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Nino Frank (Traducteur)
EAN : 9782070786473
406 pages
Gallimard (08/11/2007)
3.85/5   37 notes
Résumé :

Avant que le coq chante réunit trois nouvelles, presque trois courts romans : Par chez nous, La prison et La maison sur les collines. D'abord, il y a Talino, mécanicien, qui, revenu de prison, trouve un emploi dans une ferme lointaine et commet l'irréparable. Ensuite, Stefano, Italien du Nord, assigné à résidence dans une région méridionale : son inadaptation à ce nouveau milieu l'enferme dans une solitude infi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Cesare Pavese possède tout le pessimisme et la désillusion d'une personne trop clairvoyante. C'est donc ce regard qu'il décline dans bon nombre de ses livres et celui-ci ne déroge pas à la règle.

L'ouvrage est composé de trois nouvelles qui ont toutes pour dénominateur commun un épisode de vie " en suspens ", dans un lieu inhabituel pour des raisons peu communes. le titre fait référence à une descente des Allemands dans un repaire d'activistes politiques dans la troisième nouvelle :

1) Par Chez Nous raconte, dans un style qui pourrait faire penser à du Erskine Caldwell, l'équipée de deux innocentés sortant de la prison de Turin : Berto, le narrateur, citadin combinard endurci à la gouaille caractéristique et Talino, l'air niais et débonnaire, fils de paysan piémontais.

Berto, sans feu ni lieu, comprend vite que rien ne le retient à Turin, d'autant plus que Talino l'exhorte à le suivre dans sa campagne natale. Berto n'a aucune confiance en lui et réalise que Talino est bien plus fin qu'il n'en a l'air, ce qui ne l'engage guère à le suivre. Mais, faute de mieux, Berto s'y résout finalement, pour tâcher de gagner quelques sous tant ses poches sonnent le creux.

Berto, mécano de formation, aidera la famille de Talino pour la moisson en faisant fonctionner la batteuse à blé. Arrivé sur place, Berto découvre les soeurs de Talino, dont la belle Gisèle, mais aussi et surtout, le mystère qui entoure l'étrange et imprévisible Talino… Je vous laisse bien évidemment découvrir la suite.

2) La Prison raconte le vécu d'un relégué (c'est-à-dire d'un opposant politique à Mussolini), Stefano, originaire du nord de l'Italie, fraîchement libéré de prison et contraint de demeurer en résidence surveillée dans un village littoral rural du sud de la péninsule.

L'auteur y décrit les murs invisibles que sont la mer d'un côté, le statut " d'étranger " et la méconnaissance des moeurs locales de l'autre. Mais aussi et surtout, le lourd travail psychique que continue d'effectuer la prison dans le comportement du libéré bien après le franchissement des murs de la prison.

Cesare Pavese, comme à son habitude, nous livre une vision désabusée, sans issue, comme quoi, l'on ne sort jamais complètement de prison une fois y être entré.

3) La Maison Sur Les Collines est la plus longue, la plus consistante et probablement la plus crépusculaire des trois nouvelles. Il faut reconnaître que le thème n'en est pas des plus gais puisqu'il s'agit d'une description et d'un recueil d'impression sur les années de guerre, d'angoisse et de traque, où l'on craint à chaque instant de voir débarquer « avant que le coq chante » une milice prête à vous expédier trois balles dans la carlingue parce que vous êtes un sympathisant de l'opposition politique.

La maison sur les collines est donc le refuge, à quelques encablures de Turin, de ces activistes rouges au moment où les chemises noires de Mussolini vacillent au milieu de la guerre. Après les angoisses évidentes liées aux bombardements aveugles, où l'on ne sait jamais si l'on sera sur la liste des dommages collatéraux, Cesare Pavese s'attarde sur l'angoisse, plus vicieuse et plus sourde encore, celle qui ne fait pas de bruit et qui n'est pas annoncée par les alarmes ou les sirènes, celle des descentes punitives.

Cette dernière nouvelle est vraiment glauque, sans issue et l'on comprend sans peine que l'auteur, hanté et tiraillé par les démons qu'il décrit si bien, ait choisi d'en finir quelques mois après la publication de ce livre. J'en veux pour preuve la toute dernière phrase du livre : « Il n'y a peut-être que les morts à le savoir, et il n'y a qu'eux pour qui la guerre soit finie pour de bon. »

Ceci peut également nous rappeler le témoignage d'un autre vibrant témoin italien des heures sombres de la guerre, Primo Lévi, qui a lui aussi choisi d'en finir ainsi, n'ayant jamais totalement réussi à tourner la page des atrocités vécues. Je vous préviens donc que si vous attendez la gaieté dans les chaumières, ce livre ne vous conviendra peut-être pas, mais ceci dit, ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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les écrits de Pavese sont difficiles et terriblement désespérants car il fouille avec minutie l'âme humaine et réussit à lui arracher ce qu'elle a de plus bas et de plus abject sans lui trouver aucun agrément.
Ces nouvelles ne font pas exceptions
Elles mettent en scène un monde paysan de l'entre-deux guerre assez arriéré, très cru décrit avec minutie (on peut faire un parallèle avec celui de Magnan au-delà des Alpes pas très loin mais en plus sordide)
D'une pauvreté effrayante qu'on peine à imaginer tant c'est un passé récent: vie de misère réduite à minima, promiscuité épouvantable, apprêté aux gains et des contacts, des personnages brutaux et libidineux comme des lapins.
Une communauté qui a plus de point communs avec une ménagerie qu'une société: les femmes réduites à leur fonction reproductrice comme des truies prolifiques et pas mieux considérées par un patriarcat brutal, prompt à se servir de la ceinture et de la fourche. Personnages qui pourtant s'habillent et ne ratent a aucunes occasions les messes et autres réjouissances religieuses
Les personnages sont croqués surtout dans leurs imperfections, vices, mesquinerie, bassesse, sournoiserie, incompréhension affective de l'autre, incompatibilité sociale avec les autres. Pavese ne leur fait grâce d' aucune indulgence, d'aucun espoir.
Il exprime un certain dégoût pour les rapports sexuels réduits au minimum et sans affection ainsi qu'une misogynie pour les femmes souvent jugées en fonction de leurs formes appétissantes ou non: Elles on « un visage noir de chèvres » avec « un museau » et les hommes sont considérés comme des bovins.
Il observe son petit monde de l'extérieur avec beaucoup de justesse et finesse : il en saisit l'essentiel et va profondément: un examen clinique. Cela est étonnant de la part d'un pur écrivain intellectuel

Une analyse très sordide tant elle est froide et précise : elle ne laisse aucun espoir et manque singulièrement d'humanité et de chaleur. Elle en reste a l'état de concept intellectuel qui sonne juste, certes, mais il lui manque l'épaisseur du vécu « à l'intérieur » C'est un style littéraire désabusé et chaotique qui correspond bien à l'état psychologique quelque peu perturbé de Pavese
Une littérature bien trop froide pour être appréciée à sa juste valeur.
Une littérature sur la solitude humaine et l'impossibilité de communiquer qui se retrouve dans les liens entre le lecteur et l'écrivain même si, somme toute, on comprend.
le problème c'est admettre, et c'est difficile car le contenu est désespérant: la vie c'est ça !

La première nouvelle est la plus intéressante. Pavese nous livre le monde brut de la campagne, sans fard, terriblement cruel mais cela sonne très juste
La seconde parle d'un prisonnier politique assigné à domicile à la campagne. Vécu comme un exil il ne cherche pas à s'intégrer mais juste
à assumer ses besoins primaires dans un village ou il reste un étranger. Un peu d'introspection du personnage, pas ou si peu de réflexion politique. Texte un peu lancinant le personnage bien que pensé est en fait de nature très plate.
La troisième met en scène un enseignant qui navigue en campagne et Turin sous les bombes . Se mêle une amourette ancienne qui resurgit et un positionnement du personnage sur la guerre et le fascisme. Nouvelle très décousue au quelle on ne croit pas un seul instant d'ailleurs Pavese, pour être aussi piètre conteur, n'y croit pas non plus seul l'aspect amoureux est acceptable L'aspect politique semble complètement irréaliste.

Globalement un livre plutôt déprimant par ses sujets mais le style d'écriture reste de bon aloi quoique trop artificiel.
Les nouvelles ne sont pas bien mariées entre elles: leur seul point commun le monde paysan.
Pavese tient ses personnages à distance comme des marionnettes qui le répugnent et expose des sujets auxquels il ne croit pas .
Plutôt décevant par rapport à ce qu'on attend d'un écrivain aussi renommé.
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J'avais lu la version italienne qui ne contient que deux récits : "Il carcere", la prison écrit en 1838-39 et La maison dans la colline de 1947-48.
Le lien entre les deux est la place de l'autobiographie de l'auteur.
La Prison est à l'image de la solitude du protagoniste, caractéristique de la nature profonde de Pavese.
Le récit, écrit à la troisième personne retrace l'histoire d'un ingénieur du Nord Stefano, relégué pour antifascisme dans un petit village du Sud, le Mezzogiorno, situé en bord de mer. Ceci me rappelle "Le Christ s'est arrêté à Eboli" de Carlo Levi. Même cause, même effet.
La prison de Stefano n'est pas tant son apprentissage politique que la vérification, la révélation de sa propre nature et de ses propres sentiments, dans un paysage splendide et inerte. Habité par des femmes ! L'une, mal mariée, lui voue un amour profond qui finira par lui peser, tandis que l'autre , une sauvageonne, sera la source de son désir inassouvi.
Le récit est habilement rythmé par le passage du temps, les occupations quotidiennes.

Le même motif de liberté retrouvée reviendra dans "La maison dans la colline". Dramatique liberté pendant la guerre.
Corrado est un jeune professeur qui se raconte à la première personne. Il est un intellectuel troublé au moment du choix politique, mais non de ses idées.
Corrado personnifie le drame des personnages de Pavese qui, en prise à la violence et à la guerre cherche à vaincre sa propre nature solitaire, s'ouvrant aux autres et participant à leur lutte mais sans pouvoir changer sa nature intellectuelle introvertie et complexe.
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Dans le prolongement de l'exercice personnel du Métier de Vivre, Cesar Pavese propose ici trois récits de solitudes insolvables. Ses personnages sont rompus, en vacance d'humanité, remis d'un cataclysme dont ils ne se souviennent peut-être presque plus eux-mêmes.


Dans la première nouvelle (Par chez nous), la jeunesse des personnages maintient encore une forme de distance d'avec le cynisme assez caractéristique de Pavese, dernier sursaut de la possibilité d'une forme de lien à l'autre, mais la relation se présente alors comme dévoration. Dans les deux autres nouvelles (La prison, La maison sur la colline), les tourments politiques ont fini d'éloigner les hommes les uns des autres. La solitude y devient une condition innée, d'abord souffrance, éloignant chacun de la réalité, puis le sauvant au moment où il l'accepte comme cessation du combat – alors la mort de l'âme triomphe.
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Il s'agit d'un recueil de trois longues nouvelles, dans chacune au centre, un homme qui vit un moment décisif de sa vie.

Par chez nous : un petit malfrat sort de prison en même temps qu'un paysan, ce dernier le persuade d'aller chez son père pour travailler en tant que mécanicien. Notre héros va vite se rendre compte que celui qu'il prenait pour un pauvre paysan naïf est bien plus retors et dangereux qu'il n'y paraît.

La prison : Stefano se retrouve en résidence surveillée dans un village de sud de l'Italie, il y a été condamné pour des activités politiques, après avoir connu la prison. Il supporte de plus en plus mal la relégation, et la solitude, n'arrive pas vraiment à comprendre les gens avec qui il est amené à vivre.

La maison sur la colline : Corrado, fils de paysan, après de brillantes études est devenu professeur. Nous sommes vers la fin de la deuxième guerre mondiale, Corrado se voit plutôt comme un opposant au fascisme, mais son opposition ne se traduit pas en actes. Il rencontre son ancienne maîtresse Cate, qu'il n'a pas l'impression de regretter, mais elle a changée, a un enfant, Dino, peut être celui de Corrado. Les amis de Cate sont des opposants beaucoup plus actifs que Corrado, certains prennent le maquis, d'autres sont arrêtés, et Cate elle même connaîtra ce sort. Corrado essaie de s'occuper de Dino, mais l'enfant s'enfuie, et Corrado va se réfugier dans sa famille, pendant que la guerre s'intensifie.

J'ai beaucoup aimé la troisième nouvelle, La maison sur la colline, Pavese rend magistralement compte des indécisions, de la difficulté de s'engager de choisir, ou de s'attacher de Corrado. Il rend le personnage pathétique, pitoyable et attachant. Il fait un beau portrait de Cate et de Dino, les personnages secondaires existent vraiment autrement que par les yeux du personnage principal, ce qui n'était pas trop le cas dans les deux premières nouvelles. La langue est somptueuse. Je suis restée un peu moins concernée par les deux premières nouvelles.
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Citations et extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
... Aglaé m'annonça que son frère était retourné se battre. C'était aussi un destin juste. Que pouvait-il faire d'autre, ce gosse ? Il y en avait beaucoup comme lui qui ne croyaient pas à la guerre, mais la guerre était leur destin, la guerre était partout, et personne ne leur avait appris à faire autre chose. Giorgi était un taciturne. Il avait seulement dit : "C'est là qu'est mon devoir", et il avait recommencé à combattre. Il ne protestait pas, car il n'essayait pas de comprendre.
Ceux qui protestaient, sans mieux comprendre que lui, c'étaient les siens. Je l'appris par Aglaé, qui passait tous les matins devant notre grille, en quête de lait, d’œufs, de potins. Elle s'arrêtait pour bavarder avec la vieille ou avec Elvira, et, dans leurs voix, dans leur chuchotement, je percevais l'écho du salon des Giorgi, d'un monde bien connu, de l'étude du père, riche et industriel. Comment allait la guerre ? Pis qu'avant. Qu'avaient fait les fascistes en se laissant renverser ? Un acte grand, généreux, un sacrifice pour redonner la concorde au pays. Et comment répondait le pays ? Il répondait par des grèves, des trahisons et des chantages. Eh bien, qu'ils continuent. Il y en avait qui faisaient ce qu'il fallait. Tout irait en place plus tôt qu'on ne croyait.
Ainsi grognait la mère d'Elvira, ainsi commença Aglaé, qui voyait tout le monde et savait les affaires de tout le monde. " Nous autres", disait-elle, et, nous autres, c'était le père, c'était le salon, c'était la villa - Qui a souffert de la guerre plus que nous autres ? Notre maison de Turin est sinistrée. Le concierge y est resté. Nous sommes forcés de vivre ici, sur les collines. Mon frère est retourné combattre. Depuis deux ans, il s'expose et se bat. Pourquoi les factieux nous en veulent-ils ?
- Quels factieux ?
- Mais tout le monde, voyons. Les gens qui ne comprennent pas encore pourquoi nous sommes en guerre. Les apaches. Vous en connaissez aussi."
Elle me lança ces paroles avec un clin d’œil et en rejetant la tête en arrière, avec quelque coquetterie.
"Je ne connais pas d'apaches, coupai-je ; je connais seulement des gens qui travaillent.
- Voilà, vous vous mettez en fureur, me dit-elle, avec amusement. Nous savons que vous fréquentez certain bistro, nous connaissons les gens que vous y voyez...
- Ça, c'est le bouquet, coupai-je court ; et qui seraient donc mes apaches ?"
Aglaé se tut et baissa la tête, reprenant ses distances.
"En fait d'apaches, lui dis-je, je ne connais que ceux qui nous ont jetés dans la guerre et qui mettent encore tous leurs espoirs en elle."
Toute haletante, elle me regarda de travers. On aurait dit une écolière prise en faute et qui enrage.
"Votre frère n'est pas en cause, lui dis-je. Votre frère est quelqu'un qui se fait des illusions, il paye pour les autres. Mais au moins, il a du courage. Les autres, pas du tout.
- Vous, vous en avez beaucoup", dit Aglaé, furieuse.
C'est sur ces paroles que nous nous quittâmes. Mais l'histoire du bistro ne faisait que commencer. Un jour, comme j'entrais dans la cuisine et qu' Elvira y battait une crème..., je lui dis : "La faim n'arrive pas jusqu'ici"
Elle leva la tête : "On ne trouve plus rien. Ni œufs ni beurre, même en y mettant le prix. Tout est raflé par des gens qui, autrefois se contentaient de pommes de terre en robe de chambre.
- Si au moins on pouvait toujours en avoir", répondis-je
Elvira s'approcha de ses fourneaux, en fronçant les sourcils. Elle me tournait le dos.
"C'est les bistros où l'on passe les nuits à faire bombance qui achètent tout.
- On y dort aussi par terre, dis-je.
- Ça n'a rien à voir, éclata Elvira en se retournant. En tout cas, ce n'est pas de gens comme nous.
- À n'en pas douter, lui dis-je, ils valent beaucoup mieux que nous."
Elle se palpait la gorge, les yeux indignés.
"Si c'est pour les femmes et le vin que vous dîtes ça, parlez en plutôt à Belbo, repris-je ; lui, il s'accorde aussi bien que moi avec ces gens là. Il n'y a que les chiens pour juger équitablement notre prochain.
- Mais ce sont...
- Des factieux, je sais. Heureusement. Vous croyez que le monde n'est fait que de curés et de fascistes ?...
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On en était au point où cela ne pourrait pas aller pis. (...) Un consommateur de ma connaissance, homme gros et jovial, dit que, somme toute, nous avions déjà gagné la guerre. "Si je me regarde autour, qu'est-ce que je vois ? s'exclamait-il. Des trains bondés, le commerce prospère, le marché noir, l'argent, les hôtels travaillent, les firmes travaillent, partout on travaille et on dépense. Personne ne lâchera, voyons, personne ne parle de laisser tomber. Quatre maisons qu'on a mises en miettes, et après ? (...) Si, après trois années de guerre, on en est arrivés à ce point, il faut espérer qu'elle durera encore un moment. Après tout, s'il s'agit de mourir dans son lit, on en est tous capables.
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La guerre m'a simplement ôté le dernier scrupule de vivre seul, de me manger tout seul les années et le cœur, et un beau jour je me suis aperçu que Belbo, mon gros chien, était encore le dernier confident sincère que j'avais.
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Stephano se demanda avec un demi-sourire ce qu'il pouvait bien y avoir d'essentiel dans un ciel, dans un visage humain, dans une route qui se perd parmi les oliviers, pour que le sang des prisonniers se cognât avec un tel désir contre les barreaux.
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Pourquoi le salut a été pour moi et non pour Gallo, non pour Tono, non pour Cate, je l'ignore. Peut-être parce que j'ai encore à souffrir ? Parce que je suis le plus inutile et que je ne mérite rien, pas même un châtiment ? (...) L'expérience du danger nous rend tous les jours un peu plus lâches. Elle nous abêtit, et j'en suis au point que de rester vivant par hasard, alors que tant d'autres qui valaient mieux que moi sont morts, ne me satisfait pas, ne me suffit pas. (...) Je me dis que de vivre par hasard, ce n'est pas vivre. Et je me demande si je me suis réellement tiré d'affaire.
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Vidéo de Cesare Pavese
« […] Jour après jour, Saba - de son vrai nom Umberto Poli (1883-1957) - compose le “livre d'heures“ d'un poète en situation de frontière, il scrute cette âme et ce coeurs singuliers qui, par leur tendresse autant que leur perversité, par la profondeur de leur angoisse, estiment pouvoir parler une langue exemplaire. […] […] Au secret du coeur, dans une nuit pétrie d'angoisse mais consolée par la valeur que le poète attribue à son tourment, cette poésie est une étreinte : à fleur de peau, de voix, une fois encore sentir la présence de l'autre, porteur d'une joie qu'on n'espérait plus. […] Jamais Saba n'avait été aussi proche de son modèle de toujours, Leopardi (1798-1837) ; jamais poèmes n'avaient avoué semblable dette à l'égard de l'Infini. le Triestin rejoint l'auteur des Canti dans une sorte d'intime immensité. […] […] Comme le souligne Elsa Morante (1912-1985), Saba est plutôt l'un des rares poètes qui, au prix d'une tension infinie, ait élevé la complexité du destin moderne à hauteur d'un chant limpide. Mais limpidité n'est pas édulcoration, et permet au lecteur de percevoir deux immensités : le dédale poétique, l'infinie compassion. » (Bernard Simeone, L'étreinte.)
« […] La première édition du Canzoniere, qui regroupe tous ses poèmes, est fort mal accueillie par la critique en 1921. […] Le Canzoniere est un des premiers livres que publie Einaudi après la guerre […] L'important prix Vareggio de poésie, obtenu en 1946, la haute reconnaissance du prix Etna-Taormina ou du prix de l'Accademia dei Lincei, ne peuvent toutefois tirer le poète d'une profonde solitude, à la fois voulue et subie : il songe au suicide, s'adonne à la drogue. En 1953, il commence la rédaction d'Ernesto, son unique roman, qui ne paraîtra, inachevé, qu'en 1975. […] »
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Référence bibliographique : Umberto Saba, du Canzoniere, choix traduit par Philippe et Bernard Simeone, Paris, Orphée/La Différence, 1992.
Image d'illustration : https://itinerari.comune.trieste.it/en/the-trieste-of-umberto-saba/
Bande sonore originale : Maarten Schellekens - Hesitation Hesitation by Maarten Schellekens is licensed under a Attribution-NonCommercial-NoDerivatives 4.0 International License.
Site : https://freemusicarchive.org/music/maarten-schellekens/soft-piano-and-guitar/hesitation/
#UmbertoSaba #Canzoniere #PoésieItalienne
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