âge, elle subit des violences et le harcèlement sexuel de son cousin. La jeune fille se forge une carapace, apprend la solitude, à ne compter que sur elle et se montre extrêmement douée à l'école. le curé de la paroisse, le père Shearing devient son guide intellectuel, il lui fait découvrir la littérature, lui prête des livres. Son personnalité s'affirme, son orgueil est sa force, elle cultive sa différence. Quand Marya s'oppose au destin sans surprise qui est réservé aux femmes de sa communauté, c'est à dire se marier et avoir des enfants, elle va être victime de manipulation. Son départ à l'université se fera quand même mais dans une extrême violence, que l'auteure va juste suggérer en fermant ce chapitre par une ellipse.
A l'université, Marya découvre une autre forme de violence, celle qui oppose les classes sociales dominantes aux classes défavorisées. Il va lui falloir une bonne dose de courage pour affronter ce milieu radicalement opposé au sien. Les étudiants boursiers n'ont droit qu'à d'excellents résultats sinon ils sont radiés de l'université. Marya est d'une exigence obsessionnelle et ne s'autorise aucune faiblesse pour avoir les meilleurs résultats.
A force de travail acharné, Marya devient professeur d'université et une écrivaine reconnue. Dorénavant, elle sait qu'elle n'a plus sa place dans son milieu d'origine, mais est-elle vraiment à l'aise dans ce milieu intellectuel et bourgeois. Elle est, là aussi, différente et reste toujours un peu en marge. Marya, jeune belle et douée, devient la maîtresse d'éminents intellectuels mais dont elle ne pourra jamais devenir l'épouse. L'attitude du concierge de l'université qui à des tendances perverses s'occupe aussi du ménage de son bureau et déstabiliser Marya plus que de raison, ce qui permet d'analyser à quel point son enfance victime de violence n'est pas guérie. Marya est une résiliente comme disent les psys aujourd'hui, mais quelle dose de courage et de sang froid pour en arriver là.
"Marya, une vie" pourrait porter aussi ce titre : "Marya et la dureté de la vie".
Lien : http://de-page-en-page.over-..
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FRANGA
  17 septembre 2012
Ouf, j'ai eu beaucoup de mal à terminer ce livre... les débuts semblaient prometteurs, mais j'ai ressenti comme une sorte de lassitude au fil des pages.
Bien sûr, il en ressort des réflexions intéressantes, surtout lorsqu'on sait que ce roman est en partie autobiographique, mais il ne m'a pas vraiment touchée dans son ensemble.
Bien sûr, cela ne m'empêchera pas de poursuivre la lecture de l'oeuvre de Joyce Carol Oates!
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
FRANGAFRANGA   02 septembre 2012
Marya rêve à des murs blancs frais, à une cellule de couvent à la fenêtre grillagée, avec un petit autel sur lequel sont posées une image du Christ, une bible et une bougie votive. Vêtue de blanc, un chapelet sur la hanche, elle évolue discrètement. Mais, quand elle demande au père Shearing son avis sur les soeurs cloîtrées, il paraît surpris, incrédule. Il s'oppose avant tout, dit-il, au fait de leur enfermement qui oblige les autres à prendre soin d'elles. Et - il ne peut s'empêcher de continuer - "chacune des nonnes se glorifie d'être l'épouse du Christ ! Transformant le malheureux Jésus en un cheikh de harem, un polygame, un maniaque.
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FRANGAFRANGA   06 septembre 2012
Elle aimait lire pour le plaisir quand elle avait fini son travail ; ses lecteurs de la nuit tenaient de l'enchantement, lui procuraient une satisfaction qu'elle ne trouvait jamais dans la journée. Une joie illicite, infiniment précieuse. Il lui semblait à ces moments-là qu'elle échappait à sa propre conscience pour se glisser dans celle de l'auteur... dans le rythme de sa prose. Désincarnée, entièrement absorbée, elle traversait le paysage imaginaire d'un autre, s'apercevant qu'il ressemblait au sien, tout en étant absolument différent -surprenant, intrigant, irrésistible.
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FRANGAFRANGA   02 septembre 2012
Et s'il n'est pas trop tard alors, si aucun autre visiteur n'est venu, si le prêtre semble disposé à l'écouter, Marya se confiera à lui comme elle l'a fait dans le passé. "Qu'est-ce qui vous perturbe, Marya ?" demande t-il ; la douceur de sa voix, son attention souriante lui donnent envie de s'agenouiller devant lui, de presser son visage brûlant contre ses mains, de renoncer à sa fierté, sa rage son malheur... à tout ce qu'était Marya, la condamnant à la malédiction.
Elle est désespérément seule, mais elle hait les autres ; elle déteste qu'on la touche ; parfois un simple mot, un sourire, une minauderie suffisent à la faire frémir. Elle se jure de ne rien oublier et de se venger un jour.
Elle ne hait pas les autres, c'est faux. (Elle ment tout le temps, un mensonge entraîne l'autre, en un cycle inépuisable). En réalité, elle est malade de jalousie, elle se ronge d'amour, elle est épouvantée... Elle aimerait s'abaisser (s'humilier ?) en la présence des autres... C'est elle-même qu'elle déteste vraiment : Marya stupidement fière de son intelligence, Marya et son corps répugnant, innommable.
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VanessaVVanessaV   16 décembre 2014
Les murs étaient ornés de dessins au fusain qu'elle avait faits, des croquis de personnages imaginaires et quelques autoportraits; quand elle était trop tendue ou excitée pour dormir après des heures d'étude ou après un examen, elle prenait un crayon et dessinait ce qui lui passait par la tête - les doigts animés d'une énergie étrange, sporadique. Les murs lui renvoyaient le reflet austère de son propre visage. Les pommettes marquées, les yeux noirs, les sourcils touffus... Elle s’enlaidissait volontairement; c'était une consolation, une forme de vanité inversée. Qui est-ce? demanda une fois l'une des filles de l'étage. Un homme? Une femme?
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FRANGAFRANGA   01 septembre 2012
Les actes commis dans la décharge - par les enfants les plus âgés à l'égard des plus jeunes - n'étaient jamais évoqués au-dehors. Il existait une logique secrète inhérente au lieu, semblable à celle qui régnait dans la cour d'école ou sur le chemin de halage, où les adultes ne venaient presque jamais.
Un no man's land, un monde clos où le langage n'avait pas cours, où la seule issue était la fuite, si l'on courait assez vite ; ou la soumission.
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Writer Joyce Carol Oates at home - Profiles - The New Yorker In this video, Joyce Carol Oates discusses writing, her daily routine, and her idea of her own personality.
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