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Nino Frank (Traducteur)
ISBN : 2070786471
Éditeur : Gallimard (08/11/2007)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 24 notes)
Résumé :

Avant que le coq chante réunit trois nouvelles, presque trois courts romans : Par chez nous, La prison et La maison sur les collines. D'abord, il y a Talino, mécanicien, qui, revenu de prison, trouve un emploi dans une ferme lointaine et commet l'irréparable. Ensuite, Stefano, Italien du Nord, assigné à résidence dans une région méridionale : son inadaptation à ce nouveau milieu l'enferme dans une solitude infi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Nastasia-B
  19 août 2015
Cesare Pavese possède tout le pessimisme et la désillusion d'une personne trop clairvoyante. C'est donc ce regard qu'il décline dans bon nombre de ses livres et celui-ci ne déroge pas à la règle.
L'ouvrage est composé de trois nouvelles qui ont toutes pour dénominateur commun un épisode de vie " en suspens ", dans un lieu inhabituel pour des raisons peu communes. le titre fait référence à une descente des Allemands dans un repaire d'activistes politiques dans la troisième nouvelle :
1) Par Chez Nous raconte, dans un style qui pourrait faire penser à du Erskine Caldwell, l'équipée de deux innocentés sortant de la prison de Turin : Berto, le narrateur, citadin combinard endurci à la gouaille caractéristique et Talino, l'air niais et débonnaire, fils de paysan piémontais.
Berto, sans feu ni lieu, comprend vite que rien ne le retient à Turin, d'autant plus que Talino l'exhorte à le suivre dans sa campagne natale. Berto n'a aucune confiance en lui et réalise que Talino est bien plus fin qu'il n'en a l'air, ce qui ne l'engage guère à le suivre. Mais, faute de mieux, Berto s'y résout finalement, pour tâcher de gagner quelques sous tant ses poches sonnent le creux.
Berto, mécano de formation, aidera la famille de Talino pour la moisson en faisant fonctionner la batteuse à blé. Arrivé sur place, Berto découvre les soeurs de Talino, dont la belle Gisèle, mais aussi et surtout, le mystère qui entoure l'étrange et imprévisible Talino… Je vous laisse bien évidemment découvrir la suite.
2) La Prison raconte le vécu d'un relégué (c'est-à-dire d'un opposant politique à Mussolini), Stefano, originaire du nord de l'Italie, fraîchement libéré de prison et contraint de demeurer en résidence surveillée dans un village littoral rural du sud de la péninsule.
L'auteur y décrit les murs invisibles que sont la mer d'un côté, le statut " d'étranger " et la méconnaissance des moeurs locales de l'autre. Mais aussi et surtout, le lourd travail psychique que continue d'effectuer la prison dans le comportement du libéré bien après le franchissement des murs de la prison.
Cesare Pavese, comme à son habitude, nous livre une vision désabusée, sans issue, comme quoi, l'on ne sort jamais complètement de prison une fois y être entré.
3) La Maison Sur Les Collines est la plus longue, la plus consistante et probablement la plus crépusculaire des trois nouvelles. Il faut reconnaître que le thème n'en est pas des plus gais puisqu'il s'agit d'une description et d'un recueil d'impression sur les années de guerre, d'angoisse et de traque, où l'on craint à chaque instant de voir débarquer « avant que le coq chante » une milice prête à vous expédier trois balles dans la carlingue parce que vous êtes un sympathisant de l'opposition politique.
La maison sur les collines est donc le refuge, à quelques encablures de Turin, de ces activistes rouges au moment où les chemises noires de Mussolini vacillent au milieu de la guerre. Après les angoisses évidentes liées aux bombardements aveugles, où l'on ne sait jamais si l'on sera sur la liste des dommages collatéraux, Cesare Pavese s'attarde sur l'angoisse, plus vicieuse et plus sourde encore, celle qui ne fait pas de bruit et qui n'est pas annoncée par les alarmes ou les sirènes, celle des descentes punitives.
Cette dernière nouvelle est vraiment glauque, sans issue et l'on comprend sans peine que l'auteur, hanté et tiraillé par les démons qu'il décrit si bien, ait choisi d'en finir quelques mois après la publication de ce livre. J'en veux pour preuve la toute dernière phrase du livre : « Il n'y a peut-être que les morts à le savoir, et il n'y a qu'eux pour qui la guerre soit finie pour de bon. »
Ceci peut également nous rappeler le témoignage d'un autre vibrant témoin italien des heures sombres de la guerre, Primo Lévi, qui a lui aussi choisi d'en finir ainsi, n'ayant jamais totalement réussi à tourner la page des atrocités vécues. Je vous préviens donc que si vous attendez la gaieté dans les chaumières, ce livre ne vous conviendra peut-être pas, mais ceci dit, ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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mireille.lefustec
  29 août 2017
J'avais lu la version italienne qui ne contient que deux récits : "Il carcere", la prison écrit en 1838-39 et La maison dans la colline de 1947-48.
Le lien entre les deux est la place de l'autobiographie de l'auteur.
La Prison est à l'image de la solitude du protagoniste, caractéristique de la nature profonde de Pavese.
Le récit, écrit à la troisième personne retrace l'histoire d'un ingénieur du Nord Stefano, relégué pour antifascisme dans un petit village du Sud, le Mezzogiorno, situé en bord de mer. Ceci me rappelle "Le Christ s'est arrêté à Eboli" de Carlo Levi. Même cause, même effet.
La prison de Stefano n'est pas tant son apprentissage politique que la vérification, la révélation de sa propre nature et de ses propres sentiments, dans un paysage splendide et inerte. Habité par des femmes ! L'une, mal mariée, lui voue un amour profond qui finira par lui peser, tandis que l'autre , une sauvageonne, sera la source de son désir inassouvi.
Le récit est habilement rythmé par le passage du temps, les occupations quotidiennes.
Le même motif de liberté retrouvée reviendra dans "La maison dans la colline". Dramatique liberté pendant la guerre.
Corrado est un jeune professeur qui se raconte à la première personne. Il est un intellectuel troublé au moment du choix politique, mais non de ses idées.
Corrado personnifie le drame des personnages de Pavese qui, en prise à la violence et à la guerre cherche à vaincre sa propre nature solitaire, s'ouvrant aux autres et participant à leur lutte mais sans pouvoir changer sa nature intellectuelle introvertie et complexe.
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5Arabella
  06 août 2016
Il s'agit d'un recueil de trois longues nouvelles, dans chacune au centre, un homme qui vit un moment décisif de sa vie.
Par chez nous : un petit malfrat sort de prison en même temps qu'un paysan, ce dernier le persuade d'aller chez son père pour travailler en tant que mécanicien. Notre héros va vite se rendre compte que celui qu'il prenait pour un pauvre paysan naïf est bien plus retors et dangereux qu'il n'y paraît.
La prison : Stefano se retrouve en résidence surveillée dans un village de sud de l'Italie, il y a été condamné pour des activités politiques, après avoir connu la prison. Il supporte de plus en plus mal la relégation, et la solitude, n'arrive pas vraiment à comprendre les gens avec qui il est amené à vivre.
La maison sur la colline : Corrado, fils de paysan, après de brillantes études est devenu professeur. Nous sommes vers la fin de la deuxième guerre mondiale, Corrado se voit plutôt comme un opposant au fascisme, mais son opposition ne se traduit pas en actes. Il rencontre son ancienne maîtresse Cate, qu'il n'a pas l'impression de regretter, mais elle a changée, a un enfant, Dino, peut être celui de Corrado. Les amis de Cate sont des opposants beaucoup plus actifs que Corrado, certains prennent le maquis, d'autres sont arrêtés, et Cate elle même connaîtra ce sort. Corrado essaie de s'occuper de Dino, mais l'enfant s'enfuie, et Corrado va se réfugier dans sa famille, pendant que la guerre s'intensifie.
J'ai beaucoup aimé la troisième nouvelle, La maison sur la colline, Pavese rend magistralement compte des indécisions, de la difficulté de s'engager de choisir, ou de s'attacher de Corrado. Il rend le personnage pathétique, pitoyable et attachant. Il fait un beau portrait de Cate et de Dino, les personnages secondaires existent vraiment autrement que par les yeux du personnage principal, ce qui n'était pas trop le cas dans les deux premières nouvelles. La langue est somptueuse. Je suis restée un peu moins concernée par les deux premières nouvelles.
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oblo
  09 juin 2015
Le recueil comporte trois nouvelles, composées entre 1943 et 1947, lesquelles se déroulent dans le Piémont natal de l'auteur - hormis - et sont contées dans une langue simple, symbole autant du pays que des habitants.
La première nouvelle, Par chez nous, fait surgir dans le quotidien de paysans piémontais un dénommé Berto, citadin gouailleur et récemment sorti de prison, qui accompagne Talino, fils des paysans locaux. Tandis qu'il répare la batteuse à blé, Berto découvre les mystères de la famille de Talino, entre non-dits et les violences, tandis que sous le soleil italien se trame une tragédie à laquelle Berto assiste et participe.
La prison est davantage autobiographique : Pavese retrace le quotidien d'un prisonnier politique du régime mussolinien dans un village du Mezzogiorno. C'est un récit immobile où le narrateur décrit son statut d'étranger, se lamente de sa méconnaissance des moeurs locales. La prison, c'est ce village du bord de mer où il est libre de ses mouvements mais qui le marque durablement.
La maison sur la colline est la plus longue des nouvelles. de nouveau situé dans le Piémont, le récit a pour personnage principal un professeur, Corrado, et a pour toile de fond la résistance au fascisme incarnée par Cate, l'amour de jeunesse de Corrado.
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   05 octobre 2012
On en était au point où cela ne pourrait pas aller pis. (...) Un consommateur de ma connaissance, homme gros et jovial, dit que, somme toute, nous avions déjà gagné la guerre. "Si je me regarde autour, qu'est-ce que je vois ? s'exclamait-il. Des trains bondés, le commerce prospère, le marché noir, l'argent, les hôtels travaillent, les firmes travaillent, partout on travaille et on dépense. Personne ne lâchera, voyons, personne ne parle de laisser tomber. Quatre maisons qu'on a mises en miettes, et après ? (...) Si, après trois années de guerre, on en est arrivés à ce point, il faut espérer qu'elle durera encore un moment. Après tout, s'il s'agit de mourir dans son lit, on en est tous capables.
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Nastasia-BNastasia-B   27 juin 2014
La guerre m'a simplement ôté le dernier scrupule de vivre seul, de me manger tout seul les années et le cœur, et un beau jour je me suis aperçu que Belbo, mon gros chien, était encore le dernier confident sincère que j'avais.
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Nastasia-BNastasia-B   24 janvier 2015
Stephano se demanda avec un demi-sourire ce qu'il pouvait bien y avoir d'essentiel dans un ciel, dans un visage humain, dans une route qui se perd parmi les oliviers, pour que le sang des prisonniers se cognât avec un tel désir contre les barreaux.
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Nastasia-BNastasia-B   09 septembre 2012
Pourquoi le salut a été pour moi et non pour Gallo, non pour Tono, non pour Cate, je l'ignore. Peut-être parce que j'ai encore à souffrir ? Parce que je suis le plus inutile et que je ne mérite rien, pas même un châtiment ? (...) L'expérience du danger nous rend tous les jours un peu plus lâches. Elle nous abêtit, et j'en suis au point que de rester vivant par hasard, alors que tant d'autres qui valaient mieux que moi sont morts, ne me satisfait pas, ne me suffit pas. (...) Je me dis que de vivre par hasard, ce n'est pas vivre. Et je me demande si je me suis réellement tiré d'affaire.
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Nastasia-BNastasia-B   18 décembre 2012
Étrange chose, pensais-je, avec les mioches c'est comme avec les adultes : ils en ont assez quand on s'occupe trop d'eux. L'amour est quelque chose qui embête.
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