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EAN : 9782070249589
238 pages
Éditeur : Gallimard (12/02/1965)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Dans le microcosme social que constitue une plage pendant la saison balnéaire, le narrateur observe jalousement un couple ami. En attendant, en souhaitant même peut-être obscurément une rupture, il décrit en contrepoint sa solitude sans espoir, telle que fut celle de Pavese.

Dans La Lune et les feux, un ancien pupille de l'Assistance publique, revient, après avoir émigré, au pays qui lui tient lieu de pays natal. C'est pour l'auteur un retour aux sou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Nastasia-B
  19 avril 2016
Cesare Pavese nous offre, en guise de testament littéraire, ce texte, assez proche d'une autobiographie. (Quelques mois plus tard, l'auteur allait se suicider.)
Le narrateur, fils de rien à l'assistance publique, a grandi sans amour dans une famille paysanne très pauvre du Piémont Italien, qui s'est chargée de lui simplement pour toucher l'aide sociale. Après vingt ans passés hors de cette terre d'enfance, après avoir fait, en quelque sorte, " fortune " aux États-Unis et à Gênes, le narrateur revient, en quête d'un semblant d'identité.
Plus rien n'est comme avant : la guerre et les tueries sont passées par là. Ne restent que ses sensations qu'il peut revivre en pointillé. Seul un ami, Nuto, demeure encore dans les environs et peut lui faire état de l'étendue et du déroulement des nombreux changements survenus depuis son départ. Presque tous les autres sont morts, d'une façon ou d'une autre.
Par de fréquentes allées et venues dans le temps et dans l'espace (Italie, États-Unis, maison d'enfance, positions plus tardives), Cesare Pavese nous berce dans son jus afin de nous faire ressentir l'absence et le vide que peut éprouver celui qui revient et qui ne retrouve plus grand-chose de ce qui lui avait permis de se construire.
Au total, La Lune Et Les Feux est un livre très nostalgique, qui peut parfois, par certains traits, faire penser à des romans de Milan Kundera (La Plaisanterie, surtout, mais aussi L'insoutenable Légèreté de L'Être, notamment par l'entremise du personnage de Nuto, musicien qui m'évoque l'orchestre morave de Kundera) ou bien alors à d'autres écrivains d'Italie du Nord sans fioriture, comme par exemple Mario Rigoni Stern, mais en plus désabusé encore.
Donc, dépressifs s'abstenir, mais pour le reste, c'est du solide, du moins c'est mon avis, un feu de paille, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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mireille.lefustec
  03 septembre 2017
titre italien "La luna e i falo' écrit en 1949, publié en 1950, quelques mois avant sa mort.
Ce livre est l'aboutissement de la carrière littéraire et poétique de Pavese.; Un testament, sur son enfance et son antifascisme.
Le narrateur, Anguilla, dont on ne connaît que ce surnom de son adolescence, raconte à la première personne.
Il a la quarantaine, il revient dans les Langhe, sa terre d'origine, après avoir émigré aux Etats-Unis.
Orphelin, il avait été adopté par une famille paysanne.
Il a treize ans à la mort de son père adoptif et il va s'employer à la ferme de la Nora, où il se lie d'amitié avec les jeunes filles.
A Gênes, il prend contact avec les milieux antifascistes.
Au moment de son service militaire, pour fuir le Régime, il émigre aux Etats-Unis.
La nostalgie le fera revenir au pays.
Le retour est amer : tout a changé . Il se lie avec le jeune fils boiteux de l'ancienne ferme. Il l'emmène dans les collines, lui transmet ce qu'il a connu, ce qu'a été sa propre jeunesse.
Un ancien forgeron, ex partisan, lui révèle les horreurs de la guerre civile et la fin dramatique de plusieurs membres de la ferme.
Ce roman est divisé en trente deux chapitres brefs, consacrés aux souvenirs ou à une scène narrative.
On l'importance du rôle de la mémoire, la transfiguration du souvenir en symbole. Anguilla s'interroge sur la condition d'orphelin, sur ses propres origines. Il n'a pas de lieu natal auquel se sentir affectivement lié.
Pour Pavese, ce roman est l'achèvement d'un cycle personnel et collectif.
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Unhomosapiens
  06 août 2018
Je ne me souvenais même plus avoir lu ce livre. C'est en parcourant les critiques sur Babelio que j'ai reconnu l'intrigue. Cet homme qui revient au pays après une longue absence d'Italie, et qui ne reconnaît plus grand-chose des lieux et des gens liés à son enfance. Se retrouvant étranger parmi les siens.
J'ai toujours eu beaucoup de mal avec Pavese. Ses intrigues me semblent assez banales. Difficulté à saisir ses questionnements. Peut-être aussi du fait de son amour pour sa région, le Piémont, région qui me laisse assez indifférent. D'ailleurs je le trouve assez en adéquation avec la monotonie de cette région.
Mais ce n'est qu'un avis lié à un lointain souvenir. Rien.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   27 juillet 2012
Cette fois, il resta silencieux, avançant les lèvres, et ce ne fut que lorsque je lui parlai de cette histoire des feux allumés dans les chaumes qu'il releva la tête. "Ils font du bien, c'est sûr, dit-il brusquement. Ils réveillent la terre.
- Mais, Nuto, dis-je, même un enfant ne croît pas à ça."
Et pourtant, dit-il, lui ne savait pas ce que c'était, si c'était la chaleur ou la flamme ou si c'était que les humeurs se réveillaient, mais le fait est que tous les champs cultivés au bord desquels on allumait un feu donnaient une récolte plus juteuse, plus vivace.
- Elle est nouvelle, celle-là, dis-je. Alors, tu crois aussi à la lune ?
- La lune, dit Nuto, on est bien forcé d'y croire. Essaie de tailler un pin quand c'est la pleine lune, et les vers te le mangeront. Une cuve, il faut la laver quand la lune est jeune. Même les greffes, si on ne les fait pas les premiers jours de la lune, elles ne prennent pas.
Je lui dis alors que par le monde, j'avais entendu des tas d'histoires, mais que les plus dures à avaler c'étaient celles-ci. Il était inutile qu'il trouve tellement à redire sur le gouvernement et sur les discours des prêtres, s'il croyait aussi à ces superstitions, comme les parents de sa grand-mère. Et ce fut alors que Nuto me dit très calmement que seule est superstition celle qui fait du mal, et que si quelqu'un se servait de la lune et des feux pour voler les paysans et les maintenir dans l'ignorance, alors ce serait lui l'ignorant et il faudrait le fusiller sur place.
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Nastasia-BNastasia-B   14 juillet 2012
Et pourtant, ce pays était grand, il y en avait pour tout le monde. Il y avait des femmes, il y avait de la terre, il y avait de l'argent. Mais personne n'en avait assez, personne, quoi qu'il possédât, ne s'arrêtait, et les champs, et même les vignes, avaient l'air de jardins publics, de plates-bandes factices comme celles des gares, ou bien ils étaient incultes, des terres brûlées, des montagnes de ferraille. Ce n'était pas un pays où l'on pouvait se résigner, poser sa tête et dire aux autres: ' ' Quoi qu'il arrive, vous me connaissez. Quoi qu'il arrive, laissez-moi vivre. ' ' C'était ça qui faisait peur. Même entre eux, ils ne se connaissaient pas; en traversant les montagnes, on comprenait à chaque tournant que personne ne s'était jamais arrêté là, que personne ne les avait jamais touchées avec ses mains.
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Nastasia-BNastasia-B   08 novembre 2012
Mais moi, qui ne croyais pas à la lune, je savais que, somme toute, seules comptent les saisons et que les saisons, ce sont celles qui vous ont fait vos os, que l'on a mangées quand on était gosse.
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annieannie   05 août 2011
chap. VII - p.54
.
La nuit, quand je rentrais, je me mettais à ma fenêtre pour fumer. On s'imagine favoriser de la sorte la méditation, mais la vérité c'est qu'en fumant, les pensées se dissipent comme brouillard et que l'on rêvasse tout au plus, ce qui est bien différent de penser.
Les trouvailles, les découvertes viennent, par contre, inopinément : quand on est à table, que l'on nage dans la mer ou que l'on parles de toute autre chose.
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