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ISBN : 2021434257
Éditeur : Seuil (02/01/2020)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 8 notes)
Résumé :
À Vitry-sur-Seine, Sihem, jeune franco-algérienne de 23 ans, fait sa rentrée en première au microlycée, un établissement pour élèves décrocheurs. Elle loge à la résidence autonomie Auguste Blanqui, où elle fait la connaissance d’Emile, dit Zapata, un vieux révolutionnaire de 82 ans. Sihem ne croit pas en une société qui, pense-t-elle, ne lui offre pas d’avenir. Zapata cherche un sens à sa vie qui s'achève.

Hélène, la professeure de français de Sihem, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  19 janvier 2020
« Achir pense à cette histoire chaque fois qu'il vient [à Oran, en Algérie] : aux numéros pairs des habitants du front de mer répondent des numéros impairs à Almería [Espagne] sur l'autre rive de la Méditerranée. Il trouve que l'idée est belle. »
Moi aussi.
Et ce livre s'annonçait beau également : d'un côté Achir, un jeune Algérien sans avenir, qui rêve d'exil ; de l'autre Sihem, française sans famille.
A vingt-trois ans, Sihem reprend ses études en classe de Première, dans un microlycée de Vitry-sur-Seine destiné aux élèves en situation de décrochage scolaire.
Pour eux, la réussite se mesure moins aux notes qu'à de petites victoires, chaque jour : se lever, sortir de chez soi, entrer dans l'établissement, dans une classe, et y rester toute la journée. Autant de défis pour ces adolescents et l'équipe enseignante.
Sihem trouve une référente précieuse en la personne d'Hélène, la prof de français, et se voit par ailleurs épaulée par un de ses voisins octogénaire, Emile. Car la jeune femme est accueillie dans une résidence de seniors - vive la mixité sociale et intergénérationnelle.
Ce sont ces deux thèmes qui m'ont attirée lorsque le livre m'a été proposé : décrochage scolaire, et amitié, liens forts, soutien entre générations. 'On ne choisit pas sa famille (...) et pas non plus les trottoirs de Manille, de Paris ou d'Alger pour apprendre à marcher...' ♪♫ comme dit Maxime, mais on peut choisir des amis parmi les gens que la vie met sur sa route.
Je n'imaginais pas que l'auteur allait charger la barque à ce point. Pléthore de personnages, d'anecdotes et de thématiques abordées en plus de celles évoquées ci-dessus : divorce, familles bancales, femmes abandonnées, seules et fortes, importance des études, de la littérature, de la confiance en soi pour avancer et se sentir libre, mais aussi...
Beaucoup d'idées intéressantes sur les dysfonctionnements de nos sociétés à Paris ou Alger ♪♫, façon Pascal Manoukian ou Olivier Norek.
Mais sans doute trop de fil goût à mon good, cousu de feel blanc (attention, contrepèteries).
A part Raymonde (? je m'y perds dans les prénoms), tout le monde il est super gentil et disponible avec les gens en galère. Dans la vraie vie, c'est pas comme ça...
L'auteur est metteur en scène. En écrivant ce premier roman, a-t-il pensé à une adaptation à l'écran ? C'est peut-être ce côté formaté qui m'a gênée.
• Merci à Babelio et aux éditions du Seuil.
___
♪♫ https://www.youtube.com/watch?v=o8dJQEF4cSk
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Cigale17
  18 janvier 2020
Merci à une opération Masse critique et aux éditions du Seuil de m'avoir donné l'occasion de découvrir ce premier roman particulièrement touchant ! ***
Dans Les Oiseaux rares, Hugo Paviot nous emmène d'un bord à l'autre de la Méditerranée, en France et en Algérie. À Alger, Achir survit en travaillant pour son oncle et en faisant parfois divers petits boulots moins avouables. Il s'ennuie, se cherche, se perd dans ses cauchemars et rêve d'un ailleurs meilleur. En France, Sihem, 23 ans, décrocheuse qui a repris des études dans un micro-lycée après une enfance dévastée, tente de canaliser ses émotions, mais laisse parfois libre cours à son agressivité. Dans la résidence où elle vit, elle côtoie de nombreuses personnes âgées, dont Émile, dit Zapata à cause de ses ascendances mexicaines et de ses idées anarchistes, qui se révèle être un révolutionnaire bien attachant, séducteur malgré son mauvais caractère, généreux et amateur de vin rouge. À ces trois « oiseaux rares », il faut en ajouter deux autres. Hélène, la prof dévouée, passionnée et passionnante, qui se donne tout entière pour réussir à amener ses élèves au désir et au plaisir d'apprendre, mais aussi pour les tirer de leur misère affective, parfois au détriment de sa propre famille ; et Rose, la directrice du foyer, une femme aussi altruiste qu'Hélène, qui respire la bonté et la générosité. Ces personnages (et quelques autres) se trouveront, se perdront, s'avoueront leurs faiblesses ou les cacheront, se mentiront, s'aimeront et, surtout, grandiront.
***
Ce roman se présente, je crois, comme un roman d'apprentissage. Pour Sihem et Achir, c'est une évidence : Sihem fera quantité d'expériences, tant intellectuelles qu'humaines, et elle sortira grandie et apaisée des épreuves qu'elle traverse ; Achir sera poussé par l'adversité et les rencontres à réfléchir plus avant, à se connaître mieux et à tenter de prendre son destin en main. Émile aussi, malgré son âge, ira chercher bien loin en lui, avec tout le courage dont il est capable, pour pouvoir offrir à Sihem une amitié sans fard et sans complaisance, et enfin, trouver la paix. J'ai aimé ces personnages très attachants, leurs doutes, leurs faiblesses, leur bonté et leur souci d'autrui. J'ai trouvé l'histoire d'amour un peu convenue, mais sans mièvrerie. L'écriture m'a d'abord déroutée. Les phrases sont le plus souvent très courtes, presque hachées, et l'auteur a fait le choix du présent pour la narration. Les dialogues sont toujours rapportés au style indirect, parfois indirect libre ; dans les deux cas, ce n'est pas facile à manier et cela alourdit un peu le style qui se veut, la plupart du temps, minimaliste. Ces remarques sont surtout valables pour les quatre ou cinq premiers chapitres. Après, soit je me suis habituée, soit le style s'est fait plus fluide. Un peu des deux, je dirais… Mais bref, j'ai bien aimé cet émouvant premier roman, et je me ferai un plaisir de suivre cet auteur. À découvrir !
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Juin
  18 janvier 2020
Les oiseaux rares ce sont les "héros" ordinaires de ce roman. Ordinaires et pourtant rares... On les rencontre dans de courts chapitres et l'on se dit qu'un moment qu'il faudra bien qu'ils se rencontrent. L'histoire a de multiples ramifications et l'on s'y perd un peu. Mais les phrases sont belles même si quelquefois j'ai eu l'impression que l'auteur faisait de la sociologie.
Des rêves, des espoirs, des vies abîmées, des mensonges, de la colère, et des douces, des convaincues, des gueulardes... Il y a beaucoup dans ces pages. Les chapitres sont courts, mais le texte est dense. Une longue dissertation, sans dialogue et presque sans pause pour dire notre monde. Pas vraiment de concession et une vérité sans fioriture.
Juste la vie quoi...
J'ai lu ce roman avec un peu d'essoufflement, mais l'auteur sait rebondir pour nous ferrer. Jolie histoire, jolie rencontre. Un livre positif ( peut-être? ) au titre et à la couverture attirante.
Merci à babelio pour cet envoi et aux éditions du Seuil.
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Commenter  J’apprécie          151
jostein
  14 janvier 2020
Si Hugo Paviot propose ici son premier roman, l'auteur a déjà une grande expérience de l'écriture. Dramaturge et metteur en scène, il a écrit une dizaine de pièces, pour lesquelles il a reçu plusieurs prix littéraires. le milieu qu'il évoque dans ce roman, il le connaît bien pour avoir animé plusieurs projets culturels dans des lieux où il faut redonner le goût du rêve et la confiance en soi.
La Méditerranée les sépare, mais ils ont les mêmes racines et la même rancoeur. Achir vit à Alger avec son oncle. Ses nuits sont emplies de traversées cauchemardesques, quittant ce pays où la jeunesse n'a aucun avenir.
Sihem est née en France. A vingt-trois ans, elle suit des cours dans un lycée pour élèves décrocheurs. Elle est logée dans une résidence autonomie où cohabitent des personnes âgées originaires de tous les continents.
« La famille est le premier sanctuaire du processus de casse.»
Sihem, abandonnée par sa famille puis par la société, n'a aucune confiance en elle. Elle se protège derrière une agressivité qui l'isole.
Hélène, professeur de français, les connaît bien ces élèves meurtris. Chaque élève est unique, il faut en trouver la clé. ( Tableau de Kadinsky, Upward)

Grâce à des projets culturels, et surtout parce qu'elle ne les juge pas, elle parvient à leur redonner confiance.
« Ses élèves sont des oiseaux qui ne savent pas encore qu'ils peuvent voler. »
Auprès d'Hélène et surtout d'Emile, un vieil homme solitaire et bougon de la résidence, Sihem apprend le français, la géographie et l'histoire. Petit à petit, elle retrouve une famille.
Emile n'a rien à perdre. Ses dernières forces, il veut les consacrer à cette gamine qu'il aime pour son répondant et ses origines. Quand il l'accompagne à Alger, nous parcourons avec eux une ville chatoyante et accueillante.
« Ce pays n'a pas de chance. Il renferme des trésors et personne ne s'en soucie. »
Le musée du Bardo, Notre-Dame d'Afrique, la Madrague, Tipaza où souffle le souvenir de Camus, le musée d'art moderne et la Casbah. Avec ce voyage, Emile achève la transformation de Sihem d'animal blessé en jeune femme déterminée.
Si le roman commence dans la noirceur, les personnages deviennent lumineux. Impossible de rester insensible à cette rencontre entre un vieil homme qui a enfermé ses souvenirs dans des cartons et une jeune femme qui aimerait retrouver confiance en la vie.
Certains jugeront que l'auteur joue la carte facile de l'émotion. Peut-être mais je suis tombée sous le charme d'Emile et de Sihem et de cette belle ville d'Alger la Blanche.
Les oiseaux rares est un roman bouleversant et lumineux.
Lien : https://surlaroutedejostein...
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Caro17
  10 janvier 2020
Livre reçu dans le cadre du coup de coeur des lectrices de Version Femina.
Un premier roman réussi et prometteur qui met en scène avec sensibilité des personnages fragilisés par la vie et qui essaient tant bien que mal de trouver leur place dans le monde ou d'avoir un impact sur leur entourage.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   18 janvier 2020
Madeleine a 74 ans. Elle vit en dessous du seuil de pauvreté. Elle ne supporte plus d'habiter dans une zone de non-droit. Elle en a marre des jeunes qui trafiquent dans sa cité et ont colonisé sa cage d'escalier. (...) Elle en a marre mais attention, elle n'a rien à voir avec les vieux fachos qui votent extrême droite. Elle dit ce qu'elle a à dire et si ça ne plaît pas, tant pis. Elle trouve ça dingue d'être de gauche et de se faire traiter de nazie parce qu'elle ne supporte plus les petits dealers. Les bobos n'ont qu'à venir habiter chez elle, après on verra bien ce qu'ils diront !
(p. 65)
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ZilizZiliz   18 janvier 2020
Et aussi, tu peux me tutoyer. Entre gens du peuple, on est tous camarades. Sihem dit qu'elle veut bien essayer mais qu'elle n'est pas habituée à tutoyer les personnes plus vieilles qu'elle. Emile la rassure. Elle prendra le pli. Maintenant, explique-moi tout ça [internet]. Tu n'oublieras pas de me donner aussi les tarifs. Tout travail mérite salaire. Il sent qu'elle va rétorquer qu'il n'en est pas question. Il ne lui laisse pas le temps de reprendre la parole. Toi et moi, on est pareils. Moi aussi, je suis métis. Moitié vivant, moitié mort. Alors je te comprends. On s'y met ?
(p. 60-61)
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Cigale17Cigale17   18 janvier 2020
Elle dit toujours que la parole est l’arme qui touche le plus durablement sa cible. Que les balles tuent les corps des auteurs mais n’atteignent pas leur esprit. C’est pour ça que les pouvoirs redoutent les mots. Ils sont invincibles. Ils ne s’emprisonnent pas. Ils ne meurent pas. Ils se transmettent comme les gènes de génération en génération. Ils sont les étendards des combattants de la paix. (p. 72)
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ZilizZiliz   17 janvier 2020
Elle vient d'arriver à la résidence. Elle est lycéenne, il paraît. Elle a l'air bien vieille, pour une lycéenne. Il a cru comprendre qu'elle est dans un établissement spécial. Encore une qui a poussé de travers. Une mauvaise herbe qu'on a arrachée d'un jardin d'enfants qui ne ressemblait pas au paradis.
(p. 30)
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JuinJuin   17 janvier 2020
Il a bien eu un ami, avant, mais maintenant il est gâteux. Norbert habite une autre résidence. Pas pour longtemps. A terme, ils ne vont pas pouvoir le garder. Il est bon pour la maison de retraite. Avant, Norbert, était serrurier à Paris, rue des archives. Il se tient désormais devant sa dernière porte et rejoindra bientôt les archives de sa vie.
( p 28)
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