AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2267011352
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (25/09/1992)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 108 notes)
Résumé :
Depuis près de trente ans. les lecteurs des Saisons forment une sorte de confrérie d'initiés. Ils partagent un même univers, "plaqué" sur le nôtre comme l'or - ou la suie ; ils utilisent le même langage, les mêmes images de référence ; ils se connaissent et se reconnaissent entre eux, un peu comme les lecteurs de Malcolm Lowry ou de Julio Cortazar. Nous avons pensé qu'il ne fallait pas abolir ce privilège, mais le partager, en le multipliant. Et après les éditions J... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
wellibus2
  10 juin 2016
Comment aborder un livre estampillé "culte" avec un regard virginal ? Difficle ... On craint que la réputation de chef-d'oeuvre ne soit surfaite et on redoute pareillement de n'avoir pas la sensibilité, la perméabilité requises pour apprécier ce joyau ... Autrement dit, le livre sera-t-il à la hauteur et réciproquement, sera-t-on, soi-même à la hauteur ?
Quand, au mépris de toutes ces appréhensions, on se lance, voilà ce qu'on trouve : soit un homme, Siméon, disgracié, remarquable tant par sa visible pauvreté que par sa repoussante laideur physique, qui arrive un beau jour dans un bourg. Et quel bourg ! C'est en qualité d'étranger que Siméon y fait son entrée, il est immédiatement distingué, épinglé car nul jamais ne s'aventure là où il a résolu d'élire domicile. Ce bourg est un bouge, une bauge, la population consiste en une espèce de cour des miracles car, quand les habitants ne sont pas manifestement estropiés, diversement mutilés, ils présentent tous une tare quelconque, c'est un peuple de damnés, un ramassis de dégénérés. Ils vivent confinés dans ce village soumis aux rigueurs d'un climat inhumain. "Les saisons" du titre qui laisse augurer la riante ronde du temps et de plaisantes descriptions bucoliques consistent en une alternative : quarante mois de pluie auxquels succèdent quarante mois de gel. Mais Siméon est convaincu d'avoir trouvé un hâvre et il n'est pas loin de se réputer locataire d'un nouvel éden car il est un survivant, un rescapé de l'enfer : là d'où il vient, il vivait encagé et persécuté, en butte aux pires sévices et aux brûlures d'un soleil implacable, aussi la pluie lui apparaît-elle comme une bénédiction. Il s'intitule, se proclame écrivain bien qu'il n'ait, à ce jour, pas écrit une seule ligne mais il est fermement déterminé à rédiger, dans son lieu d'élection, un chef-d'oeuvre immortel en puisant dans les souvenirs cuisants de ses souffrances passées.
Mais les villageois ne l'entendent pas ainsi. Ils accablent Siméon d'un mépris et d'une indifférence unanimes. Ils le soumettent à des rites de passage qui consistent d'abord à s'accommoder de conditions de vie pour le moins rudimentaires : il lui faut consentir à se nourrir du seul carburant existant dans ce pays, à savoir la lentille déclinée sous de multiples formes (soupe, beignets, alcool ...) et par ailleurs il lui échoit, en guise de gîte, une espèce de soupente obscure et insalubre. Il subit donc, dès l'abord, une relégation.
Par la suite, les villageois, réunis en conseil, votent l'intégration, l'adoubement de Siméon au motif qu'il est un savant et qu'il pourra, de ce fait, leur être utile. Mais, en contrepartie, l'étranger doit payer de sa personne et, en tant qu'intellectuel, il est affecté au relevé du pluviomètre, tâche qui, le requérant deux fois par jour, l'obligeant à parcoirir de longues et harassantes distances, le prive du temps et du recueillement nécessaires à l'écriture.
En outre le froid, la pluie incessante, les conditions de vie déplorables endommagent chaque jour davantage le corps de l'impétrant. Il est arrivé blessé au pied et sa blessure s'infecte au point qu'il faut avoir recours à l'amputation. Siméon endure toutes sortes de brimades et de persécutions et cependant sa détermination reste entière : il veut mener à bien son projet initial, il veut ne pas faire mentir l'instinct qui lui a fait élire ce lieu comme creuset de sa rédemption.
On trouve toutefois, dans ce choeur dantesque, des personnages qui, bien qu'affectés du même coefficient de férocité que les autres, présentent des caractéristiques attachantes. Il y a d'abord la veuve Ham, tenancière de l'unique bistrot du bourg (lequel consiste en un infâme tripot), affligée d'obésité et d'éléphantiasis. Si elle n'est pas moins fruste et hargneuse que ses congénères, il lui arrive néanmoins d'avoir envers Siméon des accès d'humanité. Il y a aussi Louana, gamine effrontée, futée et affûtée, dotée d'un étrange visage mongol et d'une langue bien pendue. Elle asticote Siméon, l'injurie copieusement mais elle semble lui vouer une secrète tendresse puisqu'il arrive qu'elle le tire d'embarras et elle ira même, en période de grand froid, jusqu'à lui sauver la vie. Et puis il y a le Croll, colosse débonnaire et truculent, plus proche de l'animal mythologique que de l'humain qui fait office de thaumaturge et dont les traitements sommaires n'en sont pas moins radicaux. Lui aussi se prend d'affection pour Siméon qu'il rebaptise d'emblée "Mon petit agneau" (suave appellation qui ne manque pas de faire courir un frison d'épouvante sur l'échine du lecteur auquel s'impose la figue de l'agneau sacrificiel) et qu'il soigne avec des méthodes plus proches de la boucherie que de l'homéopathie. Enfin, il y a Clara la maigre, frêle jeune femme invariablement vêtue d'une impondérable robe rose et dont Siméon tombera éperdument amoureux pour l'avoir surprise nue, se livrant à ses ablutions en plein air. Cette svelte apparition inspirera à l'écrivain auto-proclamé quelques pages exaltés avant qu'il ne soit plus du tout en mesure d'écrire.
En effet, l'action conjuguée des intempéries, des repas aux propriétés nutritives quasi nulles et des avanies que font pleuvoir sur lui les villageois réduiront Siméon à un état infra-humain. Marqué et mutilé autant que les autres, il ne fera pour autant jamais partie d'eux car son étrangeté demeure et elle est insoluble. Siméon gravira tous les degrés de l'horreur jusqu'à l'ultime épisode en forme de sacrifice expiatoire, de catharsis collective girardienne en diable.
C'est noirissime et cependant la langue savoureuse ainsi que l'ironie qui innerve presque chaque phrase font souffler un vent le légèreté qui tempèrent le tragique ce qu'on pourra regretter et considérer comme un manquement à la radicalité ...
C'est à la fois un conte baroque absolument horrifique, une fugue en lisière du fantastique, une fable mythologique, une parabole aux accents bibliques ... Les ressources de ce texte sont à peu près inépuisables, c'est une Babel inversée, il parle à chacun tout en étant d'une singularité irréductible. Et non, le statut de livre-culte n'est pas usurpé.
HYPNOTIQUE !
Lien : http://www.livres-addict.fr
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          354
Merik
  27 octobre 2017
C'est dans un village à la lisière de l'humanité que nous plonge ce roman. Grouillant de créatures crasses, difformes et ricanantes, aux moeurs décapantes. Humaines pourtant. Quand Siméon débarque dans l'auberge, c'est pour y découvrir une tenancière hilare, à califourchon sur un douanier agrippé à ses fesses, hilare également de se faire pressurer le nez pour en faire gicler le pus. Un temps d'avant le Biactol, ou d'après, un temps à ne pas mettre un troll dehors. On est dans le 16ème mois de la saison dite pourrie, la pluie incessante y défie le temps des saisons avant les 40 mois d'hiver à venir, où les animaux seront réquisitionnés pour servir de fourrure vivante. Un monde qui défie notre entendement. Seul Siméon l'écrivain semblerait venir de notre planète, bien qu'il soit heureux de débarquer là-dedans. Mais il faut dire qu'il fuit une cage en plein désert ensoleillé, alors la pluie lancinante elle tombe bien, il en a rêvé...
Ce roman aux allures de conte cruel ou fable moderne, publié en 1965, est présenté comme culte. Mystérieux et insaisissable, il est d'autant plus propice aux interprétations que son univers proche du notre est en décalage permanent. Un roman savonnette, à l'exégèse sous forme de kaléidoscope. Il parait plus sûr de parler des intentions de l'auteur, lesquelles transparaissent à travers les propos de Siméon l'écrivain (l'étranger, sorte de personnage témoin et observateur, avec son journal de bord), quand il se présente au conseil du village : «Ce que je dois écrire n'est pas beau en soi. Je puis bien vous l'avouer, ce sont des horreurs que je dois décrire, des horreurs et des souffrances surhumaines – comme par exemple la mort de ma soeur Enina- et c'est à travers cette horreur que je dois atteindre la beauté, une beauté qui purifiera le monde, qui en fera sortir le pus, mot à mot, goutte à goutte, comme d'une burette à huile. Après quoi le monde sera meilleur, et vous-mêmes serez meilleurs dans un monde plus heureux. Voilà quelle est ma science ». Si telle était aussi l'intention de Maurice Pons, le pari est réussi. Oui son (im-)monde devient beau. Sous une écriture incisive et élégante, qui rend la vision d'autant plus trouble et mystérieuse que le sujet est laid.
Un roman étonnant, à découvrir bien sûr. Et un auteur fascinant de ce que j'en ai lu, « Le passager de la nuit » lui aussi est magnifique de mystère.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          312
Pujol
  22 octobre 2009
Je ne connaissais rien de cet auteur. Rien. Je suis tombé dans cette histoire comme on tombe sur un rêve glauque, au matin, entre la fin du sommeil et l'appel de l'aube. Une vallée borgne, encaissée de roches et morte de soleil. Des habitants terrés dans des taudis de pierres, à moitié écroulés, la haine aux lèvres. Puis Siméon...l'étranger, l'empêcheur de pourrir en rond qui s'avance au milieu de ce non-lieu, de cette cicatrice purrulente.
Ce livre est une "curiosité", comme celles que l'on exposait aux 17ème et 18ème siècles dans des cabinets, derrière des vitrines, entre deux crânes hydrocéphales. A mi-chemin entre monstruosité du genre humain et farce bouffonne, ce récit écorche, déprime, dégoûte, intrigue ; comme une croûte que l'on ne se lasse pas d'arracher pour la voir à nouveau se reconstituer en une palette de formes et de couleurs inédites.
Derrière ces crachats, ces liquides séreux, ces gangrènes, c'est d'Espoir, de Différence, d'Humanité dont il est question.
Une "question", comme une "torture"...
Ne vous-y méprenez pas, c'est une oeuvre unique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          352
Erik35
  18 septembre 2017
LE FEU AU CULTE
Faisons vite, pour une fois : Les critiques de Wellibus2 et de Charybde7 sont juste parfaites, à qui aime les longues et belles critiques longuement et intelligemment détaillées.
Qu'ajouter, sans trop faire redite ?
Que ce roman, véritable ovni littéraire dans le ciel romanesque français de la seconde moitié du XXème siècle n'en fini pas d'interroger. Cela commence -
presque - comme un roman de Jean Giono, avec un étranger débarquant en terre mystérieuse et inconnue ; cela se poursuit sur une ligne dangereusement captivante entre une nouvelle de Dino Buzzati et un roman de Franz Kafka, l'ensemble sur fond - très faussement - d'un roman de terroir rédigé par un Claude Seignolle qui aurait poursuivit sans rien en dire les expériences d'Henri Michaux avec sa mescaline ; ajoutez une pointe d'Alfred Jarry, quelques soupçons de Eugène Ionesco ainsi qu'une peinture sociale souvent plus sombre que le plus sombre des Georges Simenon ; quelques sortilèges de l'absurde camusien et alors, vous aurez un début de commencement d'idée de ce que vous pourrez trouver à la lecture du roman de Maurice Pons, Les Saisons... Pourtant, toutes les références ou les tentatives de subrogation de cette oeuvre orpheline à d'autres textes et auteurs connus ne parviendront jamais exactement à rendre l'essentiel : que ce texte est assurément, définitivement, délibérément à part, singulier, étrange, fascinant.
Lequel, en outre, n'en fini pas de poser des questions : Sur l'acte d'écrire (ou de ne pas y parvenir), sur celui de ce dire écrivain (peut-on être écrivain sans oeuvre ?), sur la subsistance dans un milieu que l'on pourrait qualifier d'étrange, celle d'être l'étranger ; il se demande comment et pourquoi faire société, y compris par les biais les plus démesurément obscènes, morgues, misérables, abjectes, dans des conditions d'existence qui défient, souvent, l'entendement ; il interroge la faculté des êtres à se transcender, parfois pour rien ; il questionne sur ce que peut être la force d'amour, et sa vanité, peut-être. Il se pose la question des souvenirs, de l'histoire, de l'inexorable...
Et nous sommes bien loin du compte !
Roman aux entrées véritablement inépuisables, roman à ne pas lire qu'une seule fois, vraiment, roman beau aussi, parce qu'écrit avec une plume enchanteresse, toujours exacte dans ce qu'elle décrit, y compris si c'est souvent à la porte même de la folie ou de l'horreur ou d'un certain fantastique, d'une sorte de réalisme magique, une écriture pleine d'un charme vicieux - y compris pour y raconter les plaies et les bosses, des agapes furibondes, des scènes parcimonieusement apocalyptiques mais d'une force incommensurable ou bien du temps (qu'il fait) également bornés de pluie ou de glace mais sans le moindre instant de lassitude pour le lecteur.
Un livre pour lequel le qualificatif de "Culte" n'est, reconnaissons-le, pas usurpé et qui, plusieurs mois après sa première découverte sur les conseils avisés d'amis, ne cesse de poursuivre votre humble chroniqueur de tous ses maléfices ! A relire, donc ! A relire !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          262
Charybde7
  25 avril 2013
L’écriture pour magnifier un monde atroce et grotesque.
« Il arriva par le sentier de la cluse, vers le seizième mois de l’automne, qu’on appelait là-bas : la saison pourrie. »
Sous des stries ininterrompues d’une pluie drue, Siméon, un étranger échappé des flammes de l’enfer, arrive dans un village hostile et boueux, au creux d’une vallée encerclée de montagnes.
Malgré la misère et l’agressivité des villageois, créatures hideuses et souvent estropiées, qui ont tous fermé portes et volets à son approche, il pose son havresac et, saisi d’une émotion naïve, veut voir dans ce village un lieu de grâce et de bienfaisance.
Siméon est lui aussi pathétiquement laid, mais il est porté par son espoir de devenir écrivain, et le seul objet immaculé dans ce bourbier de cauchemar est le beau papier blanc et satiné qu’il transporte. Mouton noir malhabile, les éléments vont se liguer contre lui, lui l'étranger inadapté qui prétend écrire, qui brûle de raconter sa vie, qui ose imaginer un destin pour son œuvre.
«Le brigadier, pressentant cette fois que la prise était de taille, s’appliqua à cerner davantage le suspect : il alla jusqu'à demander à Siméon « quelle sorte d’écriture il faisait ».
- Ce n’est pas facile de l’expliquer en deux mots, fit Siméon embarrassé – car dans la seconde même, il avait perçu une sorte de vision globale et cependant indéfinie du livre qu’il voulait écrire, avec la brûlure sombre de son soleil et l’ombre des cages sur le désert, avec la sable épars de sa musique aigüe, avec ses larmes, avec ce visage hagard, avec les cris de sa sœur Enina… et il entendait le chef du camp, dans sa soutane blanche, qui hurlait ses jurons démentiels : Crucifixus ! Alléluia ! Eleison !»
Rien ne nous sera épargné dans ce livre d’une noirceur totale. Dès la première phrase, et pendant seize mois d’automne et quarante mois de gel, «Les saisons» enfoncent le lecteur dans un univers de sauvagerie et d’incompréhension. On se divertit par moments de voir les habitants se réchauffer avec des animaux vivants attachés à leur taille, on sourit de la timidité naïve de Siméon, obsédé par une villageoise qu’il a entraperçue tandis qu’elle se baignait nue, mais quelques lignes plus tard, le bestiaire grotesque n’est tout à coup plus qu’atrocités et barbarie.
«Siméon, naturellement amène et sachant la déférence due aux vieillards, descendit prudemment la pente raide et détrempée et, s’approchant de l’entrée, se trouva en face d’un étrange spécimen humain – si peu humain en vérité que la première image qui lui traversa l’esprit fut celle d’une de ces tortues océanes dont on affirme qu’elles peuvent vivre deux cents ans. Mais peut-on imaginer une tortue coiffée d’un bonnet ? Il contemplait avec stupeur ce visage noir et crevassé, on aurait dit l’écorce d’un érable séculaire, dans lequel s’ouvraient faiblement deux petits yeux allongés comme ceux des reptiles. Les lèvres avaient complètement disparu à l’intérieur d’un pli du visage un peu plus marqué, un peu plus humide aussi, qui avait dû être une bouche. Siméon, qui avait pourtant connu de bien étranges horreurs, demeura à ce point fasciné par ce visage qu’il fut un long moment avant de s’apercevoir que la pluie qui ruisselait du talus entrait en force par-dessous la porte et que la vieille femme, assise sur sa chaise devant l’entrée, baignait dans l’eau, comme lui-même, jusqu’au-dessus des chevilles.»
Livre de l’espoir gangrené qui meurt, sombre questionnement sur la place de l’écrivain, éternel étranger, sur la possibilité d’écrire dans un monde insoutenable, ce roman épuisant publié en 1965 aux éditions Juillard et réédité par Christian Bourgois en 1975, incroyablement beau malgré la laideur du monde qu’il décrit, mérite sa réputation de roman culte et inoubliable.
Un livre à lire de préférence avec de grosses chaussettes, pour se prémunir d’éventuelles phobies pédieuses.
Retrouvez cette note de lecture, et toutes celles de Charybde 2 et 7 sur leur blog ici :
https://charybde2.wordpress.com/2015/09/10/note-de-lecture-les-saisons-maurice-pons/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
MyrabelleMyrabelle   16 mars 2012
Je vais ici pouvoir écrire, écrire, écrire. Je vais vider mon coeur de tout son pus. Il ne m'arrivera rien, j'en ai la conviction. Et pourtant, hier encore, j'ai été traversé par une image : lorsque ce crâne de mouton m'est tombé dans les pieds, je l'ai vu soudain multiplié par mille fois lui-même, j'ai revu l'amoncellement des charniers que je ne veux plus voir, et le sourire des dents humaines ; j'ai senti à nouveau la brûlure de l'enfer. Oui, j'ai cédé encore à la tentation de l'image... En serai-je jamais délivré ? C'est mon livre qui m'en délivrera.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
Alice_Alice_   23 octobre 2016
Siméon, (...), s'approchant de l'entrée, se trouva en face d'un étrange spécimen humain - si peu humain en vérité que la première image qui lui traversa l'esprit fut celle d'une de ces tortues océanes dont on affirme qu'elles peuvent vivre deux cents ans. Mais peut-on imaginer une tortue coiffée d'un bonnet? Il contemplait avec stupeur ce visage noir et crevassé, on aurait dit l'écorce d'un érable séculaire, dans lequel s'ouvraient faiblement deux petits yeux allongés, comme ceux des reptiles. Les lèvres avaient complètement disparu à l'intérieur d'un pli du visage un peu plus marqué, un peu plus humide aussi, qui avait dû être une bouche.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
wellibus2wellibus2   10 juin 2016
Moi, je ne veux pas croupir avec vous dans cette pourriture....
. Quand un monde est inhabitable, on le change, ou on en change.
Adieu ! Il me reste une main pour écrire, un pied pour marcher.
J'irai enrichir un autre monde puisque je sais désormais qu'un autre monde existe.
(...) Et je garde, excusez-moi, en dépit de tout, une espérance dont vous n'avez pas idée.
Commenter  J’apprécie          180
psycheinhellpsycheinhell   07 octobre 2012
Quand un monde est inhabitable, on le change, ou on en change. Adieu ! Il me reste une main pour écrire, un pied pour marcher. J'irai enrichir un autre monde puisque je sais désormais qu'un autre monde existe. (...) Et je garde, excusez-moi, en dépit de tout, une espérance dont vous n'avez pas idée.
Commenter  J’apprécie          110
Erik35Erik35   05 février 2017
Le passage des cavaliers avait laissé dans les esprits une poussière d'images fulgurantes.
Lorsque les villageois eurent regagné leurs demeures, pour y achever, dans le sommeil, leur long hivernage, ils n'étaient plus tout à fait les mêmes. Plus d'un, au cours de la saison blanche, se surprit à rêver en secret du pays merveilleux de derrière la montagne, où les mères tricotent pour leurs fils des écharpent blondes aux yeux bleus, où l'on chante à deux voix des comptines, en récoltant des graines miraculeuses qui se multiplient toutes seules par soixante-quatre jusqu'à la Chine, et que des filles en culottes courtes pèsent au printemps, avec des chapeaux de paille, sur de grands échiquiers ; un pays où poussent sous le soleil des crabes vivants et des étalons noirs chaussés de hautes bottes où des petites filles dansent le jambalaya, en croquant des diamants à la crème...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Video de Maurice Pons (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Maurice Pons
Les Mistons (1957) film réalisé par François Truffaut , bande-annonce
autres livres classés : pluieVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Les plus grands classiques de la science-fiction

Qui a écrit 1984

George Orwell
Aldous Huxley
H.G. Wells
Pierre Boulle

10 questions
2212 lecteurs ont répondu
Thèmes : science-fictionCréer un quiz sur ce livre
. .