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EAN : 9782070249589
238 pages
Gallimard (12/02/1965)
4.03/5   33 notes
Résumé :
Dans le microcosme social que constitue une plage pendant la saison balnéaire, le narrateur observe jalousement un couple ami. En attendant, en souhaitant même peut-être obscurément une rupture, il décrit en contrepoint sa solitude sans espoir, telle que fut celle de Pavese.

Dans La Lune et les feux, un ancien pupille de l'Assistance publique, revient, après avoir émigré, au pays qui lui tient lieu de pays natal. C'est pour l'auteur un retour aux sou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Cesare Pavese nous offre, en guise de testament littéraire, ce texte, assez proche d'une autobiographie. (Quelques mois plus tard, l'auteur allait se suicider.)

Le narrateur, fils de rien à l'assistance publique, a grandi sans amour dans une famille paysanne très pauvre du Piémont Italien, qui s'est chargée de lui simplement pour toucher l'aide sociale. Après vingt ans passés hors de cette terre d'enfance, après avoir fait, en quelque sorte, " fortune " aux États-Unis et à Gênes, le narrateur revient, en quête d'un semblant d'identité.

Plus rien n'est comme avant : la guerre et les tueries sont passées par là. Ne restent que ses sensations qu'il peut revivre en pointillé. Seul un ami, Nuto, demeure encore dans les environs et peut lui faire état de l'étendue et du déroulement des nombreux changements survenus depuis son départ. Presque tous les autres sont morts, d'une façon ou d'une autre.

Par de fréquentes allées et venues dans le temps et dans l'espace (Italie, États-Unis, maison d'enfance, positions plus tardives), Cesare Pavese nous berce dans son jus afin de nous faire ressentir l'absence et le vide que peut éprouver celui qui revient et qui ne retrouve plus grand-chose de ce qui lui avait permis de se construire.

Au total, La Lune Et Les Feux est un livre très nostalgique, qui peut parfois, par certains traits, faire penser à des romans de Milan Kundera (La Plaisanterie, surtout, mais aussi L'insoutenable Légèreté de L'Être, notamment par l'entremise du personnage de Nuto, musicien qui m'évoque l'orchestre morave de Kundera) ou bien alors à d'autres écrivains d'Italie du Nord sans fioriture, comme par exemple Mario Rigoni Stern, mais en plus désabusé encore.

Donc, dépressifs s'abstenir, mais pour le reste, c'est du solide, du moins c'est mon avis, un feu de paille, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Ce livre n'est pas une révélation , il est bien écrit et fait part d'une expérience de retour partagée par beaucoup de lecteurs .
Le titre La lune et les feux publié en 1950 fait référence aux croyances encore en vigueur selon lesquelles , la lune et les feux ont une influence sur les cultures dans la région rurale d'Italie où le narrateur est de retour après vingt ans d'absence.
Le narrateur enfant de l'Assistance publique placé dans une famille puis dans une autre maison finit par partir en Amérique et à 40 ans il a amassé une petite fortune .
Pour moi, ses propos et ses pensées lors de son retour dans sa région natale ne sont pas empreints de beaucoup de nostalgie.Le narrateur cherche à y( re)trouver ce qu'il voyait avant de partir.C'est une interrogation sur l'identité de son pays et sur sa propre identité.
Dans une région marquée par le metayage,les paysans vivent misérablement et cette précarité est toujours d'actualité quand le narrateur revient. Ainsi le père de Cinto, un enfant estropié que le narrateur a pris sous sa protection, met-il le feu à sa maison et à son étable , drame de la misère et de la folie.
Avec son ami de jeunesse Nuto qui lui n'a jamais quitté son village, le narrateur dresse le bilan des événements qui se sont passés pendant cette longue absence, la famille de Padrino a disparu,celle de Sor Matteo aussi, lors de la guerre des partisans ont été exécutés.
Les échanges entre Nuto et le narrateur sont un aspect intéressant du livre: Nuto a une conscience politique, son destin c'est de modifier les choses, de faire que les gens ne continuent pas à vivre comme des brutes. Quand il était jeune , Nuto a été comme un passeur pour le narrateur, il lui a appris que l'on ne parle pas seulement pour informer mais pour échanger, discuter.
Le récit nous livre le point de vue de l'auteur sur l'Italie des années 1950 .
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titre italien "La luna e i falo' écrit en 1949, publié en 1950, quelques mois avant sa mort.
Ce livre est l'aboutissement de la carrière littéraire et poétique de Pavese.; Un testament, sur son enfance et son antifascisme.
Le narrateur, Anguilla, dont on ne connaît que ce surnom de son adolescence, raconte à la première personne.
Il a la quarantaine, il revient dans les Langhe, sa terre d'origine, après avoir émigré aux Etats-Unis.
Orphelin, il avait été adopté par une famille paysanne.
Il a treize ans à la mort de son père adoptif et il va s'employer à la ferme de la Nora, où il se lie d'amitié avec les jeunes filles.
A Gênes, il prend contact avec les milieux antifascistes.
Au moment de son service militaire, pour fuir le Régime, il émigre aux Etats-Unis.
La nostalgie le fera revenir au pays.
Le retour est amer : tout a changé . Il se lie avec le jeune fils boiteux de l'ancienne ferme. Il l'emmène dans les collines, lui transmet ce qu'il a connu, ce qu'a été sa propre jeunesse.
Un ancien forgeron, ex partisan, lui révèle les horreurs de la guerre civile et la fin dramatique de plusieurs membres de la ferme.
Ce roman est divisé en trente deux chapitres brefs, consacrés aux souvenirs ou à une scène narrative.
On l'importance du rôle de la mémoire, la transfiguration du souvenir en symbole. Anguilla s'interroge sur la condition d'orphelin, sur ses propres origines. Il n'a pas de lieu natal auquel se sentir affectivement lié.
Pour Pavese, ce roman est l'achèvement d'un cycle personnel et collectif.
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Je ne me souvenais même plus avoir lu ce livre. C'est en parcourant les critiques sur Babelio que j'ai reconnu l'intrigue. Cet homme qui revient au pays après une longue absence d'Italie, et qui ne reconnaît plus grand-chose des lieux et des gens liés à son enfance. Se retrouvant étranger parmi les siens.
J'ai toujours eu beaucoup de mal avec Pavese. Ses intrigues me semblent assez banales. Difficulté à saisir ses questionnements. Peut-être aussi du fait de son amour pour sa région, le Piémont, région qui me laisse assez indifférent. D'ailleurs je le trouve assez en adéquation avec la monotonie de cette région.
Mais ce n'est qu'un avis lié à un lointain souvenir. Rien.
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De retour à son pays d'origine où il a vécu depuis l'enfance jusqu'à son départ en Amérique, le narrateur revenu au pays, sur les traces de son passé, retrouve ceux qu'il a côtoyés autrefois, à la fois les mêmes et à la fois devenus étrangers à lui, il apprend les drames qui se sont passés depuis son départ, puis ceux qui sont morts, et ceux qui sont partis de la région. Rien n'a changé et en même temps, tout a changé. À travers les collines, la plaine du Piémont, les tilleuls et leur senteur marquée comme une empreinte, à travers ces paysages familiers, c'est le rapport au temps qui fait mal. Se mêlent le passé et le présent, la nostalgie de l'impossible retour dans le passé, et ce temps qui passe inexorablement. La solitude du narrateur est comme un destin, solitude de souffrance mais aussi solitude voulue. Derrière ces descriptions des paysages de son Piémont, la mélancolie d'aujourd'hui est la douleur qui fait place à l'ennui d'autrefois. Ce temps qu'il a vécu ailleurs, en Amérique, puis à Gênes, cette rupture avec le passé pour échapper à l'ennui, aux jours qui s'égrènent toujours les mêmes, insupportables jusqu'à partir…, ont-ils forgé un autre homme ? Quel homme serait-il devenu s'il était resté ?
Le récit de Pavese, ce récit du narrateur, est celui de la solitude, de l'ennui, de la nostalgie.
Très belle lecture que 'La Lune et les Feux' de Cesare Pavese.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Cette fois, il resta silencieux, avançant les lèvres, et ce ne fut que lorsque je lui parlai de cette histoire des feux allumés dans les chaumes qu'il releva la tête. "Ils font du bien, c'est sûr, dit-il brusquement. Ils réveillent la terre.
- Mais, Nuto, dis-je, même un enfant ne croît pas à ça."
Et pourtant, dit-il, lui ne savait pas ce que c'était, si c'était la chaleur ou la flamme ou si c'était que les humeurs se réveillaient, mais le fait est que tous les champs cultivés au bord desquels on allumait un feu donnaient une récolte plus juteuse, plus vivace.
- Elle est nouvelle, celle-là, dis-je. Alors, tu crois aussi à la lune ?
- La lune, dit Nuto, on est bien forcé d'y croire. Essaie de tailler un pin quand c'est la pleine lune, et les vers te le mangeront. Une cuve, il faut la laver quand la lune est jeune. Même les greffes, si on ne les fait pas les premiers jours de la lune, elles ne prennent pas.
Je lui dis alors que par le monde, j'avais entendu des tas d'histoires, mais que les plus dures à avaler c'étaient celles-ci. Il était inutile qu'il trouve tellement à redire sur le gouvernement et sur les discours des prêtres, s'il croyait aussi à ces superstitions, comme les parents de sa grand-mère. Et ce fut alors que Nuto me dit très calmement que seule est superstition celle qui fait du mal, et que si quelqu'un se servait de la lune et des feux pour voler les paysans et les maintenir dans l'ignorance, alors ce serait lui l'ignorant et il faudrait le fusiller sur place.
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Et pourtant, ce pays était grand, il y en avait pour tout le monde. Il y avait des femmes, il y avait de la terre, il y avait de l'argent. Mais personne n'en avait assez, personne, quoi qu'il possédât, ne s'arrêtait, et les champs, et même les vignes, avaient l'air de jardins publics, de plates-bandes factices comme celles des gares, ou bien ils étaient incultes, des terres brûlées, des montagnes de ferraille. Ce n'était pas un pays où l'on pouvait se résigner, poser sa tête et dire aux autres: ' ' Quoi qu'il arrive, vous me connaissez. Quoi qu'il arrive, laissez-moi vivre. ' ' C'était ça qui faisait peur. Même entre eux, ils ne se connaissaient pas; en traversant les montagnes, on comprenait à chaque tournant que personne ne s'était jamais arrêté là, que personne ne les avait jamais touchées avec ses mains.
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Mais moi, qui ne croyais pas à la lune, je savais que, somme toute, seules comptent les saisons et que les saisons, ce sont celles qui vous ont fait vos os, que l'on a mangées quand on était gosse.
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chap. VII - p.54
.
La nuit, quand je rentrais, je me mettais à ma fenêtre pour fumer. On s'imagine favoriser de la sorte la méditation, mais la vérité c'est qu'en fumant, les pensées se dissipent comme brouillard et que l'on rêvasse tout au plus, ce qui est bien différent de penser.
Les trouvailles, les découvertes viennent, par contre, inopinément : quand on est à table, que l'on nage dans la mer ou que l'on parles de toute autre chose.
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Il faut avoir un pays, ne serait-ce que pour partir. Un pays signifie ne pas être seul, sachant que dans les gens, dans les plantes, dans la terre, il y a quelque chose qui vous appartient, que même lorsque vous n'êtes pas là, elle vous attend.
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Videos de Cesare Pavese (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Cesare Pavese
« […] Jour après jour, Saba - de son vrai nom Umberto Poli (1883-1957) - compose le “livre d'heures“ d'un poète en situation de frontière, il scrute cette âme et ce coeurs singuliers qui, par leur tendresse autant que leur perversité, par la profondeur de leur angoisse, estiment pouvoir parler une langue exemplaire. […] […] Au secret du coeur, dans une nuit pétrie d'angoisse mais consolée par la valeur que le poète attribue à son tourment, cette poésie est une étreinte : à fleur de peau, de voix, une fois encore sentir la présence de l'autre, porteur d'une joie qu'on n'espérait plus. […] Jamais Saba n'avait été aussi proche de son modèle de toujours, Leopardi (1798-1837) ; jamais poèmes n'avaient avoué semblable dette à l'égard de l'Infini. le Triestin rejoint l'auteur des Canti dans une sorte d'intime immensité. […] […] Comme le souligne Elsa Morante (1912-1985), Saba est plutôt l'un des rares poètes qui, au prix d'une tension infinie, ait élevé la complexité du destin moderne à hauteur d'un chant limpide. Mais limpidité n'est pas édulcoration, et permet au lecteur de percevoir deux immensités : le dédale poétique, l'infinie compassion. » (Bernard Simeone, L'étreinte.)
« […] La première édition du Canzoniere, qui regroupe tous ses poèmes, est fort mal accueillie par la critique en 1921. […] Le Canzoniere est un des premiers livres que publie Einaudi après la guerre […] L'important prix Vareggio de poésie, obtenu en 1946, la haute reconnaissance du prix Etna-Taormina ou du prix de l'Accademia dei Lincei, ne peuvent toutefois tirer le poète d'une profonde solitude, à la fois voulue et subie : il songe au suicide, s'adonne à la drogue. En 1953, il commence la rédaction d'Ernesto, son unique roman, qui ne paraîtra, inachevé, qu'en 1975. […] »
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Référence bibliographique : Umberto Saba, du Canzoniere, choix traduit par Philippe et Bernard Simeone, Paris, Orphée/La Différence, 1992.
Image d'illustration : https://itinerari.comune.trieste.it/en/the-trieste-of-umberto-saba/
Bande sonore originale : Maarten Schellekens - Hesitation Hesitation by Maarten Schellekens is licensed under a Attribution-NonCommercial-NoDerivatives 4.0 International License.
Site : https://freemusicarchive.org/music/maarten-schellekens/soft-piano-and-guitar/hesitation/
#UmbertoSaba #Canzoniere #PoésieItalienne
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