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Sôshitsu Sen (Préfacier, etc.)Corinne Atlan (Traducteur)Zéno Bianu (Traducteur)
ISBN : 2877308510
Éditeur : Editions Philippe Picquier (29/11/2006)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 162 notes)
Résumé :
Depuis un siècle, Le Livre du thé qui offre une introduction des plus subtiles à la vie et à la pensée asiatiques s'adresse à toutes les générations. Et ce grand classique, qui a permis naguère de jeter un pont entre l'Orient et l'Occident, n'a rien perdu de sa force et peut encore éclairer notre modernité.
Le trait de génie d' Okakura fut de choisir le thé comme symbole de la vie et de la culture en Asie : le thé comme art de vivre, art de penser, art d'êtr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
Jolap
  17 avril 2017
Le livre du thé est un tout petit livre, si petit qu'il peut se glisser dans une poche, dans un sac ou servir de petit cadeau d'assiette lorsque l on invite des amis.
Le livre du thé est si subtil, si beau, si dense, si poétique que toute l'humanité, si elle était plus sage, plus raisonnable, plus attentive, plus scrupuleuse pourrait s'y reconnaître, s'y plonger, s'en rassasier.
Il s'agit d'un texte sur la cérémonie du thé au sens propre et au sens figuré. "Le théisme est un culte basé sur l'adoration du beau parmi les vulgarités de l'existence quotidienne. Il inspire à ses fidèles la pureté et l'harmonie, le mystère de la charité mutuelle, le sens du romantisme et de l'ordre social."
La philosophie du thé est aussi une hygiène, car elle oblige à la propreté.
Le partage d'une tasse de thé implique tout un cérémonial pour accueillir l'autre, juste cela.Tout cela. le décor de la pièce n'est pas ostentatoire. L'invité seul est mis en lumière. C'est lui le centre. C'est lui l'essentiel. Il est tout.
Le partage d'une tasse de thé peut susciter un moment de pur bonheur. Mais attention, l'auteur nous met en garde! "Ceux qui sont incapables de sentir en eux-mêmes la petitesse des grandes choses sont mal préparés à discerner la grandeur des petites choses chez les autres."
A travers cette tasse de thé préparée avec le plus grand soin, avec le souci de l'autre le plus appuyé, avec un respect immense c est l'amitié que l'on chérit: "C'est l'art de cacher la beauté que l'on est capable de découvrir et de suggérer, celle que l'on n'ose pas révéler.........c'est le sourire de la philosophie."
Le poète Lichihlai a remarqué que les trois choses les plus déplorables du monde sont " de voir une belle jeunesse gâtée par une fausse éducation, de voir de beaux tableaux dégradés par l'admiration du vulgaire et de voir gaspiller tant de bon thé par suite d'une manipulation imparfaite"; le symbole est fort. Extrêmement fort. Ce petit livre nous le rappelle à chaque page. L'amitié, l'amour, la générosité, le don de soi, le don aux autres, la capacité d'adaptation, le pouvoir d'un sourire, d'un regard, tout est contenu dans le liquide ambré. le thé "qui inondait son âme comme un appel direct, et dont la délicate amertume lui laissait l'arrière goût d'un bon conseil". Il a des pouvoirs magiques. Chaque gorgée doit absolument être dégustée avec attention, l'attention que l'on doit à celui que l'on invite, avec concentration, la concentration avec laquelle on écoutera l'autre.
Celui qui offre une tasse de thé ressemble à "celui qui pourrait faire de lui-même un vide où les autres pourraient librement pénétrer et deviendrait maître de toutes les situations".
La cérémonie du thé ressemble à un court moment d'éternité " et réside uniquement dans l'esprit qui, en s'incarnant dans ces simples choses, les embellit de la subtile lumière de son raffinement."
L'autre nom que l'on donne à la chambre de thé est la maison du vide.
J'ai acquis ce livre du thé en 1980. 124 pages lourdes de significations, belles à s'émouvoir. Je n'ai jamais oublié ma première lecture, curieuse, enthousiaste. J'ai dit : Merci. Les métaphores sont raffinées et explicites. Les images sont limpides.
Depuis je l'ai relu, comme j'ai relu "le petit prince". Chacun de ces moments à donné lieu à une nouvelle réflexion, à une nouvelle découverte.
Ne peut-on garder une petite place sur son chevet pour le Livre du thé?

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rabanne
  12 octobre 2017
Quand les élèves me disent que lire, c'est ennuyeux, je veux bien comprendre "fastidieux" plutôt, pour certains d'entre eux du moins.
Ah, si je pouvais leur faire comprendre que c'est comme monter dans des montagnes russes, d'émotions multiples !!
Après une lecture glaçante, je suis entrée dans un cocon de zenitude, j'en avais grand besoin... Les essais, pourtant, je ne cours pas trop après.
Mais là, ce petit ouvrage de 1906 traitant du culte du thé (théisme) est une oeuvre non seulement instructive mais également spirituelle et abordable.
L'auteur remonte aux origines du thé, géographiques, historiques (IVe siècle, dynasties chinoises), commerciales (Grandes découvertes), culturelles, païennes, philosophiques ou religieuses (taoïsme, hindouisme, bouddhisme).
Une plante toute simple qui a permis un trait d'union entre les peuples de l'Orient et de l'Occident (XVIe siècle en Europe).
Un culte donc millénaire, un cérémonial séculaire hyper-codifié (Chine, Japon), sublimé aujourd'hui en véritable "art de vivre", esthétique, gastronomique, méditatif, symbolisant l'harmonie (esprit, corps, éléments), la purification...
Je ne tremperai plus (vulgairement) mon sachet de thé dans mon mug / ma tasse sans avoir une pensée "zen" - moi qui suis une speed "réfléchie" (^^) - pour ce Livre du thé, désormais.
Mais ce qui ne changera certainement pas, c'est le plaisir d'un moment suspendu, cette chaleur à pleines mains, l'esprit occupé, silencieux ou rêveur, le breuvage chaud qui apaise et réchauffe, se boit seul(e) ou se partage.
Pour les amateurs de lectures-méditations, de celles qui mettent en tous cas plus de trois minutes à infuser......
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Yggdrasila
  22 octobre 2016
Quoi de mieux par cette brume froide et matinale que de déguster un bon thé en écrivant mes impressions sur ce bel ouvrage.
Ce livre m'avait été conseillé par un de mes profs alors que je m'étais inscrite à un optionnel sur le Japon. Il en avait parlé avec beaucoup d'enthousiasme. Quelques années plus tard (c'est à dire maintenant) je m'y suis plongée et il vaut mieux tard que jamais dit-on.
C'est un ouvrage d'une incroyable finesse. Okakura raconte avec poésie tout le déroulement du cha-no-yu, la cérémonie du thé. On se rend compte au fil des pages que c'est un art très subtile. Tout est dans la délicatesse, la précision et le respect. Que ce soit dans le choix des fleurs qui composeront le fameux breuvage, mais aussi de la fascinante ambiance de la chambre de thé qui est un lieu particulier pour accueillir et déguster.
L'auteur nous parle également de la philosophie taoïste et zen qui inspire l'artiste, le maître de thé.
Cet ouvrage nous fait voyager aux origines de cette belle décoction avec raffinement et élégance.
La préface et la postface de Sen Soshitsu XV nous en apprend beaucoup sur l'histoire à travers quelques anecdotes.
Un livre très utile pour passer un très beau moment poétique et pour avoir un autre regard sur cet art que l'on connaît peu.
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bilodoh
  25 avril 2014
Petite infusion de sagesse japonaise!

Un écrit qui date du tout début du 20e siècle, qui raconte une des voie de la sagesse, une lecture philosophique, illustrée d'anecdotes et de légendes et comportant de nombreuses pépites... (69 citations sur Babelio pour un livre d'à peine 135 pages)

L'auteur y présente l'origine de la boisson et sa diffusion à travers les dynasties chinoises, puis le développement du taoisme et du zennisme au Japon où le thé devient un rituel, avec ses Maîtres, sa Chambre de thé avec l'art et les fleurs qui la décorent. C'est un texte pacifiste avec une vision idéalisée de la culture nipponne. (On peut penser que, par la suite, le Japon a souffert de « trop de thé» pour s'engager dans la Seconde Guerre mondiale!)

Aussi, c'est parfois agaçant de se faire répéter que c'est « nettement à l'opposé de ce qui se pratique en Occident ». En fait, je me demande si les cellules monastiques et les pratiques des abbayes franciscaines ne sont finalement pas très éloignées du zennisme ?

Une introduction intéressante et sans douleur à la culture asiatique, à savourer avec une bonne tasse de thé blanc (le préféré de l'empereur Kiatung!)
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Witchblade
  01 décembre 2016
Livre lu dans le cadre de la pioche de Novembre 2016 et du challenge ABC 2016-2017.
Je remercie Ariane pour ce choix car il s'agit d'un livre très instructif sur le thé, sur tout le cérémonial qui l'entoure et l'histoire liée à celui-ci. Il a été écrit il y a un peu plus d'un siècle maintenant (1906) mais il reste très actuel pour certaines visions de l'avenir et du mode de vie des Occidentaux.
Étant moi-même amatrice de thés parfumés, j'ai été ravie d'en apprendre plus sur l'histoire liée à la voie du thé et tout le cérémonial autour (la décoration, les fleurs, …). Par contre, je dois bien avouer que je ne me souviens pas de la moitié de ce qui est écrit car cela faisait référence à l'état d'esprit Oriental par rapport aux Occidentaux, la façon de penser des asiatiques par rapport à bien des aspects de la vie mais avec toujours le thé et la voie du thé en ligne de mire. J'y ai néanmoins trouvé de nombreuses citations très vraies et toujours d'actualité malgré l'ancienneté de ce livre. C'est édifiant de lire les pensées de cet auteur tout en suivant le maître du thé dans tous ces aspects.
Comme vous l'aurez compris, cette lecture a été une agréable découverte, bien loin de mes lectures habituelles. Il a été rapidement lu (3 jours) car j'aurais aimé en savoir plus sur le thé en lui-même et pas seulement sur la voie du thé et les pensées zen de l'auteur. C'est une des raisons pour laquelle je ne me souviens pas de tout car beaucoup de passages ont été lus au plus vite sans tout retenir. Cela a été néanmoins une très intéressante lecture que je vous conseille très fortement si vous êtes amateurs de thés ou que vous soyez amateurs de littérature asiatique et historique avec accès aux pensées zen. Pour ma part, je suis bien contente de l'avoir lu malgré certains passages car j'ai appris l'histoire de la cérémonie du thé et toute la philosophie qui y est liée.
Sur ce, bonnes lectures à vous :-)
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Citations et extraits (130) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   09 juillet 2019
La voie des fleurs, née au XVe siècle, est contemporaine, semble-t-il, de la voie du thé. Nos légendes attribuent le premier arrangement floral aux anciens saints bouddhistes qui recueillaient les fleurs dispersées par l'orage et, dans leur infinie compassion pour toute chose vivante, les mettaient dans des vases emplis d'eau. Sôami, le grand peintre et amateur d'art attaché à la cour de Yoshimasa Ashikaga, fut, dit-on, l'un des premiers adeptes de cette pratique. (p. 123)
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fanfanouche24fanfanouche24   08 juillet 2019
La coupe de l'humanité

La voie du thé est un culte fondé sur l'adoration du beau jusque dans les occupations les plus triviales de la vie quotidienne . (...)Loin d'être une simple esthétique, dans le sens ordinaire du terme, la philosophie du thé exprime, en même temps qu'une éthique et une religion, notre conception globale de l'homme et de la nature. C'est une hygiène, puisqu'elle contraint à la propreté; une ascèse, puisqu'elle démontre que le bien-être loge dans la simplicité et non dans quelque coûteuse complexité. (...)
Elle représente , par-dessus tout, le véritable esprit démocratique de l'Extrême-Orient en ce qu'elle fait de chacun de ses adeptes un aristocrate du goût. (p.23-24)
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rabannerabanne   11 octobre 2017
(...) si l'on considère combien petite est, après tout, la coupe de la joie humaine, combien vite elle déborde de larmes, combien facilement, dans notre soif inextinguible d'infini, nous la vidons jusqu'à la lie, on ne nous blâmera pas de faire tant de cas d'une tasse de thé.

[ NB : Minuit passé. Cela fait pile deux ans - et 750 critiques plus tard - que je navigue sur ce site ! Bibliothèque virtuelle, partage de lectures, petite bulle de respiration quasi-quotidienne... MERCI à tou(te)s de votre fidélité, pour nos échanges riches et variés !! Il se fait trop tard pour une tasse de thé, mais je la boirai en pensant à vous dans la journée. Donc, à tout à l'heure...... :-) ]
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Myriam3Myriam3   22 mars 2015
Vint p'ei Wou, le prince des harpistes. Sa main caressa tendrement l'instrument, comme l'on cherche à apaiser un cheval rétif, puis toucha doucement les cordes. Il chanta la nature et les saisons, les hautes montagnes et la course des torrents - et tous les souvenirs de l'arbre se réveillèrent! le souffle tiède du printemps joua à nouveau parmi les branches. Les jeunes cascades, dévalant les ravins en dansant, souriaient aux fleurs en bouton. A nouveau l'on entendit les voix rêveuses de l'été - myriades d'insectes, doux battement de la pluie, plainte du coucou. Ecoutez! Un tigre a rugi et le val lui répond! C'est l'automne. Dans la nuit déserte, un croissant de lune, tranchant comme une épée, brille sur l'herbe couronnée de givre. Maintenant l'hiver règne, et des nuées de cygnes tourbillonnent dans l'air enneigé, et des grêlons sonores frappent les branches avec une joie sauvage.
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WitchbladeWitchblade   13 mars 2017
En une époque démocratique comme la nôtre, les hommes réclament à cor et à cri – et sans même tenir compte de leurs propres sentiments – ce que la majorité considère comme le meilleur. Ils délaissent le raffiné pour le coûteux, et la beauté pour la mode. La contemplation de magazines illustrés, digne produit de leur industrialisme, fournit aux masses une nourriture artistique autrement plus digeste que les Primitifs italiens ou les maîtres de l'époque Ashikaga, qu'elles prétendent pourtant admirer. Le nom de l'artiste est plus important à leurs yeux que la qualité de l’œuvre. Comme s'en plaignait déjà un critique chinois il y a quelques siècles : « Les gens critiquent la peinture avec leurs oreilles ».
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>Coutumes, savoir-vivre, folklore>Coutumes générales>Alimentation, boisson et usage de drogues (28)
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