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Quatuor du Yorkshire tome 1 sur 4

Daniel Lemoine (Traducteur)
EAN : 9782743612474
396 pages
Payot et Rivages (03/03/2005)
3.55/5   291 notes
Résumé :
Après Jeanette Garland et Susan Ridyard, la jeune Clare Kemplay vient de disparaître sur le chemin de l’école. Son cadavre sera bientôt retrouvé dans une tranchée sur un chantier.

Nous sommes en 1974, dans la région de Leeds. Noël approche. Edward Dunford, reporter à l’Evening Post, est encore un néophyte qui fait ses premières armes dans l’ombre du journaliste vedette de la rédaction, Jack Whitehead. Au volant de la vieille voiture de son père, il si... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
3,55

sur 291 notes
Yorkshire, décembre 1974. L'autoradio diffuse un bulletin d'information de la BBC Radio 2. Le prix de l'essence augmente, l'IRA annonce une trêve pour les fêtes, l'équipe de Leeds United a été tenue en échec par les Magpies, Clare Kemplay, âgée de dix ans, a disparu. Edward Dunford, journaliste au Yorkshire Post, un quotidien régional, est chargé de couvrir l'affaire pour son journal. Il espère que ce fait divers sera assez glauque et retentissant pour obtenir une audience nationale. Cela lui permettrait de gagner en notoriété et de supplanter son rival au sein de la rédaction. Pour ce faire, il cherche un lien entre les disparitions d'enfants survenues ces dernières années dans le Comté. Les résultats de son enquête vont dépasser ses espérances.

De l'aveu même du superintendant en chef de Leeds, "C'est une putain d'époque violente." Ce roman très sombre emprunte largement au registre du thriller puisque la base de l'intrigue est une affaire d'enfants torturés, violés et assassinés. Toute la perversité de ces crimes vous sera rendue à la lecture du rapport d'autopsie. Mais outre ces passages sanguinolents, David Peace dépeint un tableau critique de la société anglaise. Les policiers sont racistes et brutaux, les responsables politiques lubriques et corrompus, les chefs d'entreprises prêts à tout pour gagner un maximum "de cette saloperie d'argent", les journalistes avides de sensationnalisme et bonimenteurs... En résumé : "tous pourris" et "on nous ment". Même Edward Dunford, notre narrateur en quête de vérité et de justice, ne parvient pas à gagner notre sympathie. Doté d'une personnalité complexe et d'une morale ambigüe, il va plonger dans un paroxysme de violence et de folie.

Comme souvent chez les romanciers anglais, la musique est omniprésente dans le roman : chansons fredonnées, tubes diffusés à la radio , poster de vedettes. Il y a aussi de nombreuses références aux émissions de télévision et au football.

Outre cet univers très sombre, David Peace se distingue par son style dépouillé qui donne un rythme tendu et nerveux au récit. Nous suivons les flux de conscience d'un esprit en pleine tourmente. Les souvenirs, angoisses, fantasmes ou réflexions s'entremêlent dans le texte. Les descriptions sont rares, les personnages sont désignés par leurs surnoms et les dialogues incisifs sont servis de manière abrupte. Le flux est si rapide qu'il en devient haletant et - avouons-le - parfois confus. Cela exige de la concentration et des retours en arrière. Je reconnais les qualités du roman et le talent de l'auteur, néanmoins, je n'ai pas été totalement convaincu par cette lecture. Mais cette intrigue t nébuleuse doit peut-être être considérée comme secondaire. Le vrai coeur du roman ne serait autre que la transe qui saisit le narrateur et le lecteur ad nauseam.
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Pas vraiment Peace & Love 1974

Désirant découvrir « 1980 » de David Peace , je me suis retrouvé en médiathèque avec les quatre ouvrages devant moi de 1974 à 1983, en passant par 77 et donc 80. Mince alors ! Après une courte réflexion, j'embarque dans mes valises le premier de la série du « Red Riding Quartet » de David Peace pour faire sens. Et puis, objectivement, 1974 reste une année à ne pas manquer… pour moi !

Direction Leeds en Grande-Bretagne peu avant Noel…

A Morley, une petite fille, Clare Kemplay, disparait à la sortie de l'école sans laisser de trace. Nouveau reporter criminel à l'Evening Post, Edward Dunford suit cette affaire pour son journal avec fébrilité sachant qu'il vient de perdre son père et qu'il va assister à son incinération dans la journée. L'excitation d'une vie professionnelle, qui démarre tout juste sans crier gare, se télescope littéralement avec le drame familial que vit sa mère et lui-même au même moment.
En fouillant quelque peu, Edward Dunford, correspondant pour les affaires criminelles dans le Nord, comme David Peace le répète deux fois par page, retrouve la trace de deux autres disparitions de jeunes filles Jeanette et Susan disparues respectivement en 1969 et 1972 dans la région.

A partir de ces éléments, Dunford va mettre le doigt sur des histoires et des documents qu'il n'aurait pas dû déterrer. Empêtré jusqu'au cou, comment va-t-il pouvoir se sortir de ces affaires sordides ? A vous de le découvrir…

Dès la première page du roman, l'auteur vous assomme avec son style très personnel et plutôt déconcertant. Dunford reste le narrateur du livre mais celui-ci interpelle, tantôt le lecteur à la première personne, tantôt à la troisième. En outre, il raconte son histoire sans utiliser de verbes dans des phrases plutôt courtes et utilise énormément de répétitions qui vous rentrent dans le crane de gré ou de force. Sans oublier que le ressenti et les pensées de Dunford sont systématiquement retranscrites en italique dans un vocabulaire souvent des plus fleuris. Ames chastes s'abstenir !

Personnellement, ce roman anglais m'a procuré une double réaction à la fois attractive et répulsive plutôt troublante. Pour le côté négatif, j'ai trouvé ce style usant à la longue et pas forcément distillé à bon escient comme en sont capables Don Winslow ou Marc Behm, dans ce genre de style haché, brutal et grossier. Néanmoins, j'admets que le personnage de Dunford devient véritablement, sous la plume de Peace, une sorte de créature noire, alcoolique et sans limite dans le seul but de découvrir la vérité quoi qui lui en coute. Un vrai danger pour lui-même et par conséquent pour les autres !

Pour un premier essai, je n'ai pas été totalement subjugué par ce roman trop complexe à suivre de bout en bout contrairement à des Robin Cook ou Steg Larsson dans le même genre. Néanmoins, je pense qu'il faut creuser le cas David Peace avec 1977 et 1980 car cet auteur possède un talent indéniable. Et puis, avec la fin que propose l'auteur, j'ai plutôt envie de connaitre la destinée du héros jusqu'au boutiste Edward Dunford après cet épisode.

Pour terminer, un moyen mnémotechnique infaillible pour se rappeler de cette série et de son style :
74,
Un meurtre,
Une cuite sévère,
Peace un bon coup,
et attend trois ans avant le prochain meurtre…
77...
80...
83.
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Qui peut être sauvé dans ce roman noir ? Personne. Qui se sauve ? Personne. Il s'agit juste d'une longue plainte qui parcourt le Yorkshire : celle du vent, de la pluie, de la nuit, des ombres et des fantômes. le fantôme des vivants et des morts. le Père Noël trimballe dans sa hotte des jouets infernaux... Edward Dunford, sans âge, sans visage, grossier, amer, journaliste fourbissant ses armes aux crimes odieux, aux mensonges, à la corruption et l'âme noire de ses cauchemars. Tout au long du livre, on le voit traîner sa carcasse dans une folle course à la vérité. Où est-elle ? Y-croit-il encore ? La vérité et la justice. Jusqu'au bout il ira les chercher, l'une et l'autre. Sa vérité et sa justice dans l'univers maussade, crapoteux et médiocre des environs de Leeds. Jusqu'à l'ultime.
Cela pourrait faire trop tellement ils sont ou semblent tous moches, méchants, odieux... mais non, rien n'est en trop dans cette ossature de livre ou chaque mot, chaque phrase est un squelette. Tout le superflu a été gommé. Un récit compassionnel sans rédemption. Cette chère rédemption qui irrigue les livres de James Ellroy n'existe pas dans celui-ci. L'étoile noire aspire tout.
Ellroy car on ne peut que faire le parallèle par le lyrisme, la noirceur, l'agitation qui anime ce livre.
L'écriture syncopée, ces mots, ces phrases hachées, écorchées, il faut l'intégrer, il faut s'y faire et après....
Le cadre sociologique, historique et politique du roman noir (quand il est réussi) est ce qui m'attire le plus dans cet genre littéraire, beaucoup plus que l'intrigue policière. Et c'est l'essence même de cette littérature ; David Peace n'échappe pas à cette règle, il le dit d'ailleurs, écrire un roman noir en évacuant le fond politique, sociologique, historique et philosophique de l'histoire n'aurait aucun intérêt et serait pour lui indécent. Il n'est pas le seul à le penser. La réflexion humaine, la densité tragique interpelle sans cesse. La projection du quotidien et la vérité contemporaine du roman noir ne peut que nous questionner (bien sûr si on aime ce genre).
Dans le roman noir (qu'il soit sage ou qu'il soit outrancier) l'humain est au centre de tout. Dans sa grandeur, son abjection, son rayonnement, sa couleur terne ou son flamboiement, sa joie et sa douleur.
Edward Dunford est humain, trop humain jusqu'à l'entêtement et David Peace lui écrit un requiem.
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J'ai commandé à la fille du pub, une rousse pulpeuse, une pinte de Guinness. Elle était belle, la Guinness. La fille aussi, certes. Mais mon plaisir fut de déguster goulûment cette bière sombre et fraiche. Et sans m'en rendre compte, mon verre fut vide et j'avais encore soif. J'en ai redemandé une autre, avec le sourire de la serveuse. La vue de ce verre vide m'est difficilement acceptable. Une vision abominable presque autant que ces disparitions de fillettes. Ces gamines oubliées de tous, surtout de la police du Yorkshire. 1974, une autre époque, le début de l'ère des serial-killers. Leeds United remet en jeu son titre de champion, Eric Cantona n'est pas encore The King. Des flics qui se retrouvent dans des bars autour de plusieurs pintes de bière, des journalistes qui se retrouvent dans des bars autour de plusieurs pintes de bière, des journalistes qui rencontrent des flics, des flics qui tabassent des journalistes… Voilà l'univers de ce roman de David Peace, « 1974 ».

1974 se veut être le premier tome d'une grande tétralogie sur le Yorkshire. A l'instar de son collègue d'outre-Atlantique, James Ellroy avec son L.A., David Peace propose de rentrer dans l'univers du Yorkshire, un univers sombre et glauque, une peinture de l'Angleterre des seventies où les radios diffusaient David Bowie, Elton John ou Rod Stewart

J'adore le trash, j'adore le sang, le sexe, la sueur et les fluides corporels. Une vulgarité dans les mots de David Peace ? Juste un défouloir psychique pour poser ses frustrations sur une page blanche… Juste une littérature crue, sans fioriture ni ménagement. du sang et du sexe consentant, de la pisse et du sexe non consentant, des fantasmes et du dégoût : tout est fait pour engendrer le malaise. Mais moi, insensible aux haut-le coeur, j'adore cette écriture, me donnant l'envie de suivre de nouveau David Peace dans ses délires noires. Par contre, je ne partage qu'un avis fort mitigé sur « 1974 » où je me suis perdu dans les méandres d'une histoire trop souvent confuse. La corruption est partout, la paranoïa aussi, difficile de s'identifier à Edward Dunford, correspondant pour les affaires criminelles dans le Nord. J'ai senti cette incompréhension dès les premières pages, mais l'envie de découvrir la fin ultime fut suffisamment forte pour achever ces presque 400 pages. Cela dit, l'expérience ne sera pas renouveler de si tôt. « 1974 » est le début d'une tétralogie, pas sûr que je le suive pour un second épisode avec « 1977 ».

Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Je suis tombé sur 1983, il était dans ma pal. Et puis je me suis aperçu qu'il faisait partie d'une saga de quatre tomes. J'ai donc commencé par le premier 1974, pour me plonger dans l'atmosphère.

Et bien, disons que pour une plongée, c'est une plongée en eau profonde, froide et déstabilisante.
Je suis à la fois admirative et outrée. Ce n'est plus un métier d'être journaliste, c'est un combat… Contre le pouvoir, l'argent et la monstruosité… Mon Dieu quelle horreur !

Je suis impatiente de lire la suite et à la fois effrayée d'en savoir plus…

Extrait :

Le public britannique a la vérité qu'il mérite.
Et j'avais eu la mienne. 

Bonne lecture !
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Extrait (page 68)
"aboiements, chez les voisins, par dessus la cinquieme.
Putains de chiens.
Je versai le reste du scotch dans le verre et me
souvins de l'époque où j'avais effectivement voulu
devenir flic, mais avais eu une telle chiasse que je
n'avais même pas essayé.
Putains de poulets.
Je bu la moitié du verre et me souvins de tous les
romans que j'avais voulu écrire, et que j'avais eu
une telle chiasse que je n'avais même pas essayé.
Putain de rat de bibliothèque.
Je ramassai un poil de chat sur mon pantalon, un
pantalon que mon père avait fait, un pantalon qui
nous enterrerait tous.
Putain de chats."
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J'étais dans le salon, le disque de Beethoven de mon père aussi fort que j'osais.
Ma mère était encore dans la pièce de derrière, la télé plus fort encore : musique de bal et démonstration de concours hippique.
Putains de chevaux.
Aboiements, chez les voisins, par-dessus le Cinquième.
Putains de chiens.
Je versai le reste du scotch dans le verre et me souvins de tous les romans que j'avais voulu écrire, et que j'avais une telle chiasse que je n'avais même pas essayé.
Putain de rat de bibliothèque.
Je ramassai un poil de chat sur mon pantalon, un pantalon que mon père avait fait, un pantalon qui nous enterrerait tous.
Putains de chats.
Je vidai mon verre, dénouai les lacets de mes chaussures et me levai. Je quittai mon pantalon, puis ma chemise. Je roulai les vêtements en boule et les lançai sur le putain de Ludwig, de l'autre côté de la pièce.
Je m'assis à nouveau en caleçon et maillot de corps blancs, et je fermai les yeux, ayant une telle chiasse que je ne pouvais affronter ce con de Jack Withead.
Une telle chiasse que je ne pouvais me battre pour garder mon affaire.
Une telle chiasse que je ne pouvais même pas essayer.
Putain de poule mouillée.
Je n'entendis pas ma mère entrer.
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Dimanche 22 Décembre 1974.

A cinq heures du matin, dix policiers, sous les ordres du superintendant Noble, défoncèrent la porte de la maison de ma mère à coups de masse, la giflèrent quand elle sortit dans le couloir et la repoussèrent dans la pièce, se précipitèrent dans l’escalier le fusil à main, me tirèrent hors du lit, m’arrachèrent des poignées de cheveux, me donnèrent des coups de pied qui me firent rouler dans l’escalier, me rouèrent de coups de poing quand j’arrivai en bas, me traînèrent dehors, sur le goudron puis à l’arrière d’une camionnette noire.

Ils claquèrent la porte et démarrèrent.

A l’arrière de la camionnette, ils me tabassèrent jusqu’à ce que je perde connaissance, puis me giflèrent et urinèrent sur moi jusqu’au moment où je repris conscience.
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- Il y a un chat mort en haut dans la baignoire, dis-je en montant en voiture.
- On sait, fit le plus jeune avec un rire étouffé. C'est nous qu'on l'a tué, putain.

Sept, huit, neuf, dix, les enfants sages vont au paradis.
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A cinq heures du matin, dix policiers, sous les ordres du superintendant Noble défoncèrent la porte de la maison de ma mère à coup de masse, la giflèrent quand elle sortit du couloir et la repoussèrent dans le couloir,se précipitèrent dans l'escalier le fusil à la main, me tirèrent hors du lit, m'arrachèrent des poignées de cheveux, me donnèrent des coups de pieds qui me firent rouler dans l'escalier, me rouèrent de coups de poing quand j'arrivai en bas (...) A l'arrière de la camionnette ils me tabassèrent jusqu'à ce que je perde connaissance puis me giflèrent et urinèrent sur moi jusqu'au moment où je repris conscience.
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François Guérif nous parle des héritiers du polar comme Dennis Lehane et David Peace.
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