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ISBN : 2714309224
Éditeur : José Corti (31/08/2006)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 5 notes)
Résumé :
" Pour être au clair avec soi-même, pour savoir de quoi sa propre pensée est réellement capable, l'épreuve de l'écriture paraît cruciale. Peut-être publie-t-on trop, mais il n'est pas sûr que l'on écrive suffisamment. Tout le monde devrait écrire pour soi dans la concentration et la solitude. " Dans cet essai très personnel, Georges Picard part du désir de l'écriture comme " désir de se découvrir autant à soi-même qu'aux autres " pour développer sa conception du tra... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Apoapo
  06 février 2016
Ce court essai très substantifique requiert une lecture aussi exigeante que celle qu'il défend, une méditation de chaque phrase. Une dialectique à multiples rebondissements s'y met en place autour de trois grands thèmes :
1 - les bienfaits de l'écriture (intime et pas nécessairement destinée à la publication), dans l'optique renversée de l'acte "d'écrire pour penser plutôt que penser pour écrire", voire d'écrire pour mettre à l'épreuve sa propre pensée. Dans ce contexte, il est intéressant de relever qu'écrire n'est pas "communiquer" : "Devant sa page, l'écrivain n'a pas d'autre interlocuteur que lui-même. le lecteur n'est qu'une hypothèse." (p. 146).
2 - sa propre écriture et le sens qu'il y attache. de ce thème, je relève principalement sa critique contre l'analyse littéraire qui prétend, sans jamais l'épuiser ni même l'atteindre, avoir son mot à dire sur le sens de toute création intellectuelle ; d'où la préférence de l'auteur à l'égard d'un lecteur (bienveillant c'est-à-dire non jugeant par le critère de l'ennui qui relève de lui-même et non de l'oeuvre) qui aborde les livres sur un mode "érotique". (p. 23) Mais sa critique s'adresse aussi à la psychanalyse (ou plutôt à l'auto-analyse, me semble-t-il), toujours pour la prétention, de l'auteur cette fois-ci, de réduire sa démarche à un corpus de significations claires. Il préconise au contraire l'idée d'une dynamique réciproque de création entre auteur et texte, qui se renouvelle à chaque livre. (p. 33 et ss.)
3 - sa conception du devoir-être de la littérature, et les péripéties de sa valeur, notamment par rapport à son "édulcoration médiatique" à une époque de "démocratisme ulcéré" (p. 81). Sur ce thème, son discours se fait plus amer, plus polémique tout en étant sans doute plus consensuel (au moins, je suppose, pour ces fameux 11% de Français lecteurs de plus de deux livres par mois, si bien représentés à l'Agora). Il faut dire que son idéal spinozien - "Tout ce qui est précieux est difficile autant que rare" - mêlé à un lucide scepticisme sur les résultats de l'action pédagogique, le conduisent tout naturellement à un "élitisme assumé", et à un dégoût pour les ouvrages portés par "les sirènes du marketing et de la publicité", et en général pour toute littérature "digeste". Encore qu'il laisse un soupirail de possibilité de bon usage (très personnel et très hypothétique) de celle-ci...
Car enfin le rapport entre lecteur et auteur est fait de "cette complicité intime [...] qui tient d'une sorte de chaleur communicative, de confiance quasi fraternelle s'établissant au fil des pages et des livres, sans qu'il soit besoin de la fonder sur autre chose qu'un certain pouvoir de suggérer." (p. 22), ou encore :
"Les raisons superficielles d'une telle complicité sont toujours décevantes. Il faudrait pouvoir descendre dans les inconscients, mettre en évidence les similitudes des rythmes vitaux, des respirations intérieures, des palpitations intellectuelles." (p. 102).
Où l'on comprend que ce qui a été dit pour l'écriture ne régit pas la lecture...!
Mais je note aussi que, entre Georges Picard et moi, cette complicité s'est bien installée.
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guika
  17 mai 2010
Tout le monde devrait lire Georges Picard.
D'abord pour le plaisir de découvrir une langue précise sans être précieuse, une rare disposition à ciseler ses pensées avec la minutie d'un joaillier. Cet essai, c'est une leçon donnée par un virtuose de la prose, à tous les apprentis qui cherchent à sculpter le magma informe qui bout derrière la barrière fragile des mots impossibles à apprivoiser.
Georges Picard démontre par l'exemple, en professeur exigeant, ce que peut une vie d'exercices en écriture. Il trace sa route au travers du conformisme stylistique, de la bienpensance contemporaine. A qui le suivra sur les chemins sinueux d'une pensée toujours mouvante, Georges Picard n'apportera pas la vision reposante d'un paysage connu, mais plutôt celui d'une route sans fin qui n'en finit pas de se chercher.
Car le but principal n'est pas d'écrire pour les autres, mais plutôt d'écrire pour soi même, pour être ce que l'on devient : « l'écriture acharnée qui force à réfléchir reste l'une des armes les plus solides contre la sauvagerie ou l'impuissance. Chacun avec ses moyens propres peut facilement s'en emparer. »
Lien : http://arnivi.blogspot.com/2..
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charlottelit
  07 août 2011
ecrire, ecrire, ne pas publier, dilemne torture et baume pour les lecteurs invétérés, pitiés pour les arbres décapités, les décervelés, tout va bien, je respire
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
guikaguika   17 mai 2010
J'ai connu de ces périodes découragées et décourageantes où le journal ou la télévision ont plus d'attrait qu'un livre. Alors, étant au plus bas de moi-même, l'angoisse enlevait toute saveur à ma vie. C'est que j'avais goûté auparavant à des substances intellectuelles prodigieusement roboratives, notamment à ces livres qui obligent le lecteur à poser sur l'existence un regard métamorphosé. Pour les personnes n'ayant jamais connu cette expérience bouleversante, lire un livre n'est rien de plus qu'un moyen de passer le temps ou de se changer les idées. Comment leur suggérer que la littérature possède des pouvoirs bien plus déterminants sans leur donner l'impression qu'on agite de façon grandiloquente des idées théâtrales?
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guikaguika   16 mai 2010
Si un sismographe retransmettait les moindres soubresauts mentaux de celui qui cherche ses pensées par ses mots, nul doute que l'on disposerait d'un tracé erratique et serré, à peine lisible mais qui, parfois, de façon inattendue, donnerait un trait net avant de reprendre sa configuration cahoteuse. Cela pour le rythme, et ceci pour la forme: un bombardement discontinu de mots suscité par une activité cérébrale affluant irrégulièrement, avec des poches denses d'intuitions, des pointes imaginatives préverbales, des décrochages brutaux d'attention, relayés par de nouvelles cadences, tourbillonnements de la pensée, parfois fusante et féconde, parfois tâtonnante et synclinale, souvent tirée vers l'avant par les mots eux-mêmes dont les connexions s'enchaînent rapidement, s'emballent au gré de mécanismes profonds d'appel basés sur une mémoire en partie inconsciente.
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guikaguika   15 mai 2010
Je retrouve dans ce leurre, par lequel nous opérons la transmutation du Réel en Idéologie, la tendance bien connue de la plupart des gens à masquer des traits de caractère derrière des raisonnements. Cette stratégie plus ou moins consciente est un bon aliment pour la chaudière littéraire.
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guikaguika   15 mai 2010
Aujourd'hui, précisément parce que la pression extérieure a atteint un niveau presque insupportable, la sauvegarde personnelle réside dans le repliement créateur, superbement indifférent à l'indifférence générale.
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guikaguika   12 mai 2010
Le plus beau de l'écriture, c'est cette tension entre ce qui est écrit et ce qui est à écrire, c'est l'usage d'une liberté qui prend ses risques en laissant ses traces.
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Video de Georges Picard (2) Voir plusAjouter une vidéo

Georges Picard : Tout le monde devrait écrire
A la Cité Internationale Universitaire de Paris, Olivier BARROT reçoit Georges PICARD pour son livre "Tout le monde devrait écrire", un essai qui parle du bonheur d'écrire.
Dans la catégorie : EssaisVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues romanes. Littéraure française>Essais (404)
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